Droite/Gauche un clivage dépassé ?

Qu’attendre d’un clivage politique qui nous condamne à préférer la peste au choléra ?

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Droite/Gauche un clivage dépassé ?

Publié le 15 avril 2015
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Par Marius-Joseph Marchetti.

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Janus bifron credits redjinn (CC BY-NC 2.0)

 

Les gens sont obnubilés par le clivage gauche-droite, comme si cela avait un sens, aujourd’hui comme hier ! Sauf que la gauche et la droite ne sont que les deux ailes d’un même rapace. La gauche et la droite votent la même la même loi Renseignement, la même loi santé, espionnent toutes deux vos conversations, lisent toutes deux vos mails, augmentent toutes deux vos impôts, accroissent toutes deux la taille de l’État, partent toutes deux en guerre, réglementent toutes deux la moindre de vos activités, toutes deux invoquent les valeurs « du peuple », de la France, de « l’intérêt général », toutes deux maltraitent l’individu et accusent le libéralisme de tous les maux.

L’État est le sauveur, et vous, vous n’êtes plus un individu. Vous n’avez plus le droit de penser de manière indépendante. Vous ne comptez plus, vous n’êtes plus qu’un pion sur l’échiquier du jeu étatique. On fait peur aux gens avec le Front National, mais avec des mesures comme celles-ci, même plus besoin qu’il arrive au pouvoir, le dirigisme est déjà là !

La Gauche et La Droite avaient une signification, non inhérente, mais pour ce qu’elles défendaient respectivement en France il y a deux siècles : la Gauche de Frédéric Bastiat, libérale, dépourvue à l’époque de radicaux-socialistes, se battait pour la liberté et pour le libre-échange contre l’expansion de l’État et le colonialisme. Et qui faisait face aux libéraux ? La Droite, colonialiste, protectionniste, centralisatrice et dirigiste.

« Il est étrange qu’il faille employer le canon entre opprimés pour les délivrer de leurs tyrans  » Yves Guyot

rené le honzec clivage droite gaucheAux États-Unis, c’est précisément l’inverse qui eut lieu. La droite (le parti républicain) était libérale là où la gauche et les démocrates étaient plus interventionnistes. Les républicains ne le sont malheureusement plus de nos jours, bien qu’un Rand Paul pourrait bouleverser l’ordre des choses.

Tout au long de l’histoire c’est toujours la liberté qui a combattu la servitude ! Aujourd’hui, les partisans de la servitude ont compris que la meilleure manière de réduire la liberté était encore de faire croire que la défendre n’avait plus d’intérêt. Ils ont réussi.

Comment libérer les citoyens si même eux ne souhaitent pas être libérés du carcan de ce monstre froid que nous appelons État ? Regardez la NSA et la loi Renseignement !

Finalement, Snowden risque la peine de mort pour … pas grand-chose. En France, en tous cas, c’est l’indifférence puisqu’une majorité souhaite que la divinité bureaucratique supervise chacun d’entre nous et examine en permanence ce que nous faisons. L’inversion suprême évoquée par Ayn Rand est presque atteinte : l’État pourra bientôt faire ce qui lui plaît, l’individu ne sera plus qu’un pion.

Les Français sont déçus de leurs dirigeants. Ils déplorent que la Droite et la Gauche ne représentent rien, mais ils se tournent cependant vers un autre parti étatiste pour s’en défaire. Mais n’ont-ils pas, pour la plupart, les dirigeants qu’ils méritent ?

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  • J’aurais presque été d’accord avec la fin. Cependant il faut rappeler la proportion d’abstentionnistes : 50 à 60%.
    Que les 40 autres % soient opportunistes, manipulés et/ou institutionnalisés, il demeure que ceux qui ne s’expriment plus pour un parti politique se sont rendus compte un minima que quelque chose ne fonctionnait pas.
    Peu se lèvent et forment des partis alternatifs et/ou apolitiques. Certains sont finalement absorbés par les grandes mouvances historiques ou se confondent avec la dernière manie écologiste. Est-ce que ces millions d’électeurs sont au courant des ces alternatives? Les refusent-ils car ils croient toujours au Père Noël et ne veulent pas entendre de sacrifices divers pour une économie prospère et une société saine? Ou alors ils attendent un volontaire pour marcher derrière lui, pour le désigner au cas où ça tournerait mal?
    Tout se déroule trop lentement et il faudra peut-être attendre qu’une génération de seniors passe pour avoir enfin des individus qui soient plus autonomes vis à vis des nouvelles technologies d’information.
    Mais d’ici là, les gens n’auront tous pas fuis vers d’autres horizons ou été lobotomisés par les dirigistes?

