Dépénalisation du travail du sexe : Amnesty s’engage

Amnesty vient de voter un texte prônant la dépénalisation du travail du sexe, ce qui inclut les prostituées, les clients et les tiers

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Prostituée au Mexique (Crédits : Tomas Castelazo, Creative Commons)

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Dépénalisation du travail du sexe : Amnesty s’engage

Publié le 18 août 2015
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Par Alain Borgave.

Prostituée au Mexique (Crédits : Tomas Castelazo, Creative Commons)
Prostituée au Mexique (Crédits : Tomas Castelazo, Creative Commons)

Mardi 11 août, les délégués d’Amnesty International provenant du monde entier, réunis à Dublin, ont adopté une résolution selon laquelle l’organisation « va adopter une politique soutenant la dépénalisation complète de tous les aspects du travail du sexe. Il sera aussi demandé aux États d’assurer que les travailleurs du sexe soient protégés de l’exploitation, de la traite et de la violence ». La proposition de dépénalisation concerne donc exclusivement les rapports consensuels, et s’étend aux clients et aux tiers. Dans de nombreux pays en effet, dont la France, quand deux prostituées travaillent ensemble, l’une des deux sera nécessairement considérée comme une proxénète. La proposition d’Amnesty vise donc à dépénaliser, en plus des prostituées et des clients, le proxénétisme de soutien.

Cette prise de position a bien-sûr déchaîné tous les abolitionnistes de la planète. Une pétition contre la résolution d’Amnesty a été mise en ligne, tout comme des lettres ouvertes, et de très nombreux articles. On a même essayé de salir la réputation de l’organisation en laissant penser qu’Amnesty défendait le « lobby des proxénètes et des maquereaux ». Globalement, la plupart des critiques ont utilisé l’argument, usé jusqu’à la corde, que la violence et l’exploitation sont au cœur de la prostitution. Et que dépénaliser celle-ci ne pouvait mener qu’à son développement et donc à un accroissement exponentiel de ces deux maux.

Cette affirmation est basée sur un amalgame. On confond l’exercice de la prostitution avec les abus qui y sont parfois liés, dans un discours adroit où, en ne parlant que de ceux-ci, on laisse penser que la prostitution tout entière serait intrinsèquement une violation de droits humains. Les chiffres utilisés sont soit fantaisistes, soit basés sur des études réalisées de façon controversée. Dans les débats qui ont eu lieu ces derniers jours j’ai noté les arguments suivants :

  • L’âge moyen d’entrée dans la prostitution serait de quatorze ans, alors que dans la réalité il se situe autour de 25 ans comme je l’ai déjà montré.
  • L’espérance de vie des prostituées serait de 43 ans ce qui est une variation autour de l’âge fantaisiste de 34 ans dont j’ai déjà parlé. La santé physique et mentale des prostituées travaillant en maison close dans les régimes légalisés étant comparable à celle de la population générale, on a de bonnes raisons de penser que leur espérance de vie doit elle aussi en être proche.
  • On a souvent affirmé que la traite des êtres humains serait en explosion en Allemagne, pays où la prostitution est légale. Or les statistiques allemandes disent exactement le contraire. Le nombre de victimes de la traite identifiées tournait autour de 1300 à la fin des années 1990, alors qu’il n’est plus que de 640 en 2011. Ces chiffres indiquent donc une diminution de l’ordre de 50% de la traite en Allemagne, et non pas une augmentation.
  • Une étude de 2012 est constamment citée (Cho, Dreher et Neumayer). Elle indique une corrélation positive entre la légalité de la prostitution et l’ampleur de la traite des êtres humains. Légaliser ou dépénaliser aurait donc comme effet indirect d’augmenter le nombre de personnes qui en seraient victimes. Mais cette étude possède des défauts fatals qui la rendent inutilisable. D’abord, les chiffres de traite des êtres humains utilisés dans cette étude ne sont en réalité pas comparables entre pays, la définition d’une « victime de la traite » étant variable. Aussi, certaines statistiques concernent le nombre de victimes identifiées, d’autres les victimes présumées, chiffres qui n’auraient bien sûr pas dû être comparés. De plus, le cadre législatif attribué à chaque pays date de… 1995. C’est-à-dire avant la légalisation en Allemagne (2002) et aux Pays-Bas (2000), et avant la pénalisation des clients en Suède (1999). Autant dire que les résultats de cette étude ne nous donnent aucune information utilisable sur la relation entre le cadre législatif et l’ampleur de la traite des êtres humains.

Il faut saluer le courage d’Amnesty International d’avoir proposé et voté cette résolution dans le contexte difficile que nous connaissons en la matière. Il faut aussi les féliciter d’avoir fait ce que peu ont fait jusqu’ici : descendre sur le terrain et écouter la voix des prostituées.

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  • Attention : Amnesty commence à avoir un discours d’adulte !!!!

  • Chers abolitionnistes, déchainez vous! On n’attend que ca…

    • Mais que feriez vous si votre fille se prostituais??? hein hein hein ???? Moi je préfere qu’elle aille bosser a la mine ou qu’elle finisse broyer dans une machine industriel, c’est tellement plus prolo!

      • Je lui souhaiterais bien du plaisir…
        En tout cas, ça vaut mille fois mieux que fonctionnaire aux impôts. Le libre marché plutôt que la coercition.

      • De fait je pense que si ma fille se prostituait j’aurai beaucoup à me reprocher à moi même et probablement peu de choses à reprocher à la légalité de la chose…

        • Et si c’était avec un homme politique en échange d’un ministère ?

          • pire encore…

            Et le pire du pire serait que ma fille se prostitue en devenant politicienne. Je me dirais que mon éducation a totalement échoué. Sauf si c’était pour devenir une Ron Paul à la Francaise.

      • @dexter : Vous rigolez, mais involontairement vous mettez le doigt sur un vrai problème : l’HYPOCRISIE de la plupart des antiféministes. Ces derniers sont favorables à la légalisation de la prostitution, mais également favorable au maintien d’une société aux mœurs conservatrices.
        En gros : Ils veulent une société autorisant la prostitution, mais ils souhaitent que les gens continuent de se sentir supérieurs à aux prostituées, continuent de les discriminer ou de simplement les ostraciser. Ils veulent par conséquent conserver les privilèges de leur « respectabilité. » Ils veulent avoir la possibilité d’aller voir des prostituées puis de dîner en famille comme si de rien n’était, en complimentant leur épouse au foyer sur sa délicieuse dinde de noël.

