Vœux 2015 : le cadeau malicieux du Président de la Cour des Comptes

Pour bien commencer l’année 2015, le Président de la Cour des Comptes devrait envoyer comme étrennes à Hollande une calculette d’un nouveau type.

Par Nicolas Nilsen

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Pour bien commencer l’année 2015, j’aimerais que le Président de la Cour des Comptes envoie comme étrennes, à Hollande et à tous les ministres du gouvernement Valls, une calculette d’un nouveau type : elle ne comprendrait plus de touche « plus » mais seulement une touche « moins ». Ou plutôt deux, car Didier Migaud est rusé et il sait que les doigts des ministres glissent souvent ! La calculette aurait donc deux touches moins. Comme ça, même par inadvertance, les ministres ne pourraient plus ajouter mais seulement retrancher… Finies les dépenses et les gaspillages, uniquement des économies et de la discipline budgétaire ! Que du bonheur.

Il faut tout réduire !

  • Réduire les dépenses
  • Réduire la dette
  • Réduire la fiscalité
  • Réduire le périmètre de l’État
  • Réduire les bénéficiaires de la Légion d’Honneur
  • Réduire la bureaucratie
  • Réduire la paperasse
  • Réduire les échelons administratifs
  • Réduire les interventions publiques
  • Réduire le nombre des Parlementaires
  • Réduire le nombre des Conseils, Hauts comités etc.
  • Réduire le nombre de pages des Codes (du Travail notamment)
  • Réduire le nombre de statuts administratifs
  • Réduire le nombre des mandats
  • Réduire le nombre des lois
  • Réduire le nombre des réformes
  • Réduire le nombre des promesses
  • Réduire le nombre des « objectifs » bidons
  • Réduire le nombre des usines à gaz
  • Réduire le nombre des Conseils des ministres
  • Réduire le nombre des ministres
  • Réduire le nombre des tweets ministériels
  • Réduire la longueur des listes protocolaires
  • Réduire le nombre des petits fours dans la République
  • Réduire la longueur des discours
  • Réduire le temps de parole du ministre Porte-Parole
  • Etc. (vous avez compris)

Il y a évidemment trop de tout…

D’une manière générale, il y a trop de tout : trop de gens dans les rues et trop de terrasses de café chauffées en plein hiver, trop de mauvais livres dans les librairies, trop de ministres de la Culture qui ne lisent pas, trop d’idéologie, trop de voitures, trop de journaux dans les kiosques, trop d’anciens trotskistes dans les médias, trop de lois, trop de « déséquilibrés », trop d’armes dans les mains de trop d’enfants, trop d’islamistes qui égorgent, trop de gens mal élevés, trop de gens qui crèvent de faim, trop de morts dans tous les pays, trop de lisier breton, trop de propagande dans les médias, trop d’égoïsme, trop de planqués à l’ONU, trop de bêtise crasse dans les Partis politiques, trop de tours dans les quartiers, trop de régimes pourris dans le monde, trop de pollution, trop de fanatiques, trop de paperasse, trop de passivité dans l’opinion, trop de béton partout, trop de migrants à Calais, trop de ministres qui ne servent pas la France, trop de personnes âgées abandonnées, trop de cadeaux de Noël revendus sur eBay, trop de vide dans les vœux présidentiels, trop d’État inefficace, trop d’inculture, trop de plug-anals, trop de produits dans les supermarchés, trop de pigeons, trop de ministres inutiles, trop de lassitude, d’anxiété, d’incertitude… [bon vous avez compris]

Et pas assez de beaucoup trop de choses importantes…

Beaucoup trop de choses qui manquent cruellement : de moineaux, de liberté, d’humilité, de hannetons, d’abeilles, d’arbres, d’enfants, d’étoiles visibles, d’emplois, de joie, de paix, de lucidité, de douceur, de lenteur, de bienveillance, de force d’âme, de possessions immatérielles, d’élévation morale, d’harmonie, d’humanité, de réalisations spirituelles, d’espérance, d’élégance, de générosité… [etc., etc., etc., j’abrège car vous voyez bien où je veux en venir…]

Il faudrait qu’il y ait plus de pas assez, et moins de beaucoup trop !

Il faudrait se dépêcher d’inverser les mouvements pour qu’il y ait plus de pas assez (beaucoup plus) ; et moins de beaucoup trop (beaucoup moins !). Mais on n’en prend pas le chemin : il n’y a que pendant la guerre – hélas – que les gens se résignent à une plus grande austérité. Mais renoncer à leur voiture, à leurs séries télévisées ou à leur État-providence en faillite avant que le système n’explose, ça non, ils ne le veulent pas. Ils préfèrent que tout explose plutôt que de renoncer à l’empilement et à leur société de consommation et du futile. Et quand ils devront bouffer des rutabagas et des topinambours, ils se plaindront encore de ne pas avoir assez de vinaigrette !


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