Crise grecque : le calme avant la tempête

Angela Merkel 2 (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)

Les Grecs seront-ils contraints d’abandonner l’Union et l’euro ?

Par Jacques Garello.

Angela Merkel 2 (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)
Angela Merkel 2 (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)

Faut-il s’attendre à un coup d’éclat lorsque les autorités européennes devront une nouvelle fois fixer leur position face à la Grèce ? Les Grecs seront-ils contraints d’abandonner l’Union et l’euro ? Ou bien va-t-on ouvrir une nouvelle négociation, après les dizaines qui se sont succédé en vain depuis l’élection de Tsipras ?

On comprendrait que l’impatience et l’honneur poussent les créanciers à renvoyer les Grecs à leur drachme. Non seulement Tsipras ne peut payer, ni ne le veut, mais il présente sans cesse des requêtes nouvelles : étaler la dette encore au-delà de 2016, rejeter les réformes exigées par la troïka et même puiser quelques milliards de plus (entre 7 et 16) dans la cagnotte du Fonds Européen de Stabilité Financière !

Le refus des réformes est à lui seul symptomatique, car la gestion des finances publiques est le nœud du problème : 80% du budget est affecté au paiement des salaires et des retraites des fonctionnaires, ces retraites sont au même niveau que celles des salariés allemands ! Diminuer de 1% du PIB chaque année les déficits publics, comme le demandent les partenaires de l’Euroland, est un effort irrecevable pour le peuple grec qui a tant souffert, plaide le Premier ministre élu sur un programme démagogique.

Et pourtant, France et Allemagne ont une attitude compassionnelle à l’égard de Syriza et Tsipras. La crainte d’une explosion de l’euro est toujours dans les esprits, d’autant plus que les marchés financiers sont très « nerveux ». La chancelière, qui se veut gardienne de l’euro à tout prix, est en réalité très isolée dans son équipe, qui pourrait perdre son calme. D’autre part, les peuples qui ont consenti des efforts comme les Portugais, les Irlandais, voire les Italiens, accusent les Grecs de chantage.

En fin de compte, il serait surprenant qu’un jugement définitif soit rendu en fin de semaine. Les Grecs ont jusqu’à fin juillet pour payer une nouvelle tranche… et pour se payer la tête des créanciers.

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