        Les antiféministes s’opposent aux agressions physiques envers les prostituées, mais font semblant de ne pas comprendre que si des policiers ont une mentalité conservatrice ils n’auront jamais la VOLONTÉ d’enquêter sérieusement sur les agressions envers les prostituées.

        Si on autorise la prostitution sans s’attaquer à la mentalité puritaine de la population, alors dans ce cas il faut autoriser les prostituées à avoir leurs propres « policiers » et tribunaux. Dans le cas contraire les policiers et les juges tendront à vouloir constamment trouver des excuses aux agresseurs des prostituées en prétextant qu’elles les ont plus ou moins provoqué.

        • C’est ça ouais. Des conneries pareilles, vaut peut-être mieux entendre ça que d’être sourd, mais l’hésitation serait compréhensible.

          En tout cas, vous ne cachez pas votre mépris pour la liberté, c’est déjà ça.

        • Que d’hypothèses et d’évaluations ! C’est chouette de savoir ce que les autres veulent et pensent.

        • « En gros : Ils veulent une société autorisant la prostitution, mais ils souhaitent que les gens continuent de se sentir supérieurs à aux prostituées, continuent de les discriminer ou de simplement les ostraciser. »

          C’est le fondement de la société libérale: Tu fais ce que tu veux tant que tu fais du mal qu’à toi même mais les autres ont le droit de te mépriser de te virer de chez eux et de refuser de te parler. D’ailleurs il y a une faute dans ce que vous dites. Les libéraux souhaitent que tout le monde MÊME les putes, puissent bosser légalement comme elles le veulent et dans les conditions qu’elles veulent, et que tout le monde puisse mépriser et ostraciser qui bon leur semble sur des critères dont ils n’ont pas à se justifier, putes comprises. Le libéralisme c’est aussi la pute qui dit « non pas toi; je te veux pas client parce que je te fais pas confiance » sans avoir à se justifier. Dans l’illégalité, elle trop contente d’avoir un client pour payer son macro qui paye les flics corrompus pour travailler.

          Quand vous dites ca: « En gros : Ils veulent une société autorisant la prostitution, mais ils souhaitent que les gens continuent de se sentir supérieurs à aux prostituées, continuent de les discriminer ou de simplement les ostraciser. » Vous faites un procès d’intention. Les procès d’intention, c’est le degré zero de l’argumentation, de la bouse intellectuelle, des excuses branlos… Alors cessez les procés d’intentions, et peut etre qu’on vous considèrera mieux ici. En tout cas jusqu’à présent vous ne nous avez démontré que votre capacité à faire des procès d’intention, c’est à dire de la nullité en barre.

          • « C’est le fondement de la société libérale: Tu fais ce que tu veux tant que tu fais du mal qu’à toi même mais les autres ont le droit de te mépriser, de te virer de chez eux, et de refuser de te parler. »

            @Mitch : Une prostituée ne fait rien de mal. Il est là le problème que refusent de voir les puritains, qu’ils soient ou non libéraux.
            Lorsqu’ils sont libéraux, les puritains ont le mérite d’admettre que les vices ne sont pas des crimes. Cependant ils n’ont pas le culot de se demander : pourquoi continuer à considérer que ce que fait la prostituée est un « vice », c’est-à-dire une chose certes légitime (tolérable), mais qui ne mérite que du mépris ?

            Soit ces libéraux puritains manquent de culot pour se poser les bonnes questions, soit ce sont en réalité des hypocrites qui comprennent justement trop bien le problème : s’ils cessent de mépriser publiquement les prostituées ils perdront leur apparence de respectabilité basée sur du vent. Les puritains, mêmes libéraux, veulent d’une société qui ostracise et méprise les prostituées, parce qu’ils veulent paraître respectables, parce que cette respectabilité basée sur du vent leur confère des avantages (pour ne pas dire des privilèges.)

            • Vous devriez au contraire être extrêmement admiratif des « libéraux puritains ».

              Ils pensent « je déteste la prostitution, c’est une activité dégradante qui conduira les deux parties prenantes en enfer » mais ils se battent pour que les deux parties prenantes en question puissent faire ce qu’il veulent sans que l’État sans mêle.

              Moi je dis bravo, c’est d’une élévation morale incomparable avec ceux qui pensent être le camp du bien et de la vérité et se servent de la coercition publique pour l’imposer aux autres.

            • @Commando:
              Nous sommes d’accord sur une chose: les prostituées ne font pas de mal. C’est pour ca que je me prononce en faveur de la légalité de leur activité. Point entendu.

              En revanche, vous passez ensuite dans le procès d’intention une fois de plus. Or que ce soit clair: je m’en cogne des intentions. Les puritains n’aiment pas les putes? Oui et alors? Les putes aiment elles les gens qui pensent mal d’elles? Les putes ont elles un profond respect pour ces gens qui pronent la monogamie et le refus du plaisir de la chair?

               » Cependant ils n’ont pas le culot de se demander : pourquoi continuer à considérer que ce que fait la prostituée est un « vice », c’est-à-dire une chose certes légitime (tolérable), mais qui ne mérite que du mépris ? » Oui ben c’est leur problème… Si vous n’aimez pas les puritains contentez vous de faire comme ils font avec les putes…

              « Soit ces libéraux puritains manquent de culot pour se poser les bonnes questions, soit ce sont en réalité des hypocrites qui comprennent justement trop bien le problème : s’ils cessent de mépriser publiquement les prostituées ils perdront leur apparence de respectabilité basée sur du vent. »

              Oui et ben si ce sont des hypocrites superficiels j’imagine que les putes sont super heureuses de ne pas avoir à leur adresser la parole.

              « Les puritains, mêmes libéraux, veulent d’une société qui ostracise et méprise les prostituées, parce qu’ils veulent paraître respectables, parce que cette respectabilité basée sur du vent leur confère des avantages (pour ne pas dire des privilèges.) »

              Il est la votre procès d’intention. Vous prétendez savoir que ceux que vous nommez puritains sont des gens qui font passer leur apparence de respectabilité avant la dignité et le respect . Déjà, vous ne pouvez pas démontrer ce que vous dites, et en plus ca me semble indémontrable à l’heure actuelle.

              Les libéraux, si tant est que je puisse parler en leur nom, me semblent plutot vouloir que n’importe qui ait le droit de mépriser n’importe qui, de refuser la conversation et tout échange direct, sans devoir se justifier. Ca inclue les puritains et leurs relations, ou non relation, avec des putes. En gros le libéralisme consisterait à dire que rien ne vous force à vous acoquiner avec les gens qui se prostituent, mais qu’en revanche, leur causer du tort ou initier toute manœuvre coercitive contre eux est aussi illégal qu’envers n’importe quel autre être humain.

