François Hollande, le naufragé du pédalo

Les Français ont vite compris que François Hollande n’espérait gouverner qu’en les manipulant et ils lui retournent désormais son mépris.

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Naufrage économique France (Crédits René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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François Hollande, le naufragé du pédalo

Publié le 3 janvier 2015
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Un billet d’humeur de Serge Federbusch.

contrepoints 056 naufrage économique Hollande

« Faites attention à ne pas heurter les couples d’enseignants avec deux enfants gagnant 6 000 euros par mois. » Cette supplique de François Hollande aux députés socialistes en octobre 2014 à propos du coup de massue à venir sur les allocations familiales versées aux « hauts revenus » est le parfait résumé de son attitude purement politicienne face à la crise. Les Français ont vite compris que François Hollande n’espérait gouverner qu’en les manipulant et ils lui retournent désormais son mépris.

Au quotidien, François Hollande s’en tient en effet à des recettes simples. Il s’en prend prioritairement à ceux qui ne votent pas pour lui et ne peuvent déplacer leurs activités à l’étranger. Sont donc visés les familles nombreuses de cadres, les professions libérales, les militaires, etc. Les autres économies mises en œuvre, puisque la recherche affichée de coupes budgétaires absorbe la majeure partie de son activité politique depuis 2012, sont de purs trompe-l’œil. On attend toujours, par exemple, la suppression tant de fois annoncée des comités Théodule dont raffole la bureaucratie étatique. Ne parlons même pas de la réforme des régimes spéciaux de retraite, pourtant si nécessaire. L’escamotage du jour de carence pour arrêt-maladie dans l’administration, qui avait pourtant produit des effets quasi instantanés dans la lutte contre l’absentéisme, fut le symbole de ses vrais choix et renoncements.

Car ce président est terre à terre. Il sait qu’à l’instant T où il malmènerait vraiment les intérêts de la masse des fonctionnaires, cœur de son électorat, il sera politiquement enterré. Il ne le fait donc que subrepticement et marginalement, en gelant leur point d’indice par exemple. Martine Aubry, Arnaud Montebourg ou Benoit Hamon ont déjà la pelle à la main et le regard gourmand. François Hollande navigue à vue sur un pédalo qui menace naufrage. Son quinquennat se résume pour le moment aux combinaisons de la Quatrième république à l’abri des outils de la Cinquième.

Ainsi, pour dissiper les vapeurs des radicaux de gauche, s’oriente-t-on désormais vers un épaississement du mille-feuille territorial. Cinquante-quatre départements conserveront leurs conseils généraux et les autres non ! Les Français pardonneraient peut-être ces maquignonnages si Hollande avait l’envergure d’un homme d’État ou s’il obtenait des résultats. Sur le premier terrain, Valérie Trierweiler s’est chargée de dissiper les dernières illusions des plus naïfs. Reste donc la question de l’efficacité à terme de sa politique, et l’on passe alors de l’analyse de sa tactique à celle de sa stratégie.

Par delà l’enfumage de la communication, l’aridité des chiffres est terrible et l’échec complet : les dépenses publiques continuent de s’alourdir tout comme la dette et les prélèvements obligatoires. François Hollande, ne le nions pas, avait une « vision » en 2012. Il espérait bénéficier de la reprise économique mondiale et de l’affaiblissement allemand en Europe face au camp des États dépensiers. Dans le pire des cas, il obtiendrait, croyait-il, le rachat partiel de nos dettes sous forme d’euro-bonds ou d’instruments financiers assimilés.

Il s’est trompé : la persistance d’un cours élevé de l’euro, trop peu et trop tard corrigé, a empêché toute relance en Euroland et notamment en France. Puisque, parallèlement, les nécessaires réformes de structure n’étaient pas faites, l’activité a flanché et les déficits ont dérapé malgré l’alourdissement de la fiscalité. Ni l’offre ni la demande ne sont venues soutenir la croissance. Désormais, Hollande est dans une nasse. S’il refuse d’obtempérer aux injonctions germaniques et bruxelloises, il risque, plus qu’une amende humiliante, une remontée en flèche des taux d’intérêts, les investisseurs internationaux cessant de croire que l’Allemagne garantira nos dettes. S’il s’y plie, les députés frondeurs le censureront et, de toute façon, le niveau de l’euro continuera à plomber notre économie.

