Censure du net : l’idée géniale de Guy Delcourt

Bloquer les sites internet qui critiquent avec un peu trop de véhémence les députés sans même passer par un juge ? Encore une idée formidable d’un de nos hommes politiques !

Par Le Parisien Libéral.

guy delcourt credits parti socialiste  (CC BY-NC-ND 2.0)
guy delcourt credits parti socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

Est-ce que vous connaissiez Guy Delcourt ? Si vous n’êtes ni Ch’ti, ni supporter du club de foot le Paris Saint Germain, a priori, il y peu de chance que vous ayez entendu parler de ce député socialiste élu à Lens (Pas-de-Calais).
D’après le site d’analyse politique Nos Députés, il ne s’agit pas d’un député hyperactif. Il faut dire que comme nombre de ses collègues du PS, il a autre chose à faire. Il a longtemps été député ET maire d’une ville de quand même 32.000 habitants. Ce n’est pas comme s’il devait donc s’occuper de chômage, de délinquance, de reconversion industrielle …

Et alors, qu’a fait cet honorable représentant de la nation, baby boomer retraité de la fonction publique, pour qu’on parle de lui ? Il a proposé de trouver des solutions contre le chômage des non qualifiés, par exemple en supprimant le SMIC ? Il a demandé à payer des impôts sur son IRFM ? Il a suggéré que l’on modifie la législation sur l’auto défense et la présomption d’innocence en cas d’agression ?

Rien de tout ça !

Le site Nextinpact nous informe que le député Delcourt a décidé de s’impliquer dans la vie de notre pays, en proposant une nouvelle législation dont l’urgence et l’importance ne font aucun doute : dans une question parlementaire qu’il vient d’adresser à la garde des Sceaux, Christiane Taubira, Guy Delcourt propose d’étendre la procédure de blocage administratif (sans contrôle d’un juge, donc) aux sites web diffusant des « contenus injurieux ou diffamatoires pour les élus ».

Vous direz : tout ceci n’est qu’une suggestion, émanant d’un député qui n’a que 457 fans sur Facebook. Jamais le Garde des Sceaux ne pourrait accepter une proposition pareille, surtout dans un pays où des millions de citoyens sont descendus dans la rue il y a moins de 2 mois pour dire qu’ils sont Tous Charlie, attachés à la liberté d’expression.

Mais méfions-nous ! Les gens qui étaient pour le blocage des sites djihadistes ont-ils compris qu’on a mis le doigt dans un engrenage dangereux et liberticide ?

Si tout régime démocratique réside sur la séparation des pouvoirs, théorisée il y a maintenant 4 siècles par Locke (1632-1704) et Montesquieu (1689-1755), ce n’est pas pour rien ; c’est pour assurer notre protection contre la pente despotique que le pouvoir peut parfois avoir tendance à prendre.

Ne croyons surtout pas que la question de Guy Delcourt soit un ballon d’essai isolé et sans lendemain. Elle s’inscrit au contraire dans un mouvement plus vaste de tentative par le Parti Socialiste de criminalisation de la critique du gouvernement.

Souvenez-vous, les arrestations préventives du 11 novembre 2013 sur les Champs Élysées !

Démocrates, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas et que vous n’avez pas été prévenus ! La République, parfaitement défendue par les divers partis socialistes de France, se renforcera par tous les moyens, y compris au détriment de la liberté d’expression dont on ne rappellera jamais assez qu’elle peut être dérangeante, choquante, désagréable et blessante.

Le jour où il sera interdit d’accéder à un site web qui mentionne Rose Mafia 2, un livre rédigé par Gérard Dalongeville, un socialiste et que Guy Delcourt a tenté de faire saisir, ou encore le jour où tel ou tel forum de supporters du PSG sera bloqué, sans décision d’un juge, la France, qui bien qu’elle soit Charlie, n’est pas championne du monde de la liberté d’expression, aura du mal à justifier les guerres « au nom des droits de l’homme » qu’elle mène aux quatre coins du monde…

Sur le web