Interdiction de jeter de la nourriture : l’État triomphant

Certes la situation de sortie est meilleure, aujourd’hui. Mais a-t-on résolu le problème ?

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Interdiction de jeter de la nourriture : l’État triomphant

Publié le 30 mai 2015
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Par Aster.

Contrepoints511 - Gaspillage - René Le Honzec

C’est assez rare d’entendre parler de la France dans le monde anglophone, mais ces derniers jours on y voit un peu d’enthousiasme, ce qui est rare. Le gouvernement français a décidé d’interdire aux supermarchés de jeter de la nourriture.

Il faut reconnaître que par rapport aux déclarations corporatistes d’Arnaud Montebourg c’est quand même plus sympa à lire.

Les supermarchés n’ont plus le droit de jeter de la nourriture et de la rendre impropre à la consommation. La chose amusante c’est que le problème n’est pas nouveau, mais que par le passé la destruction de nourriture n’était pas particulièrement motivée par une cupidité effrénée mais les distributeurs pouvaient être tenus responsables si quelqu’un s’empoisonnait en mangeant un produit récupéré dans leurs déchets.

Lorsqu’un cadre réglementaire prouve son inefficacité car il pose des problèmes inattendus, doit-on considérer que la modification réglementaire soit une solution de long terme ? Certes la situation de sortie est meilleure, aujourd’hui. Mais a-t-on résolu le problème ?

Est-ce qu’une intervention du gouvernement aurait été nécessaire dans un cadre réglementaire plus souple ? Combien d’interventions étatiques cette rigidité demande chaque année ? Combien de problèmes sont ignorés car pas assez gênants ? Combien de temps perd notre société à chercher des règlements parfaits ?


Sur le web

Lire aussi sur Contrepoints : « Faut-il obliger les supermarchés à donner leurs invendus ? »

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  • Par extension, c’est tout bonnement un impôt en nature que l’on fait supporter au consommateur. Tout ça pour faire de l’humanitaire et fournir de la nourriture gratuite a ceux dont la présence sur notre territoire est illégale. Bien entendu, on ne peut pas être contre les associations humanitaires, non on ne peut pas.

    • bonjour Bzzzt, pour ce qui est des associations humanitaires , mon souhait serait que citoyen contribuable ait le choix de les financer ou non .

  • ce n’est pas tant la faute de l’etat que du citoyen Nous sommes devenus comme les americains, la societe française s’est judiciarisée et les grandes surfaces ne faisaient que se conformer à la réglementation comme le souligne l’auteur Quoique vous fassiez, il faut vous prémunir et éviter d’être spontané. Je rappellerai aussi à l’auteur ,cette loi qui sera certainement votée contre les fumeurs jetant leur mégot. Encore une loi liberticide comme certains hurleraient Mais c’est toujours la même problématique sans coercition le « citoyen » ne se comporte pas tres bien et les rues de Lyon comme la plupart des villes de France sont des dépotoirs . Je remercie Evin ( un socialiste ) d’avoir fait voter cette loi d interdisant la cigarette au travail et les lieux publics C’était infernal pour les non fumeur Illustration de mon propos

  • Bien souvent, les associations et les supermarchés n’ont as attendu l’État pour faire au mieux afin de récupérer les invendus. Ces gens qui nous gouvernent se croient tout simplement indispensables, en voilà une preuve supplémentaire.

  • J’avais écrit dans mon blog un billet relatif aux dates de péremption des produits alimentaires et c’est assez surréaliste car le miel devient impropre à la consommation au bout de deux ans. Pourquoi pas le sel pendant qu’on y est ? Les grandes surfaces jettent la nourriture encore parfaitement consommable parce qu’ils font du chiffre sur le dos de leurs fournisseurs. Pour citer un exemple, j’avais discuté avec un producteur de tomates « bio » à Tacoronte quand j’habitais à Tenerife et il fournissait quelques magasins Mercadona pour les rayons bio. Comme ses tomates n’étaient naturellement pas traitées en surface avec des fongicides pour éviter la pourriture avec Phytophtora (de mémoire pour le nom du champignon) il avait entre 30 et 50 % d’invendus en raison de la pourriture et le supermarché ne lui payait que les tomates effectivement vendues. Il a fini par se décourager et ne vendre plus qu’en direct aux clients consentant un temps de conservation limité. Il y a quelques jours j’ai fait remarquer à ma femme qu’elle avait oublié un petit sac de tomates locales probablement « bio » dans le frigo et elles étaient bien attaquées par des champignons. Elle a pu en récupérer une grande partie et a réalisé un excellent coulis. Autant dire que cette histoire de nourriture jetée est un faux problème qui révèle tout simplement l’attitude des grands distributeurs et même si ce n’est pas le rôle du gouvernement de s’occuper de tout, il y a matière à légiférer au sujet de ces dates de péremption qui ne signifient strictement rien !

