Ces villes où le PS oublie le « front républicain »

Isoloir élection (Crédits Mortimer62, licence CC BY SA 2.0). Via Flickr.

Que penser du « front républicain » à géométrie variable prôné par le Parti Socialiste à l’occasion des départementales ?

Par le Parisien libéral

Isoloir élection (Crédits Mortimer62, licence CC BY SA 2.0). Via Flickr.
Isoloir élection (Crédits Mortimer62, licence CC BY SA 2.0). Via Flickr.

 

Cela ne vous a pas échappé : le Premier ministre Manuel Valls a appelé au « front républicain » dans le cadre des départementales 2015. Mais c’est quoi au juste, ce front républicain ? Difficile d’y répondre avec précision, sachant qu’on a déjà du mal à dire ce qu’est un parti républicain. On pensait pourtant qu’Alliance Royale, un parti clairement anti-républicain, ne présentait pas de candidats aux départementales 2015…

Alors on nous dit qu’un parti républicain est un parti qui s’inscrit pleinement dans les valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité ?) et qu’a contrario, les partis qui ne sont pas dans cette tradition sont anti-républicains. Du coup, le Front National se retrouve classé dans les partis antirépublicains, bien qu’il ait un programme plus socialiste et plus étatiste que le Front de Gauche. C’est l’historique du FN qui pose problème, ainsi que les déclarations de certains candidats. Fondé au début des années 70 par des partisans de l’OAS, par ailleurs admirateurs pour certains de la Waffen-SS, le FN rassemble actuellement des chevenementistes énarques admirateurs d’une certaine vision du gaullisme (Florian Philippot), des traditionalistes de droite (Marion Maréchal Le Pen), ainsi que, comme la presse l’a abondamment souligné, des pédophiles potentiels, des antisémites et des racistes. Au vu du CV de certains des candidats FN, c’est vrai qu’il y a de quoi être plus que circonspect.

Mais si on doit juger certains candidats aux élections départementales à la fois sur leur CV et sur l’idéologie des fondateurs de leur parti politique, ne faudrait-il pas que l’on juge tous les candidats aux départementales à la fois sur leur CV et sur l’idéologie des fondateurs de leur parti politique ?

Ainsi, on verrait qu’aux cotés de ce parti politique fondé par un admirateur du IIIème Reich, il existe, dans le paysage politique français, un autre parti politique, dont l’histoire trouve ses racines dans un autre totalitarisme, le communisme, et dont les prises de positions dans le passé font également froid dans le dos : soutien ou non-dénonciation des pires régimes de la planète (URSS, Cuba, Cambodge des Khmers Rouges, Vietnam etc.). Ce parti politique, c’est le Parti Communiste Français (PCF) et par extension le Front de Gauche, la coalition de partis politiques d’extrême gauche que le PCF a rejoint.

Outre le fait que le Front de Gauche s’appuie donc sur un contexte historique tout aussi douteux que celui qui anime le Front National, on trouve à l’extrême gauche les mêmes déviances qu’à l’extrême droite : pédophilie, antisémitisme, racisme (principalement la germanophobie, mais pas seulement).

Dès lors, puisque le Parti Socialiste se dit être un parti attaché à la démocratie, au respect de l’Homme et aux valeurs de la République, ne devrait-il pas nécessairement dénoncer le Front de Gauche de la même façon qu’il dénonce le Front National ?

Or, il y a un certain nombre de villes dans lesquelles un candidat extrémiste de gauche affronte une autre couleur politique, et dans lesquelles le PS devrait donc nécessairement appeler à faire barrage au candidat Front de Gauche.

Passons sur le cas spécifique de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, où un Front National affrontera son alter ego de gauche aux départementales dimanche… quel (non) choix entre deux étatistes partageant la même vision dirigiste et étatiste de la politique ! Idem à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).

Mais quid des cas du type de Le-Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) où le FDG affronte l’UMP ? Et dans le Val-de-Marne, à Fontenay-sous-Bois, à Vitry-sur-Seine 1 ou à Champigny-sur-Marne 1 ?

La balle est dans le camp de Manuel Valls, le même Premier ministre de gauche tellement mobilisé contre le « fascisme » et l’extrémisme (de « droite » avant tout) qu’il en oublie de regarder l’idéologie de ses alliés d’extrême gauche. Et s’il ne veut pas s’attaquer à ce dossier douloureux pour le Parti Socialiste donneur de leçons, peut-être pourrait-il alors supprimer ces 100 mesures prises sous Vichy mais toujours en vigueur, telles que l’obligation de porter sur soi une carte d’identité ?


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