PIB : les vrais chiffres

Caricature PIB (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

L’évolution du PIB pour le seul secteur privé est sensiblement différent de celui du PIB total… et témoigne de la mauvaise santé de notre économie.

Par Jean-Pierre Chevallier.

Caricature PIB (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

Le PIB est censé donner une image fidèle de l’enrichissement d’une nation.
C’est la somme des valeurs ajoutées des entreprises, donc du secteur privé, à laquelle il faut ajouter la valeur qu’est censée ajouter… le secteur public !

La richesse apportée par les entreprises se mesure facilement, ce qui n’est pas le cas pour le secteur public, car plus les dépenses publiques augmentent, plus le PIB augmente ! Ce qui ne fait pas nécessairement augmenter la richesse de la nation, bien au contraire car les impôts diminuent la richesse des contribuables.

Ainsi par exemple, une radio privée peut avoir une très grande audience (la rendant rentable grâce aux publicités), en fonctionnant avec une seule personne présentant ses émissions et un seul technicien alors que les émissions Radio France peuvent avoir une faible audience en fonctionnant avec des effectifs pléthoriques dont les coûts sont couverts par une taxe qui diminue le pouvoir d’achat de ceux qui ne les écoutent pas.

Markit Economics est une société d’information et de services financiers qui étudie entre autres les évolutions du secteur privé dans un grand nombre de pays et qui publie en particulier un indice de l’industrie manufacturière qui est un excellent indicateur avancé de l’activité du secteur privé qu’il faut distinguer du secteur public.

Dans ses communiqués pour la France, Markit fait apparaître l’évolution du PIB pour le seul secteur privé qui est sensiblement différent de celui du PIB total publié par l’Insee à cause de l’importance du secteur public en France,

Document 1 :

chevallier 1 1 avril

En effet, ce concept du PIB du secteur privé est très intéressant car c’est de lui que dépend en réalité l’enrichissement de la France, et non du secteur public !… qui ne crée pas nécessairement des richesses mais surtout des emplois sans valeur ajoutée pour satisfaire les hommes politiques au pouvoir et leurs affidés. En d’autres termes, une baisse des dépenses publiques, donc du PIB, doit correspondre à une augmentation de la richesse de la nation.

Ainsi, la croissance affichée triomphalement par l’Insee de + 0,3% pour le 4e trimestre 2014 par rapport au précédent en taux annualisé correspond en fait à une baisse du PIB du secteur privé de – 0,2% !

Document 2 :

chevallier 2 1 avril

Il en est de même pour les variations d’une année sur l’autre : + 0,2 % pour le PIB total et une baisse de – 0,14% pour le seul PIB du secteur privé d’après les données de l’Insee,

Document 3 :

chevallier 3 1 avril

Le dernier indice publié par Markit confirme la tendance à la baisse du PIB du secteur privé,

Document 4 :

chevallier 4 1 avril

Le PIB du secteur privé est obtenu, d’après les données de l’Insee, en retranchant du PIB total les dépenses des administrations publiques (en consommation et en investissements).

Je remercie un de mes lecteurs réfugié au Canada qui m’a donné la bonne idée de creuser un peu ce point, ainsi que Jack Kennedy, Senior Economist de Markit Economics qui m’a donné les bonnes indications pour définir ce PIB du secteur privé.


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