Quand Greenpeace détruit le patrimoine mondial

Greenpeace détruit l’environnement pour préserver le patrimoine, ou l’inverse, on s’y perd un peu.

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Quand Greenpeace détruit le patrimoine mondial

Publié le 21 décembre 2014
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Par Stéphane Montabert, depuis Renens, Suisse.

Un « attentat » – c’est par ces mots que le ministère de la Culture péruvien a qualifié l’action de Greenpeace, dont des activistes ont pénétré vendredi le site archéologique protégé de Nazca, au sud du pays, et l’ont endommagé. Mais ce n’est pas le genre de nouvelles qui fera les gros titres en Suisse : un entrefilet sur le site d’information continue de la RTS et… c’est tout. Qui oserait ternir la réputation de l’organisation sous nos latitudes ?

Le site de Nazca au Pérou est mondialement connu pour abriter des géoglyphes, de fameuses figures tracées sur le sol représentant des animaux stylisés ou des formes géométriques, s’étendant sur des centaines de mètres. Les tracés sillonnent le désert sur plus de 500 km2. Créées entre -500 et 500 de notre ère, on suppose qu’elles auraient servi des buts rituels mal connus. Ne pouvant être convenablement contemplées que depuis les airs, les mystérieuses circonstances qui ont donné lieu à leur création ont suscité les hypothèses les plus folles.

Inscrites au patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO depuis 1994, les grandes figures sont aussi vastes que fragiles ; elles ont été tracées en retirant du sol du désert les cailloux rougeâtres qui le recouvrent pour laisser paraître la couche de sable en-dessous. La conservation de ces traces ne s’explique que par la sécheresse – le désert de Nazca est une des zones les plus arides du monde – et une préservation sans compromis de ces œuvres à l’époque moderne.

Pour éviter d’effacer les lignes, l’accès au site est sévèrement réglementé. Les rares visiteurs admis, comme les scientifiques, doivent s’équiper de semelles spéciales, des sortes de raquettes de mousse, pour diminuer la pression que leur poids exerce sur le sol ; le but est d’éviter de bousculer les cailloux ou de chasser le sable mis à jour, ce qui reviendrait à effacer les lignes dans les deux cas.

Des précautions dont Greenpeace n’a eu que faire.

Présente à Lima dans le cadre de la conférence de l’ONU sur le climat réunissant 190 pays, l’organisation a envoyé une équipe d’activistes dans le désert de Nazca avec pour mission de déployer un slogan pour frapper les esprits: « C’est le temps du changement, le futur est renouvelable » (« Time for Change, Future is renewable — Greenpeace » en version originale).

Sans aucun respect pour le site, agissant sans autorisation, le groupe de 12 à 15 personnes aurait pénétré dans la zone chaussées de bottes et de chaussures de sport. Les images sont sans équivoque :

 

Ce faisant, les militants ont laissé des traces. Leur cheminement est visible par vue aérienne. Les dégâts les plus importants se trouvent sur la zone où ils installèrent leur slogan ; les marques en sont encore nettement perceptibles même une fois les lettres « temporaires » retirées. Beaucoup plus grave, ils ont irrémédiablement endommagé la figure dite « du colibri » en coupant à travers elle pour atteindre la zone qu’ils visaient !

 

L’opération de communication s’est transformée en désastre. Le Pérou, dont le gouvernement était traditionnellement allié à Greenpeace, contemple désormais l’organisation avec horreur. Le directeur exécutif de Greenpeace Kumi Naidoo ira prochainement à Lima pour s’excuser personnellement auprès du gouvernement péruvien mais cela ne suffira pas : celui-ci a décidé de lancer une plainte pénale pour identifier et arrêter les activistes avant qu’ils ne quittent le pays.

Le gouvernement péruvien a clairement annoncé que l’enquête ne s’arrêterait pas aux exécutants mais qu’ils remonteraient aussi haut que nécessaire pour faire la lumière sur les donneurs d’ordre à l’origine de cette opération.

Kumi Naidoo explique que l’organisation fera « tout ce qu’elle peut » pour réparer son erreur ; encore faudrait-il que cela soit possible… Il n’est pas aisé pour Greenpeace de se retrouver tout d’un coup sur la sellette des destructeurs de l’environnement.


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Voir les commentaires (27)

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  • Vraiment des cons!!!

  • J’ai toujours soutenu que ces « escrolos » ne sont qu’un ramassis d’ignorants extrémistes irresponsables et dangereux….la preuve encore une fois

    Et qu’en pensent les notres: Placé, Cosse, Baupin, Pompili, Duflot …. et toute cette bande de charlots …pas un mot sur le sujet surtout …faut pas faire de vagues…!

  • bonjour ,déjà indiqué ici à propos de ces trublions ,ayant eu jadis affaire avec ces zozos là (en tant que militaire français en station en Polynésie ) , il suffit de botter , même modérément ,quelques trains arrières ,et la meute de braillards se disperse .
    Ces gens là fût une époque dans leur fonction de tireurs d’alarme ,et contre la chasse à la baleine ,furent respectables , sous je ne sais quelle pression ils ont virés carrément brigands et doivent êtres traités comme tels .

    • Quelle pression ? Mais celle du pouvoir et de l’argent gratuit des autres.

    • Des brigands? Il y a d’autres chats à fouetter. Cet article utilise un prétexte pour taper sur greenpeace, véritables bouc-émissaire, à cause de cette présumée maladresse. Si greenpeace détruit le patrimoine, que fait le gouvernement péruvien? C’est vraiment le syndrome de l’arroseur arrosé cet article.

      • Des victimes, alors ? C’est vrai que depuis que Mitterrand a fait sauter un de leurs bateaux, ils sont devenus intouchables. C’est peut-être pour ça que les journalistes français ont « oublié » de parler de cette vétille. Le taggage de la grotte de Lascaux, c’est pour quand ?

