Qui paiera les mutuelles santé complémentaires ?

Marisol Touraine - Crédit photo Photo Mathieu Delmestre - Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

Contribuables, à vos poches.

Par Jacques Garello.

Marisol Touraine - Crédit photo Photo Mathieu Delmestre - Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)
Marisol Touraine – Crédit photo Photo Mathieu Delmestre – Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Comme l’assurance maladie de la Sécurité Sociale est promise au déséquilibre, en attendant l’explosion, et comme elle rembourse mal certains soins (dentaires en particulier), un complément est une sage précaution. Pour les salariés en activité, l’affaire est « réglée » : les contrats collectifs souscrits par les employeurs auprès d’assureurs et autres organismes de prévoyance sont désormais généralisés. Mais demeurent les retraités. Ils sont 4 millions à ne pas avoir de couverture complémentaire automatique ou suffisante. À leur âge, ceux qui cherchent une mutuelle pour se garantir doivent payer le prix fort, 6 fois plus qu’un salarié en activité. François Hollande a fait la promesse d’offrir à bon compte une couverture généralisée. Marisol Touraine en a fait un objectif prioritaire.

Mais qui va payer ? Pour les fonctionnaires, c’est l’État qui financera : contribuables, à vos poches. Pour les autres, une usine à gaz sera mise en œuvre. Il est question de passer par la voie fiscale : les complémentaires souscrites par les jeunes actifs seraient soumises à une taxe plus élevée sur leurs cotisations. C’est la « solidarité intergénérationnelle » qui est mobilisée. Grâce à quoi les mutuelles pourraient se charger de la gestion de ces complémentaires. Mais leur situation financière est déjà très précaire et elles feraient difficilement face à cette nouvelle mission. Donc l’affaire est mal engagée. Mais rien ne presse : la réforme interviendrait en 2017, précédant de peu le « prélèvement à la source » qui sera pour 2018, une fois le nouveau quinquennat Hollande installé.

Sur le web