Front National en crise : trois questions à Jean-Yves Camus

« En un sens, l’auto-mise en retrait de Jean-Marie Le Pen clôt un cycle » (Jean-Yves Camus)

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Meeting Front National 1 mai 2012 credits Blandine Le Cain (CC BY 2.0)

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Front National en crise : trois questions à Jean-Yves Camus

Publié le 14 avril 2015
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Jean-Yves CamusEn s’exprimant il y a quelques jours dans un journal marqué à la fois pour son appartenance à la droite radicale et hostile au tournant jugé « modéré » imprimé au Front national par Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen a initié une crise interne à la formation politique d’extrême droite qui s’est conclue hier par le retrait de sa candidature aux prochaines élections régionales en PACA. Contrepoints a demandé à Jean-Yves Camus ce que cela signifiait pour le débat politique français comme pour l’histoire de l’extrême droite.

Jean-Yves Camus est politologue, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste des nationalismes et extrémismes en Europe. Il est l’auteur de nombreux essais, dont Extrémismes en France : faut-il en avoir peur ? et Le Front national, histoire et analyse.

Contrepoints – Le retrait de Jean-Marie Le Pen des élections régionales signe-t-il le retrait politique d’une certaine extrême-droite née de l’après-guerre ?

Jean-Yves Camus – L’extrême-droite anti-parlementaire et anti-démocratique, dans ses versions néo-fasciste, néo-nazie, catholique intégriste, monarchiste même, subsiste à l’état résiduel. Il s’agit toutefois d’une culture de marge, dont les résultats électoraux plafonnent en dessous de 1% des voix. Il n’y a guère que dans le champ intellectuel que les familles catholiques intégristes et monarchistes rayonnent encore quelque peu, bien que désormais privées de leurs grandes figures de l’après-guerre. On ne mesure plus, en 2015, ce qu’a signifié la Libération pour cette droite qui avait suivi Vichy et/ou la Collaboration : ce furent l’Épuration, l’exil, l’ostracisme social et politique bref, la ghettoïsation, qui a instillé chez les épurés le sentiment durable d’appartenir au camp des éternels vaincus. L’échec de l’OAS a fini de les conforter dans l’idée qu’il n’y avait plus rien à espérer. Jusqu’à ce que Jean-Marie Le Pen, par son talent d’orateur, son sens de la formule, sa capacité de capter les thèmes porteurs délaissés par la droite, transforme le groupuscule FN en un grand parti. La limite du FN tient cependant à ce qu’il doit répondre, pour devenir une formation de gouvernement, aux attentes des électeurs de 2015, qui n’ont que faire de Vichy, des guerres de décolonisation et des fixations de l’extrême-droite « historique ». Donc en un sens, l’auto-mise en retrait de Jean-Marie Le Pen clôt un cycle.

Le Front national peut-il se passer de son fondateur ?

Oui, dès lors que subsistent les causes du vote frontiste, qui demeurent l’immigration, l’identité nationale, le souverainisme anti-européen et la demande de « la loi et l’ordre ». D’ailleurs depuis 2011, sous la présidence de Marine Le Pen, le FN a élargi son audience, crevé son plafond de verre et s’est banalisé. Ce dont ne peut se passer le FN, c’est de son positionnement anti-système, qui l’oblige à transgresser d’une manière ou d’une autre les codes du consensus dominant. Entièrement banalisé, il perdrait largement son attractivité. C’est ce que Jean-Marie Le Pen dit en fait à sa fille lorsqu’il dit s’opposer à la normalisation du parti.

Y-a-t-il désaccord simplement tactique ou véritable rupture entre Marine Le Pen et son père ?

Les militants de la lutte contre l’extrême-droite, et ils ne sont pas les seuls, ont une fâcheuse tendance à penser que cette famille politique est incapable d’évoluer et que, lorsqu’elle en donne les signes, il s’agit d’une opération purement cosmétique. On reconnait bien là le schéma marxiste du « vrai visage du fascisme ». Or le FN présente à la fois des signes de continuité et de rupture entre Marine Le Pen et son père. Continuité parce que les « fondamentaux » demeurent identiques (immigration, identité nationale, anti-européisme, demande sécuritaire) et que des inflexions se sont produites, notamment avec l’introduction du protectionnisme et de l’État-Stratège, qui est au fond aussi un État social réservé aux seuls nationaux. Entre Marine Le Pen et son père n’existe aucune répartition des rôles. Appartenant à des générations différentes, s’adressant à des générations différentes, ils ont des opinions divergentes. Sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale notamment.

