2 000 milliards de dette publique ! [REPLAY]

La rédaction de Contrepoints vous propose de redécouvrir pendant ce mois de décembre les articles phares de l’année 2014.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
René Le Honzec Dette publique

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

2 000 milliards de dette publique ! [REPLAY]

Publié le 16 décembre 2014
- A +

La rédaction de Contrepoints vous propose de redécouvrir d’ici la fin de l’année les articles phares de 2014. Pour débuter cette série, retour sur l’excellente analyse de l’explosion de la dette française par Philippe Lacoude.

Par Philippe Lacoude.
(article publié pour la première fois le 6 août 2014)

René Le Honzec Dette publique

La dette publique a dépassé 2 000 milliards d’euros. Non, ce n’est pas un chiffre officiel. Du moins pas encore. Les statistiques, Madame, Monsieur, sont une science précise. Cela prend du temps de compter tous ces euros, un par un, à la main et à la sueur des fronts dégarnis des fonctionnaires de Bercy. Il faudra bien encore trois mois pour savoir où en était l’État, hier !

Et justement ! À la fin mars 2014, l’INSEE vient de nous apprendre que la dette de l’État et autres administrations publiques s’établissait officiellement à 1985,9 milliards d’euros, en augmentation de 45,5 milliards d’euros par rapport au trimestre précédent.

Nous sommes en août 2014. La dette réelle à ce jour est donc d’au moins 2 000 milliards d’euros. En fait, en moyenne, sur les vingt dernières années, le taux de croissance annualisé de la dette publique est supérieur de 1,5% au second trimestre comparé au premier trimestre, à cause de la saisonnalité des recettes et des dépenses fiscales. Si tel a été le cas au second trimestre 2014, la dette est déjà de plus de 2040 milliards d’euros.

Une croissance exponentielle

Ce saut de 1940,4 à 1985,9 milliards d’euros représente une augmentation de 2,3% en trois mois, soit 9,7% en rythme annuel. Nicolas Sarkozy, qui gérait un peu le budget de la France comme on gère l’UMP, Bygmalion ou une campagne présidentielle, est arrivé à augmenter la dette de 610 milliards en 5 ans, soit 122 milliards par an. François Hollande relève le défi. Déjà 130 milliards en deux ans.

Dette Publique 1

Une croissance insoutenable

Le ministre en charge déclare sans rigoler qu’il va « poursuivre la remise en ordre des finances publiques » et que les « efforts considérables déjà engagés par la France vont être amplifiés ». Dans quel état seraient les finances publiques si elles n’étaient pas « en ordre » ! À combien la dette publique s’élèverait-elle si les efforts n’étaient pas « considérables » ? Dans le contexte actuel de croissance zéro, cette hausse exponentielle est insoutenable.

Michel Sapin + citation CC Parti Socialiste

Il n’existe pas de fond de tiroir avec 45 milliards en liquide. Les Français sont aussi indigents que leurs banques. Les institutions françaises de crédit ne détiennent plus que 11% des obligations assimilables du Trésor (OAT) (durée de cinq à cinquante ans à l’émission). Les emprunts en question se font donc auprès d’institutionnels non-résidents. Les étrangers achètent la dette publique.

Dette Publique 3

La part des bons du Trésor à intérêts annuels (BTAN) – d’une durée de deux à cinq ans à l’émission – détenue par les non-résidents est passée de 46,9% à 88,3% entre 1999 et 2010. Les bons du Trésor – d’une durée de moins d’un an à l’émission – ont un taux très faible. Les OAT (long terme) d’un État aux finances exsangues sont très risquées. Les étrangers prêtent donc mais préfèrent les instruments de moyen terme.

Dette Publique 4

La France est devenue un exportateur de dettes publiques. Les divers types d’obligations d’État sont devenus son premier produit d’exportation. Parce que son État vit à crédit, la balance des paiements donne l’impression que le pays vit à crédit. Le jour où les investisseurs étrangers réaliseront la situation dans laquelle sont les finances de l’État, la fête prendra douloureusement fin.