      • « Si greenpeace détruit le patrimoine, que fait le gouvernement péruvien? »

        Le gouvernement péruvien dirige le Pérou et ça regarde les péruviens, et quand les écolos s’occuperont de leur fesses ça ira sûrement un peu mieux dans le monde. Ils ne se rendent même pas compte à quel point leur attitude est méprisante pour l’ensemble de la population péruvienne.

        • Ces gens de Greenpeace sont aussi probablement péruvien alors ce ne sont pas vos affaires non plus.

          • Si parce que Green pisse est internationale : encore une de ces putains d’Ultra Méga multinationales :mrgreen:

            • Greenpeace est-elle « internationale » au sens que les nations lui ont reconnu un statut public et une mission, ou est-elle plutôt « transnationale » ou « multinationale » au sens qu’elle regroupe les intérêts privés au dela des barrières des états.

              Comme toujours on joue sur les mots pour cacher une réalité : une multinationale doit composer avec les lois de chaque pays sans attendre d’aide ou d’arbitrage extérieurs. Et si Greenpeace est bien une multinationale, c’est son problème et uniquement son problème quand ses activistes se font emprisonner comme en Russie récemment. Pourquoi devrait-on être pris à partie dans des problèmes diplomatiques causés par des particuliers ? Comment accepter que notre image de ressortissants français soit ternie dans le monde parce qu’on nous associe à des bobos méprisants et des vandales.

          • Et non! Les raclures en question ne sont pas péruviennes… Dans la bande de climastrologues se trouvent:
            – L’argentin Mauro Nicolás Fernández (Passeport 34400591N)
            – L’argentin Rodrigo Abd (photographe de l’agence AP) (Passeport 00998506)
            – L’allemande Iris Wiedemann (Passeport 6652040829)
            – Le colombien Herbert Augusto Villarraga Salgado, (Passeport AN364603).
            Source: http://elcomercio.pe/peru/ica/director-greenpeace-declara-ante-fiscal-danos-nasca-noticia-1779654

            • Bha… Péruviens, argentins, quelle différence ils ont le « type » comme disait l’autre: des imbéciles de pauvres a rééduquer de toute urgence. Et convertir ceux qui doutent.

              Ces gens ne sont pas des brigands, ce sont des missionnaires colonisateurs.

              D’un point de vue ethnologique cette honteuse profanation n’a rien de nouveau.De tout temps, quand les adeptes d’une nouvelle religion ont voulu imposer leur message, ils l’ont fait et détruisant les symboles des anciens cultes pour les remplacer par les leurs.

              Le réchauffement et plus généralement l’écologie constructiviste est la nouvelle religion du XXIe siècle. Quoi de plus normal que ses prêtres l’imposent à la face du monde en s’en prenant à une référence cultuelle ancienne (devenue universelle par sa présence dans l’iconographie moderne) comme les lignes de Nazcaa, pour y apposer outrageusement une incantation conforme au nouveau credo a la mode ?

              On construit toujours les nouvelles églises sur les anciens temples…

      • « Nous admettons qu’il peut y avoir non seulement un droit, mais un devoir de ce qu’on appelle les races supérieures, revendiquant quelquefois pour elles un privilège quelque peu indu, d’attirer à elles les races qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de civilisation… »

        Léon Blum, 1925.

        Sortis d’Europe, certains pensent avoir tous les droits chez les autres : cette affaire, comme celle des ampoules bbc à Madagascar ou l’arche de Zoé, l’attestent. Le colonialisme n’est pas mort.

        • +1

          Pour moi ça résume entièrement l’écologie. Et chaque commentaire écolo placé sur ce site le confirme : depuis qu’ils lui ont trouvé un petit nom, la terre leur appartient.

      •  » Cet article utilise un prétexte pour taper sur greenpeace, véritables bouc-émissaire, à cause de cette présumée maladresse.  »

        Oui comme quand les Japonais harponnent des baleines, juste une maladresse des pêcheurs.

        D.J

  • Talibans verts, obsédés et incultes, Green Pisse nbe se contente pas d’entraver l’économie et la liberté.

    Encore une belle section d’assaut du fascisme de gauche.

  • C’est un thème ultra rebattu des films américains : quand tu organises une soirée chez tes parents, les invités se comportent comme des porcs et cassent tous.

    Tu organises un pince-fesse mondain anti-changement climatique global, tu te retrouves avec des greenpisseux qui piétinent un site historique.

    Fallait pas les inviter.

  • Mais comme ils ont l’immunité socialiste, silence radio côté médias francophones

  • Greenpeace est une organisation crypto marxiste issue des milieux de gauche, son objectif est toujours le même depuis lénine, à savoir trouver la corde pour pendre le capitalisme.
    Malheureusement pour eux, même avec le pseudo réchauffement, ils arrivent pas à trouver la corde même pas une ficelle ….

  • Les juges gauchistes prennent fait et cause pour les « khmers verts » et sont co-responsables de l’étranglement économique de la France.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/12/23/97002-20141223FILWWW00204-la-justice-suspend-les-travaux-du-center-parcs-de-roybon.php

  • Enorme connerie, tout autant pour le patrimoine que pour leur image. Mais au fait, que propose les libéraux pour protéger le patrimoine, les espaces naturel et les écosystèmes fragiles ?

    • Pour le patrimoine, la propriété privée, le mécénat et les associations de protection d’initiative privées ont TOUJOURS été plus efficaces que l’État pour le protéger. (Mais est-il toujours pertinent de le conserver ? Il y a débat)

      Quant aux « écosystèmes fragiles », je ne sais pas ce que c’est.

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