« Il faut que les entreprises jouent le jeu » (@MarisolTouraine)

Marisol Touraine (Crédits : tendencies Creative Commons)

Les entreprises doivent-elles obéir aux injonctions de Marisol Touraine ?

Par le Parisien libéral.

Marisol Touraine (Crédits : tendencies Creative Commons)
Marisol Touraine (Crédits : tendencies (CC BY-SA 2.0) )

 

Avez-vous écouté Marisol Touraine, dimanche, sur BFMTV, interviewée par Apolline De Malherbe ? Quand on lit ce qu’elle a déclaré, on comprend mieux certains des problèmes dont souffre notre pays.

Il y avait une vérité dans ce que Marisol Touraine a pu raconter :

Le parisien libéral

En effet, dans la configuration actuelle, la situation est incertaine et bien que le pays soit à « droite », Hollande conserve toutes ses chances pour 2017.

En revanche, la ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des Femmes a aussi déclaré ceci : « Il faut que les entreprises jouent le jeu », « et toutes ne remplissent pas leur part du contrat pour l’instant. Il faut que les dirigeants d’entreprises « mettent les bouchées doubles » pour atteindre les objectifs du gouvernement. » Et là, c’est plus gênant.

C’est plus gênant car des propos pareils ne peuvent trahir que deux attitudes : le cynisme ou l’incompétence. Soit Marisol Touraine ne croit pas ce qu’elle dit, et il ne s’agira finalement que de la traduction de la propension qu’ont les ministres (de droite comme de gauche) à prendre les Français pour des idiots et des enfants incapables de supporter la vérité. Soit Marisol Touraine croit ce qu’elle dit, et là c’est plus grave, il s’agirait de la part d’une ministre d’une méconnaissance du réel.

En effet, les entreprises ne sont pas là pour jouer un jeu, elles n’ont aucun contrat avec les autorités publiques, et les dirigeants d’entreprises ne sont pas là pour permettre au gouvernement d’atteindre ses objectifs. Si vraiment des membres du gouvernement sont persuadés du contraire, c’est inquiétant. De ce fait, on pourrait comprendre pourquoi ils pensent que lorsqu’ils négocient avec le MEDEF, ils pensent négocier avec les entreprises. Mais le fait est que dans une économie libre, les syndicats patronaux ne peuvent pas être aux entrepreneurs ce que les syndicats de salariés sont à des fonctionnaires grévistes. Les entrepreneurs n’attendent de directives ni du MEDEF, ni du gouvernement.

Quand le gouvernement comprendra-t-il que l’emploi n’est pas un but, mais un moyen pour les entreprises et que, par conséquent, il conviendrait de cesser aussi bien d’aider que de matraquer ? Oui, il ne faut PAS aider les entreprises. Soit elles parviennent à survivre en faisant du profit et donc en satisfaisant leurs clients, soit elles doivent disparaître. Mais on ne voit pas très bien pourquoi (ni même comment) elles répondraient aux injonctions de Marisol Touraine ?

Les entreprises ne recrutent pas pour le plaisir, mais parce qu’elles estiment qu’une telle action leur rapportera plus qu’elle ne leur coûtera, tout en ayant des risques limités. Or, l’instabilité juridique et fiscale fait partie de ces risques. On veut bien que Marisol Touraine ne soit pas au courant de ce genre de réalités assez basiques. Mais rien ne l’empêche de s’informer.

Et si elle veut « aider », alors qu’elle coupe dans les « aides » et autres « dispositifs de soutien ».

Il n’y a qu’un environnement de stabilité juridique et fiscale, sur fond d’impôts faibles (et donc de dépense publique réduite) qui permettra de créer les conditions de possibles créations d’emplois. Rien d’autre.


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