OGM, la peur française de l’innovation, par Gérard Kafadaroff

Si les éléments scientifiques semblent .souligner l’absence de danger réel des OGM, pourquoi le débat reste-t-il si polarisé et anxiogène ?

Si les éléments scientifiques semblent indiscutablement souligner l’absence de danger réel des OGM, plusieurs dizaines d’années après leurs premiers développements, pourquoi le débat reste-t-il si polarisé et anxiogène ?

Par Alexis Vintray.

OGM la peur française de l'innovation, par Régis Kadaroff (Crédits éditions Baudelaire, tous droits réservés)Gérard Kafadaroff, ingénieur agronome et fondateur de l’association française des biotechnologies végétales, n’en est pas à son premier ouvrage sur les OGM. Déjà auteur de deux ouvrages sur le sujet, il a remis le couvert en 2013 avec OGM : la peur française de l’innovation, paru aux éditions Baudelaire.

Un ouvrage bienvenu dans le débat particulièrement animé sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), dans lequel la peur voire l’obscurantisme semblent avoir la part belle, comme l’ont souligné les critiques des scientifiques sur les travaux de Gilles-Eric Séralini. Des craintes, particulièrement fortes en France, qui peuvent surprendre alors que l’amélioration des plantes et des animaux est une tendance longue présente depuis toujours dans l’agriculture et l’élevage.

Pour répondre à ces craintes, l’auteur revient, en s’appuyant sur de nombreuses études scientifiques, sur la situation des OGM dans le monde et la quasi exception européenne, la réalité ou non des risques environnementaux qui leur sont prêtés et les bénéfices qu’ils pourraient apporter si on en libérait le potentiel. En particulier, l’auteur souligne la continuité historique des OGM avec tout le processus de sélection des espèces pour l’agriculture, qui a permis de nourrir 7 milliards de personnes.

Si les éléments scientifiques semblent indiscutablement souligner l’absence de danger réel des OGM, plusieurs dizaines d’années après leurs premiers développements, pourquoi le débat reste-t-il si polarisé et anxiogène ? Plusieurs raisons selon l’auteur, qui souligne entre autres le rôle des médias, pas forcément aussi objectifs qu’on pourrait l’espérer, ou des responsables politiques qui sciemment nourrissent des peurs infondées. Un décryptage intéressant pour le non-scientifique, qui souligne les ressorts d’une quasi manipulation de l’opinion.

Signe d’espoir en tout cas, le principe d’innovation, pour contrebalancer le principe de précaution, a été ajouté par amendement à la loi Macron. Dur de dire si cela sera un changement de long terme, mais espérons que cet ouvrage de vulgarisation permettra de renforcer cette tendance.

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