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  • Le FN n’est plus qu’un parti d’extrême gauche comme tant d’autres, avec une partie anti-immigration pour faire illusion.
    Les résultats inférieurs aux attentes aux départementales, le redressement de l’UMP, les querelles internes et les grosses difficultés du modèle russe dont Marine dit vouloir s’inspirer font que le FN finira comme le PCF.

    • faux , le FN est un parti écartelé entre deux extrèmes : l’extrème droite  » OAS pétainiste vive le roi  » plus ce qu’il reste du poujadisme , et la gauche anti-immigrés et pro-état providence … si on fait la moyenne des deux, c’est un parti de centre droit.

    • Les difficultés du modèle russe? Lesquelles? Le rouble est remonté de 30% en qqs semaines. Pas de dettes, un territoire gigantesque plein de richesses. Les russes sont juste increvables, c’est dans leur nature.

      Le FN est à 30% , presque un blanc sur deux dans le pays. Ce n’est pas une question d’économie, c’est une question tribale mais vous ne voyez les choses que sous l’oeil économique.

      Et puis regarder les impôts locaux dans les mairies FN et dans les mairies UMP, qui les baissent, qui les augmentent?

  • Erreur d’analyse et amalgame : « L’extrême-droite anti-parlementaire et anti-démocratique, dans ses versions néo-fasciste, néo-nazie, catholique intégriste, monarchiste même »

    Gros mélange entre l’extrême droite « traditionnelle » qui est en fait plutôt une droite extrême : monarchique, royaliste, napoléonienne … attachée à une structure hiérarchique de la société et les mouvements nationalistes (fasciste, nazisme …) populistes, défendant l’Etat-Nation basé sur le Peuple.

    En Mai 1940, les premiers ont suivi de Gaulle, les seconds ont suivi Pétain.

    Les défenseurs de l’Etat-Nation sont d’extrême gauche et les amalgames tentés par Boulanger, Mauras, Le Pen … ne tiennent jamais très longtemps.

    Le FN version JMLP n’a tenu que parce qu’il était alimenté par la propagande gauchiste qui avait besoin d’un homme de paille pour exister et pour discréditer la droite.

    Le FN est en train de retourner à sa place, à coté de Siriza, du NPA, du PC : celle des tribuns plébéiens, des égalitaristes forcenés, des indignés qui courent partout comme des poulets sans tête quand ils ne sont pas manipulés.

    • @Stéphane Boulots :

      le concept d’état nation est clairement un marqueur « de droite » en France (à ce titre, Montebourg peut être considéré comme à droite).

      Economiquement, tous les partis français, de l’extrème gauche à l’extrème droite, sont des partis socialistes (Malek Boutih l’a reconnu récemment dans un interview à un journal : « la social démocratie a gagné).

      La seule chose qui les différencie est leur côté « sociétal » et leur conception de l’état et des luttes sociales.

      Extrème droite : nationaliste, lutte avec les étrangers (« lutte des races »), conservateurs

      droite : nationaliste édulcoré (patriote on va dire), conservateurs,

      gauche : nationaliste éducoré, progressistes

      extrème gauche : internationalistes, lutte des classes, progressistes

      • Cette vision est la vision que la gauche Française se veut d’installer, qui lui donnerait sa légitimité.

        C’est une vision marxiste édulcorée et politiquement correcte, qui n’a qu’un seul but : expliquer que la sociale démocratie a gagnée – ce qui est complétement faux et la raison du profond mal-être de la société Française.

        Le nationalisme n’est pas plus un marqueur de droite que de gauche, pas plus que le racisme n’est un marqueur de droite ou de gauche, ce sont juste des marqueurs de la bêtise.