Une situation qui va s’aggraver

À la fin mai 2013, la dette négociable française se composait pour partie de 179 milliards d’euros de bons du Trésor – d’une maturité de moins d’un an à l’émission. Pas besoin d’être membre de l’Inspection Générale des Finances pour comprendre qu’il faut refinancer, au minimum, ces 179 milliards d’euros chaque année, en plus des OAT et des BTAN arrivés à échéance, sans compter la nouvelle dette finançant le déficit. L’État emprunte dangereusement à court terme. La maturité de la dette est gérée au micro-poil avec une précision infernale – toujours 7 ans à quelques jours près qu’on s’efforce d’effacer à coups d’opérations de swap sur les marchés – mais avec une incompétence rare dans le monde de la finance.

Dette Publique 6

Comme les taux à court terme sont très bas et comme les investisseurs ne penseraient pas investir sérieusement dans de la dette française pour 50 ans, l’État émet des dettes à court terme. Peu importe si on a plus tard du mal à refinancer cette dette. On gagne quelques euros d’intérêt, au moins à court terme. À moyen terme, ce sera le problème du prochain gouvernement !

Pour avoir travaillé sur la validation des modèles de « hedging » d’une organisation dont le total de bilan était égal à la dette publique française, la lecture de la courbe ci-dessus me remplit d’horreur ! Dans la finance, on ferait en sorte que le passif et l’actif aient à très peu près les mêmes échéances. De cette façon, on immunise les comptes contre les besoins de financement. On s’immunise contre une hausse des taux. On s’immunise contre le risque de refinancement. Quand un bon arrive à maturité, on a un actif correspondant arrivant aussi à maturité. Aucun trésorier d’une institution financière avec un total de bilan de 2000 milliards d’euros ne pourrait rester en poste avec un pareil « écart de duration ». Avec le vieillissement de la population et un régime public déficitaire de retraites par répartition, l’État sait très bien qu’il lui faudra sortir de l’argent pendant au moins les trente prochaines années : la maturité devrait au moins refléter ce que l’on peut prévoir du fait de la démographie.

Lorsque les taux vont remonter – ils remonteront à coup sûr, un jour – les besoins de financement de l’État prendront une dimension dramatique. La charge des intérêts explosera ; l’émission de bons trouvera difficilement preneur. Il est notoire que les hommes de l’État (de tous les partis) ont fustigé le propriétaire américain moyen pour avoir emprunté à court terme et à taux variable avant 2007. Il est cocasse que les mêmes individus fassent de même avec l’énorme masse financière dont ils ont supposément la responsabilité.

Pour quoi faire ?

Bien sûr que la dette est utile ! Avec les 610 milliards de dette nouvelle qu’il a créés, Nicolas Sarkozy a fait construire 100000 nouveaux kilomètres d’autoroutes – les autoroutes coûtent 6,2 millions au kilomètre en moyenne, échangeurs et ponts compris. Ah, non ! Pas du tout. Pardon. On me souffle dans l’oreillette que les 610 milliards de dette nouvelle ont été investis dans la construction de 3 millions de maisons individuelles sur des terrains donnés par l’État. Ah, non plus. Ils ont été investis dans le système de santé que le monde entier (ne) nous envie (pas du tout). Ah, ben non ! Encore raté. La France, toujours à la traine, attend encore et toujours sa livraison d’appareils IRM d’imagerie médicale. Son taux d’équipement est loin derrière, dans l’ordre, la Slovénie, le Canada, le Portugal, l’Estonie, la Turquie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Australie, l’Irlande, l’Espagne, le Danemark, l’Autriche, l’Islande, la Finlande, la Grèce, la Corée (du Sud !), l’Italie, les États-Unis et le Japon. Loi d’airain de la théorie des choix publics, les 610 milliards de dette nouvelle sont inévitablement partis en fumée.

Arnaud-Montebourg-&-citation-Crédits-Mathieu-Delmestre-Parti-Socialiste-licence-Creative-Commons

Nos hommes de l’État adorent se donner une aura d’investisseurs « dans l’avenir (radieux) de nos enfants » mais ces keynésiâneries ne résistent pas à l’analyse économique. Plus on accumule de dette et moins l’économie croît. Une dette étatique n’est pas la même chose qu’une dette d’entreprise. Elle n’a en général pas pour contrepartie un investissement productif. Ceci est d’autant plus vrai que le keynésien moyen demande un déficit additionnel pour « relancer la consommation ». Consommation. Pas « épargne » ou « investissement ».

Dans leur papier controversé puis corrigé de 2010, les économistes Carmen Reinhart et Ken Rogoff de l’université de Harvard ont montré que les pays dont le ratio de dettes publiques rapportées au PIB était compris

  • entre 0% et 30% croissaient à 4,1% en moyenne
  • entre 30% et 60% croissaient à 2,8 % en moyenne
  • entre 60% et 90% croissaient à 2,8% en moyenne
  • et au-delà de 90 % croissaient à peine à 2,2% en moyenne (avec les corrections de Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin)

À cause d’une erreur initiale dans les résultats, et du caractère controversé de la conclusion de Carmen Reinhart et Ken Rogoff, un nombre considérable d’études similaires ont été faites et refaites, entre autres par la Banque Centrale Européenne, le Fonds Monétaire International, et la Réserve Fédérale. Toutes arrivent aux mêmes chiffres à quelques décimales près. Plus la dette publique est élevée, moins l’économie croît. La dette est un boulet.

Quid des déficits ? Après tout, si la dette – stock des déficits passés – a un effet négatif sur la croissance, il se pourrait malgré tout qu’un déficit passager soit salutaire ? Pas du tout ! Les recherches empiriques de Christiane Nickel et Isabel Vansteenkiste publiées par la Banque centrale européenne en 2008 montrent que lorsque le niveau de la dette d’un pays se situe entre 44 et 90 pour cent du PIB, le multiplicateur fiscal sur l’activité économique est positif, mais probablement inférieur à 1. Lorsque le gouvernement dépense un euro supplémentaire, il obtient moins d’un euro de croissance économique. Lorsque la dette dépasse 90% du PIB, les multiplicateurs budgétaires tendent vers zéro ; aucune croissance n’émerge de la dépense. Dans ces situations, une augmentation des déficits aujourd’hui réduit les dépenses privées demain, d’au moins le même montant.

En fait, à partir de données américaines, Robert Barro et Charles Redlick de l’université de Harvard ont montré qu’un dollar de dépenses du gouvernement fédéral – s’il est financé par le déficit public – produit beaucoup moins d’un dollar de croissance économique – entre 60 et 70 cents selon les périodes. La dette et la dépense publiques américaines, si elles sont très préoccupantes, sont tout de même plus faibles qu’en France où le même effet ne peut donc être qu’amplifié. Si ce même dollar de dépenses du gouvernement fédéral est financé par l’impôt, l’économie se contracte de 1,10 dollar !

Ceci est en ligne avec les conclusions de Martin Feldstein de l’université de Harvard. Il montre qu’il faut détruire à peu près 2 dollars de valeur économique pour lever un dollar d’impôt sur le revenu aux taux marginaux actuels américains, en gros la moitié du taux marginal français maximal de 75% ! Oui, Martin Feldstein nous dit exactement qu’à environ la moitié du taux marginal d’imposition français, le taux américain est déjà du mauvais côté de la courbe de Laffer : aux États-Unis, à seulement la moitié du taux français, trop d’impôt tue déjà l’impôt.

La fin de la croissance ?

En d’autres termes, au niveau actuel de la dette en France, les keynésiens ne devraient attendre aucune croissance d’un déficit additionnel. La France, à 2 000 milliards de dettes publiques, est exactement dans ce cas. Ce trimestre, les contribuables ont payé 45 milliards pour cette belle leçon d’économie que les ministres n’ont probablement pas apprise : ces 45 milliards de déficits publics au premier trimestre sont concomitants au zéro pourcent de croissance. La France est condamnée à une croissance nulle tant qu’elle sera sur cette trajectoire de politique économique.

Mais, comme diraient nos lumineux ministres, cette « croissance nulle, ce n’est pas grave » car, après tout, la « question des comptes publics est accessoire », non ? Pour le contribuable français, la question se pose donc ainsi : pour les 25 prochaines années, préférez-vous 72% (2,2% par an) ou 172% (4,1% par an) d’augmentation de votre niveau de vie ? D’accord. Alors, déménagez hors de France pour une destination où la dette publique est inférieure à 30% du PIB. Ça tombe bien, ce sera probablement un endroit où le chômage et l’impôt sont faibles.

Conclusion

Sous la double hypothèse d’une inflation et d’une croissance économique inchangées sur les trois prochains trimestres de 2014, les dettes publiques pourraient dépasser 96% du PIB à la fin 2014 (en tenant compte de la saisonnalité).

