Réforme du programme d’histoire : les vraies raisons

Pourquoi la communication du gouvernement a-t-elle été aussi opaque ?

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Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale - Photo : Julien Paisley via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

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Réforme du programme d’histoire : les vraies raisons

Publié le 10 juillet 2015
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Par Nafy-Nathalie.

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale - Photo : Julien Paisley via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0
Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale – Photo : Julien Paisley via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

La virulence de l’opposition à la réforme scolaire m’avait amenée à penser très sérieusement que nos dirigeants y renonceraient ou la videraient de sa substance comme ils ont pris l’habitude de faire en fonction des réactions. Pourquoi tenaient-ils bon ? La seule explication possible était qu’ils n’avaient pas vraiment le choix. J’ai donc entrepris quelques recherches en direction de l’Europe puisqu’en toute logique, la supposée impuissance du gouvernement ne pouvait découler que de l’influence de l’organisation européenne.

En allant sur le site du Conseil de l’Europe on peut voir que l’enseignement de l’histoire tient une place prépondérante :

« Dès l’origine, l’histoire et l’enseignement de l’histoire ont constitué un secteur clé pour les travaux du Conseil de l’Europe en éducation. » « Les travaux en enseignement de l’histoire, que ce soit à travers les projets intergouvernementaux ou à travers la coopération bilatérale et régionale, concernent principalement la révision des contenus des manuels scolaires pour éliminer les préjudices et stéréotypes, la modernisation de la pédagogie de l’histoire et des programmes d’enseignement et la formation des enseignants. Toutes les activités ont fonctionné sur un mode opérationnel identique : la création d’un espace de dialogue où différents groupes échangeaient leurs vues, confrontaient leur « réalité », et revisitaient leurs perceptions»

En fouillant un peu plus on découvre qu’il faut centrer l’apprentissage sur l’apprenant, un livret électronique téléchargeable indique exactement quoi enseigner et comment. Tout est également repris dans un manuel et établi à destination des pays membres. Une mallette et des petites fiches pour les formateurs sont créées. Bref ! En déduire que le gouvernement n’avait pas beaucoup de latitude sur cette réforme, initiée il y a plusieurs années, en elle-même est facile. Il aurait pu interroger les Français avant de la finaliser au niveau européen. Il ne l’a pas fait. Quels choix a-t-il maintenant ? Céder à la vindicte et passer pour faible à l’international ? Respecter ses engagements et faire le dos rond au niveau national ?

Certains pourraient m’objecter que le Conseil de l’Europe n’a pas de compétence supranationale. Ce n’est pas faux mais pas tout à fait vrai non plus. Les milliards alloués à son fonctionnement, le temps perdu à y siéger ne peut pas se faire en vain. Il s’agit d’une institution juridique qui a pour vocation de produire des normes de droit international et qui fonctionne sur un mode intergouvernemental (47 pays et 800 millions d’Européens). De ce fait les normes qu’il produit ne sont que l’expression de la volonté des États. Il ne faut pas négliger l’impact informel des rencontres entre les ministres de ces pays et des engagements qu’ils prennent entre eux. Certains de ces engagements sont légalement contraignants (traités), d’autres le sont moins comme les recommandations. Bien que non contraignante, une recommandation du Comité des ministres engage pourtant réellement : l’État a exprimé sa volonté, le Comité des ministres son accord. Si sa ratification au niveau national est inutile c’est uniquement parce que le ministre est censé pouvoir engager son État dans le domaine de compétence où elle est prise et qui dépend de lui. Son application en interne est néanmoins attendue. Il faut avoir un minimum de cohérence sur la scène internationale. La France, membre fondateur, ne peut pas se permettre d’être continuellement schizophrène. Déjà rappelée à l’ordre plusieurs fois, elle ne peut pas sans arrêt irriter ses partenaires (surtout les Allemands) en refusant de mettre en application ce à quoi elle consent sans finir par être sanctionnée d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que par la perte de sa crédibilité.

Manuel Valls, notre Premier ministre actuel, a été ministre de l’Intérieur du 16 mai 2012 au 31 mars 2014. Il a donc participé à ce titre au Comité des ministres du Conseil de l’Europe et au projet intergouvernemental « Histoires Partagées » (2010-2014). Devenu chef de gouvernement, il a lancé la réforme par l’intermédiaire de son ministre de l’Éducation. Ce projet n’est pas anodin. L’histoire contribue en effet à la formation d’individus susceptibles de mieux comprendre les débats et enjeux de leur société à la lumière du passé. Enseigner l’histoire c’est déjà prendre parti. Le Conseil de l’Europe a recommandé de réunir les histoires de chacun des pays de manière à construire UNE histoire commune en dehors de toute objectivité. Il a choisi de la transmettre en orientant les programmes scolaires. Il a fait des fiches à destination des enseignants parce qu’il juge qu’ils ne sont pas assez bien formés sur les sujets. Ce Conseil semble avoir à cœur le bien des Européens. Je ne juge pas l’intention derrière le projet mais le processus et ses dérives potentielles. L’histoire n’est plus le fait unique des historiens depuis longtemps. Les politiques ne cessent de l’invertir en légiférant. Mais qu’une organisation, qui a pour mission de défendre la démocratie et les droits de l’homme, l’utilise comme outil unilatéral pour influer volontairement l’individu de manière à contrôler sa bonne compréhension des événements, laisse quand même songeur.

