Roms : le double discours de l’État

Évacuation des camps de Roms : devant les caméras, les élus s’indignent ; confrontés à leurs administrés, ils signent des arrêtés d’expulsion.

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Roms : le double discours de l’État

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 octobre 2014
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Par le Parisien libéral

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Comme d’habitude. Un camp rom est démantelé aux portes de Paris, et d’éminents représentants de la gauche s’émeuvent. Entre Libération qui titre « Roms : la gauche face à ses contradictions » ou les tweets de Cécile Duflot, on est servi !

En effet, ce que la gauche, actuellement au pouvoir, refuse de voir, c’est que non seulement il n’y a pas d’un coté une méchante droite adepte du discours de Grenoble et de l’autre une gauche humaniste qui tente de surmonter ses « contradictions », mais qu’en fait, il y a une incompatibilité totale entre la façon dont la France, de gauche comme de droite, est gérée, et le mode de vie des Roms.

En effet, que reproche t-on aux Roms, et pourquoi se sont-ils fait expulser de ce camp à Bobigny mardi, et à Paris, Nantes ou Lille précédemment ? D’une part, ils occupent des terrains de manière illégale, d’autre part, ils vivent dans des conditions insalubres.

Hollande et Valls se conduisent comme Sarkozy et Hortefeux, et ce depuis le premier jour du mandat socialiste en 2012. Pourquoi ?

C’est simple : vu la façon dont la France fonctionne, il ne peut pas en être autrement. En effet, habiter en France ne peut pas se faire hors du cadre que l’administration a défini. Et en même temps, habiter en France implique un certain nombre de droits, comme celui de pouvoir scolariser gratuitement ses enfants dans l’enseignement primaire et secondaire, « gratuit » et obligatoire.

Dans le cadre de l’expulsion de Bobigny, l’administration a suivi les règles, et ces règles découlent de la loi – loi votée par les députés. Avec une majorité socialiste à l’Assemblée Nationale, le PS pourrait très bien, s’il le voulait, amender ces règles. Il ne le fait pas ? Pourquoi ?

Parce que tous ces cumulards de députés sont aussi, très souvent, des maires. Et quand on est un élu de terrain, à l’écoute des habitants, les belles idées humanistes développées au sein de la rédaction de Libération ou de L’Humanité font face à la réalité : non seulement les habitants, les contribuables, ne veulent pas de roms à coté de chez eux, mais en plus les maires, y compris socialistes, de Ayrault à Aubry, en passant par Delanoë et Hidalgo, sont d’accord avec eux. Le constat est identique chez les maires communistes, comme l’arrêté d’expulsion signé il y a trois jours par la mairie de Vénissieux le démontre.

Si le gouvernement n’était pas d’accord avec l’administration et ses pratiques, il y aurait toujours la possibilité de révoquer les préfets en charge des expulsions. À d’autres occasions et pour d’autres motifs, Manuel Valls a déjà révoqué des préfets. Ici, rien de tout cela. C’est donc que globalement, le PS est droit dans ses bottes, et approuve.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On continue ces absurdes expulsions qui créent des nouveaux SDF et des délinquants ? Déjà, il pourrait y avoir un début de solution si les gens comme les journalistes de Libération ou Cécile Duflot se bougeaient. Au lieu de regretter ces expulsions, pourquoi ne cherchent-ils pas à héberger des roms chez eux ? Ensuite, si on veut laisser à des gens l’opportunité d’ « émigrer » en France, peut être qu’on pourrait aussi envisager de ne plus lier présence sur le sol national et accès gratuit à des services publics comme l’Éducation nationale ou la santé. Le mot émigration est ici à prendre avec du recul puisqu’il s’agit, dans le cas des Roms, d’une migration intra-européenne.

C’est pourquoi, en réalité, les roms sont une opportunité. Leur présence en France est l’occasion pour que nous réexaminions notre système social au sens large, et la façon dont il est financé. Plutôt que cette fausse gratuité (payée à crédit) à propos de laquelle on nous ment tous les jours, peut-être pourrions nous envisager que chaque travailleur en France perçoive son salaire complet et finance lui-même ses dépenses de santé, d’éducation, etc.

