Liberté du Net contre neutralité du Net

Lorsqu’on parle de neutralité du net, on parle bel et bien de socialisation du net.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Stop Acta, Free Internet (Crédits Martin Krolikowski licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Liberté du Net contre neutralité du Net

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 septembre 2015
- A +

Par Cécile Philippe.
Un article de l’Institut économique Molinari

Stop Acta, Free Internet (Crédits Martin Krolikowski licence Creative Commons)
Stop Acta, Free Internet (Crédits Martin Krolikowski licence Creative Commons)

La stratégie pour un marché unique numérique connecté en Europe comprend plusieurs éléments qui devraient être réalisés d’ici fin 2016. Une première étape essentielle réside dans l’adoption du paquet « Marché unique des télécommunications ». La Commission européenne « s’attend à ce qu’il établisse des règles claires et harmonisées pour la neutralité de l’internet. » La question de la neutralité du net a suscité beaucoup de débat, aussi bien en Europe qu’ailleurs, et notamment aux États-Unis.

En effet, aux États-Unis, la FCC (Commission fédérale des communications) a récemment pris position en faveur de la neutralité du net, en considérant l’Internet américain comme « un bien public ». Au niveau européen, la question n’est pas encore réglée, dans la mesure où le Conseil de l’Europe a laissé ouverte la possibilité pour les fournisseurs d’accès à Internet de passer des accords avec des acteurs dont les services spécifiques nécessitent un niveau de qualité d’accès au réseau particulier.

L’existence de ce débat, dont on attend l’issue d’ici l’été, est une bonne chose car contrairement à ce que la plupart des commentateurs et décideurs semblent croire, la nationalisation ou la socialisation de l’Internet ne lui assurera pas un futur glorieux et risque, au contraire, d’en limiter le développement. Car lorsqu’on parle de neutralité du net, on parle bel et bien de socialisation du net. En effet, ses défenseurs sont convaincus que l’infrastructure de l’Internet devrait être considérée comme un bien public, accessible à tous, de la même façon et sans aucune différenciation de prix. Cela ne peut se faire qu’en nationalisant le net ou en le régulant de telle façon que les fournisseurs d’accès à Internet ne puisse en aucun cas discriminer entre des sites et des services en offrant des vitesses et des capacités différentes.

Cependant, limiter la capacité des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) de gérer leur infrastructure de façon plus efficace au moyen notamment d’une différenciation de prix n’a aucune justification économique et pourrait engendrer nombre de conséquences négatives et contreproductives. En l’espèce, cela réduit les incitations de ces fournisseurs à investir dans l’infrastructure et génère un gaspillage de ressources, à savoir de bande passante.

Tout d’abord, la neutralité du net est en quelque sorte un concept rétrograde. En effet, c’est justement parce qu’elle n’a jamais été mise en œuvre qu’Internet est devenu la merveille qu’il est aujourd’hui, accessible à tous pour un prix extrêmement compétitif. Rappelons-nous, il n’y a encore pas si longtemps, l’accès à Internet était cher et facturé à l’heure. Aujourd’hui, le haut débit assure une vitesse plusieurs centaines de fois plus rapide à une fraction du prix. Ceci s’est fait grâce à un saut technologique gigantesque que la mise en œuvre de la neutralité du net aurait tout simplement rendu impossible. Ce saut a été possible grâce à l’existence d’une concurrence dynamique et par des investissements privés de plusieurs milliards d’euros. Cela a permis l’abondance dont nous bénéficions aujourd’hui en matière d’accès à Internet. Car nous ne nous y trompons pas, la rareté du net est l’état normal contre lequel il faut quotidiennement se battre. Adopter la neutralité du net, c’est refuser d’admettre que nous vivons dans un monde de rareté et c’est rendre très difficile cette bataille quotidienne qu’il nous faut pourtant gagner. C’est pour cette raison qu’une gestion libre et responsable du net est cruciale.

Ensuite, interdire aux FAI de gérer leur infrastructure ou plus exactement, leur dire précisément ce qu’ils peuvent faire (car nous souhaitons évidemment qu’ils combattent les intrusions nocives et les virus, vers et autres logiciels malveillants), c’est ni plus ni moins les considérer comme des « services publics numériques ». Cependant, comme l’explique James G. Lakely du Heartland Institute, les réseaux à haut débit sont de fait très différents de ce qui est communément appelé « services publics ».

