La chute du rouble n’intéresse pas Poutine

Vladimir Poutine 2 (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)

Le rouble a perdu 15 % en une semaine, mais Poutine n’a pas perdu son aplomb

Par Jacques Garello.

Vladimir Poutine 2 (Crédits World Economic Forum, licence Creative Commons)

Depuis le début de l’année, la monnaie russe a perdu 36% face au dollar. Mais la semaine dernière a vu le rouble s’effondrer de façon spectaculaire : 15%. La Banque de Russie a renoncé à défendre sa devise et l’inflation va s’élever sans doute jusqu’à 20% ou davantage, puisque la Russie doit importer produits et investissements étrangers.

La raison en est bien simple : c’est la chute du cours du pétrole. Face aux gaz de schistes et aux découvertes de nouveaux gisements, l’or noir ne cesse de perdre de sa valeur. L’OPEP n’a pas osé bloquer les exportations de pétrole, sachant qu’elles seraient inefficaces, puisque l’organisation ne contrôle plus aujourd’hui qu’un gros quart de la production mondiale. Donc les flots de pétrole à bon marché (70 dollars le baril) vont continuer à déferler sur les marchés mondiaux. Or, la Russie dépend essentiellement de ses exportations de gaz et de pétrole. Cette dépendance est devenue plus visible depuis que les pays occidentaux se sont ligués pour faire pression sur le Kremlin accusé à juste titre d’annexion des régions ukrainiennes.

Voilà l’arroseur arrosé. Poutine pensait tenir les Européens à sa merci, puisque la Russie exporte ses produits pétroliers vers l’Europe centrale et de l’Ouest, et principalement l’Allemagne. Mais la chute des cours mondiaux desdits produits inverse la dépendance, au moins dans l’immédiat.
Cela va-t-il suffire à infléchir la politique extérieure du Kremlin ? Point du tout. D’une part, Poutine persiste à se déclarer victime d’un complot de la part des Américains et de l’Union Européenne. D’autre part, après la Crimée et l’Ukraine, c’est en Moldavie maintenant qu’il porte la guerre civile, avec l’intention de rattacher la région septentrionale de la Moldavie à la mère-patrie. Faute d’exporter son pétrole, Poutine exporte ses chars.


Sur le web