La question Roms permet aussi de soulever celle du stupide droit au logement. Comment la loi peut-elle s’engager à garantir un logement à chaque personne sur le territoire ? Par définition, cela n’a aucun sens. Pire, cela aboutit, si on le croise avec l’obligation d’habiter dans un logement décent, à ces expulsions suivies de relogement là où c’est possible. Est-ce que les scolaires du Xeme arrondissement et les contribuables parisiens ont à subir la décision de la préfecture de Seine-Saint-Denis ?

On sait qu’il existe un consensus politique pour dire que les Roms, on n’en veut pas. De Anne Hidalgo à NKM, en passant par Valls ou le FN, tous diront que le pays n’a pas vocation à accueillir toujours plus de Roms. Mais on sait qu’il existe aussi un consensus médiatique qui consiste à dénoncer les attaques contre les Roms. Simplement, ces bons sentiments sont plus faciles à tenir au cœur du 3eme arrondissement de Paris que dans les quartiers nord de Marseille. Il va falloir que les élites politico-médiatiques réconcilient ces deux points de vue. Pour cela, peut être pourraient-elles commencer par remettre en cause le système social français.

Il existe une alternative à la schizophrénie étatique actuelle. Elle consiste à attribuer aux Roms, comme à tous les Européens, le bénéfice de la liberté de circulation, tout en admettant que le système social français ne peut plus demeurer en l’état. Elle consiste, par exemple, à se dire que peut-être que les Roms se sentent mieux dans un bidonville, même insalubre de Seine-Saint-Denis, que dans un quasi ghetto de Roumanie. Dans ce contexte, la France, tout en allégeant ses critères définissant la salubrité minimale d’un lieu, pourrait se concentrer sur la mise en œuvre du respect du droit de propriété. Si les Roms trouvent, en France, des terrains que des propriétaires seraient prêts à louer, pourquoi ne pourraient-ils pas y vivre ?


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  • louer des térrains pour que les rooms s’y installent….pourquoi pas , mais en y méttant des règles ; il faut qu’ils puissent régler leur note d’eau et d’électricité , comme tout le monde , mais aussi les obliger à vivre dans la propreté , histoire que le térrain en question ne se transforme pas en décharge ; il faut que les rooms mettent aussi de la volonté s’ils veulent être accepté ;

    • bonjour marie,si vous permettez , je suggère que l’on commence par 1) Obliger les dirigeants de leurs pays d’origine qu’ils aient à conserver chez eux leurs ressortissants ; faute de quoi = arrêt des subventions européennes.
      2)Escorter manu militari les dits Roms aux frontières d’où ils sont partis
      3) Sanctionner sévèrement toutes associations d’aide et de soutien à ces migrants opportunistes

  • Les Roms comme tous les nomades sont des socialement proches qui font concurrence aux socialistes au pouvoir pour s’accaparer les richesses d’un territoire. Ca explique les persécutions dont ils sont l’objet depuis des décennies, les communistes n’ayant pas été les plus tendres avec eux, bien au contraire.

  • Bon article

    L’énorme contradiction politico-mediatique sur le sujet est évidement patente:

    En poursuivant votre raisonnement notamment sur cela:

    Elle consiste, par exemple, à se dire que peut-être que les Roms se sentent mieux dans un bidonville, même insalubre de Seine-Saint-Denis, que dans un quasi ghetto de Roumanie. Dans ce contexte, la France, tout en allégeant ses critères définissant la salubrité minimale d’un lieu, pourrait se concentrer sur la mise en œuvre du respect du droit de propriété. Si les Roms trouvent, en France, des terrains que des propriétaires seraient prêts à louer, pourquoi ne pourraient-ils pas y vivre ?

    On peut étendre cela à toute une frange de la population précaire: SDF ou semi-SDF, chromeurs de longue durée, ect ect ces personnes pour beaucoup, vivraient beaucoup mieux dans une communauté autogérée à la campagne … mais permis de construite obligatoire fin de l’histoire …
    En allant plus loin encore on peut se dire que l’administration a horreur de ce genre de solution car c’est un angle fondamentalement déflationniste … le drame absolue d’un pays/peuple/entité surendetté.

    Voir article ci-dessous du nouvel OBS

    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141021.OBS2729/entre-sens-et-fontainebleau-le-village-des-naufrages.html

    Beaucoup mieux qu’être SDF à Paris, mais interdit

  • Le double discours, l incohérence entre le discours et les actes sont la marque de fabrique de nos « elites » , donc rien de étonnant que la façon de gérer les roms soit traitée de même .

