Bidonville de La Courneuve : le bel humanisme des verts et des communistes

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Bidonville de La Courneuve : le bel humanisme des verts et des communistes

Publié le 16 août 2015
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Qu’il est bon de vivre dans un pays riche, comme la France. D’autant que, grâce aux très nombreuses bonnes œuvres socialistes, les inégalités y sont en chute libre ahem brm kof kof et que la pauvreté et la misère y reculent donc de façon sensible. Partout ? Pas tout à fait, puisqu’on apprend qu’il y aurait encore, ici et là, des bidonvilles…

C’est étonnant, ce problème de bidonvilles, parce que bon, toute considération économique mise à part, c’est tout de même un problème qu’on trouve plutôt dans les pays pauvres ou en voie de développement (émergents est le mot à la mode actuellement), même si, d’après l’ONU, le pourcentage de citadins qui y vivent est passé de 47 à 37% dans ces pays entre 1990 et 2005. Bien sûr, à ce point du billet, on pourrait se poser la question de savoir si la France est elle-même un pays émergent ou si, plus pragmatiquement, c’est un pays s’enfonçant. Mais comme je suis de bonne humeur, je vais passer pudiquement à autre chose pour m’intéresser plutôt à un bidonville en particulier, celui de la Courneuve.

Mais les bidonvilles, c’est tout de même assez insalubre. Entre le manque évident d’eau (ou son trop-plein), d’électricité, d’égouts ou de gestion des déchets en général, les rats et autres parasites pullulent. Pour les riverains et les autres habitants de la ville dans laquelle les bidonvilles s’installent, tout ceci est franchement gênant.

Certes, ces bidonvilles sont plein de pauvres, et on sait que la Socialie aime les pauvres à s’en lécher les babines à longueur de discours. Mais ces pauvres-là sont si pauvres qu’ils ne sont pas sur les listes électorales. Alors, quand on est maire d’une municipalité contenant un bidonville, quand bien même on est communiste, on peut se permettre de taper dans cette pauvreté là.

En plus, ce n’est pas comme si c’était des pauvres français bien de chez nous, et ce n’est pas comme si les communistes en étaient à leur coup d’essai en matière de xénophobie détendue et de nettoyage de bidonvilles par la force. On pourra rappeler utilement ce jour de décembre 1980 où le maire communiste de Vitry-sur-Seine, armé d’un bulldozer et secondé par des centaines de militants locaux, chasse les travailleurs maliens immigrés qui avaient trouvé refuge dans un bâtiment en cours de rénovation sur la commune. Eh oui, comme l’expliquait fort bien le patron du PCF de l’époque, George Marchais,

« En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. »

Bref, même si bien des années ont passé depuis 1980, le discours de l’actuel maire de La Courneuve, Gilles Poux, communiste lui aussi, confronté au même problème de bidonville dans sa commune, trouve globalement les mêmes réponses. En effet, depuis 2008, environ 300 personnes, essentiellement Roms et Roumaines, se sont installées dans le bidonville du Samaritain en bordure de la voie du RER B et de l’A86. Et tant pis si, d’après des militants, un projet inédit de « résorption progressive » et « une proposition de sortie en trois ans élaborée à partir du terrain » avait été élaboré : pour la mairie de La Courneuve, il n’y a pas d’autres solutions que l’expulsion.

Rien qu’à ce point du billet, on ne peut encore une fois que constater l’immense décalage entre les bonnes intentions dégoulinantes affichées dans les discours et les programmes politiques de tous ces fiers militants du Camp du Bien, de gauche ou à gauche de la gauche, et leurs actes lorsqu’ils sont confrontés à la réalité, tangible et loin de leur imaginaire rose et sucré qu’ils tentent de nous vendre depuis plus d’un siècle, malgré les échecs, les déroutes, les dérapages, les dictatures, les goulags, et les morts par millions. Que voulez-vous : le communisme et le socialisme, délicieusement internationalistes lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir, sont toujours farouchement nationalistes voire carrément xénophobes pour les cas les plus dramatiques une fois parvenus aux commandes.