              Moi qui me croit libéral, je suis en faveur de la libéralisation de la prostitution parce que je pense que cette activité ne fait de mal à personne d’autre que ceux qui y participent. Comme la religion, le football, ou la plongée, cette activité comporte des risques pour la santé tant physique que mentale, mais ca regarde ceux qui s’y adonnent, en tant que vendeur ou acheteur. Ce que les autres en pensent, on s’en cogne. C’est pas parce « les puritain » ne veulent pas etre les potes des putes qu’il faut leur donner plus d’importance que ca.
              Quant aux privilèges dont vous parlez, s’ils sont de nature légale, alors oui effectivement il y a un problème. Pour l’instant je ne vois pas trop de privilège accordés aux puritains mais plutôt des crasses légales faites aux travailleurs du sexe. Dans l’ensemble, etre un puritain ne vous apporte pas vraiment de privilège par rapport au commun des mortels. Les privilèges que des gens leur accorde sur la base de ce critère, c’est leur problème. Si comme vous le dites il ne s’agit que de pures apparences, alors les gens sauront bien s’en rendre compte à un moment ou à un autre.

              Donc concrètement, qu’est ce qu’on en à taper des puritains dans l’ensemble? C’est le fait que des lobbys comme les leurs puissent influencer les loi en défaveur d’autres personnes à priori pacifiques qui est scandaleux. Peu importe que ce soient des prostituées , des drogués, des joueurs invétérés, des sportifs, ou des alcoliques. Ce qu’ils font sans faire mal aux autres, ils devraient avoir le droit de le faire.

              • « Les putes aiment-elles les gens qui pensent mal d’elles? Les putes ont elles un profond respect pour ces gens qui pronent la monogamie et le refus du plaisir de la chair? »

                @Mitch : OUI !
                Résumons: les puritains méprisent les prostituées. Ils se sentent supérieurs aux prostitués, parfois sans trop savoir pourquoi. C’est stupide, mais c’est leur droit. En revanche, les prostituées, dans leur écrasante majorité, contrairement à ce que vous laissez entendre, ne méprisent pas les puritains. Du moins pas aussi radicalement.

                Vous comprenez le problème maintenant ? Les puritains méprisent les prostituées, or les prostituées, plutôt que mépriser les puritains, se méprisent elles-mêmes !

                Si vous ne voyez toujours pas de problème à ça, considérez l’exemple suivant : le peuple B méprise le peuple A, et le peuple A se méprise lui-même ( ethnomasochisme )

                Comment voulez-vous que le peuple A s’oppose efficacement à d’éventuels atteintes envers sa liberté par le peuple B ? Selon moi, pour défendre efficacement sa liberté, le peuple A doit d’abord cesser de se mépriser lui-même, et pour parvenir à ce résultat, l’absence de mépris de la part du peuple B serait une aide non négligeable, bien que non indispensable.

                Ainsi donc, pour en revenir au sujet : Il faut que les prostituées cessent de se mépriser elles-mêmes, mais pour parvenir à ce résultat, l’absence de mépris de la part des puritains serait une aide non négligeable. Sans remise en question des puritains, la situation mettra d’une part plus de temps à s’améliorer, mais d’autre part risquera de se dégrader plus rapidement.

                Le mépris puritain vient du complexe de supériorité qu’offre une apparence de respectabilité basé sur du vent. Il engendre de la frustration et des calomnies. Voilà pourquoi il est naïf de dire au sujet du mépris puritain « Oui et alors? », « On s’en cogne », etc.
                C’est comme si je vous expliquais que nous vivons dans une société où les adultes croient au père noël, et que vous me répondiez « Oui et alors? », « On s’en cogne ».
                Vous avez raison sur le fait que ces adultes ont le droit de croire au père noël, mais j’ai raison sur le fait que ça craint.

                • Wah… être méprisé par une partie de la population ne permettrait pas d’avoir une bonne estime de soi-même… Ben alors il y a du boulot pour les psys parce qu’avec les riches/les pauvres, les fonctionnaires/salariés du privé, les ouvriers/les patrons, les jeunes/les vieux…
                  Ne prenez pas votre cas pour une généralité et allez consulter !

                  • @sam player : Vous venez de vous piéger vous-même à l’instant.
                    Les libéraux adorent affirmer que ce qui les distingue des socialistes, c’est que leur philosophie politique n’est pas basée sur l’envie, la jalousie, le ressentiment, etc.

                    Or vous venez à l’instant d’excuser ce ressentiment : J’ai écris que les prostituées sont méprisées sans raison valable, et vous, tout ce que vous trouvez à répondre, c’est que de toute façon, tout le monde se fait mépriser dans la société : les riches, les patrons, etc.

                    Logiquement votre raisonnement signifie que, exactement comme un socialiste, vous ne voyez rien de problématique à ce que les riches et les patrons se fassent mépriser. Pourtant selon les libéraux, le libéral diffère grandement du socialiste sur ce point. Le libéral pauvre est censé ne pas être jaloux du riche. Il est censé se dire en voyant la belle voiture du riche: « Je vais travailler très dur pour pouvoir me payer une telle voiture. » Tandis que le socialiste est censé se dire « Quel salaud d’exploiteur celui-là avec sa belle voiture ».

                    Selon moi, nous ne pouvons pas d’un côté nous opposer à la jalousie du socialiste envers le riche, et de l’autre côté justifier le mépris du puritain envers la prostituée. Ceux qui font preuve d’une telle incohérence, les libéraux puritains, sont soit des simples d’esprits, soit des hypocrites.

                    • @Commando:

                      Je suis désolé mais si les prostituées ont un faible amour propre, c’est meur problème, pas le mien ni selui des puritains. L’amour propre des prostituées n’est pas une raison suffisante pour justifier la coercition sur les puritain. Je compatis mais elles devront se démerder sans mon aide cette fois la.

                • « Résumons: les puritains méprisent les prostituées. »

                  ET ALORS ?