En effet, il n’y a pas eu besoin de réglementation spécifique pour qu’ils soient rendus disponibles à un prix accessible aussi bien par le téléphone, le câble, ou le satellite. D’autre part, comme le souligne M. Lakely, les biens publics conventionnels comme le gaz ou l’électricité « sont fondés sur des installations à usage unique alors que les installations des fournisseurs de haut débit sont multi-usage ».

Par ailleurs, les services dits publics délivrent des unités uniformes comme le gaz ou l’électricité alors que le haut débit délivre des unités variables. Il faut donc un type de gestion différent. De plus, le haut débit repose sur des réseaux « intelligents », de sorte qu’il soit possible de « détecter quand une connexion fonctionne ou pas, et agir efficacement en cas d’urgence. »

D’autres raisons expliquent que le haut débit ne devrait pas être soumis à des réglementations du type « service public ». Notamment, le haut débit nécessite aussi bien des investissements colossaux au début du projet qu’au cours de son déploiement, alors que dans les autres types de réseaux connus, l’investissement est surtout initial.

Au final, il apparaît que le modèle du « bien public » ne soit pas adapté aux réseaux haut débit. Vouloir le réguler de la même façon sera contreproductif. Les éléments clés dans ce domaine sont l’innovation, l’adaptation et la concurrence. C’est par ce biais qu’il sera possible d’avoir accès à la télé médecine, la vidéo de qualité ou encore les conférences à distance. Pour cela, il faut que les FAI continuent d’investir massivement et qu’ils aient donc les bonnes incitations pour la faire.

Le meilleur moyen de favoriser l’innovation, c’est de permettre aux consommateurs de choisir les meilleures technologies en votant quotidiennement avec leur portefeuille. Il ne s’agit pas de nier qu’il n’existe aucun problème de transparence ou de censure sur le net. Il s’agit simplement de rappeler que le meilleur moyen d’y faire face est de favoriser la concurrence, laisser le choix aux consommateurs et solliciter la surveillance du public.


Sur le web. Texte d’opinion publié le 6 août 2015 dans Les Échos.

rien
Voir les commentaires (23)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (23)
  • La neutralité du Net a toujours ete la norme jusque là, donc ce n’est pas le probleme. Le probleme c’est quand on decide de changer la definition de « neutralité du Net ».

    Le choix, dans leur tete, c’est :
    – neutralité : on fait payer les americains pour la bande passante (Google et Facebook payeraient a Free)
    – non-neutralité : on fait payer plus les citoyens (divers forfaits)

    Ils appelent le premier cas la Neutralité, et le second la non Neutralité.

    La neutralité, c’est ce qu’on avait jusque là, et pas cette tentative de racket legitimée par une ideologie socialisante.
    Et jusque la, ca fonctionnait tres bien, tout le monde gagnait de l’argent et les clients avaient des abonnements peu chers.
    Les entreprises etaient libres de conclure des contrats entre elles pour ameliorer leur service.

    Introduire une legislation la dedans pour forcer quiconque a payer plus, c’est du racket. Rien d’autre. Et l’Europe adore ces rackets, la France en raffole plus que quiconque. Mais ca n’est rien qui ressemble a de la neutralité.

  • Comme Chris H je ne comprends pas l’utilisation du terme « neutralité » lorsqu’on explique qu’internet peut devenir un service public; n’importe quel service public n’est pas neutre puisqu’il est proposé de force aux citoyens.

  • Quand ces gens entrent dans un magasin, alors qu’il y a pléthore de biens, ils choisissent ceux qu’ils mettent dans leur panier et en quelle quantité, puis payent spécifiquement les biens qu’ils ont acheté et pas les autres.

    Autrement dit, le vendeur permet de discriminer entre les produits, d’en décider la quantité et d’avoir des prix différents en fonction du panier que l’on prend.

    Si on leur proposait que dorénavant quand ils entrent dans le magasin ils payent un forfait et en ressortent avec un panier obligatoire de biens, contenant outre les biens qu’ils souhaitent également des biens qu’ils ne souhaitent pas, et ne contenant pas la quantité exacte de ceux qu’ils souhaitent mais une quantité prédéterminée, équivalente pour les tous biens et pour tout le monde, quelle serait leur réaction? Ils trouveraient cela complètement absurde et ils hurleraient sans doute au scandale si on prétendait les contraindre à cela.

    Qu’est ce que la neutralité du net? Ca consiste à dire que sur le net il devrait être interdit au fournisseur de proposer les biens séparément (les différents sites accessibles ou pas), de fournir des quantités à la carte (la vitesse de débit différente selon les contenus), et de faire des tarifications spécifiques pour chaque bien selon la quantité (les tarifs différenciés ou discriminants sur le net).

    En somme, la neutralité du net qu’ils veulent pour le net, consiste précisément à interdire ce qu’ils veulent pour le magasin et de rendre obligatoire pour le net ce qu’ils trouveraient ubuesque et inacceptable pour le magasin.

    Je n’ai qu’une alternative pour expliquer cela. Soit ils sont victimes du biais de préférence pour le status quo mis en évidence en psychologie, et alors ce sont des crétins. Soit ils sont complètement inconséquents et appliquent des principes complètement opposés d’une fois à l’autre sans même s’en rendre compte, et alors ce sont des crétins.

    Je vous laisse choisir.

    • Alors moi j’attends que le FAI réussisse à afficher les prix pour chacun des flux entre tous les nœuds du réseau, juste pour rigoler. Parce que bon, le supermarché il propose différents prix, mais il les affiche…
      Soyons honnêtes : les FAI ne veulent pas faire payer au détail : ils veulent racketter les riches.

      Vous allez dans votre supermarché pour acheter des pâtes, un fabricant de pâtes vend des pâtes au supermarché, disons même qu’il paye un rayon au supermarché. Le supermarché décide de faire une marge sur la vente de ces pâtes et affiche le prix qu’il veut. La non neutralité c’est que après avoir payé les pâtes le vigile regarde quelle marque c’est et vous fait payer en fonction de ça le droit de sortir du supermarché.
      Je ne dis pas que le vigile ne doit pas être payé : que d’une part vous pouvez attendre du supermarché qu’il prenne en charge ce coût, d’autre part à ce que le prix du vigile ne fluctue pas en fonction de votre marque de pâtes.

  • Le truc c’est que l’infrastcture générale du réseau ne dépend pas du fournisseur d’accès. Et que le continue que les gens font transiter par le tuyau qui arrive chez eux ne regarde pas trop le fournisseur du tuyau.

    Pour résumer et permettre au libéraux qui n’ont pas toutes les clés parce qu’ils sont libéraux mais pas spécialement informaticiens et conscient du truc:
    Le net c’est le réseau routier. Un part a été construite par des gens pour leur usage propre mais sert à tout le monde, un part a été construite à but commercial. Les utilisateurs, tous, étant concernées par le fait que le réseau fonctionne entretiennent et payent pour entretenir les bouts de route qui sont autour de chez eux, ou qui leur sont utiles.
    Le contenu c’est ce qu’on fait transiter par les routes : les chargements dans les camions, les gens dans les voitures, etc.
    La neutralité du net c’est dire que l’usage de la route est payé identiquement que l’on ait 3 personnes riches ou un clochard seul à bord de sa voiture. C’est dire qu’un camion vide, un camion plein de sable et un camion plein de diamants mais de même taille paye le même péage sur l’autoroute.
    Normal, quoi.

    La « non neutralité du net » c’est permettre à la société d’autoroute de fouiller votre voiture quand vous prenez l’autoroute et de changer le prix du péage en fonction de ce que ou de qui vous transportez. Et comme pour les sociétés d’autoroute, les FAI sont tout sauf complètement libres. La régulation, la surveillance généralisée des « Lois renseignement » « Patriot Act » etc. sont déjà passé par là.

    Si vous êtes contre la « neutralité du net » alors vous êtes pour que ces lois soient appliquées deux fois, par l’État et par ses sidekicks. Vous êtes OK avec le fait que votre commerçant vous fasse payer l’accès à son magasin et vous le fasse payer plus ou moins cher en fonction des marques que vous achetez ou pas.

    Bref, vous aimez le fascisme et la surveillance généralisée. Vous êtes contre le marché et la « loi du prix unique »? Contre la libre circulation des idées ? Contre le contrat de fourniture de service et puis c’est tout ?

    Cela dit le marché avait résolu le problème tout seul, avant que les politiciens et les « économistes » se mettent à s’y intéresser: ceux qui voulaient faire payer en fonction du contenu (non neutralité) sont morts ou presque (AOL, someone ?) et les FAI qui garantissaient la neutralité au mieux et les prix soit au forfait soit uniquement à la quantité de données, ont prospéré et c’est devenu la règle.

    Mais bon, c’est sûr c’est très libéral, ou libertarien même (sic), l’attitude consistant à dire « sur la base d’une comparaison bancale je sais mieux que le marché »…

    • C’est tres bien dit ! entierement d’accord avec vous.
      En lisant l’article, on comprend rapidement qu’il est basé surtout sur l’idéologie libérale et avec tres peu de connaissances sur le fond du probleme.

      Et pour rajouter un exemple, si on appliquait ce que l’auteur préconise, je ne pourrais pas lire cet article car il mettrait 15 min à charger vu que le site « contrepoints » n’a pas les moyens de payer l’abonnement « vistesse rapide » aux FAI.
      Et tous les sites crées par des particuliers seraient dans le meme cas, un vrai gain pour la liberté d’expression sur le net.
      Mieux on me demanderai de payer un supplément à mon abonnement de base pour acceder à contrepoints en vitesse « fibre ».

      Les géants du web ont construit leur fortune car le net était neutre et ne favorisait personne. A present google et facebook veulent changer ça.

      • Contrepoints paye une infrastructure et un accès à Internet qui comporte une définition du débit (on va dire une fourchette). Vous payez un accès à Internet (avec un débit) et un matériel.
        Tout le monde paye un service.
        Si Contrepoints paye l’abonnement « vitesse rapide » (prenant en compte son audience), si je paye de l’autre côté l’abonnement « vitesse rapide », pourquoi la vitesse ne serait-elle pas rapide (en gros hein) ? A partir d’un moment on fait payer ses clients ou alors c’est qu’il y a quelque part un « business-angel » ou même un « service public » (ce qu’ici tout le monde veut voir diminuer justement).

        Une chose c’est que MafiaTelecom veut appliquer des prix plus élevés que ses concurrents mais qu’on lui garantisse une part de marché.
        Une seconde chose c’est que MafiaTelecom a acheté très cher un site nul.fr qui fait nullement ce que super.com fait très bien, et qu’ils aimeraient bien que leurs clients payent cher nul.fr et arrêtent d’utiliser gratuitement super.com.

        Je ne suis pas certain que Google soit particulièrement actif dans la lutte contre la neutralité, j’ai plutôt l’impression de l’inverse.
        Il me semble que ce sont plutôt les FAI qui voient que Google a de l’argent et qu’il essayent de les racketter en disant qu’ils font trop d’audience. Alors que dans le même temps il me semble bien en plus que Google investit aussi dans l’infrastructure à ses frais.

    • « La neutralité du net c’est dire que l’usage de la route est payé identiquement que l’on ait 3 personnes riches ou un clochard seul à bord de sa voiture. C’est dire qu’un camion vide, un camion plein de sable et un camion plein de diamants mais de même taille paye le même péage sur l’autoroute.
      Normal, quoi. »

      Le problème, c’est que sur la route, le camion vide et le camion plein peuvent rouler plus ou moins à la même vitesse. Dans le cas d’internet, un site comme amazon ne peut pas être traité comme un skyblog et ces 2 visiteurs/jours.

      S’il s’agit de dire que le propriétaire des lignes ne doit pas fouiller les datas qui y transite et appliquer une tarification à la gueule, alors d’accord (quoique ça risque d’être difficile de convaincre l’état que ces règles s’appliquent aussi à lui).

      S’il s’agit de dire que tout le monde doit avoir une offre unique, sans se poser la question de la qualité de service que nécessite certains usage ou le poids sur le réseau de certains autres, la, ça me gêne beaucoup.

      Par exemple, si on ne peut pas vendre des priorité différents sur le réseau à différents prix, faudra pas gueuler après quand des gens passeront l’arme à gauche au bloc opératoire parce que le toubib qui opère à distance c’est tapé des time out (bon en vrai ça se passerait pas comme ça, parce qu’on parle de délais en microseconde, mais faut imaginer les cris de terreurs dans le bloc si le soft commence à laguer).

      • Quoiqu’il en soit, c’est encore un problème facile à résoudre, la neutralité du net (en tout cas la partie légale), il suffit de ne pas réguler, et le marché fera le tri bien mieux que les kapos en costumes qui squattent tous les parlements de la planète.

        • Sauf que la non-neutralité du net c’est le droit de faire chantage, pas juste le droit de définir des prix. Parce que sinon il suffit de faire payer les clients et en effet le marché se régule de lui-même.

      • Très grossièrement, je paye pour des tuyaux, Amazon paye pour des tuyaux.
        Plus précisément je paye pour une petite fibre de particulier, Amazon paye pour plein de grosses fibres à très haut débit partout dans le monde.
        La neutralité du net c’est juste de dire qu’on obtient le service pour lequel on paye.

        Alors imaginons ce qu’il serait possible de faire.
        Le FAI F1 constate un flux vers son client C1, venant du client C2. Non seulement C2 ne paye pas F1, mais en fait il s’avère qu’il s’agit d’un noeud du réseau, que le flux en question vient de l’opérateur F2, et qu’à l’origine c’est F2 qui est payé par le véritable client C3 à l’autre bout du flux. La non-neutralité du net c’est, partons du principe que les gens sont honnêtes, que F1 se tourne vers C3, que C3 ne connaît ni d’Eve ni d’Adam (et F2 se tourne vers C1, puisque de toutes façons il y a des échanges dans un sens et dans l’autre) ou, mieux encore, que F1 dise que C1 doit payer spécifiquement pour les flux avec C3… alors que ses coûts sont sur C2.
        Il me semble beaucoup plus logique que F1 et F2 se fassent supporter mutuellement les coûts d’exploitation du noeud C2 en question, puis qu’ils se tournent chacun vers leurs clients respectifs, avec une politique tarifaire négociée. Si F1 ou F2 préfèrent perdre de l’argent en ne reportant pas ces coûts sur leurs clients à cause de la pression de la concurrence, c’est ok, s’ils veulent faire payer un coût particulier pour la communication vers C2, pourquoi pas, mais F1 n’a pas à connaître C3 et F2 n’a pas à connaître C1 : si C2 s’avère ne pas être une personne il n’y a pas à chercher le pigeon le plus proche qui acceptera de payer à sa place, F1 et F2 ont bel et bien leurs propres clients.
        Ça reste difficile à mettre en place, et surtout à facturer. Dans la réalité j’imagine que les FAIs lisseraient ces coûts pour améliorer leur relation client… j’irais même plus loin, j’avoue que je parie qu’ils le font déjà, tout simplement parce que certains FAIs réussissent à garantir à leur client qu’ils réussissent très bien à la fois à contrôler leur budget et à garantir la neutralité en question, et que même ceux qui se plaignent réussisse à continuer d’investir dans les infrastructures.

        Je me trompe peut-être hein, mais j’ai surtout l’impression que les FAIs qui veulent la reconnaissance légale de la non-neutralité du net sont surtout engagés dans le commerce de produits télévisuels plutôt que sur des produits internet et web, et qu’ils essayent de reproduire le modèle de la télévision avec des systèmes de licences sur les contenus, en mettant en cause des contenus qui sont un peu lourds, certes, mais surtout en concurrence exact avec des produits télévisuels.
        Il suffirait de mettre fin aux licences d’exploitation de fréquences télévisuelles, aux taxes spécifiques et aux subventions accordées à cette industrie, pour éclaircir très vite les choses.

    • Le vrai probleme, c’est ce qu’ils vont essayer de nous vendre en l’appelant neutralité…

      Et oui, le marché régule tout ca très bien. Quand Free etait lent a mourir pour Youtube, ils se sont fait de la mauvaise pub. Ils voulaient que Youtube paye… Mais etre lent a mourir, c’est pas bon pour le business.
      Ceci dit, ils auraient aussi pu monter leur prix de 2€ pour payer des liens de peering. Apres, Youtube est devenu rapide chez Free. Soit Free a arrêté de limiter le debit, soit ils ont trouvé une solution technique, soit ils ont payé pour ameliorer leur service.

      Mais non, la neutralité du net ca ne veut pas dire faire payer Google Facebook et les autres. Ca veut dire que si ta rentabilité ne te plait pas, tu augmentes tes prix, point. Final.

      En gros, oui, les FAI sont des fournisseurs de base, des commodities, et rien d’autre. Et ils doivent le rester.

  • « que l’infrastructure de l’Internet devrait être considérée comme un bien public, accessible à tous, de la même façon et sans aucune différenciation de prix » C’est totalement faux.
    D’une part il y a plusieurs offres différentes pour le download, d’autre part il y a plusieurs offres pour le download : si on veut faire payer du service, c’est possible. La question c’est de savoir si quand je paye Orange alors Free a le droit de me demander de le payer aussi pour le service qu’Orange me fournit déjà.

    Personnellement je paye une fibre à un FAI, un service qui est ce qu’il est. Pourquoi un autre mec viendrait me casser les pieds ? C’est comme la mafia qui vend d’un côté sa protection et de l’autre vient nous casser les genoux si on ne paye pas cette protection… c’est de la menace et du chantage, absolument pas de la liberté. Donc non, SFR n’a pas « bien le droit » d’optimiser son réseau en faisant baisser les débits de ses usagers sur des sites qui ont accès au réseau à travers Orange tout en accusant ces sites et en leur demandant une rançon : ce n’est pas de l’optimisation, c’est du racket. Et si Canal se retrouve en concurrence avec Netflix par exemple, et que en plus c’est Canal qui a réussit à faire en sorte d’être le seul fournisseur de Netflix en faisant du lobbying auprès de l’état, ce n’est pas de la performance commerciale, c’est un conflit d’intérêt… alors je sais qu’en France c’est un sport national, voire même c’est le seul business-model valable, mais ça ne peut déboucher que sur des dysfonctionnements et des contreperformances. La liberté et le conflit d’intérêt ne font pas bon ménage, même si en théorie ça se corrige a posteriori, dans les faits c’est la merde et ça fausse durablement la concurrence (surtout quand c’est si habituel que ça devient une norme et que ces acteurs se retrouvent protégés par les autorités).

    • Pardon : plusieurs offres pour le download, plusieurs offres pour l’upload.

    • SFR n’a pas « bien le droit » d’optimiser son réseau en faisant baisser les débits de ses usagers sur des sites qui ont accès au réseau à travers Orange…

      Ils font ce qu’ils veulent. Si ca penalise leurs clients, ca les penalisera, et ca favorisera la concurrence.

      • Comment ça ? Si je suis SFR je baisse le débit des sites Orange et je dis pas ça, je dis juste que Orange c’est nul. Free a ralentit YouTube en le disant, d’autres le font sans le dire : tant qu’à faire une arnaque ils la font jusqu’au bout.
        Moi je paye un service, je veux ce qu’on me vend, c’est tout.

  • S’ils régulent internet comme ils ont régulé les banques et les marchés financiers, on est pas dans la merde…

    • Si tu savais a quel point c’est déjà régulé … Un exemple, en Belgique l’opérateurs historique n’a pas le droit d’avoir d’avantage concurrentiel sur ses réseaux ( tout nouveau développement doit être mis à disposition de ses concurrent…) Et puis y a les contraintes pour la surveillance, les services de secours etc

  • Bonjour,

    Bien que je partage l’avis de Libertarien mais je vais insisté sur le fait qu’il faut laisser le marché faire car une neutralité parfait serait stupide.