Mais se contenter de remarquer, une fois encore, l’hypocrisie habituelle du Camp du Bien dans sa gestion des miséreux en bidonvilles serait oublier l’autre partie de l’affaire. Pour la peine, je vous encourage à jeter un petit coup d’oeil rapide sur l’article de Libération qui évoque, très furtivement et aussi discrètement que possible, l’autre pan du problème : l’embêtant bidonville est situé le long de la voie de RER et de l’autoroute A86, c’est-à-dire le long des voies qui permettent d’atteindre le lieu choisi pour la prochaine conférence du COP21.

paris cop21 sans bidonvillesOui, vous l’avez compris : en décembre de cette année se tiendra au Bourget la COP21, la Méga Conférence Sur Le Climat Qui Doit Redorer Le Blason Passablement Défraîchi de François, et pour celle-ci, il faut bien faire un peu de ménage. Nettoyer les moches camps d’immigrés sur le trajet menant de la capitale au lieu de festivités est donc nécessaire. C’est qu’il ne faudrait surtout pas que nos hôtes, nombreux, qui viendront gober du petit-four équitable en pleurant sur un réchauffement en panne, s’aperçoivent qu’ils se trouvent en réalité dans un pays qui n’a plus franchement les moyens de ses ambitions et qu’avant de se lancer dans une très coûteuse lutte contre les énergies polluantes et les méchants leprechauns climatiques, il lui faudra sans doute remettre de l’ordre dans ses finances.

Mais là encore, difficile de ne pas évoquer le discours subtilement hypocrite de ces écolos qui d’un côté souhaitent ardemment le retour à la terre, à la nature et à la décroissance et qui de l’autre, confrontés en direct avec ceux qui, justement, sont en prise directe avec la terre, la nature et la décroissance, font tout pour s’en débarrasser en les expulsant à coups de bulldozers.

En toute logique, le gouvernement, tout acquis à la cause réchauffiste, aurait largement dû faire la part-belle à ce magnifique exemple d’application, in vivo, des principes de moindre consommation tant on peut parier sans risque que l’empreinte carbone des populations de ces bidonvilles doit largement pouvoir rivaliser, par le bas, avec celle de l’éco-conscient le plus affûté de la capitale. Oui, plutôt que d’expulser ces Roms, Hollande et sa clique royale auraient pu proposer des séminaires et autres conférences directement depuis ce « camp », et conscientiser la grosse foule des pique-assiettes environnementaux aux problèmes de la république bananière française.

Il faut se faire une raison : il n’en sera rien. Alors qu’il faut d’habitude des années de procédures pour nettoyer ce genre de camps (ou pour virer des squatteurs d’une maison privée, du reste), ce bidonville sera effacé du paysage en quelques jours. Alors qu’à Calais, le problème des migrants se pose tous les jours avec plus d’acuité, les éventuels problèmes de la petite poche de la Courneuve seront balayés sans la moindre vague médiatique. Quant au différentiel de discours des communistes ou des écologistes, il ne sera jamais mentionné.

Pas de doute : le socialisme, c’est vraiment magique™.

socialisme magique
—-
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  • Ah ! Du pur h16, drôle et pertinent, j’aime 😀

  • « ces écolos qui d’un côté souhaitent ardemment le retour à la terre, à la nature et à la décroissance »

    Dans tous les « pays en voie de développement », ces bidonvilles se créent par l’afflux de paysans qui crèvent la faim et viennent chercher un hypothétique travail dans la métropole. La belle nature n’est pas si généreuse et surtout pas équitable : il existe des terres pauvres incapables de nourrir les populations sans agronomie, infrastructures ou industrie si vraiment on ne peut rien tirer de la terre.

    Les progrès de la lutte contre la mortalité infantile et le fait que les gens viennent crever dans les villes plutôt que discrètement dans leur brousse aggrave le problème. Le progrès des communication et des transports, ainsi que l’incroyable laxisme dans la distribution des aides sociales fait que tant qu’à faire, ils viennent installer les bidonville chez nous.

    Alors quand on a un problème, plutôt que de se lamenter et de cacher le problème sous le tapis, il faut réfléchir un peu :
    – les pays pauvres ont besoin de développement, de machines agricoles, d’engrais et d’énergie pour faire vivre une population croissante,
    – la générosité ne peut combler le tonneau percé de la misère,
    – les « adorateurs de la nature » et ceux qui n’ont pas compris les effets (irréversibles) de la globalisation sont des c…

  • La mairie de Paris l’aspirateur à immigrés clandestins et les risques qu’ils nous font courir, maladies nouvelles, délinquance, agressions,communautarisme et mafias, troubles sociaux et guerre civile, attentats, …. tout cela en faisant payer aux Français les frais de leur arrivée par plus d’impôts.
    Plusieurs milliards d’habitants de pays du tiers monde ou de pays troublés seraient partisans d’immigrer en France si on leur en donnait l’occasion et Hidalgo les attire en leur fournissant des occasions. En développant le marché pour les négriers qui font traverser la Méditerranée, Hidalgo est aussi indirectement complice des exactions et accidents, (plus de 2000 morts cette année) que subissent les immigrés à cause de ces négriers.

    • Il n’y a pas d’émigrés, juste des sans-papiers et des migrants – sorte de sans-papiers d’un autre pays qui ne veut pas les laisser entrer (on se demande bien pourquoi).

      Quant à savoir de quel verbe « migrant » est le participe présent ? Cela se perd dans les mystères de la novlangue socialiste.