Il y aura quelques notes de conjoncture écrites en anglais et diffusées dans un mélange de confidentialité et d’indifférence générale. Elles ne seront pas traduites en français. Le 6 juin 2014, la note de crédit de la France a été abaissée à BBB+ par Egan-Jones Ratings Co., citant la « détérioration » dans les mesures de crédit de la nation et le futur renflouement des banques du pays. Si Le Monde, Le Point ou Le Figaro ont écrit trois articles, je les ai tous ratés.

Pourtant, les notes d’Egan-Jones sont bien plus importantes que les notes rose-bonbon de Moody’s ou de S&P car il a été montré à plusieurs reprises (ici et ici) que cette petite agence de notation indépendante fait des prévisions plus précises que ces deux concurrentes. Son franc-parler et son honnêteté lui ont d’ailleurs valu les gros yeux de la SEC américaine.

À supposer que BNP-Paribas et le Crédit Agricole n’aient pas besoin de l’État avant, les dettes publiques atteindront probablement 100% du PIB dans les premiers jours de l’été 2015. Ce jour-là, la télévision fera un reportage. Sur la nécessité de mettre de la crème solaire lorsqu’on regarde passer le Tour de France. La ministre de la Santé dira ses trois petits mots soporifiques de circonstance. Et puisque nous sommes dans les prévisions, ajoutons qu’une bonne partie du temps d’antenne sera pris pour interviewer les délégués d’une certaine partie du personnel des quatre ou cinq entreprises semi-publiques qui seront paralysées par les traditionnelles grèves de départs en vacances.

Rien ne change… C’est tellement vrai que je peux resservir le dernier paragraphe de mon petit livre de 1996 sur Le déficit budgétaire français sans en changer un mot :

« À l’heure où les contribuables européens acquittent plus de 15 000 milliards de francs de prélèvements par an, soit 2314000 francs par seconde, on ne pourra bientôt plus faire fi de l’importance de la fiscalité. Le jour viendra peut-être rapidement où, acculés à des déficits impossibles à combler, les responsables devront faire une place importante à l’analyse des comportements humains, en tout état de cause, une place bien plus considérable que celle qui lui est accordée aujourd’hui. »

Peut-être que je devrais convertir les francs en euros ?
Non, ce n’est pas la peine.
Au train où va la dette, nous finirons bien par sortir du Leurro…


Télécharger gratuitement l’ouvrage de Philippe Lacoude, Le déficit budgétaire français (1996).

Voir les commentaires (34)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (34)
  • Pour diminuer la dette il faut non pas reduire les deficits , je vous renvois également aux fameux multiplicateurs , mais augmenter la croissance et l’inflation qui passent par : 1)un soutien de l etat à l economie car il y a une perte de confiance des agents economiques privés 2) une politique monetaire expansionniste 3) une banque centrale qui joue son role de preteur en dernier recours .
    Sans ces 3 leviers toute tentative de reductions des deficits n amenent que recession et desinflation ( espagne, grece , portugual etc ) alors que les economies avancées qui repartent fortement ( UK et US) l ont fait grace des deficits élevés et une creation monetaire massive.

    • Gné ?
      Donc pour vous, le problème de l’endettement de l’état, de son incapacité à maîtriser les budgets de tous ses services (sécurité sociale en tête) se résout par un accroissement de l’intervention de l’état et l’impression de billet de monopoly visant à spolier les méchants individus et privés qui eux sont prévoyants et économisent.
      Vous votez Montebourg, c’est cela ?

    • A vouloir augmenter la croissance, vous me faites penser au gamin qui passe le thermomètre sur le gaz pour convaincre sa mère qu’il a de la fièvre et ne pas aller à l’école. L’état ne peut créer que de la mauvaise croissance, celle due à sa dépense, qui produit un effet d’éviction sur la bonne croissance, celle du secteur privé, qui est la seule à pouvoir créer emplois et richesses. Le retrait de l’état se traduit à court terme par du déficit, et il doit être accompagné de mesures monétaires. Mais créer du déficit et de la monnaie en imaginant que ça va se traduire par de la croissance, c’est d’une part être aveugle sur ce qui s’est passé pendant les 40 dernières années en France, et d’autre part penser que c’est la queue qui remue le chien.

    • Charles Ponzi, on t’a reconnu, tu peux toujours tenter de nous escroquer ça ne prend pas avec nous.
      Sors de ce corps.

