L’invention du vaccin contre la variole et la situation actuelle

Pour les Français, c’est Pasteur qui a inventé la vaccination. Mais ce n’est pas le cas.

Par Jacques Henry.

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Edward Jenner (domaine public – Wikimedia Common)

Pour les Français, c’est Pasteur qui a inventé la vaccination, en réalité ce n’est pas Pasteur et le nom même de vaccin vient directement d’une maladie contractée par les fermières anglaises (et de bien d’autres pays) en trayant leurs vaches, des sortes de pustules ressemblant à s’y méprendre à la variole. Les faits se déroulèrent au XVIIIe siècle, donc bien avant Pasteur et il est souvent riche d’enseignements de relire l’histoire car on découvre l’ingéniosité de l’esprit humain qui sut faire avancer la science à petits pas, certes, mais des petits pas qui aboutirent à la plus grande avancée de la médecine, c’est-à-dire la vaccination. On savait depuis des temps reculés en particulier en Chine et en Turquie, bien avant l’époque de l’empire Ottoman, que la variole de la vache – en français vaccine – protégeait efficacement contre la variole (humaine) ceux qui avaient souffert de cette maladie, la variole touchant les deux tiers de la population et en tuant un cinquième.

La « vaccine » fut donc la première expérimentation dont la finalité était la stimulation du système immunitaire pour se protéger d’une maladie afin d’éviter d’en mourir. Les observations d’immunité acquise contre la variole après avoir souffert de la vaccine restaient inexpliquées et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle qu’Edward Jenner, un médecin anglais né à Berkeley dans le Gloucestershire, comprit ce qui se passait dans la réalité. Jenner préleva du pus provenant des pustules de malades souffrant de vaccine et inocula celui-ci à des personnes saines qui développèrent la maladie dans le but de les protéger contre la variole. Il vérifia son hypothèse d’une immunité acquise en « variolant » ces sujets. La variolation était une pratique développée depuis très longtemps en Chine qui consistait à recueillir le liquide présent dans les pustules des personnes atteintes de variole et de l’inoculer dans la peau de personnes saines. Celles-ci étaient alors protégées contre la variole après avoir développé les mêmes symptômes que la maladie proprement dite mais atténués. Le même protocole appliqué avec le pus des pustules de la vaccine conduisit au même niveau de protection sans toutefois induire parfois de graves symptômes comme c’était le cas avec la variolation.

Fort de cette observation, Jenner entreprit de collecter des fonds pour appliquer sa méthode à de nombreuses personnes afin de les protéger contre les épidémies récurrentes de variole. Aujourd’hui la variole, grâce à la vaccination systématique mise en place au XIXe siècle, est la première maladie mortelle à avoir été éradiquée totalement et la poliomyélite est en passe de subir le même sort.

La vaccination contre la variole reste obligatoire pour les militaires américains et leurs familles… Curieux, d’autant plus que la communauté scientifique considère que ce vaccin est aujourd’hui l’un des moins sûrs, du moins si l’on se réfère à ce qu’affirme une étude datant de 2003.

Le vaccin actuel (bien qu’on ne vaccine plus contre cette maladie dans la plupart des pays développés) est un virus atténué authentique obtenu avec des cultures de cellules (Vero) de rein de singe Vervet africain. Paradoxalement cette technique d’obtention de virus atténués fut aussi utilisée pour produire le virus atténué de la polio et, manque de chance ou mauvais contrôle industriel, certaines campagnes de vaccination contre la polio aboutirent à répandre massivement un autre virus présent chez le Vervet, le SV40. Ce dernier virus est suspecté d’avoir contaminé des millions d’enfants et d’adultes lors des campagnes de vaccination contre la poliomyélite. Le SV40, hautement suspecté de favoriser l’apparition de cancers, contamina des lots entiers de vaccins polio façon Salk ou façon Sabin. Si l’affaire ne fut pas trop ébruitée en son temps car il s’agissait de combattre la poliomyélite en urgence, il n’en reste pas moins qu’à l’époque, sans les moyens d’investigation puissants de la génétique moderne, les pouvoirs publics avaient pris de gros risques qui s’avérèrent rétrospectivement anecdotiques car les études épidémiologiques ne révélèrent aucune incidence sur la fréquence de rares formes de cancers, ou tout au plus un soupçon favorisant l’apparition comme co-carcinogène des cancers de la plèvre avec l’amiante. Cette observation conduisit pour partie à interdire l’usage de l’amiante…

Ces rappels sont là tout simplement pour montrer qu’une urgence sanitaire peut conduire à des incidents de parcours qu’il est difficile de prévoir ou de maîtriser.

Mais revenons à la variole. À la fin du XIXe siècle, se « faire vacciner » représentait un coût et seules les classes sociales aisées pouvaient se permettre ce luxe. Il en résulta tout naturellement que la variole continuait à faire des ravages chez les pauvres comme c’est le cas aujourd’hui pour d’autres maladies. On accusa donc les classes sociales supérieures, protégées contre la maladie mais néanmoins porteuses éventuelles du virus, de le transmettre aux « pauvres » et cet état de fait introduisit une sorte de ségrégation entre les vaccinés et les non vaccinés. Avec la généralisation de la vaccination, il semble que le virus ait évolué vers une forme moins agressive, fait qui contribua probablement à son éradication.

Alors pourquoi conserver les souches de virus les plus dangereuses ? C’est du ressort des armées américaine et russe à tel point qu’en 2000 le gouvernement américain envisagea sous l’administration Bush de produire massivement des vaccins contre la variole car il s’agit d’une arme biologique dont il faut se protéger. Cependant la vaccination telle qu’elle fut décidée par l’armée américaine n’est pas anodine et les effets secondaires peuvent être vraiment indésirables et cela d’autant plus que ce projet était géré par des militaires.

Il y eut tout de même un essai clinique organisé par l’armée américaine qui fut globalement catastrophique avec des complications cardiaques notoires pour des personnes ayant des pressions sanguines élevées, des taux de cholestérol hors normes, du diabète, un surpoids ou une prédisposition familiale à ces pathologies, autant dire plus de 60 % de la population américaine ! Pourtant 2,4 millions de militaires furent vaccinés entre 2002 et 2014 malgré les mises en garde du CDC. Il n’y a qu’un tout petit chemin à parcourir pour rapprocher cette campagne de vaccination du syndrome dit de la Guerre du Golfe qui coûta une fortune à l’armée américaine et qui persiste encore aujourd’hui sans qu’on ait pu en identifier les causes mais… suivez mon regard, car le nouveau vaccin produit par l’armée américaine est un véritable poison : le virus supposé désactivé est capable de s’installer et de créer ce qui s’appelle en jargon médical la « vaccine progressive », une sorte de variole atténuée qui progresse avec le temps au niveau du site de vaccination puis sur tout le corps. L’armée américaine a d’ailleurs inventé toutes sortes d’effets de la guerre du Golfe pour minimiser sa gestion catastrophique de cette vaccination obligatoire pour ses personnels comme par exemple l’utilisation de balles en uranium appauvri. Pas vraiment réjouissant !

La réintroduction de la vaccination contre la variole avec un virus atténué est donc potentiellement dévastatrice et ce qui est au contraire certain c’est que le virus détenu tant par les Russes que les Américains ne pourra jamais tomber entre les mains de terroristes tels qu’on les définit actuellement. La terreur pourrait au contraire provenir de l’establishment médico-pharmaceutique qui aimerait bien qu’une campagne de vaccination puisse être décidée afin de réaliser de monstrueux profits. On comprend donc un peu mieux pourquoi les souches de virus sont jalousement gardées, au cas où…


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Sources :