  • La France collectiviste en 2015 : l’un des rares pays du monde occidental développé déjà en voie de sous-développement.

    Aux dernières nouvelles officielles (http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=26), la croissance du PIB est retombée à zéro au deuxième trimestre 2015 alors que l’environnement économique bénéficie à plein du fameux alignement des planètes (émissions monétaires, injections budgétaires, dévaluation monétaire, taux nuls, prix du pétrole…) tant désiré par les plus fervents thuriféraires de l’Obèse*. Officieusement bien sûr, nous savons que la France productive et le PIB réel (PIB marchand déflaté des multiples excroissances de l’Obèse) sont en récession depuis longtemps. Ou en exil peut-être ?

    Pour ceux qui en doutaient encore, c’est la confirmation que l’alignement des planètes correspond en réalité à une éclipse de l’économie. En effet, les scandaleuses manipulations des politiques discrétionnaires monétaires ou budgétaires que l’expression désigne détruisent l’économie bien plus sûrement que les bienfaits illusoires qu’elles sont supposées offrir aux populations. Le collectivisme et l’interventionnisme sont des illusions condamnées à échouer. Un processus d’ordre spontané aussi complexe que l’économie productive ne pourra jamais être dépassé dans sa conception, ni même seulement amélioré à la marge par aucune politique discrétionnaire planifiée, pas même par un heureux hasard. Les meilleurs experts des gouvernements ou des banques centrales sont définitivement incompétents par destination et leurs interventions désordonnées sont nécessairement néfastes car elles conduisent à empêcher la saine régulation par les marchés libres.

    Lorsque la prochaine crise mondiale déferlera, et il semble qu’elle menace de plus en plus, la France sombrera dans une récession mémorable. En produisant des cohortes de nouveaux pauvres auxquels ils promettront les lendemains qui chantent, les collectivistes auront atteint un de leurs objectifs dissimulés, détruire l’économie productive (privée) pour mieux assujettir la population, détruire le seul véritable contrepouvoir qui se dresse dans leur recherche avide du pouvoir discrétionnaire le plus absolu possible.

    Le pays sera alors mûr pour devenir un nouvel Etat fasciste (Etat obèse + idéologie socialo-étatiste + lois liberticides + démocratie de pacotille + économie privée laminée), idéal ultime de tout socialo-étatiste qui se respecte.


    * http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/conjoncture-alignement-des-planetes-plutot-favorable-en-2015-selon-rebsamen-20-01-2015-4462543.php

    • Le socialisme, c’est la pensée magique et l’attente des avions cargo.

    • Ah zut alors, c’était pas à cause du niveau trop haut de l’euro par rapport au dollar ? Fail.
      Ils sont en train de chercher un autre responsable là.

      • Oui, c’est pas de chance pour les aficionados de la dévaluation qui promettaient monts et merveilles économiques. Malgré la baisse spectaculaire de la monnaie européenne, croissance nulle, zéro, la tête à Toto… Caramba, encore raté !

        Pour mémoire :
        http://stockcharts.com/h-sc/ui?s=$XEU&p=W&b=3&g=0&i=t64664583319&a=309540155&r=1391796418201

        En attendant, les Européens payent 20 à 30% plus cher les produits importés provenant de la zone dollar. La baisse de l’euro est un massif coup de frein à la consommation, mais surtout à l’investissement pour la part qui en dépend. On imagine sans mal que, pour l’entrepreneur français aux marges ridiculement faibles (salaud de riche !), subir une hausse soudaine de 20 à 30% sur ses consommations intermédiaires finira de l’achever. La baisse de l’euro, ce sont autant d’emplois irrémédiablement détruits par les apprentis-sorciers de la manipulation monétaire.

  • Ce qui compte avec le sotcialisme, c’est ce que l’on voit… Ce que l’on ne voit pas … n’existe pas ❗

  • Taper sur des handicapés, c’est déjà pas glorieux. Mais alors prétendre que ces handicapés mentaux sont écolos ou gauchistes pour aggraver leur cas et justifier les brimades, c’est d’une petitesse tout à fait remarquable et typique.

    Quand on n’a pas d’argument réel, il suffit d’avoir ses boucs émissaires. De préférence toujours les mêmes, et taper sur les plus faibles est l’idéal du libéral digne de lui-même.

    • L’idéal du libéral c’est de cogner sur son voisin ?

    • A part traiter les écolos d’hypocrites, je ne vois rien d’autre dans l’article et avec vos handicapés vous avez rêvé.
      Mais quand bien même dire de quelqu’un qu’il est handicapé mentalement n’est pas une insulte mais c’est une constatation sur la perception d’une incohérence de raisonnement qui perdure. Perso je suis handicapé physiquement pour courir le 100m en moins de 12s.

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