        • totalement faux, les conservateurs (maintenant ca dépent desquels) sont en général favorable à l’interdiction de la prostitution.
          Cela démontre justement l’incohérence de la gauche favorable au progressisme mais voulant interdire la prostitution (alors que l’interdiction de la prostitution est historiquement un combat mené par les conservateurs (notamment catholiques)).
          « si des policiers ont une mentalité conservatrice ils n’auront jamais la VOLONTÉ » n’importe quoi , en gros, pour vous, un conservateur trouve normal qu’une prostituée soit agressé alors que c’est faux. Il faudrait peut être que vous arrêtez de caricaturer les conservateurs
          « Si on autorise la prostitution sans s’attaquer à la mentalité puritaine de la population » typique du fascisme du progressisme. L’état n’a pas à s’occuper de ce genre de choses, l’état n’a pas à changer les mentalités (au sinon, on est dans un système fasciste).
          Si les juges et les prostitués sont progressistes (comme en France) , ils seront laxistes avec les criminels (tous les criminels) qui pourront agir en toute impunité. En Suède, un immigré qui a violé une petite fille n’a été condamné qu’à une peine de travaux d’intérêts généraux. Voilà un exemple type de justice gauchiste protégeant les criminels

          • La France « progressiste »? Surtout absurde! Les prostituées n’ont pas le droit de « racolage » (le « trottoir »): vivent les « jolies vitrines d’Amsterdam » (entre autres). Par contre, ils voulaient sanctionner les clients!

            La solution hypocrite d’absence de législation et donc de la tolérance serait vite contre-balancée par des règlements locaux (« ordre public », « santé publique », contrôles policiers) eux-mêmes catastrophiques sur la distribution géographique! (je dis « hypocrite » parce que si le statut professionnel est « ignoré », les revenus professionnels sont cependant fiscalisés!).

            Le problème reste le proxénétisme et les risques de délits: violences, contraintes, « racket », et pour les étrangères: traite, « commerce d’êtres humains », rétention de passeport, « milieu », réseaux internationaux éventuellement mafieux, abus de confiance, passeurs etc … Et, en « maison », le « partage des frais »!

            La reconnaissance professionnelle reste donc la meilleure solution et la plus claire, avec une « médecine du travail » adaptée, l’idéal pratique étant la reconnaissance officielle des lieux de travail, en indépendant ou en maison (eros-center allemand): c’est aussi plus serein et plus sécurisant pour le client, pour la/le prostitué(e) et personnel annexe et le respect de la liberté d’entrer et de sortir de la profession, mais aussi pour la population, l’ordre public et donc l’autorité.

            L’éradication par la loi restant évidemment utopique, autant que cela se passe bien pour tout le monde, même pour ceux qui réprouvent cette activité.

            À ce propos, l’Église catholique continuera évidemment à réprouver ces relations hors mariage, mais on sait par l’évangile que le Christ a sauvé la « femme adultère » de la lapidation (la « loi » juive, à l’époque) et qu’il n’a pas jugé la « pécheresse » non plus mais l’a encouragée à interrompre son activité en toute logique! (argument important en faveur du mariage des prêtres, évidemment!)

        • « maintien d’une société aux mœurs conservatrices. »

          Comme dans tous les pays communistes ?

      • Mais que feriez vous si votre fille se prostituais?

        Pourquoi ne pas remplacer fille par fils histoire de rappeler qu’il y a aussi des hommes qui se prostituent ?

  • Il est toujours amusant de voir les puritains et les « progressistes » d’accord sur certains sujets, dont l’interdiction de la prostitution.

    • Les deux haïssent la liberté. Pas étonnant qu’ils soient contre la sexualité entre gens consentants.

      • Non et oui, je crois que toute autorité veut imposer son pouvoir en interdisant ou en se réservant certains PLAISIRS qu’elle peut éventuellement partager avec ceux qu’elle choisit! C’est une constance dans l’histoire, et quel que soit le pouvoir, officiel ou privé. Je suis d’accord, par contre, que, du même point de vue, la Liberté est un grand plaisir et sans doute celui qui conditionne tous les autres.

        Mais prôner le plaisir reste sujet à une large réprobation: le plaisir est réputé fauteur de troubles de l’ordre établi: mai’68 reste le plus éclatant exemple avec Woodstock, l’île de Wight ou le mouvement hippie. Cela a été considéré comme de l’irrespect pour la valeur « Travail » sacralisée, de préférence pénible!

        Ah! Si Ph.Pétain avait dit: « Liberté, Famille,Plaisir! » au lieu de « Travail … », les désertions allemandes auraient sans doute été nombreuses!
        Après tout, Paris est connue à l’étranger sûrement autant pour sa gaudriole réputée (pas spécialement vérifiée) que pour ses monuments et très peu pour son « travail »!

  • La plupart des commentateurs vivent dans de beaux quartier ou en maisson de maître à la campagne.
    Même le libéral le plus averti, en aurait marre, vivant, dans un rue de prostituées, quand il rentre et se fait toucher les nouilles, devant ses enfants, par des pauvres filles droguées (par leur macro) et en manque, qui ne vous reconnaissent plus comme voisin du quartier, ne respectant rien : ni devant vos enfants, ni votre mère, qui se fait peloter les seins quand elle vient rendre visite (de plus en plus espacées) à ses petits-enfants ; Le P. osent même à se servir du hall d’entrée de votre immeuble comme lieu d’ébats tarifés, (les agents EDF et GDF leur revendant des copies de leurs passe partout)- marcher sur les préservatifs…
    Cela se passe dans de nombreux quartiers en France et pas seulement dans les plus défavorisés.
    Le mythe rêvé de la prostitué de luxe vivant de ses charmes a la dent dure… C’est plutôt la misère noire et l’esclavage maintenu par le drogage des filles ou gars ; pendant que les macs dépensent tout au poker.

    • @partir un jour:

      La prostitution de rue est essentiellement répandue la où la prostitution est interdite. Quand on n’a rien à craindre de la police et que celle ci vous protège (éventuellement d’un gang), il n’y a aucune raison de ne pas prendre un local pour pratiquer la prostitution en ne créant pas plus de gène qu’un sex shop.

    • Ca ne ferait pas un bonne raison pour demander la privatisation des rues ?

    • Légaliser la prostitution ne signifie PAS légaliser l’exhibition sexuelles dans votre hall d’entrée.

  • « Et si votre fille se prostituait ? » Vous seriez tout à la fois triste et inquiet. Inquiet pour sa sécurité, sa réputation et son avenir, triste parce que le sexe n’est pas/ plus pour elle un acte d’amour ou de plaisir, mais une obligation (un travail reste une obligation que l’on y prenne du plaisir ou non).
    Il y a une nuance de taille et capitale entre légaliser une pratique et la banaliser. La pornographie est légale, mais quel cinglé recommanderait sa fille, sœur ou mère, de se lancer dans le métier tant que ça lui plaît ?
    Lorsque c’est un choix, la véritable hypocrisie serait de le considérer comme moralement acceptable ; tu te fais enculer pour des boucles d’oreille en or pendant tes études en droit ? C’est bien ma chérie !