    • il faut vous renseigné le royaume uni a réduit de moitié le déficit publique (qui était à 12 % en 2010 avant l’arrivé des conservateurs au pouvoir. la politique de relance des travaillistes a été un vrai désastre). le royaume uni a pratiqué une austérité avec cameron qui a parfaitement marché ce qui invalide vos théories absurdes. la politique de Cameron ne peut pas être considéré comme libérale, certains éléments de sa politique sont libérale, d’autres pas ce qui n’empêche que sa politique a plutôt réussi. l’austérité marche à condition que l’on pratique la bonne austérité (autrement dit que l’on ne fasse pas comme les pays d’europe du sud qui constitue en une augmentation massive des impôts). au contraire, il faut baisser les impots et les dépenses publiques. il existe suffisamment d’exemples historiques (usa dans les années, Harding a coupé les dépenses de plus de 80 % ce qui a permis d’éviter une grande dépression, Pays Bas dans les anées 80, Canada dans les années 90, Suède, Pays baltes,……). de toute facon, quand l’on vit au dessus de ses moyens et que l’on est surendetté, on est obligé de diminuer son train de vie c’est de la simple logique

    • combien d’expériences catastrophiques (république weimar, zimbabwé,…) vous faudra t il pour comprendre les dangers de l’inflation ?? l’inflation n’est ni plus ni moins qu’un impôt caché. l’inflation prive les acteurs économiques du fruit de leur travail. C’est pourquoi il faut une monnaie stable. Autres raisons pour lesquelles la monnaie doit être stable, c’est que la monnaie est un 1) instrument d’échange 2) un instrument d’évaluation commun 3) une réserve de valeur. L’inflation corrompt ces trois finalités de la monnaie. je suis choqué par le nombre de personnes qui croient qu’il suffit de faire « tourner la planche à billets » pour créer de véritables richesses. L’inflation provoque à court ou à long terme l’augmentation du taux d’intérêt en valeur nominale. Cette hausse du taux d’intérêt occasionne une augmentation du coût du crédit. De plus, lorsqu’il s’élève moins vite, en valeur nominale que le niveau des prix, alors le taux d’intérêt réel s’abaisse quelquefois pour devenir négatif. Les agents économiques sont alors sollicités pour s’endetter. Ce processus conduit à une spoliation de l’épargnant et à un enrichissement indu des emprunteurs. Les agents économiques protestent contre cette spoliation en fuyant la monnaie, c’est-à-dire en accélérant la vitesse de circulation de la monnaie et créant l’hyperinflation. L’augmentation des moyens de paiement a des effets de processus auto-entretenus avec une augmentation induite de la vitesse de circulation qui mène à l’effondrement complet du système économique

    • il faut vous renseigné le royaume uni a réduit de moitié le déficit publique (qui était à 12 % en 2010 avant l’arrivé des conservateurs au pouvoir. la politique de relance des travaillistes a été un vrai désastre). le royaume uni a pratiqué une austérité avec cameron qui a parfaitement marché ce qui invalide vos théories absurdes. la politique de Cameron ne peut pas être considéré comme libérale, certains éléments de sa politique sont libérale, d’autres pas ce qui n’empêche que sa politique a plutôt réussi. l’austérité marche à condition que l’on pratique la bonne austérité (autrement dit que l’on ne fasse pas comme les pays d’europe du sud qui constitue en une augmentation massive des impôts). au contraire, il faut baisser les impots et les dépenses publiques. il existe suffisamment d’exemples historiques (usa dans les années, Harding a coupé les dépenses de plus de 80 % ce qui a permis d’éviter une grande dépression, Pays Bas dans les anées 80, Canada dans les années 90, Suède, Pays baltes,……). de toute facon, quand l’on vit au dessus de ses moyens et que l’on est surendetté, on est obligé de diminuer son train de vie c’est de la simple logique. Les plans de rigueur sont bons pour l’économie. http://www.contrepoints.org/2011/08/12/40242-les-plans-de-rigueur-bons-pour-l%E2%80%99economie#comment-1009724 combien d’expériences catastrophiques (république weimar, zimbabwé,…) vous faudra t il pour comprendre les dangers de l’inflation ?? l’inflation n’est ni plus ni moins qu’un impôt caché. l’inflation prive les acteurs économiques du fruit de leur travail. C’est pourquoi il faut une monnaie stable. Autres raisons pour lesquelles la monnaie doit être stable, c’est que la monnaie est un 1) instrument d’échange 2) un instrument d’évaluation commun 3) une réserve de valeur. L’inflation corrompt ces trois finalités de la monnaie. je suis choqué par le nombre de personnes qui croient qu’il suffit de faire « tourner la planche à billets » pour créer de véritables richesses. L’inflation provoque à court ou à long terme l’augmentation du taux d’intérêt en valeur nominale. Cette hausse du taux d’intérêt occasionne une augmentation du coût du crédit. De plus, lorsqu’il s’élève moins vite, en valeur nominale que le niveau des prix, alors le taux d’intérêt réel s’abaisse quelquefois pour devenir négatif. Les agents économiques sont alors sollicités pour s’endetter. Ce processus conduit à une spoliation de l’épargnant et à un enrichissement indu des emprunteurs. Les agents économiques protestent contre cette spoliation en fuyant la monnaie, c’est-à-dire en accélérant la vitesse de circulation de la monnaie et créant l’hyperinflation. L’augmentation des moyens de paiement a des effets de processus auto-entretenus avec une augmentation induite de la vitesse de circulation qui mène à l’effondrement complet du système économique. http://acrithene.net/2012/10/30/linflation-est-elle-une-solution/
      http://www.institutmolinari.org/l-inflation-notre-fausse-amie,1495.html

