La France souffre d’une absence de liberté économique

Prison (Crédits Jrm Llvr, licence Creative Commons)

La situation de la France aujourd’hui est le fruit de politiques inadaptées qui ont dégradé les libertés économiques.

Par Patrick de Casanove.

Prison (Crédits Jrm Llvr, licence Creative Commons)
Prison (Crédits Jrm Llvr, licence Creative Commons)

Chacun le sait, la France se délabre et va à la catastrophe économique et sociale. Ceux qui ne veulent rien voir dénonceront le « French bashing » oubliant que ce terme s’applique à une critique destructrice systématique et infondée. Malheureusement en ce qui concerne la France ce n’est pas le cas.

L’effondrement de notre pays est lent mais certain. Il suffit de constater : 5 ou 6 millions de chômeurs toutes catégories, aucun budget équilibré depuis 1974, plus de 2000 milliards de dette visible, les régimes de protection sociale santé, retraite, en faillite, les tensions sociales, l’égalitarisme forcené (confondu avec la Justice), les fonctions régaliennes en ruine, l’insécurité juridique, l’insécurité des personnes et des biens, la montée de la haine de l’Autre et de l’injustice etc. C’est un effondrement économique, culturel et moral, fruit du déclassement que vit la France en matière de liberté économique, comme nous l’avons analysé dans notre précédent article. Le tissu social et économique se délite. C’est la conséquence inévitable de tout système socialiste.

La France a pris les mauvaises décisions

Pour les politiciens français, la solution à n’importe quel problème est une taxe et/ou une réglementation. C’est-à-dire l’accroissement de la spoliation légale.

La crise est endogène : la crise que nous vivons n’est pas mondiale. Les pays les plus économiquement libres s’en sortent mieux que nous, voire ignorent la crise. L’analyse sur le long terme des différents Index montre que les pays qui ont le moins « relancé » sont ceux qui s’en sortent le mieux. La crise en France est liée à des facteurs endogènes dont le principal est l’absence de liberté économique.

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L’économie se rétracte quand les dépenses de l’État s’accroissent (image 1). L’extension des dépenses de l’État ne peut se faire qu’aux dépens du privé. Quand la coercition de l’État s’élève au-delà de ce qui est nécessaire à la protection des libertés individuelles, il devient dangereux pour la liberté et nocif pour tous. La liberté économique est la plus facile à attaquer au nom de la justice sociale. Tout au long de l’histoire, les gouvernements ont imposé nombre de contraintes sur l’activité économique. Or ces contraintes distordent et diminuent la production, la distribution, l’utilisation de biens et de services (y compris bien entendu les services du travail).

La fuite dans la dette est vouée à l’échec et entraîne inéluctablement la faillite (image 2). Non seulement parce que la dette arrivera un jour à être impossible à rembourser, mais aussi parce que la dette même est un facteur de ralentissement économique. Cela tord le cou à une autre légende qui veut qu’il faudrait de la dette et qu’il y aurait une « bonne dette publique » favorable à la prospérité économique.

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Or l’État français a choisi le cercle vicieux de laisser courir la dette, de ne pas réduire les dépenses publiques, de conserver un budget en déficit, d’augmenter les impôts, taxes et prélèvements sociaux. Or les faits démontrent que l’augmentation des prélèvements est nocive à la prospérité (Image13).

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Aucun gouvernement n’a choisi la réduction du périmètre de l’État et la restitution du pouvoir de décision aux individus grâce à la liberté économique. La liberté économique est accusée de tous les maux, or elle n’a aucun effet néfaste.

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Comme si cela ne suffisait pas, aux contraintes intérieures s’ajoutent celles de la politique étrangère. Par exemple les sanctions économiques à l’égard d’un pays portent atteinte au libre échange et aggravent les difficultés françaises. Les agriculteurs, par exemple, en font chaque jour l’amère expérience.

La situation de la France aujourd’hui est bien le fruit des politiques inadaptées mises en œuvre par les politiciens français.

« Que faut-il donc, faire ?
Voici ma pensée. Je la formule dans toute sa naïveté, au risque de faire dresser les cheveux sur la tête à tous les financiers et praticiens.

Diminuer les impôts. — Diminuer les dépenses dans une proportion plus forte encore.
Et, pour revêtir cette pensée financière de sa formule politique, j’ajoute :
Liberté au dedans. — Paix au dehors. » – Frédéric Bastiat, Paix et liberté, le budget républicain.

Choisir cette politique ne dépend que du gouvernement français.

La liberté économique est sociale

jungle économique rené le honzecAu XIXème siècle, on appelait « économiste » quelqu’un qui croyait en l’économie de marché et « socialiste » quelqu’un qui n’y croyait pas. Un « économiste socialiste » était un oxymore.
Aujourd’hui, il paraît que la France a pris un virage « social libéral ». Cette fois ce n’est pas un oxymore c’est un pléonasme. Le libéralisme classique est social par essence parce qu’il respecte les Droits naturels individuels. Il est donc juste. Le socialisme est totalitaire par essence parce qu’il détruit les Droits naturels individuels. Il est donc injuste1. Le totalitarisme n’a rien de social. Le socialisme est basé sur la spoliation légale. Il n’est pas possible de construire une société juste sur le vol même légal. Le vol n’a rien de social.

Malheureusement en France, « social-libéral » veut dire « socialiste avec un chouia de moins de spoliation légale ». Simple changement de réglementation et non de paradigme, le social-libéral reste socialiste. Or capitalisme et socialisme sont incompatibles.