        C’est typique du holdup gauchiste de décréter que toutes les bêtises sont de droite et que la gauche est parfaite : morale, à l’écoute, progressiste, contre les nationalismes, contre le racisme etc…

        La vérité est toute autre : la droite défend une vision hiérarchique de la société, la gauche une vision égalitariste. En gros la droite place le bon au dessus du juste et la gauche le juste au dessus du bon.

        Et c’est comme cela depuis Athènes, puis Rome – relisez la République de Platon pour vous en rendre compte.

        « Ce qui est juste n’est pas forcément bon et ce qui est bon n’est pas forcément juste »

        • « La vérité est toute autre : la droite défend une vision hiérarchique de la société, la gauche une vision égalitariste. »

          Ha bon ? Le Parti n’est donc plus l’avant-garde des masses ? Et la Nomenklatura, c’est une invention de la propagande bourgeoise ?

          • Le parti est l’invention gauchiste pour supprimer la hiérarchie.

            « Le but immédiat des communistes est le même que celui de toutes les fractions du prolétariat : organisation des prolétaires en parti de classe, destruction de la suprématie bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat. » – Marx Engels, Manifeste du PC

            Mais comme un monde totalement « juste », ou tout le monde est identique à son voisin (et comme aussi les classes sociales ne sont qu’une invention complétement débile) ça ne marche pas, ça n’existe pas, et c’est même fondamentalement toxique et destructeur … on connait la suite : le réel reprend le dessus sur l’utopie narcissique et l’hypocrisie prend le pouvoir – on est en plein dedans : le monde socialiste juste et idéal …

            • Le réel reprend le dessus, voilà. La vérité de la gauche au pouvoir, c’est l’enfer soviétique. Je ne cesse de répéter aux derniers adeptes du communisme que le communisme n’est pas une idée généreuse dévoyée mais bien une réalité historique sordide. C’est marrant, ça ne leur plait pas.

              • @Synge :

                Ce n’est pas une idée généreuse, mais une idée réactionnaire basée sur un ressenti instinctif très puissant : le sentiment d’injustice narcissique.

                La personne ‘de droite’ se pose la question égocentrique : ‘qu’est-ce que je fais sur Terre ?’, la réponse est plus ou moins : ce n’est pas mon problème, alors essayons de faire en sorte que ça soit le mieux possible …

                La personne ‘de gauche’ se pose la question anthropocentrique : ‘qu’est-ce que je fais parmi les hommes ?’, la réponse est plus ou moins : l’enfer c’est les autres, il faut changer cela …

                C’est cet importance donnée à son image, son rôle parmi les autres qui enchaine toute une série de divagations : imagination d’un monde meilleur, règles sociales, besoin de justice, refus de l’autorité …

                La gauche oublie que le réel n’est pas une image, que la raison pure n’est qu’une description imparfaite de la réalité, qu’elle est limitée, que le monde n’est pas anthropocentrique, que les copains c’est bien, mais que la réalité c’est tout autre …

                La gauche oublie que l’ordre hiérarchique n’est qu’une conséquence du réel : un groupe est plus efficace dans certaines situations quand il a un chef : se sont les situations qui imposent le chef, pas le chef qui s’impose aux situations.

                Ce manque de clairvoyance est obscurcit par le sentiment d’injustice narcissique : « Et pourquoi je ne suis pas le chef, pourquoi je n’en ai pas le droit, pourquoi pas moi ? » … « C’est trop injuste »

                • vous avez une vision bien réductrice de la droite est de la gauche :

                  on peut trés bien etre de droite, et ne pas reclamer  » un chef  » … au début du 19ième siècle, les français se sont laissé gouverner par bonaparte, non pas parce qu’il était un  » chef « , un  » fuhrer  » , un  » stud « , mais parce qu’il avait apporté la paix civile , la paix avec les nations étrangère, et une relative prospérité.

                  personnellement, je n’ai jamais voté à gauche et je suis du genre anarchiste, acceptant difficilement de suivre quelqu’un, surtout pas si c’est un politichien professionnelle …

                • +1 AGM
                  Chacun à ses notions de gauche et de droite, et pour moi le discriminant c’est autorité/liberté. La droite est autoritaire et normative, la gauche est libertaire. Le vice c’est que les partis officiellement de gauche ont céder à la maxime « qui veut la fin veut les moyens » , qui est le marqueur ultime de la droite la plus extrême, et ils l’ont même pousser à son paroxysme « on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs » (le peuple étant l’omelette, les individus, les oeufs). ert les voilà en trait de défendre sans vergogne les « acquis sociaux » de Pétain, relooké en « oeuvre du CNR (révisionnisme historique)
                  Dit tout crûment : le PS est un parti fasciste, et EELV un parti nazi.

