Liquidation judiciaire de l’État

Petit essai utopique de libéralisme radical.

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Liquidation judiciaire de l’État

Publié le 20 mars 2015
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Par Roman Perdeanu.
Un article de Cybernethics/cybernéthique

C'est la crise credits Cpakmoi (CC BY-NC-ND 2.0)
C’est la crise credits Cpakmoi (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Si les principes du droit naturel étaient amplement reconnus, les libéraux mèneraient la liquidation judiciaire en bon ordre de l’entreprise connue sous le nom de «république». Chaque niveau du pouvoir serait liquidé : municipalité, département, région, nation, pouvoir européen. Tout comme les pouvoirs publics ou parapublics non élus : «autorités» ou «conseils» divers, hauts-fonctionnaires, syndicats, entreprises «publiques» ou «privées» avec monopole légal, «associations» vivant de deniers publics, etc. Le plan serait :

1. Reconnaissance du droit authentique.

Déclaration comme nulle et non avenue de toute législation, toute décision politique ou administrative, toute action et tout règlement émanant de l’entité dissoute, toute prohibition et toute obligation y compris tout monopole ; extinction de l’institution caduque et de tous ses engagements ; dissolution de tous les organes oppressifs et mise en concurrence de toutes les fonctions utiles ; numérisation et publication immédiate sur Internet de toutes les données et archives, de tous les «secrets».

2. Libération immédiate de tous les prisonniers condamnés pour des «crimes» sans victime.

Les criminels effectifs seront placés à la charge des garants qu’ils trouveront (famille, amis, associations, assurances), qui pourront choisir ou non de les garder enfermés. Toutes les personnes n’ayant pas été servies par la «justice» du régime liquidé, voire ayant été desservies, pourront rouvrir dans le nouveau système de justice libre des poursuites contre leurs agresseurs ou contre le régime précédent en général et certains agents en particulier.

3. Proscription de quiconque prétendrait encore exercer une quelconque «représentation» en l’absence d’une procuration dûment signée par chaque représenté, limitée en objet et en temps, devant être renouvelée pour toute extension.

Proscription de quiconque ayant jamais exercé un poste de pouvoir, avec confiscation de tous les biens, de ceux des conjoints et des enfants, y compris comptes à l’étranger – sauf à preuve d’origine honnête. Les proscrits qui se rendront d’eux-mêmes et ouvriront leurs comptes spontanément pourront garder la même fraction du butin qu’un dénonciateur recevrait en récompense. S’ils se rendent après avoir été dénoncés, ils devront partager cette fraction avec le dénonciateur. Ceux qui pourront prouver qu’une partie de leurs biens a été acquise honnêtement pourront de plus garder une partie de leurs biens proportionnelle à la part de ces revenus honnêtes dans leurs revenus totaux. Les «erreurs» seront payées doubles ; une mauvaise foi avérée annulera le pardon.

4. Tous les comptes du liquidateur sont publics ; tous les documents sont publiés en temps réel sur Internet.

Les comptes personnels de toute personne participant à la liquidation sont publics de même que ceux de ses conjoints, enfants, parents proches, etc., sous peine de proscription. Il est possible de publier ses comptes sans avoir à révéler la nature de ses rapports avec un détenteur de pouvoir identifié. Les agents effectuant la liquidation sont payés par le liquidateur en chef pour service rendu, au prix du marché. Chaque personne reste à tout moment civilement et pénalement responsable pour chacune de ses actions.

5. Identification des actifs et des passifs.

liquidation de l'etat rené le honzecRécompense pour identification d’actifs omis par les liquidateurs après six mois. Tout créancier peut revendiquer publiquement des sommes dues jusqu’à expiration d’un délai d’un an, délai après lequel tous les comptes sont clos et toute nouvelle revendication rejetée. Reniement des «dettes» pour les services antérieurs, réclamation des dettes soi-disant «annulées» sans service rendu, et de toutes les sommes versées pour des «services» politiques. Tout impôt payé sur les trente dernières années (ou autre critère), toute injustice subie, ouvre un crédit correspondant. Toute subvention reçue, toute somme indue perçue, diminue ce crédit. Récompense pour identification de dettes indues, avec punition double pour revendication erronée, et proscription des revendicateurs frauduleux. Une fraction des actions est accordée au liquidateur en chef, qui est civilement responsable de payer tous les frais associés à la liquidation (y compris si contentieux), quitte à lui de recevoir tout résidu comme profit (ou perte !), et de répartir ces actions entre co-liquidateurs.

6. Les «fonctionnaires» et agents parapublics exerçant une profession utile pourront convertir en dette propre les promesses faites par le régime liquidé, les avantages en nature étant monétisés après évaluation.

Les agents inutiles sont remerciés et les nuisibles poursuivis ou proscrits selon leurs crimes et responsabilités. Tout service ne trouvant pas acquéreur sera présumé inutile ou nuisible et dissout, ses actifs liquidés séparément (bâtiments, ordinateurs, etc.). Les services utiles pourront être réorganisés, leurs commissaires politiques étant remplacés par des entrepreneurs intéressés à la valorisation de ces services, avec coudées franches, les évaluations étant obtenues par privatisation partielle anticipée avant inventaire – quiconque ayant foi en ces services étant encouragé à y investir.

7. Vente aux enchères de chacun des actifs de la ci-devant «république», y compris la propriété des créances non encore recouvertes, voire des actifs ou passifs non encore identifiés.

Les nouveaux actionnaires ont le temps de vendre ou hypothéquer leurs titres pour acheter des actifs spécifiques à ces enchères.

8. Le bilan de cette liquidation est réparti entre les nouveaux actionnaires comme bénéfice.

Un fonds résiduel est gardé pour trois ans supplémentaires avant déboursement aux actionnaires, pour règlement de tout contentieux. Tous les actifs et passifs restant sont vendus aux enchères (y compris les droits sur le règlement futur de contentieux restant ouverts) avant paiement du solde final.

9. Le liquidateur et ses co-liquidateurs restent à jamais civilement et pénalement responsables de la liquidation, et réciproquement peuvent à jamais entreprendre une action en justice pour recouvrer des fonds découverts plus tard comme étant dus.

Comme dans toute liquidation, le liquidateur en chef sera bien avisé de bien gérer le capital liquidé jusqu’à acquisition par de nouveaux propriétaires : garder en bon état les opérations utiles (polices, écoles, hôpitaux), et fermer les services inutiles ou nuisibles.

10. L’État a été liquidé.

Profitez d’une société basée sur la coopération consensuelle et la libre concurrence entre institutions de règlement des différends.


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  • En fait c’est juste le retour à l’époque de la terreur : le règne de l’arbitraire : Ca donne vachement envie.

  • L’article est un mode d’emploi pour les faussaires et pour la guerre civile !
    « Déclaration comme nulle et non avenue de toute législation »
    Quelle imprudence !

  • « Proscription de quiconque ayant jamais exercé un poste de pouvoir, avec confiscation de tous les biens, de ceux des conjoints et des enfants, y compris comptes à l’étranger – sauf à preuve d’origine honnête »

    En France, il y a plus de 500 000 conseillers municipaux et 600 000 élus en permanence. En comptant les rotations, ce sont des millions de personnes qui ont occupé des fonction d’élus, et probablement une dizaine de millions qui verraient leurs biens saisis en suivant un telle proposition, dont une immense majorité de gens complètement ‘innocents. Génial.

    Par ailleurs, une vente aux enchères est impossible dans ce nouveau monde libertarien.
    Il n’y a plus de monopole sur la monnaie. Donc il n’y a plus d’échelle de valeur unique permettant au liquidateur de classer objectivement les offres des différents acquéreurs. A moins de choisir de réaliser la liquidation en dollars, en yens, en francs suisses, en pièces d’ or, en lingots de cuivre, en têtes de bétail, etc.

    La subjectivité de la valeur rend arbitraire tout choix réalisé par le liquidateur quant à l’échelle de valeur utilisée pour les enchères. Le principe même de la liquidation est en fait absurde et incompatible avec les axiomes libertariens.

  • Si on vend aux enchères les biens de l’Etat, ce sont les plus riches qui pourront tout acheter, et exercer une dictature encore plus féroce sur l’économie.

    Pour liquider correctement les actifs de l’Etat, il ne faut pas les mettre aux enchères, mais les distribuer équitablement à l’ensemble de la population, sauf aux milliardaires, qui ont des portefeuilles bien assez garnis.

    • Vers 1793 , pendant la « glorieuse » première révolution française ( sic ) , furent vendus aux bons bourgeois de la bourgeoisie de robe les  » biens nationaux  » , démembrements des terres et bâtiments ecclésiastiques et nobiliaires …et bien , les historiens disent , sans rire , que la  » révolution française  » , la première …, a été sauvée quand le  » directoire  » a décidé de ne pas remettre en cause l’achat des  » biens nationaux  » par les bons bourgeois qui , avaient poussé nobles et religieux pour prendre leur place !!!

      La morale de cette histoire est bien que la fameuse  » révolution française  » ne fût qu’une ènième répétition du grand mouvement économique et sociologique des pays qui voit la classe politique montante , ici la bourgeoisie de robe , chasser ceux qui avaient le pouvoir avant elle ( noble et église ) sur le vieux principe ….t’as fait ton temps , pousse toi de là que je m’y mette !!!

      • Tout dépend de ce que l’on entend par le terme « Révolution Française ».

        Ces mouvements de luttes à la fin du XVIIIème siècle traduisait un refus justifié de la dictature exercé par le roi, la noblesse, et le clergé. Et c’est malgré ces révoltes populaires, et non pas à cause d’elles, qu’est venu en remplacement un système promu par la bureaucratie de Robespierre, qui n’était rien d’autre qu’une nouvelle monarchie absolue, qui était comme la premières contre les opprimés, mais cette fois au profit plus de la bourgeoisie et un peu moins de l’aristocratie.

        Ce n’est donc pas l’idée de renverser l’Ancien Régime qui est critiquable, mais le fait que l’on est imposé en alternative une autre forme de dictature, au lieu d’instaurer une véritables démocratie sans piège.

  • Ca me plait beaucoup cette liquidation de l’état. Très difficile à mettre en pratique, surtout que je ne vous pas à qui reviendraient les fruits de la vente des bien de l’état. Ne vaudrait-il pas mieux le démantèlement et distribuer gratuitement ses richesses accumulées qui furent de toute façon volées à ceux qui les ont créées.

    • Les tas (d’ordures) ont beaucoup de créanciers légitimes, à commencer par toutes leurs victimes, ceux qu’ils ont pillé, ceux à qui ils ont fait des promesses, ceux auprès desquels ils ont contracté des dettes légitimes, etc. Malheureusement la liquidation ne pourra sans doute pas tous les dédommager complètement.

  • Et voilà en vidéo comment ça se passe :
    http://labaf.blogspot.fr/2008/04/la-baf-envoie-les-huissiers-letat.html

    Tout y est, sauf les 1150 G€ de dette publique qui ont été rapidement dépassés.

  • Il n’y a pas que l’état que l’on devrait liquider !

  • très bon programme

  • Les commentaires sont fermés.

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