Prime d’activité aux jeunes : la combine de François Hollande

Sur Canal+, François Hollande s’est payé le luxe de proposer un peu d’idéologie socialiste… au frais du contribuable, bien sûr.

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François Hollande (Crédits : Mathieu Delmestre/Parti socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0, via Flickr)

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Prime d’activité aux jeunes : la combine de François Hollande

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 23 avril 2015
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Sur Canal Plus, François Hollande n’a pas annoncé les réformes dont la France a besoin, mais s’est payé le luxe de proposer un peu d’idéologie socialiste… au frais du contribuable, bien sûr.

Par Erwan Le Noan.

François Hollande CC flickr Mathieu Delmestre Parti socialiste
François Hollande (Crédits : Mathieu Delmestre/Parti socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0, via Flickr)

 

Parmi les rituels que François Hollande a institués depuis qu’il est Président de la République, il y a celui de la prise de parole semestrielle, dont l’annonce fait frémir le tout-Paris politique et médiatique mais qui laisse de marbre l’immense majorité des Français. De ces interventions, il ne ressort jamais grand chose, sauf des débats philosophiques profonds sur la nouvelle stratégie de communication présidentielle. L’épisode de ce 19 avril sur Canal Plus s’inscrit parfaitement dans cette tradition : François Hollande n’a pas annoncé les réformes dont la France aurait besoin (et que ni la Gauche ni la Droite n’ont mises en œuvre depuis des décennies), mais pour donner un peu de panache politique à une succession d’ennuis, il a ajouté un peu de doctrine socialiste, financée par les contribuables.

Le mandat de François Hollande peut se diviser en deux temps. D’abord, il y a eu la frénésie idéologique inspirée du discours du Bourget. Il a réussi à dévaster un pays déjà très affecté par des années de déroute économique : hausse de la fiscalité (le taux de prélèvements obligatoires atteint presque 45% du PIB), augmentation des effectifs de la fonction publique (+1,5% en 2013, pour atteindre 5,6 millions, soit 22% de la population employée), poursuite de la dérive des finances publiques (la dette représente désormais 95% du PIB), taux de chômage record (10,4% fin 2014)…

Depuis un an, le Président de la République est toutefois engagé dans une seconde phase : Manuel Valls s’est ainsi construit une image de grand réformiste, alors qu’il s’emploie seulement à limiter les dégâts de deux premières années catastrophiques. Ce dimanche, le chef de l’État a respecté cette dynamique. Il s’est muni des meilleurs instruments de la fameuse «boîte à outils» qu’il vantait il y a deux ans, des rustines qu’il se propose de coller, de-ci de-là, sur un système économique et social qui ne fonctionne plus.

La priorité du Président de la République est l’emploi : le sujet le suit comme une promesse depuis 2012, mais également comme un poids qui pèse lourdement sur son bilan (près de 6 millions de demandeurs d’emploi toutes catégories en février dernier, soit 952 000 de plus qu’en mai 2012). Dans ce domaine, il a fait deux propositions peu révolutionnaires.

François Hollande a annoncé une sécurisation des contentieux liés aux CDI. C’est évidemment un pas positif, mais un tout petit. Les employeurs seront heureux d’apprendre que le procès avec leur salarié durera seulement 6 mois et que les indemnités seront établies selon un barème prédéterminé (mais encore inconnu). Mais cela ne changera rien à l’incompréhension du code du travail, à sa difficile interprétation et à l’incertitude qui l’entoure. Cela ne remplacera pas non plus une réforme du droit du travail, et encore moins du marché du travail dans son ensemble, lequel est marqué par une grave segmentation entre CDD et CDI, ignorée visiblement par le Président.

Le chef de l’État a également annoncé qu’il favoriserait désormais l’apprentissage. La mesure est bienvenue, mais elle arrive bien tard et après trois années d’une politique coupable. Depuis 2012, le Gouvernement a pris délibérément le parti de développer les emplois aidés (+36% en 2013, en raison principalement de la création des emplois d’avenir fin 2012) au détriment de l’apprentissage, qui n’a cessé de baisser dangereusement (-8% en 2013, -3% en 2014, – 14% sur les deux premiers mois de 2015, soit 60 000 apprentis de moins en un an).

L’autre priorité, et peut-être la véritable, du Président de la République, c’est la politique. Pour cela, il se devait de faire quelques «cadeaux» idéologiques à son camp, en grande déshérence.

Le premier cadeau, c’est l’évaluation à venir du CICE. François Hollande a expliqué que les branches qui n’auraient pas relancé l’emploi s’exposeraient à des «conséquences», sans qu’on sache bien ce que cela recouvre. Les militants du flicage des patrons auront bien sûr en tête de supprimer le CICE pour les moins zélés à mettre en œuvre la politique socialiste. Si tel est le cas, le dispositif imaginé par le Gouvernement prendra enfin pleinement son ampleur : celui d’une usine à gaz inventée pour éviter d’avoir à réaliser une réforme structurelle.

