Transactions financières : une taxe inutile

Taxes impôts (Crédits 401kcalculator.org, licence Creative Commons)

Une taxe qui rapporte ou une taxe qui oriente un comportement mais ne rapporte rien : il va falloir choisir.

Par le Parisien libéral

Taxes impôts (Crédits 401kcalculator.org, licence Creative Commons)
Taxes impôts (Crédits 401kcalculator.org, licence Creative Commons)

 

En ce moment, les députés discutent du budget. Et parmi les sujets qu’ils traitent, entre taux de TVA sur les produits d’hygiène féminine et le relèvement des taxes sur le gazole1 : la taxe sur les transactions financières (TTF).

Ah, la TTF… tout le symbole de la contamination de la gauche, du centre et de la droite par les idées d’extrême-gauche antilibérale. En effet, qu’est-ce que la TTF ?

L’idée de départ est simple : dérivée de l’idée de la taxe Tobin (taxer les transactions pour rendre la spéculation sur les titres financiers non rentable), la TTF vise à taxer les mouvements financiers (en plus des taxes déjà existantes comme l’impôt sur les bénéfices, la TVA…).

Il y a une TTF en France depuis août 2012.  Et pour nous vendre cette taxe, on nous dit deux choses :

  • d’une part, il est normal de taxer la finance, pour la punir d’avoir déclenché la crise de 2008 ;
  • d’autre part, il faut réduire la spéculation excessive.

Mais c’est complètement contradictoire.

Prenez les militants pro TTF, Oxfam, One France, etc. Que disent-ils ? Ils veulent une TTF qui rapporte, afin de pouvoir financer des projets de développement. Autrement dit, plus il y a de transactions de « la finance folle », plus ils seront contents car cela signifiera beaucoup de rentrées fiscales.

D’un autre côté, il y a d’autres militants qui veulent une TTF efficace, c’est-à-dire une TTF qui rend la spéculation non rentable. Autrement dit, l’objectif sera atteint quand les traders haute fréquence et autres spéculateurs court terme auront mis la clé sous la porte, faute d’opportunités de trades rentables.

Réconcilier ces deux éléments est impossible. Il va falloir choisir entre taxer ou réglementer les comportements. Sans même aborder l’aspect de concurrence internationale, point pourtant incontournable, notons donc que la TTF, taxe comportementale, ne rapportera rien si elle est efficace.

C’est Charles de Courson (UDI) qui a raison : ceux qui veulent la TTF pour des raisons morales ne devraient pas composer : ils devraient exiger l’interdiction des produits financiers visés, et non pas vouloir les taxer.

Sur le web

  1.  Avez-vous remarqué que quand vous achetez un litre de carburant, vous payez une taxe sur une taxe ? Regardez bien vos tickets et cherchez quelles sont les bases de taxation pour la TIPP puis la TVA.