Violences policières : Taubira doit agir

Christiane Taubira (Crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Plutôt que de parler des violences policières aux États-Unis, le garde des sceaux devrait se concentrer sur celles commises en France…

Par le Parisien Libéral.

Christiane Taubira (Crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Le garde des sceaux de la République française, Christiane Taubira, a cru bon de commenter une décision d’un jury populaire de l’État du Missouri, visant à ne pas inculper le policier Darren Wilson pour homicide volontaire de Mickael Brown.

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Chacun pourra arguer du fait que Christiane Taubira a bien le droit d’avoir ses opinions personnelles, y compris quand il s’agit de ne rien dire quand son collègue et désormais supérieur Manuel Valls innove et crée des dangereux précédents en violant les libertés civiles, dans le cadre de l’affaire Dieudonné. Taubira n’a rien trouvé à redire à Valls, à ce moment-là. Pourquoi ?

En revanche, ce que chacun pourra constater, c’est que pendant que Christiane Taubira commente une décision de justice aux États-Unis, elle ne parle pas de la violence policière, ici, chez nous, en France. Le sujet serait-il trop tabou ?

Certes, toujours sur Twitter, Christiane Taubira avait évoqué le cas Rémi Fraisse.

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Mais où sont les critiques contre le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve ? La solidarité entre ministres serait-elle plus forte que la nécessité de dénoncer des méthodes de répression du ministère de l’intérieur ?

Et sans aller jusqu’à ce cas extrême, qui s’est soldé par la mort d’un manifestant, pourquoi n’a-t-on pas entendu Christiane Taubira sur le cas de ce retraité parisien frappé par un policier ?

Et où était Christiane Taubira quand il fallait dénoncer les violences, ici chez nous en France, dans le contexte de la répression de la Manif Pour Tous ?

Par ailleurs, on sait que la coalition de gauche qui soutient François Hollande est très attachée aux promesses du candidat Hollande. Pourquoi n’entend-on pas Christiane Taubira pour rappeler que la suppression des contrôles d’identité au faciès était justement une promesse de campagne ? Voilà un sujet précis, concret, qui correspond à une violence symbolique et qui est, de plus, un de ces fameux « marqueurs de gauche », sur lesquels on n’entend pas la garde des sceaux. Pourtant, alors qu’il paraît que le gouvernement socialiste lutte contre la méchante extrême-droite, les contrôles d’identité continuent d’exister bien qu’ils soient un héritage direct, parmi d’autres mesures, de Vichy.

Enfin, il existe une inégalité fondamentale que n’évoque jamais ce gouvernement pourtant, dit-il, tellement attaché à l’égalité. C’est le fait que lors d’un procès entre un policier et un citoyen non policier, le policier pourra toujours invoquer le délit d’outrage à agent, et gagnera toujours. C’est légal, certes, mais pourquoi ne pas supprimer cette loi ? On n’entend pas Christiane Taubira suggérer aux parlementaires de mettre un tel projet de loi à l’agenda. Il y a pourtant des rapports qui montrent que certains policiers abusent des plaintes pour outrage à agent. Pourquoi Christiane Taubira ne tweete-t-elle pas pour dénoncer les abus des policiers en matière d’outrage à agent, ici chez nous en France, surtout qu’en plus, alors que le citoyen paie sa défense, c’est le contribuable qui paie celle du policier ?

Les États-Unis en général, et le Missouri en particulier, ne sont pas des modèles de vertu, c’est certain, mais pas moins que l’Europe en général et la France en particulier. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’une personne aussi littéraire et éloquente que Christiane Taubira ne peut pas ne pas connaître la parabole qui parle de la paille dans l’œil du voisin et de la poutre qu’on a dans le sien.

Le blogueur L’Hérétique écrit que Christiane Taubira devrait réfléchir avant de parler. Soyons plus précis : Christiane Taubira ferait mieux d’abandonner Twitter pour se mettre au travail (le vrai, pas celui qui consiste à aller défendre le mariage pour tous à l’Assemblée Nationale). Entre la surpopulation carcérale et les violences policières dont des Français de tout âge, de toute condition sont victimes tous les jours, il y en a, effectivement, du boulot !


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