  • Curieux de voir dans les partis de droite au 19°s des colonialistes!

    • Exact, le colonialisme était essentiellement de gauche.
      Normal, c’était l’universalisme, apporter la libération et la culture aux peuples inférieurs, etc. La droite c’était la Nation et le reste on s’en fout… pas propice aux aventures coloniales.

      Mais le point amusant c’est que sur le plan théorique et politique cette équation gauche colonialiste, droite localiste s’est inversée progressivement en ce qui concernait les colons eux mêmes… les gens de gauche sont généreux… avec l’argent et le sang des autres. Les gens de droite c’est plutôt le contraire. Un peu comme la parabole des deux fils et de la vigne. La gauche parle d’aider les pauvres, de solidarité, de progrès… et fait le contraire, épuisée d’avoir parlé. La droite rechigne, râle que les pauvres n’ont qu’à bosser, les africains qu’à s’émanciper eux mêmes… puis montent des sociétés philanthropiques et donnent leur argent, envoient leurs fils à Niamey ou Saïgon.

      Le truc intéressant sur le XIXe c’est qu’à l’époque, gauche comme droite n’étaient guère émus d’une dépense publique voisinant les 10% du PIB… Aujourd’hui les même hurleraient à l’anarchie ultra libérale et au meurtre des services publics si on descendait seulement à 55%.

      •  » le colonialisme était essentiellement de gauche …  »

        napoléon bonaparte envoie une armée pour récupérer st domingue, aprés avoir conquit l’égypte …

        charles 10 envoie une armée pour prendre alger la blanche …

        napoléon 3 fonde dakar, s’implante au gabon, à madagascar, annexe la nouvelle-calédonie , commence la conquète de l’indochine par le sud ( cochinchine , cambodge ) , tente de s’implanter au mexique … étend la domination française en algérie …

        c’est sure que c’est les gauchistes qui ont fait l’empire coloniale français !

  • Etre libéral de gauche me semble quand même actuellement assez antinomique en france.
    Il faudrait peut etre etiquetter les hommes politiques plus précisément:liberaux/collectivistes, conservateurs/progressistes (bien que ce terme soit flou) etc…avec une graduation pour chaque item.
    On aurait alors des surprises, et de toute façon il restera toujours un grand écart entre les déclarations, les discours politiques, et les actions une fois au pouvoir.

    Dernière petite remarque:le colonialisme a été aussi une volonté »de gauche » avec une ambition universaliste non dissimulée

  • Belle illustration à votre analyse que celle de Janus. « Choisir le moindre mal, c’est choisir le mal quand même » [Hannah Arendt].

  • très, très interessant article et je partage avec mes amis du Brésil et dehors.

  • La spécialité de la gauche est le holdup, et cet article en est un n-ième exemple.

    La gauche n’a jamais défendu les libertés contre l’Etatisme, même au XIX° – on pourra citer Jules Ferry, ardent défenseur du colonialisme, Ledru-Rollin qui lance l’Etat providence en 1848, Louis Blanc qui fonde le communisme en 1839 « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins »

    Les mouvements libertaires et anarchistes sont une négation totale de la liberté, un hold-up intellectuel qui ne trouve écho que dans quelques pays : l’ordre sans le pouvoir est un sophisme tellement évident : Ce n’est pas le pouvoir qui empêche les hommes d’être libre mais l’ordre social ! Le pouvoir ne fait qu’imposer plus ou moins fortement l’ordre.

    L’ordre et la justice sociale sont les promesses fallacieuses de l’Etat, qui ne peut les remplir qu’au mépris de la liberté de chacun. Ce sont les valeurs de la gauche depuis toujours.

  • Les commentaires sont fermés.

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