Ainsi, par exemple, Luc Ferry dénonce la réforme de l’histoire en indiquant qu’elle forge « un monde dominé par l’Europe : empires coloniaux et (…) traites négrières’ (…) c’est une idéologie post-11 janvier. On est dans l’Europe de la repentance. » Et pour cause ! Il suffit de reprendre le point 6 « enseignement et mémoire » de la Recommandation Rec(2001)15 relative à l’enseignement de l’histoire en Europe au XXIe siècle. On y lit :

« Il conviendrait, tout en mettant en évidence les résultats positifs qui ont marqué le XXe siècle (…),  de prendre toutes les mesures éducatives permettant de prévenir la répétition ou la négation des événements dévastateurs ayant marqué ce siècle (…) les violations massives des droits de l’homme et des valeurs fondamentales auxquelles le Conseil de l’Europe est particulièrement attaché. Pour ce faire, il conviendrait d’aider les élèves à prendre connaissance et conscience des faits – et de leurs causes – qui ont marqué de la façon la plus sombre l’histoire de l’Europe en particulier et du monde en général. »

Sans commentaire surtout quand on lit que la Recommandation juge très durement les falsifications de l’histoire. Donc, à les lire, les histoires auraient disparu au profit d’une construite (contenu, orientation, enseignement) entre eux, à 47 dans le confort de leurs réunions, pour le bien de l’Europe et des Européens qu’ils n’ont même pas pris la peine de consulter. Eux peuvent décider d’orienter et imposer leur, pardon, la vérité historique pour le bien de tous, les autres non ! Forcément…

Ce qui s’applique à l’histoire peut se décliner dans les autres domaines de la réforme. Réfléchir sur la communication non transparente du gouvernement peut être utile. Que penser du fait qu’il a préféré présenter le projet comme une révolution initiée par lui, serrant bravement les fesses sous le feu des critiques ? Comment appréhender le fait qu’il ait laissé les professeurs faire grève, les politiques et citoyens s’indigner inutilement, ait parlé de concertation alors que la France en amont s’était déjà engagée, auprès de ses partenaires, sur l’application de cette réforme ? Chacun en tirera les conclusions qu’il voudra.

Sur le site du ministère de l’Éducation est présentée une fabrique des programmes qui n’évoque pas l’influence de l’Europe. On peut même y lire :

« La création du Conseil Supérieur des programmes par la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République répond (…) à une demande de transparence dans le processus d’élaboration des programmes d’enseignement, largement exprimée lors de la concertation sur la refondation de l’école ».

Nulle part non plus dans la loi d’orientation il n’est fait mention du fait que cette réforme a été initiée, finalisée tranquillement, entre ministres au sein du Conseil de l’Europe. Il faut aller sur la partie du site du ministère de l’Éducation consacrée au Conseil de l’Europe pour  sentir la possibilité d’un lien mais sans que cela ne soit clairement explicité toutefois.

L’école était, pour moi, le moyen de délivrer à tous un enseignement de base indispensable à savoir apprendre à lire, écrire et compter. Sous le couvert de l’égalité et de la liberté, elle s’attache à former des esprits jeunes et malléables. Que penser du fait que les contenus pédagogiques n’aient plus juste l’ambition d’instruire mais se concentrent sur le façonnage du futur citoyen européen selon la définition que nos 47 ministres en font ? Quel sens prend l’instruction scolaire face à l’intrusion du politique ? Ne devrions-nous pas avoir à nous prononcer sur la société que nous voulons construire et l’éducation que nous souhaitons donner à nos enfants ? Au niveau national, nous pouvons encore lutter en manifestant ou votant contre celles et ceux qui ne nous conviennent pas. Par contre, face aux ravages produits à l’échelle d’une Europe, par nos ministres dans le confort de leurs réunions, alors que nous n’en avons ni la conscience ni le contrôle, quels recours réels avons-nous ?

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  • merci pour l’info, tres interessant

  • N’ayez vraiment aucune inquietude.

    Si l’éducation nationale avait une quelconque efficacité pour apprendre quoique ce soit aux élèves, cela se saurait.

  • Que l’Europe ait une part de responsabilité, soit ; le but étant aussi d’homogénéiser l’enseignement pour en faire une base commune aux peuples de l’Europe.
    Néanmoins, on peut parler de la traite négrière et du colonialisme sans faire dans la repentance systématique. Parmi ces recommandations de l’Europe, je n’en ai pas trouvé pour gommer l’histoire des fondements de l’Europe, pour réduire l’antiquité (par exemple) à sa portion congrue. Je n’y ai pas vu également de recommandation demandant à mettre en exergue le monde musulman quitte à négliger d’autres pans de l’histoire purement européenne ou nationale.
    Je dirais plutôt qu’il y a eu convergence entre ces recommandations européennes et la volonté de nos gouvernants d’appliquer les idées de Terra Nova en matière d’éducation des futurs citoyens mais sans relation de cause à effet. Si cette relation de cause à effet était bien présente dans la démarche réformatrice, NVB n’aurait pas manquer de prendre le prétexte de l’Europe pour appuyer sa réforme de l’éducation. Au vue de la compétence de l’équipe actuelle, je ne suis pas sûr que ces recommandations européennes soient connues de nos gouvernants.

    • Nafy-Nathalie Diop
      10 juillet 2015 at 9 h 40 min

      Peut-être n’avez-vous pas bien cherché ?
      Par exemple, allez sur leur site dont je donne le lien et tapez « islam » ou « musulman » dans la loupe de recherche.
      Vous trouverez les recommandations qui sont faites à ce sujet et le résultat de leurs travaux.