Le second cadeau à la Gauche, financé par la collectivité, c’est l’extension de la prime d’activité aux jeunes. Le Président aurait pu choisir de justifier sa mesure par un encouragement de l’activité, ou par son manque de courage à réformer réellement l’économie française. Mais il a préféré choisir le slogan du pouvoir d’achat. En clair, François Hollande promet à tous les jeunes qu’il leur distribuera de l’argent chaque mois, aux frais du contribuable. Cette mesure ne servira ni l’emploi, ni la justice sociale.

Les annonces économiques du Président de la République ce dimanche n’en étaient pas, il s’agit de réformes si peu ambitieuses qu’elles ne laisseront aucune trace. La seule promesse qui en ressort est animée par des motivations politiques et elle concerne les jeunes, qui recevront de l’argent par «solidarité» nationale. Cela tombe bien, cette cible est précisément fidèle de Canal Plus… François Hollande est probablement meilleur stratège politique que réformateur économique…

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  • « dont l’annonce fait frémir le tout-Paris politique et médiatique… »
    Moi aussi, je frémis à chaque fois: quelle idée lumineuse va-t-il sortir, quelle dépense publique supplémentaire pour affliger un peu plus notre pays au bord de la faillite?

    • Bon! Évidemment, je ne suis pas concerné!
      Mais, rien que du point de vue de la communication, F.Hollande est d’autant moins crédible (du point de vue du téléspectateur) à cause de ce manque de « charisme » de la communication.

      N.Sarkozy était, au début, très fort, pour ça: même avec des chiffres faux, il inventait une histoire en donnant envie de la croire! (quand on l’avait pris quelques fois en « flag »de mensonge, bien sûr, ça ne passait plus!); et sa façon (à N.S.) de dire: « vous vous posez la question…eh bien, je vais vous répondre », c’était fort: « le père/le guide de la Nation qui tenait le gouvernail et rassurait l’équipage ».

      Il n’en fut pas moins nocif mais il a fait « rêver » les Français: d’autant plus haut fut la chute!

      Alors que ses proches et ses ministres répétaient « la voix de son maître », le doigt sur la couture du pantalon ou de la jupe, en soulignant, à chaque occasion, le génie du président à l’origine! (Et c’est bien ce que les Français apprécient!), lui s’enfonçait dans ses errances indéfendables, politiques (P. Buisson) et financières.

      En Belgique (pays que j’observe aussi), le Roi (qui n’a le droit à aucun rôle politique) a suggéré à son premier ministre, une visite de travail en Allemagne (roi présent), pays connu pour son modèle de formation en entreprise, avec un métier et un travail, à la clé.

      Même si je ne sais que trop qu’aucun étranger n’a le droit de critiquer la France (impardonnable grossièreté et privilège « souchien ») , il me semble qu’un peu plus de pragmatisme et un peu moins de textes et notions « sacrés », avec un coup d’oeil au-delà de la frontière pour voir ce qui marche (et ce qui ne marche pas; je suis très opposé à la « germanisation » ou la « finlandisation » de la France: ça ne correspond ni à la culture, ni à l’histoire et ça ne fonctionnera pas), mais un coup d’oeil, une recette, c’est toujours bon à prendre quand les doux-délires ont remplacés les solutions, non?

      • Euh, ouais enfin la « chute » dans le cas de Sarkozy était largement exagérée. Il a commis une énorme erreur, c’est de s’endetter massivement. Maintenant, il faut voir que les banques et donc les économies des français étaient gravement menacées, et notamment à cause de l’Etat, puisqu’une bonne partie des transactions foireuses de ces mêmes banques étaient pilotées par l’Etat…. Sachant que c’est arrivé vers le début de son mandat, on peut dire qu’il a subit le prix des errances passées, et aussi des errances des autres, puisque à ce moment là, beaucoup d’autres pays étaient au fond, la crise est venue d’Amerique, la Grece à implosée, la G-B était à la cave, l’Allemagne était bien secouée, l’Espagne, l’Italie et le Portugal sont parties en vrille…

        Bref, la situation était quand même très différente. Quand il est parti, l’indice de croissance du secteur privé était pas exceptionnel, mais au moins il était positif, il a baissé le nombre de fonctionnaire, etc. Hollande ne bénéficie pas de ces excuses, aujourd’hui nos alliés économiques habituels vont beaucoup mieux et nous apportent donc un surplus de croissance dont M.Sarkozy n’a pas pu bénéficier. Idem pour le prix des carburants ainsi que le niveau de l’Euro. Et malgré tout ces facteurs favorables, Hollande n’arrive même pas a ne serait-ce qu’égaler les chiffres du quinquennat Sarkozy, 2008 mis à part (évidemment).

        Donc bon, sans être génial, et en sachant qu’il est loin d’avoir fait tout ce qu’il pouvait, globalement la déception du a son quinquennat est limitée. Peut être aussi que je n’en attendais pas grand chose et qu’avec le recul il a fait mieux qu’escompter.

        En revanche, à l’arrivée d’Hollande, tout le monde se disait que ça ne pouvait pas être pire que Sarkozy. Et bien si, et largement…

        • Personne n’attendais rien du dessert fromager, les gens ont voté pour se débarrasser de Sarkosy qui n’est en définitive qu’un étatiste fort en gueule incapable de réformer la France tout comme ses prédécesseurs. Mais en fait ça n’est pas ce que les Français in reproché à sarkosy. Les Français aime bien les hommes providentiel même quand ils échouent lamentablement, ce qu’ils détestent c’est les riches et Sarkosy a trop ouvertement fricoté avec les « nantis ». Dans la France de longue tradition marxiste ça ne passe pas. Le fait qu’il ai énormément endetté le pays n’a joué aucun rôle, ces cons de Français croient encore que la dette est une bonne chose en définitive.

  • au frais du contribuable:

    pas certain car il est volontairement resté très flou sur le financement.
    Il semblerait plutôt, qu’ il souhaite déshabiller pierre pour habiller paul…….ceci dit c’est un peu le principe des impôts.

    • Cela est toujours au frais du contribuable, d’où voulez vous que les financements viennent ? Tout ce que l’Etat dépense, c’est ce que vous ne pouvez plus dépenser vous même.
      Et votre image n’est pas tout à fait juste, déshabiller Pierre pour habiller Paul.
      Ce serait plutôt : pour habiller Paul d’un vêtement, je dois en prendre deux à Pierre, l’un pour Paul, l’autre pour moi puisque je me donne la peine d’habiller Paul…
      La nature de l’impôt est bien plus complexe que cela, je vous invite à lire les écrits de Frédéric Bastiat sur le sujet, disponible gratuitement sur le net :http://bastiat.org/fr/
      Bien à vous.

      • gc@ludwig
        bien d’accord avec vous, mais je voulais dire qu’en fait il comptait baisser un peu les subventions par-ci pour en mettre plus par la

    • Cela se fera probablement en diminuant l’argent distribué au collectivité locale que celle ci récupéreront illico en augmentant les impôts locaux. comme la majorité des collectivité locale ont ou vont passé à droite il fait d’un pierre deux coups.

  • pour mettre un tel branquignol à l’Elysée?

    • Pour remplacer un autre branquignol qui lui même en remplaçait le préscédent. les Français ont un faible pour les branquignols manifestement.

  • on cherchera longtemps la raison d’une prime pour quelqu’un ayant eu la chance d’avoir un emploi..cela doit surement partir du même raisonnement accordant des niches fiscales pour ceux ayant beaucoup de revenus , nos politiques se déculpabilisent aux frais des classes dites moyennes , ces ‘sans dents’ trop heureux de vivre sans soucis et en silence , bâillon médiatique oblige .

    • C’est plus simple que cela : il y a des élections dans quelques mois. Deux millions d’étudiants, c’est deux millions de clients potentiels pour le PS. Avec une troisième branlée en vue.

  • Et dans 2 ans nous aurons a nouveau le choix entre l’ancien president et l’actuel…
    CPEF

  • Quelqu’un peut il m’expliquer l’intérêt du RSA jeune ? une mesure qui va non seulement endetté l’état mais qui va en plus décourager les jeunes à trouver un travail.

    Le président n’a même pas réussi à imposer le respect que l’on doit à la stature présidentielle, les jeunes s’adressaient à lui comme si c’était un pote…. Consternant

    L’économie n’a jamais été aussi mauvaise depuis son arrivée au pouvoir, vivement 2017 !

    • Le RSA n’a aucun intérêt économique.
      En revanche pour les étatistes, il a un grand intérêt politique : le clientélisme électorale.
      Promettez aux jeunes un revenu sans avoir à travailler, en leur faisant croire que ce sont les autres qui paient ( notamment les riches, ce qui est faux ), et vous avez toutes vos chances pour 2017.
      De mon point de vue, pour éviter ce clientélisme, il faut revoir l’universalité du droit de vote…
      Bien à vous.

      • « en leur faisant croire que ce sont les autres qui paient »

        En l’occurrence, ce seront leurs parents qui seront mis à contribution.

        • En l’occurrence il y a toutes sortes d’impôts et de taxes dans notre merveilleux système, qu’il s’agisse de l’impôt sur le revenu, ou de la TVA, que tout le monde paie, même les plus démunis, et à n’importe quel âge.
          Bien à vous.

  • Mon dieu, encore 2 ans à attendre avant de la mettre à la porte. Au lieu de faire des mesurettes, faut y aller franco sinon on y arrivera jamais!

  • il endette encore plus la france , il le sait , mais il le fait quand même ; ce qui m’énerve le plus chez tout ces politiques , c’est qu’ils savent quand ils font des conneries , mais ils les font , sans vergogne ….aprés eux le déluge n’est ce pas …..

  • Quand Marcel Dassaut donnait 50 frs pour que l’on vote pour lui, on lui a fait savoir qu’il n’avait pas le droit. Mais c’était son propre argent…
    Désormais on a Hollande fait pareil mais sur une grande échelle (il peut tomber) et en plus avec notre argent…
    Mais lui, il a le droit.
    Où est la morale de l’Histoire ?

  • Les commentaires sont fermés.

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