Canada : trois hourras pour les nouvelles applications de covoiturage !

Manifestation des taxis contre Uber à Londres (Crédits : David Holt, licence CC-BY-SA 2.0), via Flickr.

De nouvelles applications permettent aux Québécois de mieux profiter de la libéralisation du marché des taxis !

En France, le covoiturage n’échappe pas à la réglementation, et imaginer qu’il puisse être une source de revenu pour les conducteurs suscite des réactions pour le moins contrastées. Peut-être serait-il temps de regarder ce qui se passe au Canada pour s’en inspirer… Cet article de l’Institut économique de Montréal ajoute un nouvel élément de réflexion. 
Par Michel Kelly-Gagnon.

Manifestation des taxis contre Uber Londdres Credit David Holt (Creative Commons)

On peut dire que l’arrivée des applications de covoiturage commercial à Montréal n’est pas passée inaperçue. Non seulement les médias en parlent sans arrêt, mais la compagnie montréalaise Taxi Diamond a annoncé un plan de modernisation à hauteur d’un million de dollars pour faire face à cette nouvelle source de concurrence.

C’est bien, car ces nouvelles technologies représentent une opportunité pour l’industrie de se réinventer. Mais d’une manière ou d’une autre, les usagers vont bénéficier de cette concurrence accrue.

Tel que mes collègues l’ont affirmé dans notre publication la plus récente, ces applications permettent aux chauffeurs de taxi de trouver des clients plus rapidement, et aussi à d’autres personnes d’offrir plus aisément des services de transport. Les avantages les plus importants résultent de l’utilisation plus efficace des ressources de transport grâce au covoiturage. Une étude réalisée à New-York a révélé qu’un partage entre passagers pourrait réduire d’environ 40% le nombre total de kilomètres parcourus. Ceci aiderait à réduire la taille et la fréquence des embouteillages, les émissions atmosphériques polluantes, et les prix et temps d’attente pour les consommateurs.

Déjà, des études ont confirmé que ces applications ont considérablement réduit les temps d’attente. Dans le marché de San Francisco par exemple, 93% des consommateurs ayant utilisé des applications de covoiturage les jours de semaine ont attendu 10 minutes ou moins l’arrivée de leur véhicule après avoir passé leur appel, contre à peine 35% des clients ayant utilisé les services traditionnels de taxis.

Le coût est un autre avantage. Une enquête menée dans 21 grandes villes américaines indique que pour une course ordinaire de 5 milles à 30 mi/h sans marche au ralenti, l’utilisation d’Uber coûte moins cher que le taxi partout sauf à New-York et à Philadelphie.

Parlant de coût, plusieurs ont soulevé des préoccupations concernant la question de la « tarification de pointe » qui fait en sorte de hausser les prix lorsque la demande devient très forte à un moment donné en comparaison du nombre de voitures disponibles. Eh bien, en réalité, c’est une bonne chose que les prix augmentent, conformément à la logique économique de l’offre et de la demande. Ça encourage des chauffeurs à temps partiel à offrir leurs services, ce qui prévient les pénuries qui surviennent autrement en pareilles périodes. Entre un service un peu plus cher ou aucun service, qui préférerait ne pas avoir de service ?

C’est certain que les chauffeurs de taxi qui ont déboursé des sommes extraordinaires pour leurs permis de taxi – qui valent environ 200 000 $ à Montréal aujourd’hui – ont raison de craindre que leur valeur chute. Comme l’explique mon collègue Vincent Geloso dans sa chronique de samedi dernier, une politique de compensation partielle serait une façon juste et efficace d’aborder ce problème.

Mais surtout, il faut voir que grâce à l’arrivée de ces applications, une véritable transformation de l’industrie du taxi est en train de voir le jour. Les mesures qui seront prises par les gouvernements devraient tenir compte des bénéfices incontestables produits par ces entreprises innovantes.


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