    L’interdire légalement est aussi inefficace que dangereux, attention toujours à ne pas tomber dans une promotion de pseudo élévation / affranchissement intellectuels qui ne peuvent qu’entraîner le déshonneur des dames et la dégradation de l’intimité partagée en du pur vidage de couilles.
    Vivre et/ ou profiter de la misère humaine sous toutes ses formes est bien évidemment immoral. C’est pourquoi votre groupe b (ou a je ne sais plus mais nous nous comprendrons) a perdu d’avance.
    Légalisons, en toute pudeur et discrétion, s’il-vous-plaît, et conservons la honte comme unique rempart à la banalisation d’une pratique aussi irrespectueuse qu’irrespectable.

    • Désolé, je n’y vois rien de moralement inacceptable.

      • Peut-être parce que vous considérez que la prostitution n’est pas nuisible aux femmes qui la pratiquent, qu’elle n’aurait rien de dégradant ou d’irrespectueux de part à d’autre ?

        Ou est-ce lié au contrat, à l’accord mutuel ? Cela ne peut suffire à distinguer un acte moral d’un acte immoral ; l’adultère implique deux personnes consentantes et pour autant…
        De même que si vous acceptez de vous couper une main ou de laisser quelqu’un vous pisser dessus publiquement pour un tas de billets, c’est certes votre affaire, de là à considérer cette vente comme moralement acceptable, il y a une marge.

        • Pourquoi encore une fois limiter la prostitution aux femmes ?

          Un acte serait immoral par rapport à quoi ? Pisser sur son conjoint ou bouffer ses excréments ne viole les droits de personnes dès lors que tous les protagonistes sont consentants.

          • Question d’offre et de demande, la demande étant quasi-exclusivement masculine, et la majorité des hommes étant hétérosexuels, la prostitution concerne essentiellement les femmes (échelles géographique et historique confondues).

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Morale
            Je n’ai pas connaissance de sociétés considérant la prostitution comme moralement acceptable.
            Le droit n’est pas la morale.
            Considérer qu’avoir affaire à une personne qui accepte d’être traitée sans égards et sans respect vous donne le droit d’un point de vue moral d’agir à son endroit de la sorte est discutable…
            Vous ne pouvez pas exclure la dimension financière de la question, puisqu’elle est toute la question ; il ne s’agit pas d’un rapport de couple d’un soir ou d’une vie, mais d’un acte de vente.
            Mettre à disposition l’ensemble de son corps pour les désirs et plaisirs sexuels d’un autre qui en tant que client n’a pas à se soucier de ceux du vendeur, ce n’est pas du même ordre qu’une partie de jambes en l’air clairement souhaitée par les deux parties.

            Pourquoi accepteriez-vous de payer un(e) partenaire sexuel(le) si ce n’est parce que vous estimez que cette personne ne vous désirait pas et qu’elle a été, d’une façon ou d’une autre dans ce rapport, lésée ? C’est bien que le temps et les efforts que vous lui avez coûtés méritent compensation.
            Dans ce contexte, si vous payez, c’est que vous pensez avoir abusé de l’autre, et si vous acceptez d’être payé(e), vous signifiez à l’autre qu’il a effectivement abusé et que vous vous sentez dédommagé(e) par de l’argent.
            C’est moralement indéfendable dès lors que l’abus concerne le corps d’une personne. On ne peut abuser que de ce qui est en état de faiblesse par rapport à soi.

            Après, si nous devions jeter des cailloux à toux ceux qui n’ont pas de principes ou ne sont pas de parfaits monstres de vertu, nous n’aurions plus personne sur la planète.
            On fait tous des erreurs, on fait ce qu’on peut pour survivre, on a potentiellement tous des valeurs différentes. La morale est un point de repère qui a pour vocation de limiter la casse, elle ne s’entretient que par les sentiments de honte et de fierté, et des notions (certes arbitraires) de bien et de mal ; elle a son rôle au sein d’une société. L’occulter des débats politiques, comme c’est de bon ton à l’heure actuelle, c’est le meilleur moyen de voir des principes dictatoriaux, rigides et austères débouler en énorme boomerang sur la tronche des générations à venir.
            Légaliser n’est ni approuver, ni encourager, et ne doit surtout pas l’être. Ce n’est pas la loi qui nous empêche de nous comporter constamment en pourritures et en crevards les uns avec les autres.
            N’apprenons pas à nos enfants qu’il n’y a rien de mal / de honteux à être client ou professionnel de la prostitution. Les seules choses qui ont une véritable valeur ne s’achètent pas, et si l’on a du respect pour un être humain on ne se le paie pas en tant qu’esclave ou pute, même s’il est d’accord pour ça.

            • « mais d’un acte de vente »

              Le ou la prostituée vend juste une prestation. En revanche une femme qui pigeonne un gars plein aux as pour se faire entretenir ne dérange absolument personne. La différence avec le premier exemple est que le client connaît les termes du contrat.

              Vous connaissez bien mal vos semblables et les hommes qui paient les services des prostituées.

              « Les seules choses qui ont une véritable valeur ne s’achètent pas »

              Dans ces conditions, supprimons tous les salaires si vous estimez que le temps passé à travailler ne vaut rien.

              • Vous tortillez. Une prestation sonne tout de suite moins mal que le corps directement. Mais si vous considérez que vendre ses orifices ce n’est pas se vendre soi-même, vendre son corps, je ne vois pas quoi ajouter.
                Une femme qui pigeonne un gars plein aux as pour se faire entretenir est une pute. Personne ne trouve ça mieux. La question n’est pas de déranger quiconque, on s’en moque.

                « Vous connaissez bien mal vos semblables et les hommes qui paient les services des prostituées.  »
                ça vaut probablement le coup d’être développé si vous avez quelque chose à dire.
                Je crois juste que vous interprétez de travers mon propos.