  • Il y a erreur car de ceux qui se sont engagés dans la droite catholique, nationaliste et anti-parlementariste, ils n’étaient pas en 40 qu’à Vichy, mais aussi et surtout à Londres. Certains ont fait le choix de Vichy c’est vrai, mais la majorité a décidé de s’engager dans la résistance.
    Quant aux non-engagés, ceux qui sont restés dans la majorité silencieuse, ils n’étaient pas opposés à certains pans de la révolution nationale de Pétain -quoique rétissants à collaborer avec les allemands- mais pas contre le combat de De Gaulle non plus.
    Tout n’est pas blanc ni noir dans cette histoire.

    Concernant l’extrême droite, oui effectivement elle évolue aussi comme tous les courants sociologiques tels l’extrême gauche, la gauche et la droite. Car ces groupes politiques auxquels on identifie tout ne sont pas idéologiques mais bien sociologiques.
    J’aime bien la théorie selon laquelle une nouvelle idée politique apparait à l’extrême gauche comme une idée révolutionnaire parmi des populations délaissées, puis traverse le spectre politique en passant par les progressistes à gauche, les conservateurs à droite puis les réactionnaires à l’extrême droite.
    En quelques sortes, l’extrême droite reste réactionnaire, mais la génération actuelle regrette un temps moins lointain que les vieilles générations. Donc il est normal que la génération de Marine Le Pen regrette l’Etat stratège des 30 glorieuses et se réfère à De Gaulle et l’Europe des nations, lorsque Jean-Marie Le Pen lui se réfère à Pétain, l’Algérie française et Vichy.
    Dans 40 ans l’extrême droite voudra revenir à la situation que nous connaissons actuellement.

    • Dans les années 1910-1920 l’idée d’Etat-providence faisait son irruption dans les idées politiques par l’Extrême gauche communiste. A partir des années 20-30, la gauche progressistes commence à récupérer ses idées d’où viendront le front populaire, l’aile pacifiste à Vichy et le conseil national de la résistance. Des années 60 aux années 80 la droite se convertit en freinant des pieds à la social-démocratie, et lentement depuis les années 90 et surtout depuis Marine le Pen le FN s’y convertit pleinement.
      Alors certe le FN peut paraitre plus d’extrême gauche que les autres mais c’est aussi sa manière de faire sienne les idées socialistes.

      • dans les années 10-20 , c’est surtout chez les progressistes américains, fervent partisans de l’impot sur le revenu, que le concepte d’état providence fait son irruption … à cette époque, l’extrème gauche est surtout révolutionnaire et anti-propriétée .

    • De Gaulle n’était pas de gauche, c’est même le contraire. A Londres, comme premiers fidèles et noyau des FFL, il trouva, selon ses mots, la Cagoule et la synagogue. La Cagoule, (l’OSAR – organisation secrète d’action révolutionnaire) c’était ces militaires de droite qui avaient envisagé un coup d’Etat. La majorité rejoignit Londres ou rentra en résistance (Bénouville, Boislambert, Dewavrin ..), une minorité termina à la Milice dont Darnand, Schueller, ..
      La synagogue c’était ces juifs patriotes un peu plus clairvoyants – Kessel et son neveu Druon, Dac etc..

      Pour aller à Londres, rentrer dans la résistance intérieure (non communiste) ou encore tenter de passer en Algérie par l’Espagne afin de rejoindre l’Armée d’Afrique, il ne fallait être ni attentiste, ni pacifiste, allusion aux socialistes piégés dans la collaboration.

      J’ai cessé de lire l’article quand j’ai vu que l’auteur ne distinguait pas entre les droites qui a fait quoi. Il aurait pu faire de même chez plusieurs socialistes où les pères furent inquiétés au moment de l’Epuration.