  • Pour info : 5% de deficits avec 3% de croissanve et 3% d inflation reduit la dette de 1% alors que 1% de deficits avec 0 croissance et 0 inflation l augmente de 1 %

    • Réduire la dette en spoilant les gens par l’inflation : belle idée !

      • Et mettre des millions de gens au chomage ou augmenter massivement les impots c est une meilleure idee alors ????
        Surtout que les salaires sont basés sur l inflation , il ne s agit donc pas d une « spolation »vu qu il y a augmentation du pouvoir d achat

        • Non puisque le patrimoine diminue d’une part et qu’il existe des frottements d’autres part. L’effet Cantillon par exemple. S’agissant de votre remarque sur le chômage et du multiplicateur keynesien, j’ai l’impression de m’adresser à un étudiant qui n’a pas encore en relief la théorie fraichement acquise avec les faits passées. Parce que j’en ai une bonne pour vous : vos idées ont été appliquées et en matière de chômage cela a été plutôt raté.

          • Vous ne voyez pas la faute de raisonnement au départ. 5% de déficit augmente la dette de 5 points de PIB. 3% de croissance n’a aucun effet sur la dette. 3% d’inflation met un plancher vers les 4-5% au taux des emprunts, donc la dette augmente de 5.1 points de PIB au lieu de 5. Point barre. Antoine doit être vendeur de produits de placement à La Poste…

        • Il y a augmentation du pouvoir d’achat avec une augmentation générale des prix ? J’ai du mal à suivre le raisonnement.
          A moins que vous pensiez que les salaires (surtout en période de crise) soient flexibles et indéxés sur l’inflation. Naïf que vous êtes.
          D’autant qu’il y a bel et bien spoliation sur l’épargne en devises (qui représente la quasi-totalité de l’épargne des classes moyennes et riches modérés) puisque celle-ci baisse en valeur.

          Chyprez-donc les assurances-vies pour rembourser un train de vie ahurissant, ce sera moins vicelard…

    • Bonjour antoine
      Fallait pas faire de dette.
      On le dit depuis 40 ans.
      C’est à cause de gens comme vous que l’on est dans le mur.
      On connais la solution, elle est douloureuse, le reste c’est de l’enfumage, comme vos interventions.

  • 1% du PIB injecté par les banques centrales augmentent le PIB de 0,38% aux US et 0,18% en UK

    • Keynesianisme : Pour chauffer une pièce, il suffit de mettre un chalumeau sous le thermomètre… Et d’arrêter qd cela les rideaux prennent feu !

    • Donc pour 1% du PIB de dette en plus on a 0,4% de croissance en plus (au mieux).
      C’est moi ou c’est un multiplicateur inverse ? Du style : « Il faut s’endetter 2,5 fois plus que ce que l’on gagne en croissance »

      A moins que ce ne soit qu’un accroissement de la masse monétaire (par la BC seule, ce qui est absurde mais bon…). Mais alors injectons 10% du PIB, on aura une croissance à 4%, injectons 100% du PIB, on aura 40% de croissance ! Qu’attendons-nous !

      L’inflation doit être le fruit de la croissance, pas l’inverse, c’est absurde.