    – Sur le net toute les information n’ont pas le même besoin donc une non neutralité par service n’est pas criminel, par exemple les téléphone sur les box utilise un tuyau très réactif pour que la communication soit agréable pourtant ça reste des communication IP (internet protocol). pareil pour VoLTE ( Voice over LTE) qui va arrivé pour les mobiles, toute personne peut comprendre qu’un appel téléphonique est plus important qu’une video youtube… Ce type de priorité est même prévu dans les réseaux ( Quality of service – QoS)

    – Les services très demandés ont tellement de besoin de bande passante que des accords sont obligatoire avec les FAI pour que l’utilisateurs ai une bonne expérience (connections direct aux serveur de service, caching …), forcement ceux qui n’ont pas d’accord ont les goulot d’étranglement classique …

    PS: différentes options d’abonnement ( debits/volume/priorité) sont en désaccord avec la neutralité car celui qui a mauvais(resp. bon) internet l’aura pour tous les services (excepté les limitation techniques).

    PS2: Je travail pour un FAI.

    • Je voulais dire, je suis d’accord avec Franz …

    • De toute facon, si un fournisseur a une politique qui penalise ses clients, ils ont le choix de la concurrence.

      Les FAI peuvent tres bien faire les choix qu’ils veulent. Meme si un operateur annonce une offre « Super debit pour Youtube », ca ne me gene pas en tant que liberal : c’est sa liberté, c’est le marché qui doit decider si ca marchera ou pas du tout.

      La neutralité a tout prix n’est pas liberale. C’est un prix unique, ou un service unique !

      C’est la que reside la supercherie de cette operation. La neutralité c’est bien, la liberté c’est mieux et moins cher.

  • Ce paquet de commentaires idiots qui cherchent à faire des parallèles avec des concepts de la vie courante, chacun y allant de son exemple débile : magasin, autoroute etc…

    1- Quand vous payez votre abonnement, vous n’achetez pas un débit mini, ni moyen car le débit est mutualisé entre tous les utilisateurs : relisez votre contrat

    2 -La neutralité du net c’est simplement que chaque paquet d’information ait exactement la même priorité sur le réseau en tout point quoiqu’à ce niveau il faille faire une différence entre les flux de data et les flux audio-video qui eux ne peuvent se permettre de latence.

    Il n’y a rien d’anormal que Netflix participe à un investissement s’il utilise 50% des capacités d’un tuyau pour seulement 5% des clients d’un provider.

    • Netflix paye bien quelque chose. Alors soit l’argent va bien là où il faut et ce sont juste ses concurrents qui veulent nuire au service rendu par Netflix ou à ses profits, soit les tarifs sont mal définis, soit l’argent perçu est utilisé à mauvais escient.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Dans un quartier populaire de Dijon, le président en campagne s’est trouvé confronté à une foule à qui la moutarde était montée au nez :

"J’étouffe avec les prix du gazole."

"Mon salaire n’a pas bougé depuis six ans, toutes mes factures ont augmenté."

"Je suis père de famille, j’ai quarante-six ans, je n’arrive plus à vivre de mes revenus."

 

Pourtant, en 2017, le candidat Macron assurait aux électeurs qu’il saurait doper le pouvoir d’achat.

Le Monde du 7 mai 2017 sur ce sujet :

"L... Poursuivre la lecture

L’idée que les règles vont tout résoudre est très profondément ancrée dans la culture européenne, la pensée des citoyens et l’esprit des hommes politiques. Nouvelle illustration avec le Digital Markets Act.

Allons-nous pour autant créer des champions européens et contrôler notre avenir numérique ?

C’est la fiesta à la Commission européenne !

Un accord de principe a été donné par les États membres, le Parlement et la Commission concernant le fameux Digital Markets Act (DMA pour les initiés), en discussion depuis un peu plus d'un... Poursuivre la lecture

surveillance
0
Sauvegarder cet article

Il semble qu'aujourd’hui, avec une concurrence géopolitique, économique et technologique qui ne cesse de s'intensifier, nous assistions de plus en plus à l'émergence d'une lutte sur la scène internationale pour l'hégémonie mondiale entre deux camps concurrents : les démocraties et les autocraties.

Les prospectivistes anticipent qu’au cours de la prochaine décennie, une nouvelle guerre froide entre les démocraties, centrées sur le leadership des États-Unis, et les nations autoritaires, dirigées par la Chine et soutenues par la Russie, s... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles