Levée de l’embargo sur l’Iran : faut-il en avoir peur ?

Pumpjack Pétrole en Alberta, au Canada (Crédits Jeff Wallace, licence Creative Commons)

Va-t-on vers un afflux de pétrole et de gaz iranien ?

Par Aymeric de Villaret.

Pumpjack Pétrole en Alberta, au Canada (Crédits Jeff Wallace, licence Creative Commons)
Pumpjack Pétrole en Alberta, au Canada (Crédits Jeff Wallace, licence Creative Commons)

Les négociations avec l’Iran pour la conclusion d’un accord nucléaire, initialement prévu pour le 30 juin, sont dans leur phase décisive. De nombreux détails sont encore à régler mais cet accord est probable. S’il est signé, les sanctions internationales ne seront pas levées immédiatement (c’est d’ailleurs une pomme de discorde quant à la rapidité alors que de nombreux responsables iraniens le souhaiteraient). Il n’en demeure pas moins que les marchés regardent d’ores et déjà les conséquences d’une telle levée. Que faut-il en attendre ?

Va-t-on comme certains le craignent vers un afflux de pétrole et de gaz iranien ?

pétrole iran rené le honzecEn ce qui concerne les hydrocarbures, l’Iran est un grand producteur, non seulement du pétrole (les deuxièmes réserves mondiales de pétrole conventionnel après l’Arabie Saoudite, juste devant l’Irak) mais aussi du gaz (puisqu’il possède les premières réserves mondiales !).

En revanche l’embargo qu’a subi le pays a été tel qu’aujourd’hui l’Iran produit moins de pétrole que son voisin irakien. Ce dernier, grâce à l’apport des investissements étrangers, a dépassé l’Iran en 2013. En mai 2015, l’Iran a produit 27 % de brut (de l’ordre de 1 Mb/j)

Quant au gaz, l’Iran consomme quasiment toute sa production.

La route est longue… et incertaine

Force est de constater (et le fait que la date butoir du 30 juin ait été dépassée est là pour le démontrer) que les discussions sont compliquées. La confiance sur les paroles données par l’Iran est si faible que les modalités des inspections sont devenues les clés de l’accord. Nous ne rentrerons pas dans les détails de la manière dont les sanctions seront (si elles le sont) levées, mais il est clair que les investissements nécessaires à l’Iran (200 Mds $ selon le ministre du pétrole iranien Bijan Namdar Zanganeh) prendront du temps et ne se feront que si la visibilité est là.

Quel potentiel ?

Le retour à la production de 2008 (soit une hausse de 1 Mb/j) passe par de nouveaux contrats (en cours de négociations et plus attractifs que les irakiens). Cela va prendre du temps et il est difficile d’imaginer un retour rapide de ces 1 Mb/j (pas avant 2017).

1 Mb/j représentant 1 an en moyenne de croissance de la demande mondiale, on voit bien la limite de l’impact du retour éventuel de l’Iran, alors que rappelons-le, on doit trouver annuellement (du fait de la déplétion) environ 4 Mb/j pour maintenir la production mondiale au niveau actuel.

Quant au gaz, le marché du GNL (Gaz Naturel Liquéfié) est en surcapacité et donc l’attraction pour des investissements extérieurs parait limitée.
C’est pourquoi, en l’état actuel des choses, nous pensons que le retour de l’Iran sur les marchés pétroliers ne devrait avoir qu’un impact très limité.

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