« L’économie de marché doit être strictement différenciée du deuxième système pensable, bien que non réalisable, de coopération sociale dans la division du travail : le système de propriété gouvernementale ou sociale des moyens de production. Ce deuxième système est communément appelé socialisme, communisme, économie planifiée ou capitalisme d’État. L’économie de marché ou capitalisme, comme on l’appelle habituellement, et l’économie socialiste s’excluent mutuellement. Aucun mélange des deux systèmes n’est possible ou pensable ; il n’existe rien qui soit une économie mixte, un système qui serait en partie capitaliste et en partie socialiste. La production est dirigée soit par le marché, soit par un tsar de la production ou un comité de tsars de la production. » – Ludwig von Mises, L’action humaine, traité d’économie.

La solution est dans la liberté économique

Bien sûr les bonnes âmes peuvent dénoncer la société de consommation. Elles occultent que s’il n’y a pas consommation il y a rationnement, s’il n’y a pas abondance il y a pénurie, s’il n’y a pas liberté il y a asservissement. Elles occultent que la misère est alors subie. Dans une société d’abondance, chacun a le choix de consommer ou non, de vivre une vie de « patachon » matérialiste ou de spiritualité et d’ascétisme.

« Le libéralisme n’est pas neutre quant aux valeurs et aux fins ultimes recherchées par l’action (…) Il présuppose que les gens préfèrent la vie à la mort, la santé à la maladie, l’alimentation à la famine, l’abondance à la pauvreté. Il enseigne à l’Homme comment agir en fonction de ces évaluations. » – Ludwig von Mises, L’action humaine, traité d’économie.

Bien sûr n’importe qui peut contester la pertinence de l’indice de liberté économique et préférer par exemple celui du Bonheur National Brut2

Bien sûr on peut trouver des quantités d’études, courbes, graphiques, statistiques qui contrediront cet article. On peut en faire des pavés de mille pages bourrés de mathématiques, vendus à des centaines de milliers d’exemplaires. Ce qu’ils racontent ne correspond pas à ce qui existe. Ce ne sont que des tentatives pour justifier des constructions artificielles déconnectées de la réalité. Aucune de ces constructions artificielles n’est cohérente avec le réel. Dès que ces constructions artificielles sont confrontées à la vie, elles font beaucoup de dégâts puis elles s’effondrent. Cela n’empêche pas leur succès parce qu’elles flattent les politiciens et les caressent dans le sens du poil. Elles justifient leur interventionnisme et leur politique de spoliation légale. Elles justifient leur rôle et leur existence même. Il faut des constructions artificielles savantes pour éblouir le commun des mortels et le convaincre que l’économie politique est une chose trop sérieuse pour être laissée à l’initiative de chacun.

La politique, aujourd’hui en France, consiste à intervenir dans la vie des individus pour faire à leur place ce qu’ils pourraient très bien faire eux-mêmes. Ou bien à les contraindre à agir dans le sens souhaité par le politicien. Les politiciens détournent l’attention des individus en mettant en avant des problèmes « sociétaux ». Cela revient à : « Dites-nous ce qu’il vous faut, nous vous distrairons pour ne plus y penser. » Ils ne peuvent admettre que chaque personne soit libre de sa vie, ni que leur pouvoir soit non seulement inutile mais dangereux.

La liberté économique chasse la politique de la vie des gens qui s’en portent mieux et très bien. La politique est réduite à la portion congrue mais essentielle : garantir les Droits naturels individuels.

Quand Frédéric Bastiat parle de l’économie politique il écrit : « l’économie politique est une science toute d’observation et d’exposition. » Comme les autres économistes libéraux, il n’élabore pas de constructions artificielles pour construire un Homme Nouveau. Il n’invente pas de théorie fumeuse garantie pur math. Il observe l’Homme tel qu’il est et se comporte. Il s’attache à découvrir un certain nombre de lois « naturelles », aussi exactes que les lois de la physique, valables tant que l’Homme est l’Homme. C’est ce que fait l’Index of Economic Freedom, il observe et déduit. Il a le mérite d’exister depuis plus de 20 ans et d’analyser les performances des pays selon des critères invariables, ce qui lui donne une solide fiabilité. Le capitalisme, dont la liberté économique fait partie, est parfaitement cohérent et conforme au réel.

Conclusion

Le progrès dans les niveaux de vie résulte du comportement des individus et des millions d’interactions spontanées qu’ils ont les uns avec les autres. C’est la liberté économique. L’État doit veiller à ce que ces interactions se fassent en toute liberté, sans violence ni spoliation. Il doit « laissez faire » ! Dès que L’État intervient dans ces interactions autrement que pour garantir les Droits naturels individuels, il les complique, les retarde, en augmente le coût, quelquefois à un point tel qu’il les décourage.

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » – Frédéric Bastiat, Propriété et loi.

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » – Frédéric Bastiat, La Loi.

  1. « Le libéralisme classique est juste par essence parce qu’il respecte les Droits naturels individuels. Il est donc social. Le socialisme est injuste par essence parce qu’il détruit les Droits naturels individuels. Il est donc totalitaire » est aussi parfaitement valide.
  2.  Le Bonheur National Brut est un indice qui tente de définir le niveau de vie des hommes en des termes plus psychologiques et holistiques que le Produit National Brut. Cet indice repose sur les quatre principes fondamentaux auxquels le gouvernement du Bhoutan attache une part égale :
    • Croissance et développement économique ;
    • Conservation et promotion de la culture ;
    • Sauvegarde de l’environnement et utilisation durable des ressources ;
    • Bonne gouvernance responsable.

    À l’origine, l’indice était préconisé par le roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuck en 1972. Son but étant de bâtir une économie qui servirait la culture du Bhoutan basée sur des valeurs spirituelles bouddhistes. Parmi d’autres objectifs moraux, il sert à guider l’établissement de plans économiques et de développement pour le pays. Source.