Qui derrière la réforme des collèges ?

Le regard de René Le Honzec.

hollande maths rené le honzec

 

La question qui agite le microcosme parisien-bobo-politico-médias subventionnés, c’est le collège réformé (à ne pas confondre avec l’Église Réformée qui vient de bénir l’union gay), réformé pour les plus hautes raisons qui puissent motiver une ministre de la République (à vous de compléter suivant votre degré de cynisme ou d’amour de l’Humanité), avec des tas de subtilités pédagogiques, genre de l’islam-ou-pas, du grec qui irait se faire voir ou pas, etc. La fougueuse Najat dont les travaux universitaires ont défrayé la chronique (elle a été recalée deux fois à l’ENA) lui ont permis de démasquer des opposants pseudo-intellectuels, pour mieux affirmer le caractère sacré de cette réforme dont personne ne veut, qui a été, comme les précédentes, conçue en dépit du bon sens et sans concertation avec les gens de terrain (on dit profs, dans ce milieu). Mais la bonne question, c’est qui c’est-y qui a pondu ces foutus programmes de cette réforme qui fait même faire la grève à la majorité des syndicats concernés ? (je blague, ils font toujours grève lorsqu’il n’y a pas de ponts fériés ou de vacances).

C’est le Conseil Supérieur des Programmes.

Renseignez-vous sur la bête, vous ne serez pas déçus. On y trouve un Président spécialiste de la géographie et de l’espace des sociétés, docteur en géographie urbaine, une vice-présidente scientifique spécialisée en géodésie et océanographie spatiale (pour les gouffres de l’ignorance de nos chères têtes blondes ?), un député socialiste ex unef-id, comme tous, cursus en économie sociale, spécialiste de la semaine de 4,5 jours dans sa ville ; une prof d’histoire géo députée socialiste, ex-prof en détachement sans plus aucune activité en rapport avec le collège (Pdte du syndicat mixte du Pays d’Horlogers !), une sénatrice ex-verte proche du Giec (Blandine !), membre de la Commission supérieure des sites, un sénateur ex-prof, député dès 1973, c’est dire l’actualité de son expérience, mais, bon ce sont surtout les « personnes qualifiées » qui m’ont impressionné.

Y’ a une canadienne spécialiste de rien (avocate en fait), un prof de maths à l’Université, un médecin spécialiste d’hématologie présidente du conseil scientifique de la société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire, un pilier des administrations nommé inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) en 2000. À ce titre, il pilote des travaux collectifs qui auront un retentissement institutionnel réel, notamment sur la formation initiale et continue des maîtres, l’évaluation des collèges et des lycées en France, les acquis des élèves, l’évaluation des étudiants à l’Université, le baccalauréat, la mise en œuvre du Livret personnel de compétences au collège, ou encore sur la carte scolaire. Tous ce qui a raté. Dénoncé par Najat elle-même, qui a quand même implicitement traité de « nuls » tous ceux qui ont fait tous les programmes précédents, puisqu’ils ont abouti à 20% d’élèves ne sachant pas compter.

Enfin, la cerise : Najat a dénoncé la dégradation depuis la dernière évaluation de 2008, sous Sarkozy. Hé hé. Quel journaliste a eu la curiosité de voir la pré-précédente évaluation, celle de 2003 ?

Vous pourrez apprécier vous-même ici.

Ben c’était déjà en baisse en 2008 par rapport à la précédente 2003. Pourquoi ? Parce que les programmes sont conçus par des gens incompétents, qui ont depuis longtemps oublié ce que fut leur collège, et dont le niveau n’a plus aucun rapport avec celui nécessaire pour comprendre le collège.
Et le drame, c’est qu’il en est de même à gauche comme à droite.