Retraites complémentaires : le bricolage ne marchera pas

Les caisses sont vides. Comment s'en sortir ?

Par Jacques Garello.

poche vide credits Peter Gerdes CC BY-NC-ND 2.0
poche vide credits Peter Gerdes CC BY-NC-ND 2.0

Organisations patronales et syndicales ne sont pas parvenues à un accord qui aurait dû intervenir bien plus tôt d’après le calendrier que s’étaient fixé les négociateurs. Nous vous avons souvent informé de l’impasse des régimes de l’ARRCO (salariés du privé) et AGIRC (cadres). Ces deux régimes fonctionnent en apparence en capitalisation (chaque assuré a un compte) mais en réalité en répartition : les actifs cotisent pour les retraités. Le vieillissement de la population concernée conduit à une impasse. Faute de cotisations suffisantes, les caisses ont mobilisé leurs réserves, maintenant en voie d’épuisement.

Comment s’en sortir ? Le Medef a proposé la mesure classique : réduire les pensions, au moins à titre transitoire. Entre 62 ans, âge légal du départ en retraite, et 65 ans, le jeune retraité percevrait une pension réduite de 30 %. Cette mesure aurait pour effet d’encourager les salariés à retarder l’âge de leur retraite, et à gonfler le montant global des cotisations. Les syndicats, à l’exception de FO, ne sont pas hostiles à ce genre de solution, mais estiment que le taux de réduction est trop élevé. Le Medef argue de ses calculs et indique que faute d’appliquer une réduction sévère, la réduction des pensions sera réduite de 12 % pour tous à partir de 2018. D’autre part les cadres ne veulent pas d’une fusion AGRIC/ARRCO qui est également en discussion.

Mais pourquoi donc continuer à bricoler les « paramètres » du système de répartition ? On ne cessera de repousser sans cesse les ajustements : reculer l’âge, diminuer les pensions, augmenter les cotisations. Que n’amorce-t-on pas la transition à la capitalisation ?

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