      J’ai parlé de l’histoire mais j’aurais pu parler des langues aussi, …

      Vous pensez vraiment que M. Valls qui a assisté à ces réunions pendant 2 ans comme ministre de l’intérieur n’a jamais su quel en était l’objet et que c’est un hasard si la réforme qu’il initie, devenu 1er ministre, en reprend leur contenu ? 😉
      Bon …

      • Le Conseil de L’Europe (CdE) a fait effectivement des recommandations pour éviter le développement de l’Islamophobie.
        Parmi ces recommandations, on retrouve des mesures pour promouvoir une meilleure connaissance de l’islam et des pays musulmans dans les programmes éducatifs. Cependant, il n’est pas du tout indiqué que cela doive se faire au détriment des autres cultures ou histoires religieuses comme veut le pratiquer le gouvernement. Le CdE conseille une intégration au programme et non une mise en avant… La différence est là. Je reproduis d’ailleurs la proposition 11.14 de la recommandation 1162: « The problems posed by Islam should be examined in the same perspective as those posed by Christianity, by Judaism and by other religions in the world. » Il n’y a donc pas de favoritisme particulier mais une nécessaire intégration à l’histoire à égalité des autres problèmes et religions. Le problème est que la réforme en France a largement dépassé cette recommandation et en a profité pour gommer la place des autres religions, le christianisme n’étant historiquement pas du tout la tasse de thé de nos penseurs de gauche.
        Le CdE recommande également un enseignement de beaucoup de choses dont les catastrophes économiques et/ou humaines, génocides…etc Le traitement de ces problèmes passés façon « repentance » est une « méthode » française de traiter le problème.
        Concernant les langues, le CdE conseille simplement que l’Arabe soit plus enseigné. Pourquoi pas? Il y a d’importants acteurs économiques dans les pays arabes. Cet enseignement devrait au moins atteindre le niveau de celui du chinois, du russe… etc Ce qui n’est pas le cas actuellement. Par contre, le CdE n’a jamais proposé que cela doive devenir la 1ère langue enseignée dans le cursus d’un enfant français…
        Les recommandations du CdE prônent une meilleure connaissance d’une culture pour préparer de meilleurs échanges culturels et surtout économiques. Cela ne va pas plus loin et ce n’est en aucun cas un abandon de la culture européenne.
        D’ailleurs, certaines de ces recommandations concernent la protection des femmes musulmanes et la lutter contre les mesures discriminantes pouvant les toucher du fait même de l’Islam. Ces recommandations et quelques autres (luttant contre les pratiques communautaires et/ou religieuses ne respectant pas les Droits de l’Homme) ne sont pas très « pro-Islam » et que nos gouvernants actuels ne montrent que peu d’enthousiasme à les appliquer.

        Non seulement, la réforme de l’enseignement de l’Histoire outrepasse très largement les recommandations du CdE mais elle les transforme. Certes, cette reforme semble « coller » de loin aux recommandations du CdE mais elle vient tout droit des cercles de pensée de gauche et n’a que peu à voir avec l’esprit et la lettre du CdE. La préparation d’un futur citoyen à une société multicommunautaire, socialisante et égalitariste est à ce prix.

        • « Cela ne va pas plus loin et ce n’est en aucun cas un abandon de la culture européenne. »

          Il y a eu tout de même un précédent fâcheux avec l’agenda de 2011, validée par la Commission, omettant toute référence chrétienne. Une erreur, soit disant…

        • Nafy-Nathalie Diop
          10 juillet 2015 at 19 h 45 min

          Vous pensez que la réforme dépasse les recommandations, même si elles ont l’air de coller. Je pense qu’elles collent au contraire furieusement. Après on rentre dans un débat d’opinion, d’interprétation des textes, d’analyse des mots, … c’est assez mal aisé par commentaires interposés. Je suis désolée de ne pas vous répondre mieux. Ce serait sans doute passionnant.

          Je souhaitais malgré tout rebondir sur l’islam et indiquer que personnellement je n’ai rien contre un meilleur apprentissage du monde musulman. Je trouve même que c’est indispensable. Je n’ai rien vu de scandaleux sur le sujet dans la réforme scolaire d’ailleurs qui me semble assez bien coller avec par exemple la recommandation 1162.

          Je n’ai rien non plus contre l’idée d’un futur citoyen européen tant que sa vision n’est pas forgée, en dehors de la consultation des citoyens, par 47 personnes qui n’ont pas été élus pour ça.
          Là l’intention semble positive mais le processus est dangereux par les possibilités de dérive qu’il porte dans son fonctionnement. Saviez-vous qu’en siégeant au Conseil de l’Europe, le ministre de l’intérieur avait cette influence-là ? Imaginez les dégâts d’un conseil avec des ministres d’extrême droite ou d’extrême gauche ou … Bref !

          Je tenais aussi à vous remercier du soin apporté à votre commentaire.

          Je recommande enfin à chacun de ne jamais se contenter des propos rapportés et d’aller vérifier les textes directement pour se forger une opinion propre.