    • Il me semble que vous oubliez un minuscule détail. Tout responsable (individu, chef d’entreprise, chef d’état) décide de sa stratégie de gestion des coûts, d’investissement, d’emprunt … Et ensuite il va voir son banquier …
      Et convaincre le banquier est une autre paire de manches …

      Un pays ou l’Europe peut bien faire tourner la planche à billet. Mais le jour où les prêteurs le lâche, c’est tout simplement la faillite. Croyez vous que votre discours est encore recevable aujourd’hui, et surtout qu’il nous permettra d’échapper à une comparaison défavorable qui fera flamber les taux d’intérêts de la dette française dans un avenir proche ? Croyez vous que les prêteurs vont se presser pour être remboursé en monnaie de singe ? Pensez vous que l’on peut vivre aux crochets des autres sans même leur fournir de garantie ?

    • Magnifique, Antoine.
      Magnifique déjà parce que votre maitrise de la langue est à l’image de votre maitrise de l’économie :
      votre phrase signifie en bon français que ce sont les USA et dans une moindre mesure UK qui profite des injections de monnaies par les banques centrale partout dans le monde…
      Mais sans doute vouliez vous dire que les injonctions de monnaie par les banques centrales profitent à l’économie ? Pas de bol, là encore votre phrase signifie que le rendement d’une injection monétaire est négatif, et que dans le meilleur des cas pour 1 dollar investi dans l’opération vous en récupérez 0.38.
      Du coup, et à votre insu, vous produisez une loi qui explique les « magnifiques » performances économiques de l’Allemagne de 1922-1923, du Zimbabwe du début des années 2000, etc. Çà fait envie, tiens 🙂

      Mais bon, si vous croyez vraiment que ce genre d’opération est bénéfique, n’hésitez pas à vous associer avec tous les autres « Antoine » de France, qui croient ce genre de ***, en tout cas qui votent pour. En effet si j’en crois les résultats aux élections, tous les « Antoine » de France sont bien assez nombreux et riches pour injecter non pas un minable 1% du PIB, mais au moins 10%.
      Alors, les Antoines, pourquoi ne faites vous rien ? Oh, et bien sûr vous pouvez garder toute la croissance supplémentaire de cette injection, bien sûr 🙂

  • Il faudrait tout de même changer au moins un mot dans le petit paragraphe de 1996, à part la conversion des francs à l’euro. Les IRRESPONSABLES, qu’il est largement le temps de traduire devant des tribunaux. Dans leur folie de tout légiférer ces horribles personnages ont su tout de même s’épargner la prison et la déchéance financière suite aux conséquences catastrophiques de leurs actions. Tant qu’il ne seront pas sévèrement punis pour de tels actes criminels, nous irons de déficits en dettes sans que rien ne change vraiment. Au regard de la situation, un « dirigeant  » de l’état devrait rendre des comptes très précis à l’issu de son passage à « l’économie et aux finances » ; et à ce moment la vous verrez bien que les pures âneries keynésiennes seront définitivement abandonnées.

  • Oui mais allons nous vers les 200% du PIB et une implosion de l’euros ?

    Oui et on fait quoi maintenant avec 10 Millions de Fonctionnaire et assimilés 7 millions d’utiles, les 3 millions on les mets ou ?

    Faut quand même voir le problème insoluble, c’est réellement terrible et ces gens ne sont pas des objets ok nos politiques ont merdés pendant des 10 années ok il ne faut pas s’endettés ok il ne faut pas ….

    Mais maintenant on fait quoi c’est pauvre fonctionnaire n’ont rien demandé à personne, il ne travaille pas de la journée pas de leur faute il n’y a rien a faire, nous sommes tous responsables, euh non la je refuse.
    Donc on tape dans le gras équité privé – public, impositions à 15% ni plus ni moins pour tous on supprime les niches fiscale, on supprime la secu , on supprime tous qui n’est pas régalien passage dans le privé, on supprime le sénat , on supprime 50 % des députés, on supprime 50 % des nouvelles région, on supprime les départements, on agrandis les communes, on supprime le code du travail , on supprime le smic , on supprime les niches d’impots pour les sociétés toute à 15 % uniquement, ….

    bref dans 15 ans on n’y sera à 200% du PIB , les gens pauvre auront doublés, et on sera dans un état encore plus terrible…