                « « Les seules choses qui ont une véritable valeur ne s’achètent pas » Dans ces conditions, supprimons tous les salaires si vous estimez que le temps passé à travailler ne vaut rien. » Vous ne voyez vraiment pas ce que je veux dire par véritable valeur ou c’est juste histoire d’être en désaccord ? Vous ne pouvez pas vous acheter d’antidote contre la solitude ni d’affection sincère.
                Le sexe ne peut être considéré comme un service qu’à partir du moment où il n’y a pas de plaisir ou de désir. Sinon c’est une arnaque. Il y a forcément dans ce rapport un déséquilibre et un abus de pouvoir, d’un côté ou de l’autre, c’est en ce sens que la prostitution est immorale.
                Mais oui, les gens font bien ce qu’ils veulent, et ce n’est pas la question.

  • A vous qui pensez que la prostitution doit être libre d’exercice, je vous conseille d’aller faire un tour sur le site »youppie.net »et de lire les commentaires des pervers sur les femmes qui se prostituent.Ces hommes parlent des femmes comme-ci elles n’étaient que des morceaux de viande,des objets uniquement destinés à satisfaire leurs vices.Ce site est une horreur et certains commentaires sont à vomir.

    • LeRouge, vous semblez fréquenter assidument ce site que vous détester… Il y a un certain voyeurisme et une attitude très paradoxale de votre part. Et sur Youppie, il y a également des récits d’amour, de Punters qui tombent amoureux des filles qu’ils fréquentent. On ne va pas interdire les voitures de circuler parce qu’il y a quelques chauffards. La prostitution, c’est pareil…

    • Ce n’est pas par mauvaise volonté, mais je ne tiens pas particulièrement à m’inscrire sur ce site pour le plaisir de vomir ^^

      Ce qui m’amène à la question suivante ; pourquoi être allé jusqu’à vous inscrire sur un site que vous réprouvez farouchement ?
      Et pourquoi venir en faire la publicité à un endroit où manifestement vous aurez du mal à choquer quelqu’un ?

      Sans vouloir vous chagriner, vous ne pouvez pas empêcher les hommes d’avoir des vices ou de faire preuve de perversion, ni de baver devant des paires de seins et de fesses comme devant un morceau de steak, ce n’est certes pas très poétique ni très romantique, mais de la même façon que vous ne pourrez jamais empêcher des groupes de copines de parler des verges de leur conjoint ou de leur coup d’un soir, vous n’empêcherez pas des paires de couilles de parler entre elles de leurs conquêtes avec peu de considération.

      Rien ne vous oblige à fréquenter des lieux où des personnes anonymes s’expriment sans pudeur ou sans égards pour leur sujet, ni ces personnes directement.
      ça n’a pas forcément de rapport avec la prostitution, et vous ne pouvez pas faire de quelques propos tenus anonymement une pensée générale qui définirait toutes les pensées des personnes qui pratiquent telle ou telle chose.
      Le langage qu’ils emploient ne signifie pas qu’ils ne seraient pas avant tout à la recherche d’un peu de chaleur humaine, ni qu’ils maltraiteraient les prostituées en question même si de leur point de vue elles ne vaudraient qu’une vaginette- poupée gonflable entreprenante.

      En somme ce n’est pas un argument.

      Au risque de radoter, la loi et la morale sont deux choses différentes.
      Autoriser légalement une pratique n’est pas la soutenir moralement.
      Porter une arme n’est pas moralement répréhensible, pourtant c’est interdit.
      Même si l’on est tenté de faire un rapprochement et que la question se pose, ce n’est pas la morale qui conditionne le droit.

      • Si je suis sur youppie ce n’est pas par plaisir.Je ne fréquente aucunement les prostituées.Simplement je fais ce que l’on m’ordonne de faire.

    • Ce que dit lerouge est très exagéré. Je suis moi-même client d’escort girls, membre du forum Youppie (et accessoirement lecteur de Contrepoints car je suis libertarien). Je peux vous dire que l’on trouve de tout sur Youppie (comme dans la société, en fait) : les commentaires de certains membres sont effectivement ceux de « viandards » pas du tout respectueux des femmes mais on ne peut bien-sûr pas généraliser. La charte du site ne tolère en principe pas ces propos et, à titre personnel, je ne les approuve absolument pas (au contraire !). Mais on trouve aussi toutes sortes de rubriques sur le site : sur la drague, l’échangisme, les pratiques sexuelles, le porno ou autre : il n’y a pas que la prostitution. Et on peut avoir des discussions intéressantes, auxquelles les filles de joies participent parfois elles aussi (une section leur est même spécialement réservée). Comme d’habitude, les abolitionnistes font une propagande manichéenne. J’ajouterai que les commentaires peu amènes sur les individus existent dans toutes les professions : j’ai lu plusieurs fois aux infos des entreprises qui tenaient des fichiers internes dans lesquels les remarques sur les clients étaient insultantes. Cela avait lieu dans des secteurs d’activité tout à fait légitime mais comme ça ne se voit pas, personne n’en parle, mais c’est la même logique. Et effectivement, ça a été dit plus haut, si ça vous dégoute tant que ça, pourquoi aller vous inscrire sur ce forum ? Cela montre bien l’attitude très paradoxale des anti-prostitution, souvent constituée d’une sorte de fascination/répulsion qui fait que ceux qui la critiquent donnent souvent l’impression qu’ils sont inconsciemment tentés d’y avoir recours mais plutôt que d’assumer leurs envies, ils rejettent toutes leurs frustrations, leur haine et leur intolérance sur des boucs-émissaires qui serait l’incarnation du « vice » : schéma classique de la pensée réactionnaire et liberticide.
      La prostitution devrait être totalement légalisée (y compris en ce qui concerne les intermédiaires) et considérée comme quelque chose de normal, de même que toute pratique sexuelle entre individus consentants. Elle ne pose pas de problème moral ni éthique dès lors qu’elle est pratiquée par des individus volontaires qui respectent les règles du contrat fixé. Quelqu’un plus haut faisait une réflexion stupide en disant : « Je n’ai pas connaissance de sociétés considérant la prostitution comme moralement acceptable. » Si on va par là, on peut dire que TOUTES les activités sexuelles non reproductives en dehors du cadre du mariage (prostitution, masturbation, sodomie, fellation, avortement, homosexualité, sexe de groupe, adultère, pornographie, etc.) ont, un moment où à un autre de l’Histoire et dans presque toutes les sociétés, été condamnées par la loi ou la morale. L’évolution des sociétés vers plus de liberté et d’ouverture d’esprit passe par une dépénalisation totale de ces pratiques, puis par leur acceptation par les individus (comme par exemple l’homosexualité, considérée comme « fléau social » il y a cinquante ans en France, et aujourd’hui présenté comme quelque chose de normal).
      Je ne nie pas qu’il existe des problèmes liés à la prostitution mais ces problèmes sont le plus souvent le résultat de la stigmatisation sociale qui a toujours frappé ce milieu. S’il existe un noyautage de la prostitution par le crime organisé (davantage que dans d’autres activités), c’est justement parce qu’elle est illégale. Quand à ceux qui disent « vous ne voulez pas que votre fille soit prostituée », on pourrait dire aussi qu’il y a des gens qui ne veulent pas que leur fils soit homosexuel, ou que leur fille soit actrice porno ou fasse des partouses, etc. Faut-il aussi interdire tout cela au prétexte que « certains n’aiment pas que leur enfant fasse cela » ? C’est un raisonnement absurde car il part du principe que c’est une activité réprouvée socialement. Si la prostitution était mieux acceptée, les gens ne diraient pas ce genre de chose.
      Tous les arguments anti-prostitution sont fondés sur des raisonnements fallacieux : leur véritable raison d’être vient de l’intolérance et les préjugés face à certaines pratiques sexuelles. D’un point de vue libertarien, il n’existe absolument aucune justification de la condamnation de la prostitution, ni par la loi, ni par la morale.

