Les questions au gouvernement que vous n’entendrez pas cet après-midi

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Les #QAG qu’on ne risque pas d’entendre cet après-midi à l’@AssembleeNat !

Par Le Parisien Libéral.

Manuel Valls en juin 2014 (Crédits Philippe Grangeaud Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Alerte rouge ! Alors que la France est à 2 000 milliards d’euros de dette et que 5 millions de Français sont au chômage, la classe politique s’inquiète de savoir si le président Hollande se représentera en 2017, commente la présence de crèches dans telles ou telles villes ou cherche à savoir qui est le plus socialiste… Pourtant, et même si l’abstention croissante illustre la défiance grandissante du peuple envers ses élus, ces derniers sont quand même mandatés pour trois missions essentielles : voter le budget, voter les lois et contrôler l’action du gouvernement.

Entre le vote pour un budget en hausse ET en déficit et la validation de propositions de lois absurdes, il reste quand même le contrôle de l’exécutif, notamment par le biais de la procédure des questions au gouvernement. Suggérons à nos députés de poser les questions suivantes :

Question au Premier ministre, Manuel Valls
Les résistances au projet de loi Macron proviennent avant tout de votre parti, le Parti Socialiste. Elles prouvent que vous n’avez plus de majorité. Il paraît que vous vous voyez au pouvoir jusqu’en 2017. Et si vous suggériez plutôt une dissolution, suivie de votre démission ?

Question au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve
Félicitations, vous êtes toujours ministre, et vous n’avez pas démissionné, malgré la mort du jeune manifestant Rémi Fraisse. Votre priorité, après l’affaire de l’agression de Créteil, c’est, comme vous l’avez affirmé, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Pourquoi ne pas élargir votre propos à la lutte contre toutes les violences, y compris contre celles qui touchent les gens lambda comme cette jeune femme dont les médias n’ont pas parlé, « violée parce que française » ? Pourquoi donner l’impression que toutes les atteintes à l’intégrité physique des gens ne se valent pas ? Et puisque le racisme est un sujet, allez-vous y adjoindre la lutte contre la christianophobie et la germanophobie ?

Question au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius
La SNCF va donc payer des réparations pour son rôle dans la déportation des juifs durant la Seconde Guerre Mondiale, de la France pétainiste vers le IIIème Reich. Cela signifie-t-il que la France va revoir sa position sur les réparations demandées par la république d’Haïti pour le rôle de la France dans la traite des noirs, sujet que le président Hollande a toujours refusé de considérer, ou bien faut-il estimer que les Français de 2014 n’ont pas à devoir payer pour les fautes de leurs ancêtres, qu’il s’agisse de la Shoah ou du commerce triangulaire transatlantique ? L’État, qui au passage n’a pas d’argent, va-t-il contester cet accord ?

Question au ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem
Les classements relatifs à l’éducation montrent qu’on est de plus en plus mauvais en tout et les meilleurs dans l’augmentation des inégalités. Madame Belkacem, à quand la liberté des communautés éducatives plutôt que des directives venues d’en haut et qui ne produisent rien de bon en matière d’éducation ?

Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira
On constate, partout dans le monde, un grave recul de la liberté d’expression sur le net. La France, qui aime combattre pour les Droits de l’Homme, va-t-elle s’exprimer sur le sujet, et réviser sa position sur le sujet, ou bien va-t-elle continuer à faire passer des lois qui permettent, par exemple, à des fonctionnaires de lire les mails des citoyens, sans contrôle d’un juge ?

Question au ministre des Finances, Michel Sapin
Quand allez-vous cesser de vous moquer du contribuable ? Depuis que Hollande a affirmé qu’il n’y aurait plus de nouveaux impôts, 6 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires ont été programmés ou confirmés. Les Français n’en peuvent plus ! Quand allez-vous entamer la remise à plat de la fiscalité en France ?

Question au ministre de la Fonction publique : Marylise Lebranchu
La classe politique tente de faire croire que le statut est consubstantiel à notre conception du service public, alors qu’il relève d’une simple contingence historique. Madame Lebranchu, à quand une remise en cause du statut des fonctionnaires ?

Évidemment, ne parlons plus du vote du budget de l’État, il semble normal que l’on vote un budget dans lequel on dépense 1,20 euro pour 1 euro de taxes et impôts collectés, sans baisser de 20 centimes la dépense publique…


Lire également les précédents épisodes de la série : 

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