Le pari de Hollande

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Le pari de Hollande

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 30 août 2015
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Entre les faits divers sanglants, les sautes d’humeur boursières, le terrorisme islamique et la géopolitique des migrations en temps de tensions, il doit être particulièrement délicat pour François Hollande de se concentrer sur ses vrais problèmes : sa réélection pour 2017. Heureusement, l’épisodique petit sondage bricolé sur un coin de table remet un peu les pendules à l’heure.

C’est ainsi qu’on apprend il y a quelques jours, grâce à un sondage IFOP réalisé pour Paris Match, que si Manuel Valls serait probablement un meilleur candidat pour le Parti Socialiste que l’actuel président de la République à la prochaine élection présidentielle, ça ne changerait pas grand-chose au second tour puisqu’ils seraient tous les deux éliminés dès le premier.

Effectivement, dit comme ça, ça ne doit pas arranger les petites affaires politico-politiciennes du président sortant qui, pour le moment, continue de bâtir sa stratégie pour, coûte que coûte et vaille que vaille, être réélu en 2017. Probablement pas triomphalement, probablement de justesse, mais réélu quand même. Et dans son idée, de son point de vue, cette réélection n’est même pas impossible, quand bien même les sondages sont, pour le moment, franchement défavorables.

Le Président Des BisousEn substance, le pari du Président des Bisous n’est pas absurde. Il est basé sur les recettes un peu mécaniques mais globalement efficaces qui ont jusqu’à présent marché pour d’autres avant lui. Essentiellement, il s’agira d’user de bonnes louchées de populisme bien camouflé dans de la justice sociale, de la solidarité et d’autres fadaises qui plaisent aux gogos encartés et subsidiés, louchées qu’on pourra agrémenter d’une pincée de mensonges faciles et de la dose habituelle de statistiques truquées.

Typiquement, toutes choses égales par ailleurs et en imaginant que la situation médiocre dans laquelle se débat la France perdure à l’identique pour une période d’au mois neuf mois (oui, je sais, c’est un présupposé hardi, mais baste, passons), le brave François s’imagine probablement assez bien distribuer l’une ou l’autre baisse sensible d’impôts dans la seconde moitié de 2016. Ce sera bien sûr possible au prix d’un endettement supplémentaire mais ça, François s’en fiche complètement – ce n’est pas lui qui paye – et nous ne sommes plus à ça près. Du reste, la France peut s’enorgueillir d’un taux d’épargne insolent, et d’un montant colossal d’euros stockés dans les assurances-vie et autres placements qui, en cas de souci, pourront être ponctionnés sans le moindre problème et avec un minimum de cris.

En outre, tout se met actuellement en place pour que la courbe du chômage (la fameuse) finisse effectivement par se retourner. Du point de vue du locataire de l’Élysée, rien de plus simple puisqu’il suffira de faire embaucher dans différentes structures administratives et autres institutions d’État des pléthores de chômeurs. Une ou deux centaines de mille suffiront largement à calmer les tendances haussières des statistiques de l’emploi et à présenter un bilan sinon flatteur du moins conforme aux promesses du chef de l’État. Bonus : le chômage ayant effectivement baissé (même si ce sera au prix d’une énorme bordée de dettes supplémentaires), François pourra à nouveau candidater la tête haute.

Encore une fois, n’oubliez pas que l’endettement, le pipeautage statistique, l’hypocrisie des promesses et la situation du pays vue depuis les citoyens lambda, le président s’en tamponne avec nonchalance. Seule sa réélection occupe son esprit.

hollande ceux qui attendent plus rien

Et sur le papier, il aurait tort de se priver. Outre qu’il trouvera toujours un bon paquet de moutons pour voter pour lui en dépit de toutes les circonstances, il bénéficie aussi de quelques éléments conjoncturels. Ainsi, la droite française, ce vaste désert intellectuel où seuls quelques vieux scorpions survivent va lui offrir une partie du tremplin pour un second mandat. En effet, il n’est pas improbable que Sarkozy soit élu officiellement candidat des Républicains après des primaires sans intérêt.

Cette élection, très avantageuse pour l’actuel chef de l’État, provoquera des grincements de dents dans le parti d’opposition de la part des centristes qui trouveront certainement en Juppé une planche (vermoulue) de salut. Ce candidat chouchou des journalistes (précisément parce qu’à gauche, même un âne l’emporterait face à lui) se positionnera dans la course à la présidentielle et fera donc échouer Sarkozy dès le premier tour. Les Républicains et les centristes seront logiquement éliminés. Pour François, tout se déroule comme prévu.

En face, bien sûr, il lui faudra convaincre à gauche un maximum de petits candidats de ne pas se présenter. Entre la distribution de postes futurs (Taubira Premier ministre ? Allez savoir…), les coups fourrés et une éventuelle primaire ouverte aux autres partis d’une gauche redevenue plurielle à l’approche d’une difficile élection, il n’est pas déraisonnable d’imaginer que, contre vents et marées, Hollande se maintienne au second tour. N’oubliez pas : 2017, c’est très loin vu d’ici.

Vous l’avez compris : un second tour François Hollande contre Marine Le Pen n’est donc pas à écarter. Et là, deux cas de figure se présentent.

Le premier, c’est bien sûr celui d’un Sursaut Républicain Gnagnagna dans lequel Hollande passe de justesse. Le pays continue sa mort lente dans les affres du n’importe quoi socialiste. Triste mais finalement si logique…

Le second, politiquement plus sportif, c’est l’absence du report de voix des électeurs de droite vers le candidat de gauche, soit par abstention, soit par rejet ferme, soit, tout simplement, parce que – eh oui – les électeurs votent de plus en plus pour la candidate FN. Cela n’a rien d’invraisemblable : en nombre de voix (c’est bien ce qui compte dans cette élection au suffrage universel direct), le Front National est bel et bien le premier parti de France. Le pari de Hollande s’effondre. Le pays accélère alors son trépas dans une bonne humeur communicative au reste de l’Europe, et du LOL s’ensuit (modérément on s’en doute)…

Cependant, n’oublions pas l’aspect essentiel de ce petit billet politico-politicien : tout ceci se déroule « toutes choses égales par ailleurs ». Or, nous sommes sept années après 2008, et les signes s’accumulent en faveur de mouvements boursiers violents. Si krach il y a, ce sera sur l’obligataire, les bons souverains. Dès lors, il est assez peu probable que si un tel krach advient, Hollande ait la moindre latitude pour seulement espérer faire de la dette, et il est pour le moins difficile de voir en lui un homme à la hauteur de ce genre d’événements mondiaux catastrophiques.

Pari bien risqué que celui que tente actuellement Hollande, notamment en laissant calmement monter le FN, utile dans son plan pour contrer une droite en réalité inexistante… Qui vivra verra, mais les deux prochaines années ne pourront pas être calmes.

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  • Le fait que la droite sur Sarkozy ou que les alternatives à droite soient Juppé ou Fillon prouvent qu’il y a un sérieux problème à se renouveler dans ce parti…Et pourtant un candidat de droite neuf, sans casserole et avec une politique libérale et souhaitant une immigration plus restreinte serait probablement le candidat dominant. Vous me direz, c’est ce qu’était Sarkozy en 2007…

    En tout cas 2017 ne se situe pas sur le terrain des idées pour l’instant..Plutôt la guerre des chefs. Pourtant c’est ce dont a besoin la France, des idées neuves.

    • Le problème, me semble-t-il, c’est que n’importe quel candidat de droite un peu « neuf mais gênant  » se retrouvera illico avec des casseroles aux fesses. Certains y veilleront, juste le temps qu’il faut avec des procès minutés et mijotés aux petits oignons, le tout accompagné d’une presse attentive, impartiale et bienveillante !
      Quant aux idées qui sortiraient vraiment la France du gouffre sont-elles susceptibles de séduire le nombre suffisant d’électeurs ?
      Avoir des idées, honnêtes et raisonnables serait l’idéal : encore faut-il être élu pour les mettre en œuvre.
      Et là, que dire des électeurs …

      • Il est vrai que les Français font parti des plus incultes d’Europe en matière d’économie donc cela pourrait être difficile, mais pourquoi ne pas essayer et tenter de convaincre en direct dans des débats télé pourquoi ces idées sont les meilleures pour l’avenir du pays et pourquoi elles ont marché ailleurs ?

        Car le débat est squatté par les anti-libéraux, un candidat ne peut pas gagner sans avoir la chance de pouvoir convaincre.

        Je ne suis pas optimiste, et je ne crois pas à un virage libéral, ni maintenant ni durant la prochaine décennie..je vois plutôt le pays reculer à l’échelle mondiale, lentement, sans trop de douleur immédiate, au même rythme que durant les 2 dernières années.

        • Suis d’accord : la pédagogie, la pédagogie, encore et encore…
          Encore faut-il être invité dans les émissions pour pouvoir la faire, cette pédagogie.
          La presse et les médias, pour la majorité, que nous avons sont inféodés au pouvoir actuel et largement de gauche, voire extrême gauche.
          Seule solution : supprimer toute subvention à ce secteur.
          Naturellement, le secteur devrait se rééquilibrer au niveau idéologique par les lecteurs/acheteurs.
          Mais qui fera une chose pareille sans se trouver cloué au pilori par cette même presse ?
          On n’est pas sorti du sable et ne suis pas optimiste non plus.
          On manipule facilement les Français.