        • Le Conseil de L’Europe (CdE) a fait effectivement des recommandations pour éviter le développement de l’Islamophobie.
          Parmi ces recommandations, on retrouve des mesures pour promouvoir une meilleure connaissance de l’islam et des pays musulmans dans les programmes éducatifs

          C’est rigolo comme méthode. Parce qu’honnêtement je suis vaguement islamophobe et cela n’est apparu que depuis que j’ai lu le coran, visité un paquet de pays arabo-musulmans, et parlé avec des musulmans… Je ne suis peut-être pas un exemple généralisable, ayant un « détecteur à bullshit » très sensible depuis mon jeune âge, mais quand même !!

          Il y a chez les politiciens de tous genres une prétention permanente inouïe : je pense X, les peuples pensent Y, je suis supérieur et éduqué, donc pour que les peuples pensent X il faut et il suffit de les éduquer.

          Sauf qu’en général le peuple est plus « savant » que ses élites politiques.

  • Ce n’est pas la seule instance où se fait sentir l’influence de cette institution richement dotée et dont presque personne ne parle. D’ailleurs la confusion avec le Conseil Européen est largement entretenue (y compris par sa signalétique visuelle comme par le vocable utilisé) et jamais les médias ne mentionnent le caractère au final non européen de cet ensemble.
    Son influence est grande et ses relais puissants. Ce qui n’est pas obtenu immédiatement est remis sur le tapis inlassablement jusqu’à obtenir gain de cause. L’exemple de la loi sur la « fessée » est en ce sens exemplaire.
    Enfin, il convient de se demander dans quelle mesure cet organisation n’est pas sous influence. Si les représentants des états sont non élus mais nommés, les budgets permettent le dépaysement de certains au moment opportun et aucun de ceux qui y sont passés ne peuvent prétendre l’avoir fait sans bénéfice pour leur carrière.
    Prenez l’exemple du MEDEL (que certains découvriront à cette occasion), dont rappelons que le Syndicat de la Magistrature est un des membres fondateurs, et de ses relations avec le Conseil de l’Europe. Etonnant, non?
    Nous sommes encore et toujours dans cette mouvance de structures dites représentatives, de statuts extraterritoriaux, bref de gens non élus qui représentent des nations ou des professions auprès d’autres non élus, le tout pour diriger des instances dites démocratiques.
    Prenez un peu de temps pour aller dans le détail. C’est fascinant et inquiétant quant à l’ampleur.

    Quelques liens:
    http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/ccje/presentation/membresccje.asp?toPrint=yes&
    En fin, la liste des états observateurs qui regroupe bien d’autres groupes, comme le GEMME dont voici la page d’accueil dont je trouve le langage… étonnant:
    http://www.gemme.eu/fr/?codeglueV2=mev5in81lkdsgj302jein4uvk0
    On pourra aussi noter le CDPC où siègent deux représentants du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. Vous ne saviez pas que ça existe? Jetez un oeil sur ce qu’en dit Wikipedia. Vous noterez j’en suis sûr comme moi, que malgré le détail de la présentation, et alors qu’il s’agit d’une assemblée politique qui a une influence réelle sur notre mode de vie et la législation qui nous est imposée, il n’est nulle part fait mention d’un quelconque procédé de vote ou de nomination. Après tout, nous ne sommes que spectateurs, et encore.
    http://www.coe.int/t/dghl/standardsetting/cdpc/CDPC_fr.asp
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Congr%C3%A8s_des_pouvoirs_locaux_et_r%C3%A9gionaux

    • Nafy-Nathalie Diop
      10 juillet 2015 at 9 h 49 min

      Oui d’ailleurs les relations entre le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne sont parfaitement décrites ici :
      http://www.coe.int/t/der/eu_fr.asp?/
      Et oui le fait qu’il soit constitué de membres non élus pour des discussions aussi importantes que celles concernant, je cite, « les droits de l’homme, démocratie et Etat de droit » est particulièrement déplaisant.

  • Enseignante pour la 3ème génération consécutive dans la famille, et pour ma part à l’université, je crois de plus en plus à l’enseignement privé non conventionné.

    • Bonjour.

      Ai un projet là-dessus.
      Ne sais pas bien encore, si un partenariat avec un conventionné n’est pas une possibilité.

      Après des années en entreprise, puis en indépendant, je suis dans l’enseignement.

      Il ya a quelque chose a faire rapidement. Mes expériences me disent qu’il n’y a rien a attendre de l’Etat, ni des politiques. Par contre, oui, de monsieur tout le monde.
      On ne s’en sortira que rassemblés, dans le respect de l’autre.
      Cdt

    • Idem.
      Sauf que j’ai quitté l’université. Mais l’enseignement (particulièrement pré bac) est clairement en dehors des choses pour lesquelles l’intervention de l’Etat est souhaitable/utile/non-nuisible.

      Mais c’est effrayant le nombre de gens qui pensent l’éducation comme « domaine régalien », y compris chez les libéraux.

  • « quels recours réels avons-nous ? »

    Quitter cette Europe qui se veut fédérale a tout prix et reconstruire une Europe des nations

  • Certes, cet article est très intéressant, et particulièrement dans le mille lorsque l’auteure s’interroge sur la représentativité de tels organismes supranationaux. Je suis entièrement d’accord avec elle sur ses raisonnements et ses conclusions.
    Toutefois, en tant que professeur d’histoire dans le public (bouh ! l’horrible fonctionnaire …), je me dois d’apporter un éclairage complémentaire à une autre échelle, la mienne, tout en bas de notre hiérarchie grassement payée et souvent, mais pas toujours, peu compétente.
    Qui va aller vérifier concrètement les thèmes que j’étudie en classe, et comment je les étudie ??? Les inspecteurs ??? Soyons sérieux : il y en a 20 000 pour plus de 800 000 enseignants dans ce pays (public et privé confondu). Personnellement, je n’ai pas été inspecté depuis 8 ans ; et ces gens ne passent dans un établissement que si une demande collective d’inspection est transmise avant fin septembre de chaque année… Ils ne se déplacent plus comme avant pour inspecter individuellement, sauf cas de favoritisme ou de naufrage d’un professeur.
    Le cahier de texte électronique en ligne pour les parents ? Mais j’y mets ce que je veux … Alors qui viendra me fliquer pour vérifier que j’applique bien à la lettre les directives européennes pseudo-démocratique ? Le problème de cette ingérence totalitaire étatique dans l’enseignement, c’est qu’elle nécessiterait des moyens de contrôle sociétaux que seuls des pays dictatoriaux comme la Chine se permettent de mettre en place.
    Exemple : dans les nouveaux programmes, la traite négrière musulmane en Afrique en 5ème a disparu (chapitre sur un empire africain médiéval), alors que celle des Européens en 4ème subsiste … Bel exemple d’équité et de neutralité, vous en conviendrez. Merci Mme Taubira … Mais qui ira voir que je vais basculer cette traite en 5ème dans le chapitre sur les débuts de l’islam, qui lui, reste dans les futurs programmes. Après tout, l’esclavage n’est-il pas autorisé noir sur blanc dans le Coran ? Il est donc partie intégrante de la base même de cette civilisation, non ?
    Bref, tout ça pour dire que si la résistance ne peut se faire ouvertement, le sabotage interne, lui, sera difficilement détectable. Paradoxalement, il serait facilité par une plus grande autonomie des chefs d’établissement. Tiens, tiens, une idée libérale pourrait-elle participer au formatage idéologique d’une conception de plus en plus totalitaire de l’état ??? Quelle ironie de l’histoire !

    • Témoignage très intéressant.

      Et que je complète. Une de mes proches, institutrice, n’a pas le droit de faire de la grammaire (ouh le vilain mot !) mais de « l’observation réfléchie du langage » (sic). Quand il y a inspection, elle joue les béni oui oui
      Et revient à la grammaire, la vraie, « pure et dure » dès qu’elle est seule avec ses élèves.
      Idem pour la discipline.
      Les Parents ne connaissent pas ces subtilités mais, au vu des résultats, plébiscitent l’institutrice.

      Dans toutes les organisations (entreprises, administrations…) existe ce qu’il est convenu d’appeler de la « délinquance organisationnelle », qui consiste à ne pas respecter à la lettre tous les règlements et procédures et laisser une part plus ou moins grande à l’initiative.
      Tout le monde admet que c’est une composante essentielle du fonctionnement des organisations.

      Mais avec l’Education Nationale, on atteint des sommets. Imaginez une entreprise dont l’obsession des dirigeants seraient de la couler. Et qui ne fonctionnerait que par le dévouement des salariés !

      • Bonjour,

        Vos remarques corroborent ce que je vois, constate, apprend. Nous ne ferons rien avec ce système. Créons en un, ou le sens des mots reste.

        Cdt.

    • Effectivement, il peut y avoir de la résistance interne et tant mieux.
      Mais cela demande : 1/ de ne pas être d’accord avec le nouveau programme, 2/ d’être prêt(e) à des efforts supplémentaires et un petit jonglage avec les programmes en cours d’année.
      Honnêtement, en regardant tous vos collègues autour de vous (pas seulement ceux avec qui vous vous entendez bien et qui ont de forte chance de partager au moins une partie de vos opinions), combien sont prêt à le faire et combien risquent réellement de le faire?
      Bien peu, j’en ai peur.

      • Effectivement, vous avez (hélas …) tout à fait raison !
        Le nombre de collègue prêt à résister dans leur coin est très faible :
        Premièrement parce que les nouveaux profs ont une indigence intellectuelle tout à fait préoccupante. Ayant eux-mêmes été formatés par le collègue unique, puis le lycée au rabais et ayant obtenu leur CAPES grâce à la pénurie de plus en criante des vocations (il faut lire à ce sujet les rapports des jurys de concours des différentes matières : je ne sais plus si je dois en rire ou fondre en larmes !). Ils sont peu armés pour contester les choix idéologiques de leur hiérarchie.
        Deuxièmement, la masse des profs plus anciens est devenue très légaliste, par pur intérêt matériel bien compris. En effet, faire comme moi (ne pas réclamer d’inspection, dire à sa hiérarchie ce que je pense d’elle) est synonyme de blocage de carrière : j’avance à l’ancienneté. Sur l’ensemble d’une carrière de prof (42,5 années), ça fait un écart énorme en terme de rémunération (je dirais, à la louche, 100 000 euros minimum). Et puis, l’accès à la hors classe n’est plus automatique, à l’ancienneté, comme avant, il faut lécher et prouver que vous êtes bien dans la ligne idéologique de « l’œil de Moscou ». Ce qui rajoute encore un différenciel supplémentaire de carrière. Sans parler de l’agrégation sur liste d’aptitude, véritable fait du prince des inspecteurs (une vingtaine de personnes par an dans tous le pays, dont un de mes « collègues » l’année dernière) ; encore une différence de plus dans le traitement de carrière. Quand on a des bouches à nourrir, et au vue des salaires actuels dans l’Education nationale, ils sont peu nombreux à refuser de telles perspectives, quitte à faire leurs scrupules sur l’inefficacité des méthodes qu’ils emploient pour parvenir à leur objectif financier.
        Mais augmenter les profs pour leur permettre d’être plus indépendants est-il à l’ordre du jour ? Est-ce seulement la volonté de personne, y compris chez les libéraux, qui ne parlent que de liberté des « petits » chefs d’établissement, mais jamais de la garantie de liberté pédagogique des enseignants, qui, il faut bien le dire, n’intéresse plus personne dans une société focalisée sur les inégalités de traitement de ses petits chéris d’amoooouuuur parfaits ? Même les libéraux ne défendent plus que les libertés des puissants …

        • Les libéraux défendent la liberté de tous (et une Justice efficace et indépendante). Mais cette liberté implique de devoir gérer soit-même plus de chose et donc de subir les conséquences de ses choix. La peur du puissant (forcement malfaisant), de l’incertitude, de la prise de responsabilité, et la méconnaissance complète des sociétés qui nous entourent et ne vivent pas sur notre modèle (« que le monde entier nous envie » bien sûr), poussent la plupart des français à toujours plus accepter de la part des « Puissants Etatiques » qui nous dirigent. Le confort contre la sécurité. L’éducation aurait pu être un moyen d’ouvrir les consciences à d’autres modèles, à une compréhension des vrais rapports économiques, à l’Histoire où tout n’est jamais ni noir ni blanc (sans jeu de mots) … etc Trop risqué!! Donc mise sous contrôle de l’éducation pour tuer ainsi dans l’œuf toute velléité de contestation et pour conditionner les personnes à demander toujours plus d’intervention des Puissants Etatiques pour régler les problème quotidiens… Espérons que vous permettrez à quelques élèves d’échapper à ce conditonnement.

          • Pour ma part, j’avoue n’avoir jamais été libéral, même si avec les années et les dérives actuelles d’un système étatique de plus en plus omnipotent et dévoyé, je me rapproche des idées libérales. mais de là à défendre Hayek, Tatcher et Friedman, il y a un pas que je ne franchirai sans doute jamais.
            Le libéralisme n’a jamais été pour moi que l’antichambre de la loi du plus fort, donc de la hiérarchie. Tout vrai libéral qui se respecte devrait, à mes yeux, être un anarchiste en ce qui concerne ce point. Car comment être responsable de ses actes si ces mêmes actes sont dictés par une hiérarchie, quels que soient ces orientations idéologiques ? Il y a là une contradiction intrinsèque irréductible qui me fait me répéter : les libéraux ne défendent réellement que les libertés des puissants.
            J’espère également, à mon modeste niveau, faire échapper mes élèves au conditionnement idéologique étatique tel qu’il est pratiqué actuellement (sur ce point, je suis entièrement d’accord avec vous). Ainsi, au collège, je fais passer à la trappe tous les chapitres d’éducation (d’endoctrinement, plutôt …) civique pour y consacrer le temps ainsi économisé à l’histoire et à la géo (0h30 par semaine), sauf en 3ème, étant coincé par le brevet. Au lycée, ayant été convaincu par l’essai magistral de Philippe Frabry sur Rome (Du libéralisme au socialisme : leçon antique pour notre temps, aux éditions Jean-Cyrille Godefroy) ; j’ai orienté mon cours de seconde sur la citoyenneté impériale romaine dans le sens des idées de cet auteur (dont je regrette qu’il n’ait pas réalisé une thèse sur ce sujet, et non un essai …).
            Je reste convaincu, mon côté voltairien sans doute, que l’état a un rôle moteur dans la préservation des équilibres d’une société, et pas seulement par ses interventions régaliennes, mais bien aussi sociales. Les dérives totalitaires actuelles ne remettent nullement en question ce postulat, car l’absence d’état interventionniste a toujours provoqué autant de catastrophes sociales que des états excessivement interventionnistes au point d’être totalitaires. L’équilibre que j’appelle de mes vœux est celui qu’enseignait Aristote au jeune Alexandre, même si ce philosophe était imprégné par des idées de son temps qu’on ne peut pas assumer aujourd’hui. La liberté ne saurait être le commencement et la fin de tout.

            • « car l’absence d’état interventionniste a toujours provoqué autant de catastrophes sociales que des états excessivement interventionnistes au point d’être totalitaires. »

              des exemples en tête ?

              • Hélas oui, et beaucoup ! Je vais devoir être succint, par contre :
                1) La situation sociale au XIXème siècle : l’école libérale des lois Falloux, sous la coupe de l’Eglise
                catholique française conservatrice, avec des enseignants étroitement surveillés, ignorants et mal payés. Et je ne parle de la situation sociale, de l’exploitation de familles ouvrières misérables jusqu’à la mort dans les mines et usines avant les lois sociales du droit de grève, d’association et de revendication, d’interdiction du travail des enfants …
                2) L’Ukraine du début des années 1920, avant la conquête moscovite : un ensemble de soviets locaux auto-administrés sur le modèle anarchiste => des dizaines de milliers morts entre eux, au gré de purges se finissant en massacres de villages entiers, avant que les troupes de l’URSS naissante ne massacrent les survivants pour instaurer le Léninisme sur les décombres encore fumants de la seule application anarchiste à grande échelle que le monde ait connu.
                3) La féodalisation médiévale, où l’absence de pouvoir central fort a permis, durant 1000 ans, à des brutes épaisses et stupides d’imposer par la force leur inique volonté aux autres catégories de la population (paysans, commerçants) sous prétexte de les protéger des seigneurs voisins, tout aussi belliqueux et iniques qu’eux.
                L’anarchisme libéral n’a jamais existé ni fonctionné : même les tribus amérindiennes se réunissant en conseils délibèrent en commun, mais un vieux chef sage a toujours voix prépondérante.