  • Je suis actuellement aux Canaries et j’essaie de m’installer près de la plage sous une tente, je suis surpris car ici, ça ne marche pas comme en France! Je viens d’être chassé par les flics. Je serais tellement bien au soleil en touchant des allocs !

  • C’est le pain des bobo-socialo, on peut tout faire avec l’argent des autres, seulement les autres sont maintenant plumés.

  • J’aime beaucoup votre « opportunité ».

    Vous avez parfaitement raison : on peut penser que lorsque des centaines de milliers de Roms supplémentaires auront débarqué… alors l’élastique cassera, forçant du même coup les politiciens à modifier les règles du jeu.

    C’est cynique, mais efficace. Et cela s’applique parfaitement aussi aux migrations plus lointaines.

    Quand plusieurs millions d’Africains en guenilles auront débarqué au sud, façon Camp des Saints… alors il se passera forcément quelque chose.
    😉

  • Allez, c’est moi qui vait la faire :

    si les roms sont une telle « opportunité », monsieur le libéral-bobo-citoyen du monde, pourquoi n’acceuillez vous pas une famille rom dans votre jardin ?

  • Les Roms posent le problème plus général de ceux qui préfèrent vivre dans la misère et aux dépens des autres plutôt que subir la moindre contrainte, comme travailler, respecter des horaires, payer un loyer, des taxes, des charges, etc.
    Comme les Roms ne touchent pas le RSA, contrairement à beaucoup de nos concitoyens, il ne leur reste que le vol ou la mendicité pour survivre.
    Je sais qu’écrire cela me classe automatiquement dans la catégorie des salauds de racistes, mais n’y a-t-il pas un fond de vérité ?

  • La schizophrénie des pouvoirs publics, plus que de la gauche sur cette question, a déjà été dénoncée de multiples fois. On ne peut pas promouvoir l’intégration si on l’empêche par des évacuations ou des expulsions. Par contre, cet article mélange tout et ne nivelle pas par le haut, mais bien par le bas.
    Première erreur, il n’y a pas de mode de vie particuliers de « Roms », le nomadisme est la conséquence des expulsions, tout comme la vie en communauté. Pour preuve, les bidonvilles sont des baraques et rarement, des caravanes. A ne pas confondre avec les Gens du Voyage.
    Deuxième imprécision : Occuper un terrain de manière illégale comme vous dites n’empêche pas d’avoir accès à des droits comme la loi le rappelle. C’est l’occultation de ces droits qui crée l’insalubrité. Lorsque des mesures existent pour empêcher l’accès à des emplois jusqu’en 2014, que les droits élémentaires sont bafoués, nous créons les conditions de la pauvreté des personnes. Si on ferme les emplois, on empêche d’accéder à un revenu, donc à un logement. Et après le discours est que ces personnes sont fainéantes, volent, mendient. Si on empêche, la domiciliation, on empêche la scolarisation ou l’inscription en crèche, on retrouve les enfants dans la rue, avec les parents. Et après les discours disent que ce n’est pas normal, que ces enfants ne devraient pas mendier, on parle de réseau. On fantasme en gros. (Et encore, je ne parle pas du « raz-de-marée » de gens en guenille prêt à nous virer de notre propre pays »…)
    Troisième erreur : à Bobigny, l’enjeu électoral a poussé le maire a édité un arrêté d’évacuation, et donc d’appliquer son pouvoir de police. Sous le prétexte d’un problème de sécurité, il met des gens en danger en les renvoyant dans la rue. Le jugement du tribunal en amont avait pointé le fait qu’il n’était pas établi que l’insécurité du lieu était plus grave que l’insécurité causée par la mise à la rue de familles.
    Quatrième, les bidonvilles ne sont pas roms. C’est un raccourci tellement efficace qu’on oublie la complexité du sujet.
    Et je passe sur la question de la salubrité minimum (bien entendu les pauvres devraient être contents de ne plus vivre dans la boue, mais dans les champignons et contracter des maladies, dont ils devront payer les soins par eux-mêmes, etc. Je ne vous souhaite pas, par des accidents de vie, de vous trouver à cette place) et la remise en cause de la solidarité du système social dont on a tous profité largement. On ne finance pas nos dépenses de santé et d’éducation pour la simple et bonne raison que même complet notre salaire ne pourrait couvrir ces frais.

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