  • Dès lors, il est assez peu probable que si un tel krach advient, Hollande ait la moindre latitude pour seulement espérer faire de la dette, et il est pour le moins difficile de voir en lui un homme à la hauteur de ce genre d’événements mondiaux catastrophiques.

    Il saura alors baver sur les méchants financiers, vils rapaces charognards éhontés du monde civilisé… ❗

  • Apocalypse now.
    On nous décrit une éventualité terrible mais pas impossible. En France il y a une majorité des gens senses travailleurs, de bon sens prêts a élire un candidat convenable et tout cela serait fichu par terre à cause d’une gueguerre entre quelques petits chefs ! Si cela se produisait, il faut rétablir le bagne pour Sarko Juppe, Fillon et consorts.

  • Dans tes rêves Mr H16 , quand après 50 ans tu vas voir ta belle en scooter présidentiel et que tu as une prostate pas belle a voir tu ne rêves pas de t’assoir encore 5 ans dans un fauteuil, fut il LouisXVI , ou dans une C6 de fonction, tu profites de la vie à fond la caisse (c’est l’état qui paie encore)

    • À 50 ans, tu crains surtout de très retrouver au chômage, ce qui pourrait bien arriver à Hollande si d’aventure il n’était pas réélu. Je doute qui est ce qu’il faut pour remonter. Ce dont je ne doute pas, en revanche, c’est qui
      Qu’il espère bien hier au gâteau encore quelques années.

      • Les présidents ou ministres ne finissent jamais au chômage, ils sont embauchés dans des cabinets d’avocats ou gagnent de l’argent en faisant des conférence ou se retrouvent propulsés à la tête d’un think tank..etc..je doute que ce soit cela qui inquiète Hollande, mais plutôt la peur d’être vu dans les livres d’Histoire comme un perdant s’il ne gagne pas la réélection, un peu comme Sarkozy qui veut aussi prendre sa revanche sur l’Histoire.

  • Pour une fois, vous ne me faites pas rire du tout.
    Et comme d’habitude, presque, entièrement d’accord.
    La chine vient de s’acheter un peu de temps. C’est tout. Partie remise. Ce n’est que si la Chine parvient a équilibrer ses flux en douceur et sur la durée que le pire sera évité.
    La France n’est pas équipée pour y faire face. Ni sa population, ni surtout ses dirigeants, en commençant par le Roy Faineant.

  • à moins que Macron se présente…à titre de parti d’opposition, cela va de soi.

    • Macron ? je n’y avais pas pensé … mais bon ça ne rend pas optimiste pour autant.
      N’oublions pas qu’après la présidentielle il y a les législatives et que le président élu peut se retrouver en cohabitation 🙂

      ça va pas être simple à gérer

      • Au moins, en collaboration, tout est bloqué. Je préfère de loin que ces gens aient les mains liées plutôt que de les voir passer d’autres lois sur le renseignement.

  • Il vaut mieux que la faillite prévisible se passe sous un parti officiellement socialiste, sinon ils auraient beau jeu de faire endosser tout le merdier à la « droite » ou « l’extrême droite » plutôt que le peuple tire enfin les conclusions idéologique qui s’imposent.

  • Les baisses d’impôts promises seront largement compensées par des taxes (fh aime bien jouer wur les mots) et des transferts sur les collectivités locales.

    En admettant la réélection du président ou dun autre parti minoritaire type fn, les législative devraient alors etre intéressantes

  • J’ai peine à croire que tous les sémillants gauchistes de la Gôche n’aient pas une furieuse envie de se présenter, ne serait-ce que pour faire monter les enchères en vue d’un hypôthétique second tour, seul moyen de leur assurer une pitance « républicaine » décente.
    Dès lors, l’éparpillement de voies sera des plus néfaste au sinistre du Palais, qui n’est même pas certain d’arriver en troisième position, la grosse baffe monumentale qui lui pend au nez. Le « pugilat » (dixit le Figaro) auxquel se sont livrés les escrocs-logistes et le s(oci)alauds ce week-end donne déjà le ton.

  • M.Hollande, pour garder son job, est prêt a risquer que Mme le Pen devienne président de la république.

    Au fond, il a toute la droiture, la rigueur, l’intégrité de Francois Mitterrand, avec en plus, un style, un panache et une élégance qui forcent l’admiration.

    Quelle chance ont les français de l’avoir pour les diriger et les représenter.

  • En attendant, les diverses communautés ont compris de quelle manière fonctionnait notre démocratie : mettre le feu, saccager, faire chanter l’état pour obtenir gain de cause. Ça donne grèves, vandalisme (les taxis), blocages d’autoroute (les gens du voyage). Par contre le citoyen lambda se verra affronter les CRS et parfois y perdra la vue ou la vie.

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