Uberisons la droite !

la droite credits ump photos (licence creative commons)

« Les Républicains et l’UDI ne répondent plus aux attentes des Français. »

Une tribune d’Aurélien Véron, Parti Libéral Démocrate

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Les régionales se tiendront en décembre. À droite, les Républicains tentent de faire régner l’ordre, interdisant à l’UDI de présenter la moindre liste autonome. Les militants centristes peuvent rentrer chez eux, Nicolas Sarkozy a assuré un strapontin à leurs patrons. Ce n’est pas illogique, les responsables des deux formations partagent clairement la même vision de l’État, et défendent ensemble le sacro-saint « modèle social que le monde entier nous envie ». Ils votent d’une même voix en faveur de la loi Renseignement et contre la loi Macron, le contraire du bon sens. D’où cette question élémentaire : qu’est-ce qui différencie l’UDI des Républicains ?

La montée de l’abstention et du FN confirme que l’UDI et les Républicains (UMP) répondent de moins en moins clairement aux attentes des Français. Ces derniers vivent un changement sans précédent, faisant appel à un nombre croissant d’acteurs qui pallient les carences de l’État. Les nouvelles technologies accélèrent l’arrivée de ces innovations qui facilitent leur quotidien. Le monopole d’Air France est loin, celui des taxis est en train de tomber sous les coups de boutoir des VTC. Blablacar, Airbnb et de nombreuses initiatives bouleversent nos modes de vie, et notre rapport à l’État et aux services publics. Les Français n’ont pas peur de la concurrence, ils l’attendent même à bras ouverts. L’arrivée de Free dans la téléphonie mobile a divisé le coût de la facture des portables par deux, je connais peu de gens qui s’en soient plaints. Tous les verrous sont en train de sauter dans leur esprit. Le gouvernement a révélé sa détresse en cherchant à interdire UberPop, avant même que la justice ne se prononce. Cette victoire de l’arbitraire d’État sur l’innovation est temporaire, comme l’a été celle sur le téléchargement puis le streaming. Le rôle d’un État moderne, c’est d’accompagner le changement, pas de le contrôler et encore moins de le bloquer.

Dans un monde qui bouge, les Français ont un besoin vital de liberté pour pouvoir suivre, s’adapter et bénéficier de ces changements. C’est pourquoi nous estimons nécessaire, au Parti Libéral Démocrate, d’ouvrir les monopoles et les corporatismes, et d’affaiblir les rentes, voire de les abolir lorsque c’est possible. Nous ouvrirons dans ce sens le marché des transports en commun afin de permettre la même révolution que dans les transports individuels. Nous assumons la nécessité de la refonte de notre modèle social de plus en plus inadapté. Ne cherchons pas dans l’État-providence les solutions aux problèmes actuels, le problème est bien l’État-providence lui-même.

Dans le domaine de l’enseignement, une école libre « hors contrat » naît toutes les semaines pour proposer aux familles une alternative pédagogique, en particulier dans les quartiers en difficulté avec la fondation Espérance Banlieues. L’école 42 propose des formations gratuites de haut niveau dans le secteur numérique. Bien que l’État ne reconnaisse pas son diplôme final, les élèves reçoivent des offres d’embauche alléchantes dès leur entrée dans l’école. Mais ces initiatives révèlent la nécessité d’améliorer la qualité de l’enseignement public, cela passe par l’autonomie et un réel leadership des chefs d’établissements.

Au Parti Libéral Démocrate, nous avons confiance dans la capacité des Français à gérer leurs grands choix de vie, pourvu qu’on leur ôte leurs chaînes fiscales et réglementaires. Tandis que la droite traditionnelle, encore dominante, persiste à vouloir protéger les Français contre eux-mêmes et le reste du monde, sans toucher à leur fardeau. Notre ambition est de proposer un projet de société moderne qui remette l’État à sa place, celle de protéger les droits et les biens des citoyens plutôt que de leur dicter leur façon de penser et d’agir.

À l’occasion des régionales, nous présenterons aux Français un projet de rupture, une autre manière d’envisager le rôle de l’État dans notre pays. Les médias français ont bien parlé de l’émergence du parti populiste de gauche, Podemos. Peu se sont faits l’écho du succès du parti libéral de centre droit, Ciudadanos, venu bousculer le parti conservateur affaibli. En France, nous sentons cette même attente de renouvellement profond des vieux partis qui alternent au pouvoir pour mener des politiques similaires. En décembre, uberisons le centre et la droite !


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