Arabie Saoudite : on ne change pas de chef en pleine bataille

al naimi credits CSIS (licence creative commons)

Le nouveau roi d’Arabie Saoudite Salman a été extrêmement rapide en confirmant le jour même du décès du roi Abdullah à son poste de ministre du pétrole Ali al-Naimi.

Par Aymeric de Villaret.

al naimi credits CSIS (licence creative commons)

Tel pourrait être le message donné par le nouveau roi d’Arabie Saoudite Salman après le décès du roi Abdullah. En effet, c’est une véritable guerre des prix qu’a engagé le ministre du pétrole Ali al-Naimi en maintenant inchangés, lors de la dernière réunion de l’OPEP du 27 novembre dernier, les quotas de production de l’organisation.

Décision rapide du maintien à son poste de Ali al-Naimi

Le nouveau roi d’Arabie Saoudite Salman a été extrêmement rapide en confirmant, le jour même du décès du roi Abdullah (vendredi 23 janvier), à son poste de ministre du pétrole Ali al-Naimi. Et cela alors que certains annonçaient son départ à la mort du roi.

Peu de réaction des marchés au décès du roi Abdullah

De ce fait, en pleine guerre des prix, le décès de l’ancien roi n’a eu que très peu d’impact sur les cours du baril. Comme l’indique l’évolution des cours du brut vendredi 23, après une hausse à l’ouverture consécutive aux craintes quant à des changements éventuels de politique, le Brent a fini la journée en léger repli (-0,92%).

AV1

Le roi Salman pouvait-il faire autrement ?

En effet, c’est une véritable guerre des prix qui est déclenchée depuis l’automne dernier à l’initiative de l’Arabie Saoudite avec en première ligne le ministre saoudien du pétrole et des ressources minérale Ali-al-Naimi.

C’est lui le responsable de la politique actuelle et changer le Général en pleine campagne serait revenu à « désavouer » plus ou moins cette politique. Dans ce cadre, il est difficile d’imaginer un successeur à Ali al-Naimi avant d’en voir les premiers fruits.

Ali al-Naimi : quatrième ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite

Ses prédécesseurs furent :

  1. Abdullah al-Tarihi (1960-1962)
  2. Ahmed Zaki Yamani (1962-1986)
  3. Hisham Nazer (1986-1995)

Naimi est ministre depuis 1995 alors qu’il était le PDG de Saudi Aramco qu’il avait rejoint à l’âge de 12 ans. Force est de constater que même en ne faisant pas partie de la famille royale, il a survécu à deux chutes du baril (1998 et 2008).

Déjà quelques signes des conséquences de sa politique

Comme nous l’avions déjà écrit en début du mois, le nombre de rigs de forage de pétrole aux États-Unis commence à décliner :

AV2

Selon une dernière estimation de Wood Mackenzie publiée en fin de semaine dernière, le nombre de puits onshore aux États-Unis devrait même baisser de 26% en 2015 de plus de 37 000 en 2014 à 27 000 en 2015.

Conclusion

La guerre des prix déclenchée par l’OPEP pour contrer la montée en production de l’huile de schiste américaine implique d’ores et déjà des conséquences sur la prospection américaine. Certes, il faudra un certain temps pour que le baril rebondisse mais la confirmation d’Ali al-Naimi à son poste de ministre du pétrole montre s’il en était besoin que le nouveau roi soutient cette décision d’une guerre des prix.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.