    • « il y en a 20 000 pour plus de 800 000 enseignants dans ce pays  »
      Soit un inspecteur pour 40 enseignants. Soit 5 contrôles à faire par an en moyenne si vous n’avez pas été contrôlé depuis 8 ans. Belle efficacité.

      • L’explication donnée en catimini par les syndicats d’inspecteurs est que l’état leur confie de plus en plus de tâches administratives annexes qui « bouffent » un temps qui était auparavant consacré aux inspections. Et le nombre d’inspecteurs ne progresse pas. Au vu de cela, certains diront qu’il vaut faire comme en Finlande : supprimer les inspecteurs et faire noter les professeurs par les chefs d’établissement. Mais ils ne connaissent de nos cous que ce qu’en disent les élèves et leurs parents. Notre rémunération dépendrait donc d’eux, ce qui serait scandaleux et inique, pour un tas de bonnes raisons toutes autosuffisantes trop longues à exposer ici. Personnellement, je serai plus partisan d’un système à l’allemande, où des inspections seraient réalisées par un large panel de collègues (pourquoi pas d’établissements différents), mais de la même discipline, dans un cadre financier défini.

        • et par les élèves ?

          • Ce serait encore pire ! Ils ne voient que leur intérêt immédiat : bonnes notes (donc devoir faciles), cours attractifs même si très peu exigeants intellectuellement, aucune punition ou sanction, donc joyeux bordel. Un tel climat de classe est toujours très apprécié par les élèves.
            Il y a quelques années, j’ai connu un tel collègue, dans ma matière, au collège. Il fumait avec les élèves dans l’établissement durant les pauses, les recevait chez lui pour faire réviser le brevet, et passait des films en entier durant les cours (Ghandi, par exemple : 3h30 = une semaine de cours de 3ème en histoire-géo). Pour la fin de l’année, réviser le brevet consistait pour lui à faire passer l’intégrale de tous les films Star Wars. Véridique ! Rien n’est inventé ni exagéré. Inutile de préciser que ce prof était le plus populaire de tous les profs d’histoire du bahut ! Et de loin ! Les pauvres fascistes comme moi qui procédaient différemment n’avaient droit qu’à des sarcasmes, dans le meilleur des cas.
            Alors oui, vive la démagogie ! Faisons noter les profs par les élèves… Toutefois, il y a bien un cas où je pourrais l’envisager, c’est dans l’enseignement supérieur, comme aux Etats-Unis. Là, avec des élèves plus mâtures, ça peut être intéressant. Pour le reste, ça ne vaut rien.

  • Enseignera-t on les origines de l UE ? et que le premier president de la commission europeenne walter hallstein etait un ancien officier SS NAZI ? et donc complice de l horreur et de la barbarie NAZIE ?

  • Tout le monde est choqué qu’on puisse enseigner aux enfants, que la France a colonisé ou bien a participer a l’esclavage… mais aujourd’hui ca ne se fait pas, puisque le programme unique d’histoire du collège au lycée consiste a faire de la repentance sur la seconde guerre mondiale… Comme si la France n’avait connu qu’un seul évenement dans son histoire, aucun autre positif, ou négatif… Alors oui on parle d’autre chose que la seconde guerre mondiale, mais cette dernière occupe 80% du programme d’histoire donc tout cela devrait etre régulé, et si c’et l’Europe qui le fait why not, la France ne le fait pas donc…
    Luc Ferry qui nous dit qu’il ne faut pas faire de repentance, alors que le meme, disait a la télé qu’il faut enseigner la Shoa aux enfants de primaires… il fallait expliquer a des enfants de 7 ans, que des hommes avaient cramé, gazé d’autres personnes,… qu’ils avaient massacrer d’autres civils,… c’est clair qu’enseigner cela a des gosses ce n’est pas de la repentance.

    Le problème de beaucoup c’est qu’ils ont une repentance sélective. Ce Ferry est représentatif de nombres de personnes. L’histoire ne se résume pas a 6 années sur des millions….

    • Je suis désolé, mais je ne vois absolument pas d’où vous sortez cette remarque sur l’enseignement de la seconde guerre mondiale. Elle n’est qu’au programme de 3ème et de 1ère, et c’est un chapitre parmi bien d’autres. Y consacrer 80 % du temps de cours, même que de l’histoire, je n’ai jamais vu ça nulle part.
      Il est vrai que j’ai vu de vieux collègues PEGC passer entre 30 et 50 % de l’année de 6ème sur l’ancien programme de l’Egypte antique. Mais ces collègues sont tous à la retraite désormais. Ce genre de choses ne se fait plus depuis au moins 10 ans …
      Pour le reste, je suis entièrement d’accord avec vous : l’idée de faire parrainer des enfants victimes de la Shoah par d’autres ayant actuellement 10 ans, c’était non scandaleux, mais surtout très glauque. Ce pauvre Sarkozy avait claqué une durite. Quand à Ferry, il a d’abord approuvé la réforme actuelle du collège, avant, précipitamment, de dire exactement le contraire de ce qu’il avait dit quelques jours auparavant. Entre temps, les ténors de l’UMP avaient pris position officiellement … Quel lèche-cul, ce Ferry (et payé par l’université alors qu’il n’y enseignait même pas depuis des années ! Pourquoi ça ne m’arrive pas, à moi ??? Peut-être parce que je suis un obscur, un sans grade …).

      • Vous avez peut-etre raison, je parlais de mon expérience personnelle, il y a donc 20 ans (ouch je viens de me prendre une claque j’avoue que j’ai toujours l’impression que c’était hier, et donc en 20 ans les choses ont sans doute changer)… a l’époque on ne voyait que cela, la seconde guerre mondiale de la 4eme (de mémoire) en terminal… ce n’était que cela, alors de temps en temps on nous parlait d’autres choses, mais la c’était atroce.. pour la culture.
        Grand bien fasse, si cela a changer, car il faut a tout prix que l’histoire soit enseigné de manière la plus large possible (positif comme négatif) mais toujours en remettant dans le contexte, ce que l’on a toujours du mal a faire.

  • Une fois de plus l’Europe est mise en avant pour tenter d’expliquer ce qui ne relève que de nos propres turpitudes.
    Il se trouve que c’est un sujet que je connais un petit peu. Rien, dans les recommandations de l’Europe (il ne s’agit que de cela), n’obligeait à la déconstruction qui a été engagée en France uniquement sur des bases idéologiques (et tactiques pour ne pas s’aliéner totalement la gauche de la gauche).
    D’ailleurs, il n’existe (à ma connaissance) aucun autre pays européen ayant fait des choix similaires.

    • Je pense que vous confondez deux choses, dont l’une seulement provient de l’Europe, et l’autre effectivement, de nos « chers leaders » :
      L’auteure de l’article n’a jamais écrit que les réformes méthodologiques venaient de l’UE, mais seulement celle des programmes, ce qui est vrai.
      Vous prétendez, à tort, étendre la logique de l’article de l’auteure à la réforme du collège (EPI, suppression des classes bilangues, européennes …). Or, aucune instance européenne n’a jamais voulu cela, et l’auteure ne l’a jamais affirmé. Vous avez raison sur le fait que tout cela est du à nos chers (dans tous les sens du terme, ou presque …) gauchistes, et que Hollande, qui a piloté lui même (de son propre aveu) cette réforme, s’en est servi pour ne pas s’aliéner la Taubira et consort. Toutefois, il ne s’attendait certainement pas à une telle résistance. Enfin, je ne suis même pas sûr que ce gage pédagogiste suffise pour 2017 à rassembler les gauchistes du PS autour de lui dès le premier tour. Valls ne laissera pas passer en l’état la loi sur la réforme de la justice des mineurs, ce qui sera un casus belli pour Taubira. Les autres la suivront et le front uni aura vécu le temps d’une neige d’été.

    • Nafy-Nathalie Diop
      10 juillet 2015 at 14 h 59 min

      Pour les autres pays européens, je n’ai pas été vérifié dans le détail ce qui se passait.
      J’attire simplement votre attention sur le fait que le programme « histoires partagées » est récent (2014) et qu’actuellement, il est en cours de diffusion au niveau national de chacun des pays membres de cette organisation par le biais de -jecite- « Séminaire de suivi pour diffuser les résultats du projet ».
      Estonie, Slovéquie, Autriche, Portugal, Chypre, Serbie, …
      La liste de ceux déjà tenus et à tenir est sur ce lien :
      http://www.coe.int/t/dg4/education/historyteaching/default_fr.asp?
      Il est à parier que si la déclinaison en interne de ces pays n’est pas en cours, elle ne tardera et sinon elle fera l’objet de rappel à l’ordre de la part du Conseil de l’Europe.

      Par ailleurs, il est particulièrement intéressant d’aller visiter sur l’onglet : « COOPÉRATION BILATÉRALE ET RÉGIONALE » et de fouiller les liens.
      Vous y trouverez des exemples concrets d’application de réforme de l’histoire dans le cadre de coopération.

  • Starsky…, vos propos sont intéressants mais arrêtez avec « auteure » !

    • Désolé, vous avez absolument raison ! A mon corps défendant, je subis l’influence néfaste de la féminisation à outrance et outrancière des noms de métiers. Mea culpa, mea maxima culpa !

  • Il s’agit aussi d’écrire un roman national intégré dans le cadre d’une Europe politique.

    La population change, le roman change. Les objectifs des gouvernants eux restent les mêmes.

  • N’oubliez pas le projet projet PRIMAS («Promoting inquiry in mathematics and science education across Europe») qui confirme le point de vue de l’auteur..tout vient de là (http://www.primas-project.eu/fr/index.do)

  • Tout à fait d’accord ! en réponse : OUI ! bien sûr que nous devrions avoir à nous prononcer .
    je fais partie d’un groupe déjà très mobilisé après les réformes imposées en primaire , nous avons épluché les « conseils/directives  » de l’OCDE , et il est clair que la gouvernance actuellement nous échappe totalement … le comprendre ne résout rien , mais c’est un début . nous venons de créer nevE ,nous et vous pour l’Ecole collégiale qui oeuvre à la « sauvegarde » de l’école , qui nous semble bien en péril . Merci pour cet article
    http://www.collegiale-neve.fr/index.php

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