      • Je suis PRESQUE (évidemment ^^) d’accord avec tout ce que vous dîtes.
        Mais en l’occurrence, il y a bien existé et existe des sociétés acceptant les relations sexuelles sortant du cadre du mariage traditionnel patriarcal (la Grèce qui faisait l’apologie de l’homosexualité masculine, principalement par misogyne, mais bon, et toutes les sociétés précédant l’arrivée des sociétés marchandes devenues patriarcales connaissaient des formes de famille structurellement différentes par rapport au mariage monogame), seule la prostitution reste à ma connaissance considérée par toutes les cultures comme immorale (encore une fois, si contre-exemple il y a, je prends).

        [L’homosexualité est particulière parce qu’elle expose au grand jour une particularité sexuelle (elle a l’effet psychologique d’une intimité exhibée) et parce qu’elle inquiète les parents pour des questions de filiation, ce n’est pas tant pour la question morale de la chose que pour la forme d’exhibition involontaire et de reproduction non naturelle qu’elle implique que l’homosexualité n’est pas toujours bien acceptée.]

        Je ne suis ni pour l’interdiction de la pornographie ni de la prostitution, cependant, ces activités me semblent moralement indéfendables, parce qu’elles impliquent de vendre son corps (pour rester sobre et ne pas dire son cul), quoiqu’en dise le mouvement libertarien.
        être ouvert d’esprit n’implique pas de dire amen à tout.
        Prétendriez-vous qu’une femme qui s’offusquerait de vous voir lui donner une poignée de billets après une nuit passée avec elle ne réagirait ainsi que par pur blocage mental ? Je ne crois pas, non.

        • « Ces activités me semblent moralement indéfendables, parce qu’elles impliquent de vendre son corps. » Désolé, cela ne veut rien dire. Déjà, « vendre son corps » est une expression imagée, comme quand on dit « vendre son âme au diable » ou « vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée ». Une prostituée ne vend pas son corps : de même, quand on dit qu’elle « fait le trottoir », eh bien, elle ne « fabrique » pas le trottoir non plus ! Pourquoi prendre ces expressions au premier degré ?
          Ensuite, les antilibéraux veulent à tout prix faire croire que tout ce qui relève du corps aurait une dimension quasi-sacrée qui le soustrairait à la liberté individuelle et aux échanges marchands. Tout cela relève plutôt de la pensée magique et ne repose sur rien de logique ni d’éthique. On veut nous faire croire qu’une transaction gratuite concernant le corps (cela s’applique aussi au don d’organes) serait par nature « pure » tandis qu’une relation avec échange d’argent serait par essence mauvaise, non libre, pas éthique. Cette distinction entre les deux n’est rien d’autre qu’un point de vue moral (dû au fait qu’on appréhende les échanges marchands sous l’angle symbolique sans jamais comprendre les mécanismes économiques qui entrent en jeu) ; or pour un libertarien, la seul chose qui compte dans un échange entre deux individus est leur accord réciproque : que la relation soit rémunérée ou non ne change rien sur le fond, tout comme n’importe quel autre transaction. Les principes de « non marchandisation du corps » et d' »indisponibilité du corps humain » sont des escroqueries intellectuelles, à commencer par leur formulation : comme si c’était le corps qui était par nature « indisponible » alors qu’en fait, il s’agit d’individus qui interdisent arbitrairement à d’autres individus de faire des transactions libres avec leur propre corps. C’est comme le concept de « dignité humaine », qui, mis à toutes les sauces, sert en pratique à interdire tout et n’importe quoi (les spectacles de Dieudonné, les lancers de nain, etc.) alors qu’il ne repose sur rien de rigoureusement défini.

          Par ailleurs, vous dites : « Prétendriez-vous qu’une femme qui s’offusquerait de vous voir lui donner une poignée de billets après une nuit passée avec elle ne réagirait ainsi que par pur blocage mental ? » Cette situation n’est pas limité à la prostitution. Supposons par exemple qu’un ami vous invite à déjeuner chez lui, il serait offusqué si vous lui proposiez de lui rembourser le prix du repas à la fin, et pourtant le fait d’échanger de l’argent contre un repas n’est pas réprouvé socialement (quand on va au restaurant, par exemple). Dans un cas comme celui-là, ce n’est pas parce que le sexe est en jeu, mais plutôt à cause du fait que dans les relations intimes ou amicales, l’échange se fait de façon indirecte et moins formelle sans faire forcément intervenir l’argent, c’est une sorte de convention sociale et les gens sont choqués si on y déroge. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’échange : par exemple, si vous invitez quelqu’un à dîner, vous vous attendez à ce qu’ils vous invite en retour plus tard. De même, si une femme accepte d’avoir une relation sexuelle « gratuite » avec un homme, c’est parce qu’elle sait (ou du moins qu’elle espère) qu’elle va avoir du plaisir en retour : il y a donc un échange de plaisir réciproque. Dans une relation tarifée, la femme n’a pas forcément envie de coucher avec le mec mais elle le fait pour l’argent : il y a donc échange de plaisir contre argent. Donc même les relations a priori gratuites font intervenir une forme d’échange, mais ça ne se fait pas sous forme d’argent et ça ne se voit donc pas directement. Mais, d’un point de vue logique et formel, il n’y a pas de différence entre les deux (échange « gratuit » ou rémunéré) dès lors que les deux parties consentent.

