Croissance américaine et désordre monétaire européen

euro-création monétaire CC Pixabay geralt

À la croissance solide de l’économie nord-américaine s’oppose celle chaotique de la zone euro. Quelques tableaux pour bien comprendre.

Par Jean-Pierre Chevallier.

euro-création monétaire CC Pixabay geralt
euro-création monétaire CC Pixabay geralt

La croissance s’annonce solide aux États-Unis, c’est-à-dire normale, proche de son potentiel optimal sans inflation sur de bons fondamentaux, cf. mes analyses, les indicateurs fiables et les déclarations des gens de la Fed… mais il n’en est pas de même dans la zone euro où le plus grand désordre règne…

Ainsi, mardi 2 juin, les rendements des bons des Trésors de la zone euro, dont ceux du Bund (passant de 0,544 % à 0,721 % !), ont rebondi fortement dans cette attente et à la suite d’informations rendant possible un Grexit reporté à une date ultérieure,

Document 1 :

Chevallier pic1

L’écart entre les rendements du Bund et du Schatz a lui aussi rebondi fortement,

Document 2 :

Chevallier pic2

Par comparaison, les écarts entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans sont nettement inférieurs à ceux de leurs homologues allemands qui sont anormalement élastiques car les risques de Grexit et les mauvais fondamentaux des membres de l’eurozone engendrent des réactions exacerbées de la part des investisseurs, en particulier américains,

Document 3 :

chevallier pic3

Les rendements du Bund sont dorénavant largement sortis de leur bande de fluctuation longue depuis le mois de juillet 2007 !

Document 4 :

chevallier pic4

Les bons fondamentaux de la croissance américaine devraient entrainer l’augmentation des taux selon les courbes de tendances polynomiales d’ordre 6… sauf si le désordre s’accentue dans la zone euro par un Grexit prévisible,

Document 5 :

chevallier pic5

Les rendements des bons du Trésor américain sont bien calés dans leur bande de fluctuation hors des grands dangers, prêts à repartir dans leurs bandes de fluctuations optimales,

Document 6 :

chevallier pic6

L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans reste donc sous la barre critique des 200 points de base depuis l’été 2011 grâce à l’€-crise, après les grands turbulences initiées par Ben Bernanke,

Document 7 :

chevallier pic7

Tout va bien, donc, pour les Américains, grâce à l’eurozone !

Le plus drôle est que le fameux QE de la BCE ne sert à rien du tout : les taux de l’eurozone ont augmenté car ils sont entraînés par ceux des États-Unis, les banques ne prêtent pas l’argent qu’elles ont et qu’elles empruntent à la BCE, les entreprises de l’eurozone investissent et placent leur trésorerie à l’étranger, les prix n’augmentent pas à cause d’une concurrence internationale de plus en plus forte…

Sur le web