Élections départementales, le FN et le parti libéral

Marine Le Pen à Sciences Po en 2012 (Crédits Rémi Noyon licence Creative Commons)

Que nous réserve le premier tour des élections départementales, alors que les sondages semblent annoncer une percée du FN ?

Par Alex Korbel

Les électeurs français votent aujourd’hui pour le premier tour des élections départementales (anciennement appelées élections cantonales) alors que les sondages semblent annoncer une percée du parti d’extrême droite Front national.

dépenses des départements - Vie publique

Les électeurs élisent des représentants dans 101 départements, un échelon local chargé des questions d’aide sociale, d’aménagement et d’éducation. Le premier tour a lieu ce dimanche 22 mars et sera suivi d’un second tour dans une semaine. À midi, 18,02% des électeurs se sont déplacés aux urnes. Une participation en hausse de deux points par rapport aux élections cantonales de 2011.

Les sondages suggèrent que le Parti Socialiste du président de la république François Hollande subira un nouveau revers, après deux défaites l’année dernière lors des élections municipales et européennes.

Les changements apportés au découpage des circonscriptions semblent avoir transformé une élection traditionnellement contestée entre les deux plus grands partis français de centre-gauche et centre-droit en une compétition entre trois formations politiques.

Une percée du FN ?

Les socialistes (centre-gauche) et l’UMP (centre-droit) ont été rejoints par le Front National, ce dernier apparaissant de plus en plus comme un concurrent sérieux pour le pouvoir aux niveaux local et national. Le FN semble bénéficier de la stagnation économique, du chômage élevé, et de l’hostilité générale aux partis traditionnels. Les socialistes sont susceptibles d’essuyer un revers électoral d’importance en perdant un grand nombre des 61 départements qu’ils gouvernement. Mais le FN a de grandes chances de séduire également les électeurs de l’UMP, qui a lutté pour s’unifier derrière un seul dirigeant depuis la défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012.

L’apathie et l’abstention électorale a traditionnellement favorisé le FN, mais le système électoral à deux tours français a eu tendance à travailler contre la formation de la famille Le Pen. Le second tour de scrutin a dans le passé agi comme un frein sur le parti d’extrême-droite, les électeurs s’unissant à droite ou à gauche contre lui. Mais dans un contexte de frustration croissante, combien de temps les électeurs continueront-ils à interdire au FN de prendre le pouvoir ?

Et les libéraux ?

Face aux programmes étatistes défendus par le PS, l’UMP et le FN, une formation politique porte les idées libérales et veut reformer la manière dont les départements sont gérés. Ainsi, dans le canton de Verneuil-sur-Seine dans les Yvelines (78), Ludovic Lea et Camille Bihar  du parti libéral démocrate font campagne sur le thème « Réduire la dépense publique et les impôts, c’est possible ! » en ciblant principalement l’augmentation de 125% de la taxe foncière en dix ans, l’aide départementales aux pays étrangers, et en soulignant que l’actuel président du conseil départemental a été reconnu coupable de corruption en 2009.