Bref, ce que les Français retiennent de ces deux ans et demi de mandat et ce qu’ils rejettent, c’est la médiocrité d’un homme, d’une méthode et d’un bilan face à l’immensité des défis auxquels nous sommes confrontés. En lieu et place d’un président de la République, ils ont trouvé un président de conseil général qui les prend pour des imbéciles. On pardonne la médiocrité dans le confort, on la hait dans la gêne.

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  • C’ est toujours rafraichissant de lire Federbusch, c’ est percutant et bien écrit. Juste un bémol pour l’ éternel refrain du « cours élevé de l’ euro », présent à chaque article…

    La Russie et le Japon sont-ils sortis de la crise par ce moyen ?

    Militer pour affaiblir la monnaie, c’ est l’ illusion qu’ on aura « quelque chose » (des exportations, de la clientèle, de l’ investissement, bref de la valeur…) pour « rien » (quelques clics de souris à la BCE).

    • Même remarque. Mais encore quelques mois et nous ne pourrons plus ignorer que la baisse de l’euro n’apporte rien, et alors les futurs articles de Federbusch seront parfaits.

      • d’ accord avec vous, mais vous connaissez le refrain de circonstance : « c’ est parce qu’ on n’ en a pas assez fait » !

        Reste à voir si Federbusch succombera audit refrain.

    • Il bien d’autres éléments d’information qui, à mon avis, sont inexacts, spéculatifs et de pure interprétation de l’auteur dans cet article. Le petit couplet traditionnel sur l’euro en est un; se laisser à croire que les taux d’intérêt sur la dette française vont monter dans les mois ou trimestres qui viennent vers des niveaux élevés en est une autre. On remarquera au passage que l’Italie en très très grande difficulté financiècière emprunte chaque semaine à des taux de plus en plus ridicules au regard du risque (merci banque centrale).
      Sur un plan plus politique, l’auteur remarquera sûrement un jour que Hollande et ses amis sont en train de neutralliser un à un tous les opposants situés au PS ou à gauche (Valls en numéro 1, les frondeurs, Aubry, Montebourg qui n’osera plus l’affronter, les Vers avec qui il resignera un accord pour 2017). Pour le reste, on sait tous que Hollande est un enfumer de première, ceci transparaît bien dans le texte.

  • Ne croyez pas que les fonctionnaires votent Hollande. 7 ans de gel des salaires cela équivaut à une baisse de pouvoir d’achat de 15 pour cent à vie y compris sur leur retraite. Ils sont donc assez pressés de le voir partir.

    • Certes, mais ils ont des promotions bidon qui n’ont rien à voir avec leurs fait d’arme…

      Et en parlant de retraite, j’ai eu l’occasion de travailler – sur une mission de courte durée – pour l’organisme en charge des retraites, basé à Limoges…entre les croissants de celui qui arrive après 9h, le self qui ouvre à 11h45, le fait que tout le monde parte avant 17h30 et qu’il ne faut pas oublier de prendre la galette à 14h…tout ce que je peux dire, c’est que ça bosse dur dans cette administration au mois de janvier…

      Par ailleurs, pour avoir mené diverses missions dans diverses administrations, j’ai a chaque fois pu constater que les fonctionnaires faisaient tout pour que les projets visant à améliorer leur efficacité capotent ou coûtent une blinde…tout ça pour protéger leur poste, souvent bête et répétitif…donc personnellement, je n’ai aucune pitié pour ces « pauvres » fonctionnaires…et je suis prêt à leur envoyer une armée de Ryan Bingham (Cf. film « Up in the Air ») pour leur expliquer qu’enfants ils avaient d’autres rêves que celui de passer leur vie derrière un bureau à faire un truc abêtissant au possible…

    • et ce n’est pas avec la réévaluation de 49% de la prime annuelle perçue par les présidents d’académie ou du rectorat, je ne sais plus, que vient de leur octroyer « Belkacine » que les profs vont sauter de joie. D’après certains commentaires, cette prime est supérieure au revenu annuel d’un professeur certifié proche de la retraite.

