Belgique : le gouvernement Michel, c’est l’enfer fiscal

Le programme fiscal du nouveau gouvernement belge est-il autre chose qu’une vaste plaisanterie ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Diable credits Elycefeliz (licence creative commons)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Belgique : le gouvernement Michel, c’est l’enfer fiscal

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 janvier 2015
- A +

Par Thierry Afschrift.

Diable credits Elycefeliz (licence creative commons)

Le programme fiscal du nouveau gouvernement belge est pratiquement dépourvu de tout contenu. Il n’y aura aucune diminution globale d’impôts, et aucune diminution des dépenses publiques. Les uns et les autres continueront à augmenter, et il faut être un irréductible optimiste pour se contenter de la constatation que la progression des taxes et des dépenses sera simplement moins rapide qu’avant.

Il a fallu un certain culot au gouvernement pour présenter comme une mesure phare en matière fiscale, la ridiculement faible augmentation du forfait pour charges professionnelles. Cette mesure, qui ne concerne ni les indépendants, ni les retraités, ni les salariés qui optaient pour la déduction des charges réelles, ne permet à ses véritables bénéficiaires, une partie des salariés et des fonctionnaires, qu’une économie d’impôts de quelques euros par mois.

Cette économie dérisoire est compensée plus que largement, pour eux, par des petites augmentations d’autres impôts, comme les inévitables accises, et la non indexation du plafond de certaines dépenses fiscales. Cela veut dire aussi que pour ceux qui ne bénéficieront pas de la minuscule majoration du forfait pour charges, il y a purement et simplement une augmentation des impôts.

Comme, de leur côté, les régions, incapables elles aussi de réduire réellement leurs charges, adoptent une politique de réduction systématique des dépenses fiscales, c’est une véritable augmentation des impôts, certes plus modeste qu’avant, que devront supporter les contribuables. En d’autres termes : la Belgique est un des pays les plus taxés au monde, et va le rester sous la législature qui commence.

Il ne faut rien attendre, par ailleurs, du fameux « tax shift », ce glissement d’impôts annoncé, des revenus professionnels vers d’autres bases de taxation. D’abord parce qu’il ne s’agit pas d’une diminution de la charge fiscale globale, mais, comme son nom l’indique, d’un simple « glissement ».
Tout se passe comme si nos gouvernants pensaient que la justice fiscale consistait simplement à modifier la répartition des impôts, en oubliant que la justice, c’est d’abord de veiller à ce que le total des prélèvements soit juste, et ne relève pas de la spoliation.

De plus, le glissement annoncé, sans aucune précision, ne pourra être qu’extrêmement modeste. Notre système, parfaitement cynique, consiste à taxer très lourdement les revenus professionnels, non pas parce que quelqu’un s’est un jour dit que cela aurait été juste, mais simplement parce qu’ils sont, en volume, les plus nombreux. Pour faire glisser même une minime proportion de l’imposition de ces revenus sur d’autres, il faudrait augmenter très lourdement la taxation de ceux-ci.

Il n’y a donc rien de bon à attendre de l’évolution du système fiscal belge dans les prochaines années. Nous vivons dans un enfer fiscal et rien ne sera fait pour en sortir.

Voir les commentaires (4)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (4)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Si le renouveau revendiqué par Emmanuel Macron pour son second mandat présidentiel signifie qu’il ambitionne de renouveler, au sens de reconduire, le « quoi qu’il en coûte » budgétaire des années précédentes, on peut dire que le Projet de loi de finances 2023 ou PLF 2023 présenté lundi dernier en Conseil des ministres répond à merveille à cette ambition. Il n’est que de comparer les avis successifs de la Cour des comptes ou du Haut Conseil des Finances publiques (HCFP) rendus chaque année sur le sujet pour s’en convaincre.

Avec une rég... Poursuivre la lecture

En règle générale, on peut connaitre l’idée globale d’une loi aux États-Unis à son titre.

Dans la (quasi) totalité des cas, il indique ce que la loi ne fera pas. Le Patriot Act, par exemple, était tout sauf patriotique, il a augmenté la main de fer de Big Brother comme jamais auparavant et a normalisé le harcèlement sexuel (et le voyeurisme) pour prendre l’avion.

Idem avec la loi récemment adoptée pour « combattre » l’inflation. Votre main à couper qu’elle fera tout sauf ça – même ses défenseurs sont incapables de défendre ce po... Poursuivre la lecture

La redistribution des ressources ou des revenus est généralement considérée comme l’une des activités essentielles de l’État et on prétend même souvent que l’existence d’un État est justifiée précisément par sa capacité à établir une égalisation des ressources ou des revenus entre les individus ou entre les familles. Très récemment, il a été suggéré que l’État français intervienne pour que les revenus de certaines personnes deviennent égaux à ceux d’autrui.

 

Si l’égalité entre les personnes (ou les familles, ou les membres... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles