Transition énergétique : alerte aux journalistes partisans !

micro journalistes credits audio luci store it (licence creative commons)

Les Français attendent des médias, et particulièrement de France Culture, qu’ils soient plus objectifs.

Par Michel Gay.

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La catastrophe de Fukushima, c’est-à-dire le tsunami qui a déferlé sur les côtes, se résume trop souvent dans l’opinion publique à l’accident nucléaire de la centrale du même nom à cause du remarquable travail de désinformation des grands médias attirés par les sirènes catastrophistes des antinucléaires. Ces derniers oublient systématiquement de rappeler que les 20 000 morts et les centaines de milliers de victimes sont dus à la submersion des terres et qu’il n’y a eu, et qu’il n’y aura, aucune victime due à la radioactivité selon l’Organisation mondiale de la santé. Les migrations forcées ont été en grande partie motivées par la dévastation du tsunami, et non par la contamination radioactive.

Que le citoyen moyen, non technicien, puisse « gober » les fantasmes des antinucléaires autoproclamés experts du domaine, passe encore. Mais que des journalistes, dont le métier est d’informer, puissent véhiculer ouvertement une attitude partiale et entretenir l’ignorance voire la peur irrationnelle, devient insupportable pour l’intelligence et la réflexion qu’ils s’honorent pourtant de valoriser.

Ainsi, par exemple, mercredi 30 Juillet 2014, le « 7-9 » de France Culture consacré à la transition énergétique, en résonance avec la présentation du projet de loi de Ségolène Royal au Conseil des Ministres, montre le refus d’aborder avec pédagogie et objectivité le sujet du nucléaire, traité en seconde partie du «débat».

Le « débat », tel qu’annoncé par le journaliste-animateur Rafaël Bourgeois, qui affiche sa défiance vis-à-vis du nucléaire, porte sur l’absence de précision concernant la réduction de la part du nucléaire dans le projet du Ministère de l’énergie et de l’écologie. Deux écolos anti-nucléaires farouches, par ailleurs familiers de cette antenne, sont invités « à en débattre » : Hervé Kempf, journaliste dissident du Monde, créateur du journal de l’écologie « Parterre », et Yannick Rousselet de Greenpeace. Où est le débat ?

Il n’y a notamment personne pour modérer le représentant de Greenpeace qui en profite pour affirmer des contre-vérités avec aplomb.

– Ainsi, selon lui, la production nucléaire, dans laquelle on n’aurait pas investi pendant des années, nécessiterait une forte élévation du coût de l’électricité, ce qui sous-entend une augmentation insupportable. Et bien sûr, rien n’est dit du coût des énergies complémentaires ou alternatives, ni de celui des économies d’énergie. Nos centrales nucléaires ont bénéficié d’une maintenance régulière leur permettant d’être rénovées au fil des décennies. Contrairement aux préjugés communs, cette modernisation permet aux plus anciennes centrales d’être adaptées au niveau des performances techniques et de sûreté les plus récentes. Ceci est vérifié et garanti par l’Autorité de sûreté nucléaire. Malgré ces investissements, ces installations conservent un coût de production plus faible que les centrales à énergies fossiles, et surtout que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques qui produisent de manière intermittente. Ces derniers ne s’imposent qu’à coût de subventions prohibitives et d’obligations d’achat, coûte que coûte… Les autres producteurs sont pourtant indispensables pour compenser leurs brusques variations non maîtrisées au risque d’une perte de stabilité de l’équilibre production-consommation du réseau électrique.

– De plus, la France importerait son électricité de l’Allemagne. Voilà un argument déroutant pour le béotien qui a entendu pendant des décennies que la France était exportatrice nette d’électricité vis-à-vis de tous ses voisins grâce à son parc nucléaire ! Des journalistes devraient avoir la curiosité d’analyser l’évolution des échanges frontaliers d’électricité au cours des dernières années. Ils constateraient que le bilan import-export France-Allemagne, qui apparaît déficitaire, est en fait toujours positif. En effet, la Bavière, particulièrement pénalisée par l’arrêt de la moitié du parc nucléaire allemand après mars 2011, ne peut être alimentée massivement que via la Suisse. L’augmentation des flux d’importation d’électricité de la Suisse à partir de la France, et d’exportation corrélative de la Suisse vers l’Allemagne, sont explicites.

journalistes rené le honzecD’autres mensonges ou approximations, non relevés par l’animateur du « 7-9 », pourraient être cités. Il pourrait lui être reproché d’avoir préparé un pseudo-débat, un entre-soi, en n’invitant aucun professionnel du domaine susceptible d’apporter un contrepoids aux écologistes, souvent experts autoproclamés et professionnels de la désinformation. Les Français attendent des médias, et particulièrement de France Culture, qu’ils soient plus objectifs.

Cette industrie nucléaire, enviée et sollicitée à l’étranger, compte parmi nos plus grands fleurons et devrait constituer un motif de fierté et non de dénigrement. Elle est aussi depuis une trentaine d’années la garante d’une électricité relativement peu chère (deux fois moins chère qu’en Italie ou en Allemagne).

De plus, l’électricité d’origine nucléaire nous permet d’économiser quelque 40 Mds d’euros d’importation d’énergies fossiles (gaz et charbon) chaque année.
Le retour à un meilleur taux d’emploi en France passe aussi par la réinstallation en France de l’industrie dont la compétitivité est directement liée au prix de l’électricité.

Qu’une chaîne franco-allemande de télévision écolo-sympathisante comme Arte fasse des reportages avec un parti-pris systématique antinucléaire est de notoriété publique. Cette chaîne participe à la diversité des opinions. Mais si une grande radio d’information comme France Culture commence à diffuser des émissions partisanes et orientées par une idéologie politique, fût-elle écologiste, alors il y a péril en la demeure.