Finances parisiennes : Hidalgo creuse votre trou

Anne hidalgo credits Parti Socialiste via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0)

Malgré un marché immobilier favorable, les socialistes ont réussi à saigner Paris grâce à une forte hausse des impôts et un quadruplement de la dette.

Par Serge Federbusch.

Anne hidalgo credits Parti Socialiste via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0)
Anne hidalgo credits Parti Socialiste via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0)

Avouant une impasse budgétaire de 300 millions d’euros pour 2016, Bargeton, l’adjoint d’Hidalgo aux finances, n’a fait que confirmer ce que nous expliquons depuis des années : malgré un marché immobilier extrêmement favorable qui a dopé les droits de mutation, les socialistes ont réussi à saigner Paris grâce à une forte hausse des impôts et un quadruplement de la dette.

Ils prétendent que cela est dû aux prélèvements et baisses de dotation que l’État leur impose, au nom de la solidarité.

Mon œil ! Les dépenses de fonctionnement, les subventions aux copains, les projets improbables (Halles, sport-business à Jean Bouin, 104, Gaité-Lyrique et autres massacres de voirie) et les achats de voix sous forme d' »investissement » dans le logement social sont les causes principales de cette dérive qui a commencé bien avant 2014 et le désengagement de l’État.

Mais il y a plus grave : les chiffres actuels sont aussi sincères que ceux du budget de l’État présentés par Hollande et Valls.

Le pire reste donc à venir…

C’était écrit !

D’abord, la baisse des dotations de l’État, présentée comme une forme de nouveauté et de recul supplémentaire, n’est ni l’une ni l’autre. Il était prévu que, sur les années 2015 à 2017, chaque exercice soit marqué par cette diminution des transferts de 200 millions d’euros. On s’étonnera du reste que les socialistes ne hurlent pas contre ce désengagement ainsi qu’ils le faisaient du temps de Sarkozy, quand ils inventaient une prétendue dette de l’État d’un milliard d’euros dont Delanoë a aussitôt dit qu’elle était effacée après l’élection de Hollande.

Bref, Hidalgo ne saurait soutenir que cette baisse de 200 millions est une surprise qui impose des mesures nouvelles. Tout aurait dû être prévu depuis plus d’un an si la ville était correctement gérée.

Mais le plus grave est que les soi-disant ressources supplémentaires sur lesquelles compte la municipalité pour faire face à la situation sont tout à fait suspectes.

D’abord, les prévisions des recettes tirées de la hausse massive des droits de stationnement et des taxes nouvelles sur l’hôtellerie et les résidences secondaires, votées pour 2015, sont encore loin d’avoir été vérifiées. Il en est de même des calculs très optimistes sur les droits de mutation ou la Contribution à la valeur ajoutée des entreprises. Paris partira donc avec un trou budgétaire supérieur à celui voté l’an dernier.

Quant aux mesures évoquées pour 2016 : la hausse des redevances dans les parcs et jardins essentiellement, elles sont sans commune mesure avec les 300 à 500 millions qui font déjà défaut.

La réalité est, qu’à un moment ou à un autre, Hidalgo va devoir maquiller des dépenses de fonctionnement en investissement pour endetter la ville ou qu’elle sera contrainte d’augmenter les taxes d’habitation et foncière par un subterfuge quelconque.

Sa clientèle électorale, jusqu’alors largement épargnée, commencera à sentir la morsure du socialisme.

Ce n’est que justice : voter pour ces gens doit un jour ou l’autre se payer cher.

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