          Sinon, il y a plein d’autres points dans vos précédents messages avec lesquels je ne suis pas d’accord, mais je n’ai pas le temps de développer davantage…

          • Soit, alors je parlerai de LOUER SON CORPS pour que l’expression ne vous paraisse plus imagée.

            Ensuite, sortez je vous prie de ce délire sur les anti-lébéraux vs les libéraux, on s’en moque, et si l’on est incapable de discuter sans entrer dans une vision binaire de la politique, on ira pas bien loin.
            Vous prêtez des idées aux autres qu’ils n’ont pas forcément.

            Ce n’est pas parce que des imbéciles utilisent n’importe comment un argument qu’il serait forcément caduque en toute circonstance. Le souci de la dignité humaine a un intérêt essentiel d’un point de vue politique.

            Un ami ne serait pas offusqué que vous lui proposiez de payer le repas, il ne comprendrait pas pourquoi vous le feriez parce qu’un tel comportement sort du cadre conventionnel. Lorsque vous êtes invitez, vous venez avec une bouteille, ou des fleurs, ou une entrée, parfois plusieurs amis se cotisent pour un repas commun auquel tout le monde contribue, LE BUT EST DE PASSER DU TEMPS ENSEMBLE, tout échange n’est pas une transaction ; le propre d’une relation avec des collègues, des clients, fournisseurs / vendeurs, est que vous n’en avez rien à faire de leur vie, de passer du temps en leur compagnie, ce qui vous intéresse est clairement ce qui est vendu uniquement ou ce que vous rapporte cette vente, vous ne nouez pas de liens avec, ne vous créez pas de souvenirs communs et ne cherchez pas à les apprécier tels qu’ils sont (à moins qu’ils ne deviennent justement des amis).

            Toutes les relations sociales ne sont pas parfaitement équivalentes, tous les échanges n’ont pas la même nature ni le même but, tout n’est pas absolument comparable avec tout, on attribue des valeurs différentes à toutes choses en ce bas monde, et ces attributions de valeurs ont un rôle important et structurant au sein d’une société.
            Il y a des personnes qui se prostituent et n’en souffrent pas, c’est parfois même le contraire et c’est tant mieux pour elles, le fait que c’est pourtant quelque chose qui serait nuisible à majorité des personnes, et sous prétexte de défendre ces minorités on n’est pas pour autant obligés de vouloir à tout prix casser ce qui structure un ensemble en particulier quand on a rien à proposer en retour.

            Si votre président est d’accord pour prendre certaines décisions en l’échange d’un certain montant, ce n’est pas une action morale : le consentement mutuel ne suffit pas à définir un cadre de ce qui serait socialement / moralement acceptable ou non, et en l’occurrence je ne vois pas l’intérêt de vouloir faire de la prostitution une chose normale au sein d’une société.

  • Je recommande une nouvelle fois d’utiliser le mot prohibitionniste pour désigner les prétendus « abolitionnistes ».
    Les prohibitionnistes veulent qu’on les assimile à des adversaires de l’esclavage, ce qu’il ne sont pas. En ne reconnaissant pas la propriété des être humains sur leur corps et sur les fruits de leur travail, ce sont eux qui utilisent les fondements de la philosophie esclavagiste.

    • Peut-être que toute philosophie ne considère pas le corps comme une propriété, comme un objet, comme une chose assimilable au reste de son environnement, que l’on peut par exemple le considérer comme partie intégrante d’une personne, qu’il y a des nuances, que se faire violer n’est pas du même ordre que de se faire voler, et qu’à y regarder d’un peu plus près, un butin de guerre est aussi le fruit de son travail.

      ça me semble périlleux de vouloir à tout prix ranger ses « adversaires » de principe dans un petit cadre étroit.
      Il n’y a pas une philosophie unique universelle qui serait la bonne, la vraie.
      La notion de propriété n’a elle-même aucune réalité intrinsèque.

      • Merveilleuse inversion des arguments.

        Le terme abolitionniste était employé au XIXe siècle pour désigner les opposants à l’esclavage (des libéraux soit-dit en passant).
        Aujourd’hui une bande de puritains veut interdire les services sexuels entre adultes consentants.
        Ces détenteurs de La Morale ont le culot de s’auto-proclamer « abolitionnistes », suggérant par là que leurs adversaires sont des esclavagistes.
        Alors qui range ses adversaires de principe dans un cadre étroit ?

        • Tous ceux qui sont contre la légalisation de la prostitution ne se considèrent pas comme des abolitionnistes, pas plus que tous les partisans d’un état d’esprit féministe ne sont d’accord avec les lois à la con concernant les congés parentaux, rien ne vous oblige sous prétexte que vous vous rangez parmi les libéraux à être d’accord avec tout ce qui est attribué à l’idéologie dont vous vous revendiquez.

          Qui range ses adversaires de principe dans un cadre étroit ?
          Tous ceux qui ne discutent pas avec des personnes en désaccords avec eux sans les prendre pour des cons et/ou leur attribuer des pensées qu’ils n’ont pas forcément.
          Ce n’est pas parce qu’à la radio ou la télé on n’y entend que des arguments débiles qu’ils n’y auraient que ceux-là qui existeraient de part et d’autre.

          Pour ce qu’en dit wikipédia : « S’agissant de la législation de la prostitution, l’abolitionnisme est un courant de pensée visant à l’abolition de toutes formes de réglementation concernant la prostitution. »
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Abolitionnisme_%28prostitution%29
          ça n’a donc aucun rapport avec ce que vous dîtes.

          La prostitution est longtemps restée l’unique moyen des femmes de pouvoir être indépendantes.
          Maintenant que les femmes ont le droit de travailler, si la prostitution devient légale et que les bordels ouvrent, dans des situations difficiles économiquement, en cas de fort chômage, la prostitution ne risque-t-elle pas de redevenir la seule option pour beaucoup de femmes (et d’hommes, certes) ?

          Vous voyez la chose sous un angle exclusivement positif, dans lequel les personnes qui se prostituent le feraient de gaieté de cœur, sans jamais se sentir atteintes dans leur fierté par cette pratique, et oui, c’est vrai, il y a des personnes qui choisissent en pleine conscience de s’y adonner et le vivent très bien. Et selon ce point de vue, ça paraît absolument insensé de vouloir empêcher ces personnes de faire ce qu’elles veulent. Après, il y a aussi d’autres points de vue, qui ne sont pas forcément incompatibles avec celui-là, et n’impliquent pas toujours les mêmes conclusions sur la démarche à suivre à l’échelle de la morale et/ou du droit.

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