Grosses inquiétudes sur la croissance

Bourse de Francfort (Crédits Travel Aficionado, licence Creative Commons)

Inquiétude des marchés : il n’y a plus de croissance économique ni en Chine… ni ailleurs.

Par Charles Sannat.

Bourse de Francfort (Crédits Travel Aficionado, licence Creative Commons)
Bourse de Francfort (Crédits Travel Aficionado, licence Creative Commons)

 

Ce n’est pas faute d’avoir hurlé dans le désert qu’il n’y avait pas de croissance. En tout cas, pas de croissance saine et autonome, ne reposant ni sur de nouvelles dettes, ni sur de nouvelles créations monétaires. Dans ce dernier cas, gardez présent à l’esprit que les politiques menées par nos dirigeants ont abouti au résultat extraordinaire de dissocier la notion de croissance économique à l’idée de création de richesses. Nous vivons donc dans un monde où il y a statistiquement de la croissance (dettes plus création et injection de monnaie) mais pas de création de richesses… Et lorsqu’il n’y a pas de création de richesses nouvelles, tout cela finit par se voir.

Du coup les « marchés » s’inquiètent… et s’il n’y avait pas de croissance ? Compte tenu des niveaux stratosphériques atteints par le prix des actions, et des obligations, partout dans le monde, il n’en faut pas plus pour faire chuter les marchés et, cette fois-ci, il semblerait que le mouvement de correction confine au krach… Nous verrons bien.

Le piège infernal de la Fed et de la remontée impossible des taux…

Autre élément, la Fed est dans une position totalement intenable pour encore très longtemps. En expliquant que la banque centrale américaine va augmenter les taux, elle incite évidemment les investisseurs à ne pas investir… et à attendre que les taux montent pour placer leur argent à des niveaux plus élevés. Résultat ? Alors qu’il n’y a jamais eu autant d’argent en circulation, l’attentisme des investisseurs provoque… les premières difficultés de financement !

Si au contraire la Fed augmente ses taux… alors cela provoquera une nouvelle récession aux États-Unis au moment même où tout le monde, ou presque, a de bons gros doutes sur la réalité de la croissance économique mondiale (au mieux, atone).

Mais si la Fed indique immédiatement qu’elle ne relèvera pas ses taux, alors cela veut dire que la situation est grave, qu’il n’y a pas de croissance et, qu’en plus, il y aura de plus en plus de monnaie… bref, cela provoquerait une ruée immédiate vers les actifs tangibles comme l’or et l’argent.

Le plus logique serait que la Fed laisse la panique s’installer quelques jours et qu’elle intervienne massivement sur les marchés, y compris en annonçant un 4ème QE (plan d’injection de monnaie créée à partir de rien) sous la pression de tous les investisseurs et des autorités politiques effrayés par le spectre d’une nouvelle crise. Si la Fed ne peut rien faire seule et si tout le monde est d’accord pour l’appeler à l’aide… elle devrait bien finir par accepter d’agir et sauver une nouvelle fois le monde.

Pas de panique, mais de la vigilance !

On ne part jamais en vacances avec des positions boursières non protégées (couvertes contre les risques de baisse) ou non closes… c’est une règle de base que tout épargnant se doit d’appliquer pour bronzer tranquillement, tant les crises ces dernières années aiment à se dérouler l’été ! Ensuite, j’attire votre attention sur le fait que normalement l’investissement en bourse ne se fait que sur une petite partie de son patrimoine financier et qu’actuellement il faut surpondérer les actifs tangibles pour la simple et bonne raison que les entreprises valent beaucoup trop cher, que les obligations ne valent pas tripette et que les placements, soi-disant sécurisés et disponibles type livret A, ne rapportent plus rien ! Quitte à ne rien gagner ou pas grand-chose, autant ne pas prendre de risque.

L’or devrait chuter fortement, or il se maintient de fort belle manière. Le dollar monte ce qui est logique, puisqu’encore une fois les investisseurs vendent leurs actions et se précipitent pour acheter des obligations américaines… libellées en dollars (phénomène connu sous le vocable « fly to quality »). Le pétrole s’effondre ce qui sera bon pour votre plein d’essence et aussi le plein de la cuve pour le chauffage cet hiver…

Quoi qu’il advienne dans les jours à venir, que nous assistions à un véritable krach, ce qui est probable, ou au contraire à une simple correction, ce qui est encore possible, la réalité c’est qu’il n’y a pas de croissance économique en Europe comme aux États-Unis et pas plus en Chine. La réalité c’est que les mensonges finiront par se fracasser sur le mur de la vérité.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !


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