  • Excellent résumé du bonhomme!
    En une page , tout est dit.

    Pourquoi ne passez vous pas à c dans l’air sur la 5, avec Christophe Barbier et les autres…

  • Le camp du mal se divise. Piketou et les frondeurs prennent le large !

    D’ailleurs personne à gauche ou à droite n’imaginait Hollande, Président….

    Le temps est donc chez les méchants de trouver un nouveau maitre des ténèbres.
    Chez eux, les guerres sont sans pitiés.

    Cela promet de grands moments de bonheur et de lecture, ici.

  • Notre auteur est sympathique , ne fait pas trop de « cadeaux » à celui qui croit nous gouverner ; semble vouloir être objectif en un mot sa production a de quoi nous satisfaire . Mais voila qu’il dénonce l’euro fort comme un bon socialiste !!!! hors cet euro qui serait surévalué pour la France ne le serait pas pour l’Allemagne ?????
    c’est toujours le même euro , à moins que l’on découvre un peu tard que l’on a tenté le mariage de la carpe et du lapin et donc que nos économies n’étaient pas convergentes et que les valeurs monétaires figées par l’euro ont été mal évaluées !!!!Dévaluer la monnaie c’est nous payer en monnaie de singe et prélever un impôt clandestin sur les économies des épargnants et son corollaire l’inflation appelée des voeux socialistes conduit à la même impasse ; la seule solution reste de dépenser moins que ce que l’on gagne et par suite rembourser nos dettes ce que l’on appelle un budget en équilibre ou excédentaire !!!!c’est pour quand ???

  • De plus, il s’agit là de déficits annuels qui se cumuleront dans le temps et pourraient ainsi avoisiner les 2.600 milliards d’euros d’ici 2050

    A PIB constant, cela nous ramène à 61 % de la part étatique au PIB. Les ressources pour la part marchande au PIB vont s’effondrer.

    Le meilleur des mondes est à venir 🙁

  • ….l’euro a baissé, certes, mais le pétrole aussi !
    Quand le pétrole remontera, nous cumulerons la hausse sur celui-ci ( + les nouvelles taxes ) et du dollar.
    Le GO á 1.6 € ???
    Seuls s’en sortiront, les grands groupes exportateurs qui « profiteront » d’un change favorable.
    Et indirectement, l’état au travers des impôts.
    Groupes dont le siège social est resté en France, bref, pas comme Renault!!!

  • ….l’euro a baissé, certes, mais le pétrole aussi !
    Quand le pétrole remontera, nous cumulerons la hausse sur celui-ci ( + les nouvelles taxes ) et du dollar.
    Le GO á 1.6 € ???
    Seuls s’en sortiront, les grands groupes exportateurs qui « profiteront » d’un change favorable.
    Et indirectement, l’état au travers des impôts.(
    Groupes dont le siège social est resté en France, bref, pas comme Renault!!!)

  • La CIA ne s’était pas trompée qui l’avait surnommée, dans ses fiches à destination du gouvernement américain pris de court par sa montée soudaine et quasiment improbable dans les sondages, « l’apparatchik de sous-préfecture ». Un chercheur de tête qui aurait fait une telle erreur de casting aurait perdu toute sa réputation professionnelle.

  • La CIA ne s’était pas trompée qui l’avait surnommé, dans ses fiches à destination du gouvernement américain pris de court par sa montée soudaine et quasiment improbable dans les sondages, « l’apparatchik de sous-préfecture ». Un chercheur de tête qui aurait fait une telle erreur de casting aurait perdu toute sa réputation professionnelle.

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