Russie : de la chute des prix des hydrocarbures

Vladimir Poutine (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)

Quelles sont les conséquences de la chute du prix du baril pour le deuxième pays producteur de pétrole du monde ?

Par Aymeric de Villaret.

 

Vladimir Poutine (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)
Vladimir Poutine (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)

 

Deuxième producteur mondial de gaz mais aussi de pétrole, derrière les États-Unis… Surtout premier exportateur mondial de gaz, et du niveau de l’Arabie Saoudite pour les exportations de pétrole.

De la chute des cours du brut…

Rappelons-nous les conséquences de la chute des cours du baril en 1998 sur l’évolution de l’ex-URSS. Certains mettent même un certain parallèle entre la chute récente des cours et celle de 1998. Chute orchestrée par les Américains afin de déstabiliser la Russie suite à la crise ukrainienne ?
Ou n’est-ce pas l’Arabie Saoudite qui en a assez des « passagers clandestins » qui profitent de son leadership sur le marché du pétrole et de son rôle de « swing producer » ? C’est pourquoi, la veille de la réunion de l’OPEP du 27 novembre 2014, l’Arabie a reçu à Vienne la Russie et le Mexique afin de leur demander de participer à l’effort de coupure. Quand on voit le niveau des exportations russes de brut, on peut comprendre que les Saoudiens ne désirent plus indéfiniment faire les efforts.

Des conséquences sur sa production et sur son économie…

Il est clair que la Russie est fortement impactée par la chute du baril et l’embargo sur son économie. Leur impact combiné est estimé par l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) à -560 kb/j sur la production brut russe à l’horizon 2020 (environ -5%). Et c’est, selon l’IFP Énergies Nouvelles, un impact de -4 % à -7% de son PIB qu’elle pourrait perdre si le baril en 2015 était à 80$ ou 60$/baril !

Que fait la Russie ?

Elle s’est restructurée depuis l’éclatement de l’empire soviétique. Sa production d’hydrocarbures a bien redémarré. Et alors qu’elle a le plus grand producteur de gaz du monde (Gazprom), elle a su créer dans le pétrole un géant en l’intermédiaire de Rosneft (qui après avoir repris les actifs de l’ancien Yukos, a intégré en 2013 ceux de TNK-BP). Bien sûr le secteur russe dépend de la suite de l’embargo, mais avec deux majors que sont Gazprom et Rosneft, le secteur est assez fort pour résister, d’autant qu’il exporte en $ américain.

Que doit-elle faire ?

1) Rejoindre l’OPEP ?

À son niveau d’exportation, qu’est ce qui l’en empêche ? Un pays comme le Qatar, par exemple, un des principaux exportateurs de gaz, en est membre, tout en ne produisant que très peu de brut. La Russie peut-elle rester le passager clandestin de l’OPEP ? L’Arabie Saoudite lui pose carrément la question et même si fin novembre elle a refusé, pourra-t-elle le faire indéfiniment ?

2) Se tourner de plus en plus vers l’Asie ?

Historiquement tournée vers l’Europe, la Russie regarde de plus en plus vers l’Asie qui est à ses portes, notamment vers la Chine. Celle-ci est un gigantesque marché et lui ouvre ses portes. Pourquoi refuser quand l’Occident les lui ferme ?