    • Dis donc jacques, quand tu achètes un truc, il est a toi … c’est ta propriété privée non ? Si tu décides de la bruler c’est légal ? Tu es certain que c’est bien a toi ? Sinon, alors, pourquoi la payer ? J’achète une truffe 100€ et je le fourre dans mes toilettes pour donner bon goût à ma fosse septique c’est pas mon DROIT ?

    • Ce ne sont pas les distributeurs qui décident de la réglementation. La réglementation impose des dates de péremption sur les produits aux fabricants, et les magasins ont interdiction de vendre au-delà de la date indiquée. Il faudrait plutôt assouplir la réglementation, plutôt que, encore, ajoute une loi.

      • « La réglementation impose des dates de péremption sur les produits aux fabricants »
        Imposer des dates oui mais « la date » est à la charge du fabricant et c’est généralement en fonction de la capacité de production.

        • « « la date » est à la charge du fabricant et c’est généralement en fonction de la capacité de production. »

          Non, rien à voir avec la capacité de production (c’est quoi ce concept?), le fabricant engage sa responsabilité en donnant une date et il doit et d’une la prouver et d’autre part la modérer en tenant compte des ruptures de la chaîne du froid ou des mauvaises conditions de stockage (chaleur, humidité) etc… d’où la marge prise par rapport au théorique. Que certaines dates soient fantaisistes (DOM-TOM vs métropole) c’est une autre histoire.

          • Un fabricant ne peut savoir ce que vous faites avec le produit que vous avez acheté malgré tous les tests possibles. Vous pouvez faire pourrir un yaourt un bien moins de temps que ça DLC et ce n’est pas vraiment le problème du fabricant.
            En revanche les DLC affichées des yaourts par exemple sont de loin très erronées dans des conditions de conservation idéales et curieusement lors d’un reportage (style Arte ou france5) un industriel a avoué que la DLC de ces produits correspondait à sa capacité de production puisque la DLC réelle était bien au delà de ce terme. D’après vous pourquoi faisait il cela ? très simple, une fois la date dépassée les gens jettent et rachètent le produit.

            (NB : une DLC de 3 à 4 semaines pour un fromage vous appelez ça une marge ? )

            • Ce n’est pas moi qui a inventé ça :

              « Les DLC ou DLUO sont définies par le conditionneur à partir de la durée de vie microbiologique, en intégrant, dans la majorité des cas, une marge de sécurité, destinée à prendre en compte les conditions de conservation raisonnablement prévisibles. »

              La première rupture intervient lors de l’achat, le temps que le consommateur rentre chez lui… et cela est pris en compte par le conditionneur qui fait régulièrement des tests de durée de vie sur des échantillons et c’est pourquoi de temps en temps il y a des retraits quand on remarque qu’il y a eu un incident.

              Le yaourt est un cas particulier puisque au contraire d’autres produits laitiers c’est un milieu acide dans lequel les germes pathogènes ne peuvent pas se développer… tant qu’il y a du lactose pour les bactéries et donc qu’il reste acide. Par contre ses qualités gustatives se dégradent assez vite.

              Même si un yaourt qui a dépassé la date de péremption peut être toujours bon une semaine après, c’est de la responsabilité du client de le consommer ou pas. Coté gustatif ce n’est pas formidable dès qu’il y a du petit lait (lactosérum) qui nage au-dessus… mais chacun son truc…

  • Une loi qui interdit de jeter de la nourriture, ou, plus généralement, une loi qui interdit de gaspiller, est une loi qui piétine le droit de propriété. Or piétiner l droit de propriété n’a jamais apporté rien d’autre que des violences et des malheurs.

  • Les commentaires sont fermés.

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