Hollande rejette la responsabilité du chômage sur les entrepreneurs

François Hollande credits Parti socialiste (licence creative commons)

Lors de ses vœux aux Français, François Hollande a affirmé que les entreprises ont la responsabilité « d’embaucher et d’investir ».

Par le Parisien libéral

François Hollande credits Parti socialiste (licence creative commons)

En théorie, il aurait fallu s’abstenir de commenter les vœux présidentiels de Hollande. D’ailleurs, les Français ne les ont pas regardés. Ça tombe bien, Hollande n’a rien dit d’intéressant. Le problème est qu’il est impossible d’ignorer les stupidités étatistes que le président Hollande répète en boucle, espérant peut-être qu’elles seront crues, à la longue, voire qu’elles deviendront des vérités.

Il en est une parfaitement ridicule, qui pourrait être risible si elle ne concernait pas le cas du chômage. Il s’agit de l’attitude de Hollande par rapport au pacte de responsabilité. Le président de la république, constatant que les charges sociales sont plus élevées en France que chez nos voisins, a décidé de mettre en œuvre un plan d’allègement des charges sur les salaires. Ce plan a été assorti de « contreparties » : les patrons doivent créer des emplois. Citons Hollande : « Aux entreprises maintenant d’embaucher et d’investir, c’est le sens du mot responsabilité. Notre obligation commune, c’est la lutte contre le chômage. »

Pacte de responsablité contreparties (site de l'Elysée)

Pauvre François Hollande… Le président de la République, qui aurait été professeur d’économie, diplômé des meilleures écoles, ignore-t-il vraiment que le rôle des entreprises n’est pas de créer de l’emploi, mais de réaliser des bénéfices, en répondant à une demande et en combinant des facteurs de production, dont le travail ? François Hollande ne sait-il vraiment pas que les entrepreneurs ne se reconnaissent aucune responsabilité d’aucune sorte en matière d’emploi ?

À sa décharge, notons que le président de la République est prisonnier d’un système de pensée dans lequel il n’existe pas d’individus, avec leurs aspirations propres, mais des agrégats – les ménages, les entreprises… – à la tête desquels on peut nommer des syndicalistes chargés de négocier en leur nom. Hollande ne peut pas admettre que les 2 millions d’entrepreneurs de France n’ont pas à obéir aux injonctions venues d’en haut et que le MEDEF ne sera jamais aux entreprises ce que la CGT ou Sud sont éventuellement à la fonction publique.

Les entreprises recrutent notamment quand elles pensent qu’une embauche rapportera plus que ce qu’elle va coûter. Si Hollande veut favoriser les embauches, il sait ce qu’il doit faire : commencer par un plan d’économie au niveau de la dépense publique, ce qui permettra de rendre crédible les baisses de charges annoncées. En effet, tous les entrepreneurs ainsi que les contribuables et cotisants sociaux savent que les taxes et impôts ne peuvent qu’augmenter puisque rien n’annonce une baisse du périmètre de la dépense publique. Ensuite, il doit annoncer la stabilité juridique et fiscale. Dans un pays où même EDF, entreprise publique, est obligée d’aller ouvrir des filiales aux Bermudes ou à Luxembourg pour pouvoir s’en sortir, il est vraiment temps de simplifier et stabiliser l’environnement dans lequel les entreprises opèrent. Enfin, Hollande doit expliquer aux Français qu’il n’y a pas de distinction entre les charges sociales patronales et les charges sociales salariales, et qu’il est temps qu’on aborde la question du salaire complet.

Le pacte de responsabilité n’a aucun sens. Le MEDEF a tort de laisser penser qu’il puisse en être autrement. Les emplois ne sont pas un objectif des entreprises, mais un moyen. Les entreprises ne s’engagent à rien. C’est l’État qui veut leur forcer la main, de manière parfaitement artificielle, faute de pouvoir créer encore plus d’emplois publics.

Hollande n’a donc qu’à s’en prendre à lui-même et à sa promesse d’inversion de la courbe. Mais évidemment, en tant que chef de l’État, il a les moyens de réécrire l’histoire…!


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