    • Seules certaines idées politiques ont suivi ce schéma, le libéralisme est né à l’extrême droite, c’est à l’origine un mouvement ultra hiérarchique qui visait à séparer la morale (Abélard) puis le religieux (Locke)de la justice et à réduire le pouvoir de la justice : pas du tout une idée populaire à l’origine.

    • oui ! quand il y aura 10 millions de chomeurs, les français se souviendront non pas du temps béni des colonies, mais de celui pas si lointain ou il y avait 5 millions de chomeurs …

  • « Méchants catholiques, méchants, méchants! »

    Mon grand-père serait ravi d’apprendre que ses deux frères sont morts en se battant contre les allemands pour se faire traiter de collabos quelques décennies plus tard (et un siècle après l’affaire des fiches qui a nuit à son père, parce que c’était un « méchant, méchant catholique »)!

    • C’est de votre faute, fallait appartenir à un bon vieux milieu franc maçon bouffe curé, pourfendeurs d’idoles professionnels en lutte contre l’obscurantisme et le dogmatisme, comme les gens biens, par exemple mes deux grands pères, qui décryptaient les illusions des gens à rebours de l’Histoire.

      J’ai concentré les mots fétiches que j’ai entendus dans mon enfance et typique de la propagande qu’on m’a inculquée à un jeune âge. Les branleurs doivent se retourner dans leur tombes laïques (avec enterrement humaniste et républicain) lorsque je vais à la messe.

    • Exact.
      Pour un spécialiste des extrêmes droites notre clown cravaté semble profondément ignorant ou alors profondément gauchiste et prêt à tous les mensonges pour défendre l’honneur de son clan.

      Parce que bon, grosso modo on inverse ce qu’il raconte pour comprendre l’histoire : les gauches à Vichy, collaborant avec l’allemand (« lui aussi en lutte contre le capitalisme ») saluant le parti nazi (membre de l’internationale socialiste) et les droites (historiquement les catholiques et monarchistes, avec les libéraux -Orléanistes- en leur sein) partant pour Londres ou Alger et organisant la résistance intérieure. Mon arrière grand père avait monté un réseau de résistance dès 40 avec ses fermiers, capitalisant sur le groupe « d’assaut » qu’ils avaient prévu pour s’emparer de la mairie et de la préfecture en cas de contre révolution pour préparer « le retour du Roy »…

      Mais depuis Jospin à l’assemblée on le sait : la gauche était dreyfusard, la droite anti-dreyfusarde, la droite était collaborationniste, la gauche résistante, la droite esclavagiste la gauche émancipatrice, la droite raciste la gauche pour l’égalité des peuples… Même si l’histoire dit globalement exactement le contraire. Lénine disait « si le peuple vote mal, changeons le peuple » nos intellectuels de gauche disent « si l’histoire ne colle pas à notre ‘story telling’, changeons l’histoire ! »

      • Inutile de donner dans la surenchère à cause de la bienpensance. Il y a eu bien des gens de droite pro Pétain en 40, les pro Pétain ou tout du moins les résignés étant largement majoritaires avant 1943. Même qu’il y a eu quelques gens de gauche contre. Si, si , ils ont existé.
        Comme tous les gens bien, mes grands parents, du centre gauche anticlérical antilibéral, radicaux comme on disait alors, sont devenus résistants en février 1946.

        • C’est bien vrai… Je parlais « en moyenne » mais il y a bien du avoir quelques centaines de gens « bien de gauche » pour résister assez tôt (même avant 46) et quelques gens (forcément très méchants) d’extrême droite (ah, vous voyez !) pour suivre Pétain joyeusement et même quand il a fallu « collaborer ».

          L’idée c’est que comme pour Dreyfus, comme pour la Révolution (époque 1789), comme pour la colonisation, comme pour l’esclavage, comme pour beaucoup de choses, les pro et anti suivaient un schéma bien plus complexe que « la gentille gauche qui agit bien » et « la méchante droite qui se trompe ». Et qu’en fait, en moyenne (avec beaucoup de variance, certes) c’est souvent l’inverse qui s’est produit.

      •  » ses fermiers  » étaient des sacrés moujiks … la première chose qu’il auraient du faire, c’est de lui coupé le cou à ton arrière grand-père. et de voter pour mao tsé tong

        • Non, au contraire, des gens intelligents sachant lire et écrire et respecter un contrat (de fermage) et voyant bien leur intérêt dans l’intégration à un ordre (pas forcément totalement spontané, certes) local contre les « oukazes » centalisés et « des élites » qui finissent toujours par se retourner contre les « petits » et les « loin du centre ».

          Les moutons de gauche révolutionnaire, en Chine, en Russie, en France ont tous finis ruinés, souvent en camps et fréquemment morts.

          Donc l’histoire leur donne raison et vous donne sacrément tort… mais vous avez l’habitude de vous tromper au prix de quelques centaines de milliers (millions ?) de morts. « On ne fait pas d’omelettes sans casser d’oeufs » ?

          • c’est bien ce que je dit ; c’était des moujik , et je m’y connais, j’en suis entouré et ma famille en était … s’associer avec un ennemis de classe, un vampire qui vous suce le sang et vous prend pour moins qu’une merde, il ne faut pas etre clair … probablement les ravage de l’alcool ?
            ils auraient du vendre leurs train de ferme pour payer le passage de l’atlantique ou les attendaient des immensité infini de terre, et sous l’occupation, collaborer avec les boches dans l’espoir qu’il les débarrassent de ces oppresseurs.

            il faut savoir qu’en russie, avant même que les bolchevik ne prennent le pouvoir, les paysans se sont débarrassé de leurs propriétaire terriens et se sont partagé la terre à égalité, ce que l’on appelait le  » partage noir « , que c’est les rouges qui ont tout remis en question, n’acceptant pas une classe d’indépendants. de même en chine, c’est la collectivisation du grand bond en avant, qui a créé la misère, et pas le partage des terres de 1949 …

      • Rien que le titre de ‘spécialiste de l’extrême droite’ me fait mourir de rire (jaune): à mettre dans la même catégorie que les ‘spécialistes de l’économie’ qui nous bassinent de propagande marxiste égalitariste.

      • comme l’a montré l’historien simon epstein, 80 % des collabos venaient de la gauche

  • Je crois, Mr Camus, que vous n’avez rien compris à ce que le Fn de Mme Le Pen appelle « système », à moins que vous ne vouliez pas comprendre, ce qui me semble plus proche de la réalité. C’est, de mon point de vue que je crois juste en suivant textes, discours, interventions télévisées et communiqués ou conférences de presse, la collusion entre le fric, les politiques et les medias. En fait tous ceux qui se partagent le gâteaux pendant que le peuple trime et en bave des ronds de chapeaux.
    De plus c’est toujours Mme Le Pen qui a décidé que son père ne serait pas investi de la candidature pour les régionales. je ne vois pas de l’auto mise en retrait dans ce cas, sauf d’essayer de faire croire qu’elle subit les évènements. D’autant que l’interview accordée par le « vieux » à Rivarol montre bien à quel point il y a divergence sur la doctrine. particulièrement au plan économique, social et sociétal. Un seul exemple: Mme Le Pen accepte dans son entourage des « gays » que JM continue a appeler pédés… Elle veut un Etat régulateur et lui reste partisan de l’ultra libéralisme à la Reagan.
    JMLP va bientôt être mis définitivement au placard, et c’est une excellente chose.

    • « Elle veut un Etat régulateur  » : oui le FN est bien un parti socialiste d’extrême gauche, nostalgique du communisme des « trente glorieuses » qui a ruiné la France…

    • Effectivement à vous lire on constate bien que le FN mouvance Marine est devenu un parti socialiste comme les autres.
      C’est bien que vous vous exprimiez partout, ça permet aux naïfs s’imaginant « lutter contre le système » en votant FN de réaliser qu’il n’y a pas plus « système » et bien pensant que ce « nouveau FN »…

    • @SB & F: je me demande quel est votre âge. Vous devriez vous replonger dans l’histoire récente du pays, et redécouvrir le sens des mots socialiste, extrême gauche, communisme etc. Vouloir un Etat régulateur, c’est à dire faisant la police contre les excès (des banques, des multinationales, des oligopoles etc.) n’est en rien socialiste: c’est juste une mesure de protection des biens essentiels de la Nation (Ventes diverses de sociétés à des capitaux étrangers, remember Mittal, aujourd’hui à la casse, ou les ventes progressives d’EDF, Thales et Cie), protection aussi du pouvoir d’achat. Lutte contre les monopoles et olygopoles, ententes illicites diverses. L’Etat a un rôle a jouer par exemple pour lutter contre la désertification de nos campagnes alors qu’à Paris le seuil de l’asphyxie est déjà dépassé et que toutes les zones de non droit (ou a gros problèmes) se situent à la périphérie des grandes villes. Au sujet des banques, ça ne vous pose pas un problème que vous ne puissiez pas retirer 10 000 euros de votre propre argent (si vous les avez ! et voulez aller flamber au casino, pourquoi pas (?). Il vous faudra un délai d’attente parce que votre banque va en avoir besoin pour rassembler cette somme.
      C’est pour cela qu’il faut revenir au Glass-Steagall (incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d’investissement) et cela nous évitera d’avoir à endetter notre pays à la première faillite de banque venue (+ 700 milliards sous Sarko).
      Voyez ce qu’on fait les Chicago Boys en Argentine, doctrine qu’on nous impose de manière plus soft en UE, ou très violente en Grèce !

      • facepalm.
        non mais, vous vous êtes relu ? vous nous débitez le discours de Chevenement et de Mélenchon, vous parlez de « biens essentiels de la Nation » à propos d’entreprise privée (ce qui s’appelle en français : nationaliser !) mais à part ça vous n’êtes pas socialiste …
        Vous y ajoutez une bonne sauce de grand nawak, confiant à celui qui organise les monopoles et oligopoles la mission de … lutter contre !
        les Chicago boys c’était au Chili, et leur boulot y est salué encore aujourd’hui par tous les partis politique, ceux de gauche compris. Grâce à Dieu, l’Argentine n’a jamais été contaminée par ces horribles fils du grand satan, elle est toujours socialiste depuis 1940, ce qui leur a « permis » de dégringoler du premier revenu par tête mondial (à l’époque) à des faillites à répétition, en passant comme de bien entendu par la case dictature militaire, incontournable dès le socialisme arrive au pouvoir.
        Il ne manque que les calembredaines sur la loi « Rothschild » de 1973, et votre complotisme sera complet 🙂

      • le problème , c’est que c’est l’état qui l’organise la  » désertification rurale  » … si vous comptez que l’assassin va vous sauver la vie, vous risquez d’etre déçu .

      • l’abandon du glass steagall act n’a joué aucun rôle dans la crise de 2008: http://minarchiste.wordpress.com/2012/06/27/les-grands-mythes-economiques-mythe-10/
        http://www.contrepoints.org/2012/05/28/84891-sorkin-editorialiste-au-ny-times-la-loi-glass-steagall-naurait-rien-change
        il y a plusieurs choses à rajouter concernant le premier article:
        (1) Merill et Bear ont été renflouées par des banques de dépôt… Ce qui aurait été impossible sous le GS act.
        (2) Il ne faut pas oublier que le GS act était bien autre chose qu’une séparation des activités de placement et de dépôt. Il instaurait nombre de règles très rigides comme la Regulation « Q » qui plafonnait les rémunérations des comptes ou certains taux de prêt, et qui foutront la merde dans les caisses d’épargne dans les années 70.
        (3) l’union du GS de 1933, de la loi McFadden de 1927 et de l’amendement Douglass de 1935 ont totalement sinistré le crédit… Aboutissant à la création d’un monstre public, Fannie Mae, en 1938 (mal privatisé en 1968), dont le changement de philosophie régulatrice en 1992 allumera la mêche de la crise actuelle.
        (4) Enfin, dire que avec une banque de dépôt, lehman s’en serait sorti… Peu probable. La comptabilité de Lehman était tellement trafiquée (Repo 105, lire rapport d’Anton Valukas) que les pertes dépassaient 50 milliards. On n’était plus sur une simple crise de liquidité.
        (5) Countrywide, organisme de crédit, n’aurait pas été soumise au GS act. Et elle fut l’un des plus gros fauteur de mauvais crédits subprimes.
        https://minarchiste.wordpress.com/2015/03/12/retour-sur-les-causes-de-la-crise-financiere-de-2008/

      • les chicago boys s’étaient au chili non pas en argentine (pays socialiste depuis très longtemps) et on a vu le résultat (le chili est devenu l’un des pays les plus prospères d’amérique latine alors qu’avant il était complétement ruiné). En 2000, le président chilien socialiste Ricardo Lagos rendit hommage au Chicago Boy Sergio de Castro et le décrivit comme le ministre des Finances le plus important des derniers 180 ans du Chili. alors si meme des socialistes rendent hommage aux chicago boys…….

      • « u’on nous impose de manière plus soft en UE » dire que l’UE est libérale est ridicule ((Superstructure, bureaucratie, PAC, réglementations prolifiques, manque de subsidiarité, copinage, harmonisation fiscale, aléa moral, euro, TFUE, TUE, BCE, OMT, LTRO, TLTRO, FESF, MES, etc.) Sans oublier ponction de l’épargne à Chypre et instauration d’un contrôle des capitaux.
        La Grèce souffre de décennies de socialisme. ce pays a vécu au dessus de ses moyens en s’endettant sauf qu’aujourd’hui, ce n’est plus possible et il faut qu’elle paye l’addition. la grèce a surtout augmenté les impots et les taxes. la liberté économique en grèce a encore baissé ces dernières années (ce pays est le pays le moins libre économiquement de l’ue, il se trouve à la 130 position). alors évitez de dire que l’on applique le libéralisme en grèce

      • lisez le programme du fn, c’est un programme d’extrême gauche. vous pouvez le comparer avec celui du pcf des années 70. le fn est favorable avec un état obèse. des pays comme la suisse, l’australie, singapour,…fonctionnent très bien en ayant bcp moins de fonctionnaires et en ayant des dépenses publiques bcp moins élevés. dans ces pays, il n’y a pas d’anarchie (au contraire), l’état de droit fonctionne bcp mieux qu’en france. d’ailleurs, il y a moins d’insécurité

    • Jose Marie Montagne.: « Elle veut un Etat régulateur et lui reste partisan de l’ultra libéralisme à la Reagan. »

      Ah, la bonne vielle légende du père Le Pen « ultra-libéral », on y croit…

  • La poutre qui se moque de la paille… Je ne vais pas vous faire une couplet historique dont vous avez manifestement encore plus besoin que ceux que vous visez.
    Je vais juste vous rappeler que votre monde génial, ce sera sans moi, pas en mon nom. Et que vous avez tous les outils légaux pour le construire sans moi.
    Vous trouvez scandaleuse la désertification rurale (qui, par parenthèse, n’existe que dans vos fantasmes : les ruraux d’origine, eux, se plaignent surtout de se trouver envahi par des « rurbains  » qui les font chier parce que le coq chante et que le lisier ça pue) ? facile, vous n’avez qu’à vous y installer vous-même.
    Vous voulez une banque qui ne fait que du dépôt, qui vous livre du pognon d’un claquement de doigt, et autre exigence ? fondez là. AMHA vous aurez peut-être des problème avec « l’Etat régulateur », mais dire ça c’est contraire à votre doctrine comme quoi l’Etat est juste et bon, et là pour empêcher les oligopoles, pas pour les créer, organiser et défendre contre de petits fondateurs d’une nouvelle banque, donc pas de problème pour vous, n’est-ce pas ?
    Vous voulez que les sociétés qui vous semblent essentielles reste « bien françaises » ? achetez les.
    Et ne venez pas nous raconter que vous n’avez pas le pognon pour ça, et qu’il vous faut le notre, le mien, celui du voisin (via l’Etat et les impôts). Il vous faut juste le courage des agriculteurs qui ont racheté Béghin Say.
    Si c’est possible, juste faites le. Si vous ne le faites pas, ne venez pas exiger que d’autres le fassent à votre place.

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