Revoir la coopération franco-béninoise

Passants à Abomey, Bénin (Crédits Guillaume Colin & Pauline Penot, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Quelles sont les limites économiques de la coopération franco-béninoise ?

Par Alan Akakpo.

Passants à Abomey, Bénin (Crédits Guillaume Colin & Pauline Penot, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
Passants à Abomey, Bénin (Crédits Guillaume Colin & Pauline Penot, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Le Bénin entretient des relations bilatérales avec une diversité de pays développés. Parmi ceux-ci, il en est un qui se distingue immanquablement du lot. Comme la plupart des pays africains francophones, la coopération bilatérale entre le Bénin et la France souffre de plusieurs maux dont la plupart sont souvent interprétés dans le mauvais sens. L’un de ces maux est le manque de définition de priorités économiques par le pays ouest africain.

Les priorités économiques

Selon l’ambassade de France au Bénin, le nombre d’entreprises françaises opérant au Bénin se monte à 25. À travers ses opérateurs économiques, la France contribue à approvisionner le marché béninois en produits agroalimentaires, en produits pharmaceutiques, en équipements électroniques et industriels, en textile et aussi en habillement. Les exportations françaises au Bénin se chiffrent en centaines de milliards de francs CFA. En 2013 par exemple, le volume des importations françaises au Bénin était estimé à 176 milliards de francs CFA. En termes d’investissement et d’échanges commerciaux, les priorités des opérateurs privés français sont clairement définies dans le pays ouest africain. Le gouvernement et la diplomatie française constituent des partenaires solides qui facilitent l’ancrage des sociétés privées françaises au Bénin. L’image projetée par le Bénin par contre est toute autre.

Le Bénin ne dispose pas de mécanismes et de politiques lui permettant d’accompagner et d’évaluer concrètement la performance des entreprises privées béninoises en France. Par ailleurs, leur nombre évoluant dans l’hexagone est inconnu. La balance commerciale du pays ouest africain a toujours été déficitaire par rapport à la France. En 2013, il est estimé que les exportations béninoises vers la France se chiffraient à seulement 2,6 milliards de francs CFA composées majoritairement de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture, de fruits tropicaux et de coton. Non seulement le volume d’exportation n’a jamais connu d’évolution exponentielle depuis l’indépendance du Bénin en 1960, mais aussi ce pays de l’Afrique occidentale a véritablement échoué dans la mise en place de systèmes efficaces pour suivre et évaluer les éventuels progrès réalisés dans ce sens.

Au-delà de toute complexité des modèles économiques en vogue, il y a des fondamentaux qui dictent la direction de la croissance économique. Du Bénin et de la France, un seul des deux a su depuis les années 1960 les mettre en branle pour favoriser l’émancipation de son secteur privé dans l’autre pays. La vision alafia 2025 de faire du Bénin un pays économiquement prospère passe par la collaboration entre les privés béninois et le gouvernement, non seulement au Bénin mais aussi à l’étranger, et en France en l’occurrence. Pour cela, il faut absolument que le gouvernement arrête de harceler les acteurs du secteur privé et focalise ses actions non seulement sur les réformes mais une collaboration holistique avec les entrepreneurs locaux et ceux de la diaspora.

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