2015. Parce que bon.

Croissance 2015 (Crédits René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Voilà, 2015 débute et c’est donc l’occasion pour moi de présenter à tous mes lecteurs, sans originalité mais sincèrement, mes vœux d’une année pleine de santé, de bonheur, de réussite et de bonnes surprises.

Et question bonnes surprises, cette année ne peut qu’en être pleine puisque nous avons aux commandes les individus les plus affûtés, les plus intelligents et les mieux outillés. Leurs actions, millimétrées et planifiées avec la précision d’un Hannibal Smith hollywoodien, ont déjà commencé à porter leurs fruits à tel point que, visiblement, leurs méthodes et leurs solutions gagnent du terrain.

contrepoints 040 croissance 2015Il faut s’en réjouir : pour une fois dans l’Histoire de l’Humanité, c’est le camp du Bien qui chaque jour voit son contingent de voix grossir en sa faveur. Pour une fois, les Bons & les Gentils vont gagner ! Youpi, quoi ! En France, phare du monde moderne, on a pris de l’avance puisqu’à présent, le camp du Bien occupe soigneusement tous les avant-postes clefs du terrain (les partis politiques, les administrations, l’éducation, la justice, les médias, …) qui verra se jouer la terrible bataille entre d’un côté, les tenants d’un conservatisme rétrograde bien évidemment baigné d’un néo-libéralisme à la fois sauvage et sans foi ni loi, et de l’autre, les progressistes éclairés, sociaux-démocrates aux lèvres pulpeuses pour des bisous plus doux, qui savent où mener le peuple pour son bien, en lui filant les éventuels petits coups de badines bienveillants sur les fesses afin que le troupeau ne s’éparpille pas.

Tout comme en Grèce où, vraisemblablement, le peuple décidera de rejoindre le Collectif des Gentils, les autres pays, suivant en cela l’exemple de la France (mais si, mais si) ne tarderont pas à rejoindre son aveuglante vérité politico-économique. Parions sur la magnanimité des dirigeants français lorsque certains Teutons, penauds d’avoir tenté – en vain, bien sûr – d’équilibrer des comptes et de réduire les dépenses publiques viendront faire leur mea culpa.

Non, vraiment, aucun doute : 2015 sera l’année du retour aux vraies valeurs humanistes de gauche, avec une très égale solidarité pour tous, et, soyez-en assuré, l’austérité, qui n’avait que trop duré, sera enfin boutée hors de France et d’Europe tout autant. Il était temps, tant les injustices et les inégalités s’accroissaient à un rythme insupportable. L’État n’a que trop coupé dans ses services indispensables.

Austérité (Crédits H16, image libre de droits)

L’année 2015, ce sera le retour en force du socialisme réclamé soit pour son versant collectiviste, soit pour son versant nationaliste, qui va enfin progresser par petits bonds joyeux vers ces lendemains qui chantent promis à de multiples reprises mais régulièrement loupés de ce petit chouia rageant qui fait qu’on n’a qu’une envie, c’est de recommencer, comme en Argentine ou au Venezuela par exemple.

En France, et conformément aux fadaises planifications présidentielles, l’avenir s’annonce enfin dégagé. Les nombreuses réformes engagées vont porter leurs fruits demain, voire tout de suite, là, maintenant pour ainsi dire, et provoquer tout autant de choc de simplification que de compétitivité dans les entreprises et dans les collectivités territoriales, grâce à la disparition programmée de milliers de cerfas rigolos, le tout à périmètre de coût parfaitement constant puisque, le Chef de l’Exécutif a été parfaitement clair à ce sujet, les impôts n’augmenteront pas.

Devant ces faits, indiscutables, on ne peut évidemment que se réjouir pour l’année 2015 et on s’étonnera donc fermement de constater que, pourtant, plus de la moitié des Français semblent bien pessimistes à ce propos.

Mais après tout, comme on l’a vu, une très grande majorité a réclamé, instamment, que l’État s’occupe d’eux, toujours un peu plus. Une forte proportion a trouvé intelligent de demander bruyamment puis de voter pour toujours plus de collectivisme, de services publics, et de socialisme dans toutes les strates de la société. Cette majorité, cette proportion grandissante a largement obtenu ce qu’elle réclamait et peut maintenant mesurer exactement ce que ça fait. Et comme cette majorité réclame encore un peu plus de tout ça, parce qu’apparemment, ça ne suffit pas, gageons que ces grognons pessimistes, après une année 2015 de tabassage fiscal et de catastrophes économiques, redouteront 2016 avec le même pessimisme.

Franchement, on se demande pourquoi !

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