Grèce : Tsipras maître de l’Europe !

Alexis Tsipras - Credit Die Linke (Creative Commons)

Espagnols, Tsipras vous a ouvert la voie ! À quoi bon rembourser qui que ce soit ?

Par Serge Federbusch.

Alexis Tsipras - Credit Die Linke (Creative Commons)
Alexis Tsipras – Credit Die Linke (Creative Commons)

Qu’ils étaient beaux, sur la photo, Lagarde l’acrobate, Draghi l’illusionniste, Juncker le Monsieur Déloyal et tous les seconds couteaux du cirque européen ! Sourires crispés, ils avaient du mal à dissimuler la douleur du mauvais traitement «à la grecque» que ce coquin de Tsipras est en train, si l’on peut dire, de leur infliger.

C’est la bonne vieille dissuasion du faible au fort, l’illustration que, dans ce genre de bras de fer, celui qui mesure précisément ce qu’il peut perdre car il n’a plus grand chose à perdre est à son avantage. Tsipras, s’il devait reculer devant Bruxelles, scellerait à coup certain sa mort politique. Sa seule issue est donc de braver ses créanciers. Tandis que, ma foi, le risque de voir vaciller l’édifice vermoulu de l’Union est plus angoissant pour une multitude d’eurocrates grassement nourris de leurs prébendes. Où s’arrêterait le détricotage de leur veston douillet ?

Ils feront donc semblant – c’est ce qu’ils savent faire le mieux – de trouver satisfaisantes les maigrelettes et cosmétiques concessions de Tsipras. De vagues promesses de report progressif de l’âge de départ à la retraite, de lutte contre la fraude fiscale et d’augmentations marginales de TVA contre le prêt de dizaines de milliards d’euros supplémentaires : Tsipras est bien parti pour gagner haut la main. Juncker a même déclaré qu’un programme de relance de la croissance de 35 milliards d’euros étalé jusqu’à 2020 avait été proposé à Athènes ! Les batteurs de monnaie de singe qui font face à Syriza se disent qu’ils ne sont plus à ces quelques dizaines de milliards près. Dansons, dansons sur le volcan. Et les marchés applaudissent : il vaut mieux que ce risque soit, d’une manière ou d’une autre, transféré à la Banque centrale européenne plutôt que de continuer à rôder autour des trésors publics.

Le plus difficile sera d’éviter que le phare du Pirée n’éclaire jusqu’à la plaine madrilène. Car, Espagnols, Tsipras vous a ouvert la voie ! À quoi bon rembourser qui que ce soit ? Votez Podemos et faites chanter, vous aussi, vos amis européens. Ils ont les poches d’autant plus profondes qu’elles sont trouées…

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