    Pour moi la solution vient du peuple, ce fonctionnement n’a plus lieu d’être et tant que le peuple n’en a pas pris acte dans sa vie de tous les jours ca ne changera rien.
    Actuellement c’est la classe moyenne qui nourrit tous le monde alors quand elles dira non stop c’est fini je paille plus je travaille plus je ne veux plus, les pauvres seront plus pauvre et les politiques crieront au scandale . Et la peut être ça bougera avant ça sert a rien …

    Mais pour moi la France est le plus beau pays du monde mais le plus terriblement égoïste …

    Bref messieurs les économismes, vous êtes tous très pertinent mais totalement inaudible, mais que vous avez raison …

  • vais adresser les voeux à mon maire, avec la note qui lui revient. C’est la moindre des choses lorsque qu’on veut être un élu parfait et apprécié de ses supérieurs de la haute fonction publique.

  • Pour ceux qui veulent suivre la dette au jour le jour !
    http://www.oxoty.com/

  • que des politiciens abusent de la croissance dans leurs déclarations publiques si ça conforte leur pouvoir ! ils y tiennent tant
    Quant à l’ adoration aveugle de nombreux « économistes  » eux je m’ interroge parce que
    on peut faire venir 500 000 personnes et il faudra bien construire des infrastructures entres autres il y aura une euphorie économique une dizaine d’ années au plus et la gueule de bois pendant des décennies c’ est avant maintenant et demain mes enfants – je pense au fameux regroupement familial
    en conclusion la croissance cela peut parfois etre comme l’ alcool mais les durées sont plus longues
    Les parents ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacé ( c’ est un très vieux proverbe

  • non, la dette publique n’est pas de 2000 milliards mais de plus de 5000 milliards d’euros (cour des comptes). les 2000 milliards ne sont que la partie émergé de l’iceberg

  • Ça y est, la dette de la France a franchi le seuil symbolique de 2000 milliards d’euros, et ce malgré des prélèvements publics qui sont déjà parmi les plus élevés du monde.
    Encore ne s’agit-il la que de la dette de l’État :
    Elle ne comprend ni la dette sociale, ni la dette des collectivités locales, ni les dettes hors bilan, comme les engagements de pension.
    Il n’est pas possible de continuer indéfiniment ainsi, et il à craindre que face à une dette devenue monstrueuse des spoliations massives ne se préparent, que ce soit sur le modèle chypriote, ou par un alourdissement supplémentaire d’une fiscalité déjà devenue folle.
    Il faut briser le cercle vicieux : plus l’État rackette ses sujets, plus ceux-ci sont dépendants de lui, donc plus il a besoin de moyens, et plus il s’endette, et plus il rackette…
    Interdire tout déficit nouveau par voie constitutionnelle, faire confiance à l’initiative privée partout où cela est possible, et donc réduire les besoins de l’État, engager un vaste plan de cessions pour accélérer le désendettement.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

On se souvient qu'au lendemain de la libération de la France, le général de Gaulle avait créé avec Jean Monet le Commissariat général au Plan pour redresser et moderniser l’économie française, et ce fut un succès.

Il avait dit :

« Il faut que les objectifs à déterminer par le Plan revêtent pour tous les Français un caractère d’ardente obligation ».

Aujourd’hui, il serait utile que les Français et leurs dirigeants considèrent que la réindustrialisation du pays est « une ardente obligation » car il n’y a pas d’autre solutio... Poursuivre la lecture

Si le renouveau revendiqué par Emmanuel Macron pour son second mandat présidentiel signifie qu’il ambitionne de renouveler, au sens de reconduire, le « quoi qu’il en coûte » budgétaire des années précédentes, on peut dire que le Projet de loi de finances 2023 ou PLF 2023 présenté lundi dernier en Conseil des ministres répond à merveille à cette ambition. Il n’est que de comparer les avis successifs de la Cour des comptes ou du Haut Conseil des Finances publiques (HCFP) rendus chaque année sur le sujet pour s’en convaincre.

Avec une rég... Poursuivre la lecture

Le gouvernement doit chaque année résoudre un problème récurrent : le budget.

Il consiste à faire correspondre une liste de dépenses prévues, ordinairement classées dans l’ordre des ministères qui les présentent à l’approbation des parlementaires, avec une liste d’impôts et de taxes. Les gouvernements n’ont en effet aucun autre moyen que ces deux instruments pour se procurer de l’argent.

Depuis plus de 40 ans néanmoins, devant la difficulté d’équilibrer ses comptes, le gouvernement a fait appel au crédit. Comme chacun le sait, c... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles