François Hollande, l’homme malade de l’Europe

Un tour d’horizon impertinent de l’actualité politique, économique et sociétale !

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François Hollande, l’homme malade de l’Europe

Publié le 10 octobre 2014
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Par Serge Federbusch.

François Hollande CC flickr Mathieu Delmestre Parti socialiste

L’étau se resserre sur Moi-Président. Sa ruse initiale est éventée : rogner à peine les dépenses publiques et surtout augmenter les impôts en ciblant les ménages qui ne votent pas socialiste. Puis attendre que l’économie reparte miraculeusement ou, à défaut, effrayer nos partenaires européens pour qu’ils nous renflouent en créant de la monnaie.

Aucun de ces calculs n’a été pertinent. La croissance ne repart pas, l’économie stagne, les déficits augmentent et l’Europe se cabre. Les chiffres de l’indice Markit sur le commerce de détail publiés dernièrement sont à proprement parler catastrophiques. Le dernier enfumage en date a accompagné lundi la présentation des prévisions budgétaires pour 2015. Les économies envisagées ne tiennent en réalité qu’à deux postes : la baisse des transferts aux collectivités locales pour 3,66 milliards d’euros et celle de la charge des intérêts pour 2, 31 milliards. L’État ne fait que très peu d’effort de restructuration. Départements, régions et communes augmenteront leurs taux d’imposition et leur endettement d’autant que leur fiscalité est largement tributaire de l’immobilier aujourd’hui en crise. Quant aux intérêts versés sur la dette, le risque que les taux remontent est désormais plus grand que la poursuite de leur baisse. Bref, tout n’est que poudre aux yeux dans le budget français et, plus grave encore, il n’existe aucun facteur de rebond conjoncturel. Les prévisions de déficit présentées à Bruxelles ne respectent pas nos engagements antérieurs et continuent de minorer grandement les périls qui menacent nos finances publiques.

Du flanby dans la seringue

Le problème est que la technostructure européenne ne fait plus semblant de ne pas s’en apercevoir. En outre, l’affaiblissement politique des socialistes français en font des tigres de papier qui n’effrayent plus grand monde, comme le calvaire bruxellois de Moscovici le montre tous les jours. Bientôt, la Cour de justice de l’Union puis, de nouveau, le Tribunal constitutionnel allemand vont rappeler l’impossibilité juridique de racheter les dettes publiques. Avez-vous déjà vu du Flanby dans une seringue ?

Le gouvernement se comporte comme si son espérance de vie n’était plus que de quelques mois, réclamant patience et indulgence et cherchant désespérément un eurocrate à duper comme Richard III cherchait un cheval à échanger contre son royaume. Dans ce désastre, le dernier atout français est l’insouciance apparente des milieux financiers internationaux qui continuent de prêter au Trésor à des taux très faibles. Pourquoi cette aberration ? L’abondance mondiale de liquidités due aux rotatives à imprimer les dollars est encore grande mais, surtout, les analystes pensent que la discipline germanique finira par nous contraindre et, dans le pire des cas, ils estiment que le gouvernement français fera un hold-up sur l’épargne des ménages pour honorer ses dettes.

Ces conjectures sont empreintes d’un angélisme inquiétant face au blocage total dans lequel nous sommes. Elles oublient justement que le pouvoir en France ne peut plus imposer ce type de mesures et que les députés les repousseraient.

Mais le premier qui dira la vérité risque de faire éclater la bulle qui gonfle les marchés financiers depuis deux ans. De la même manière qu’aucun gouvernement européen ne veut prendre l’initiative d’avouer que l’euro n’est pas viable en l’état. Mutisme, mensonge et aveuglement collectifs confortent pour peu de temps encore la pratique « hollandaise » du pouvoir.

Que peut-il se passer dans les semaines qui viennent ?

imgscan contrepoints 2013856 françois hollande angela merkelD’abord, l’affaiblissement politique de Hollande va s’accélérer. Le fait de passer le mistigri budgétaire aux collectivités locales va lui aliéner davantage les élus clientélistes dont Aubry a décidé de se faire le porte-drapeau. Sachant que les députés sont pour la plupart des notables locaux, les rangs des frondeurs vont s’étoffer. C’est bien pour cela que Sapin et consorts proclament qu’en aucun cas ils n’envisagent d’autres économies ou réformes : ils savent qu’ils n’ont de toute façon plus de majorité parlementaire pour les faire adopter.

On en vient donc à ce qui va se jouer entre Bruxelles, Berlin, Karlsruhe et Francfort. Comment la Commission, la BCE, Merkel et les juges constitutionnels allemands vont-ils réagir à la fin de non-recevoir que la France va – à peine poliment – leur adresser ? Pourront-ils simuler qu’ils accordent le moindre crédit aux promesses de réformes françaises qui ne seront du reste que bredouillées ? Après ses multiples mises en garde, il est désormais quasiment impossible à la Commission européenne de ne pas mettre en branle les mesures de sanctions prévues par les traités.

En Europe, les procédures sont alambiquées à l’extrême, ce dont Sapin essaye de jouer. Il y a d’abord celle dite du déficit excessif sous le coup de laquelle se trouve la France depuis plusieurs années. La Commission a réitéré un avertissement à ce sujet en mars dernier, sans succès. Sauf à se ridiculiser, elle fera probablement une recommandation au Conseil en proposant des sanctions. Les 28 États membres doivent ensuite statuer sur cette proposition à la majorité qualifiée inversée. Cela signifie qu’une majorité renforcée d’États membres doit se prononcer contre la recommandation pour que celle-ci soit rejetée. Autant dire que, contrairement à ce que raconte Sapin, la situation est très mal engagée sur ce terrain.

Ce dernier tente donc d’entretenir la confusion en faisant référence à la procédure dite du « two Pack » qui oblige, au surplus, depuis 2013, les États à communiquer avant le 15 octobre de chaque année leur projet de budget à la commission. Dans ce cadre, c’est effectivement in fine aux parlements nationaux de décider de suivre ou non les demandes de rectification budgétaire. Mais cela ne suspend en rien la première mécanique décrite. Contrairement à ce que laisse accroire l’enfumeur sapinier, la deuxième arme bruxelloise ne se substitue pas à la première, elle la complète.
Quoi qu’il en soit, la parole gouvernementale française est chaque jour plus discréditée et les divisions entre Français et Allemands vont s’étaler sur la place publique. Dans ces conditions, les risques de sanction européenne sont l’arbre qui cache la forêt. Ce n’est pas une amende de 0,2 % du PIB qui changera grand-chose à la catastrophe annoncée. Le vrai danger est l’altération de la garantie germanique implicite donnée à notre dette. Ne restera alors, pour rassurer les marchés, que l’hypothèse d’une spoliation des comptes d’assurance-vie. Vous voyez ce qu’il vous reste à faire ?

Ratatouille ratatiné

hollande homme malade rené le honzecLe sort d’Eurodisney préfigure-t-il celui de la France ? Depuis quelques temps déjà, notre pays est saisi d’un démon passéiste qui avance sous un masque festif, grimé de bons sentiments et d’écologie. Illustrée abondamment par les opérations d’amusement collectif lancées par Delanoë à Paris, cette dérive emprunte à la logique du parc de loisirs.

Convaincu que cette identité de carton-pâte est sa dernière carte pour drainer du touriste, Eurodisney a d’ailleurs joué son va-tout, il y a quelques mois, avec une nouvelle attraction : « Ratatouille », ce cousin lointain du rongeur Mickey adepte de haute gastronomie. Anne Hidalgo s’est reconnue dans cet animal et a entrepris le voyage de Marne-la-Vallée pour lui tirer la queue. Las ! Rien n’y fait. Le visiteur européen désargenté ne mord pas au fromage, l’attrape souris reste désespérément vide de toute proie. Le résultat est atterrant, les pertes se creusent et 15 000 emplois sont en jeu.

C’est bientôt tout l’État national d’attractions qui menacera faillite. La presse mondiale n’est que récriminations contre ce peuple rouspéteur, incorrigible et endetté qui ne donne plus envie qu’on lui rende visite. C’est Ratatouille ratatiné.

Par où Thévenoud on t’a pas vu sortir

Alors qu’un député UMP se voit menacé de sanctions pour avoir utilisé un scandaleux masculin, parlant de « Madame le président », Thévenoud, secrétaire d’État météorique, continue de traiter tranquillement sa phobie administrative sur les bancs de l’Assemblée sans être dérangé plus que cela. Il est vrai que chez les Thévenoud, Madame et Monsieur étaient atteints du même mal.

Primaires supérieures

Cette affaire de primaires à droite commence à devenir inquiétante ou intéressante selon les points de vue. Si elles échouent, la pluralité des candidats de droite dite républicaine risque de conduire à un deuxième tour entre Le Pen et un représentant du PS. Au vu de la dégradation accélérée de l’image de ce dernier, il faut désormais envisager une possible victoire frontiste. La démission rapide de François Hollande devient une véritable nécessité républicaine. On devrait demander à Valérie et Aquilino de lui adresser une supplique en ce sens.

Sur le web 

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  • Moyen très simple pour les collectivités territoriales pour augmenter les impôts locaux sans pour autant en passer par une augmentation des taux : il suffit qu’elles demandent une révision des valeurs locatives des biens bâtis aux services fiscaux.

    • Ce qui serait relativement juste… mais ferait très mal aux bien anciens dont un des principaux arguments est, outre le « charme de l’ancien », le charme d’une imposition locale modérée…

      • Ne vous inquiétez pas : les révisions foncières sont de plus en plus demandées par les dites collectivités en mal d’argent.

        Au surcroît, ceci permet aux élus de se dédouaner sur le dos de l’administration fiscale.

    • « Moyen très simple », tous trouvent des moyens :
      l’Etat transfère aux collectivités,
      les communes trouvent le moyen de transférer aux classes moyennes, ou par compression du personnel transfèrent ainsi à Pole Emploi.
      Bref, chacun son astuce pour se débarrasser du mistigri !
      Un jeu d’hypocrites !

      • Revenons à la revalorisation des valeurs locatives 70 à la demande des collectivités territoriales : le montant des taxes foncières et d’habitation flambe. Mais le montant des plafonnements en fonction des revenus pour les mêmes impôts augmente en conséquence, plafonnements, qui, ne l’oublions pas, sont pris en charge par l’Etat.

        Bref, du grand n’importe quoi : ce que l’Etat pense gagner en économie en baissant le montant des dotations aux collectivités territoriales, il le perd en subventionnant des plafonnements sans cesse plus importants en raison de l’augmentation des taux votés et de l’augmentation des VL70.

        On se croirait vraiment chez les shadoks.

  • « ils estiment que le gouvernement français fera un hold-up sur l’épargne des ménages pour honorer ses dettes »

    Voilà le fin fond de l’histoire que d’aucuns dénonçaient depuis longtemps et la vaste supercherie de Hollande & consort qui se cache derrière le discours type « les marchés financiers nous font confiance et la France n’a jamais emprunté à un taux si bas ». Depuis longtemps on dénonce la duplicité hollandaise, son incapacité de vision et de compréhension de l’économie réelle, sa faculté à ne comprendre qu’une seule politique, au niveau local comme au niveau national, la cavalerie financière. Qui est le modus vivendi de l’apparatchik socialiste français (fonctionnaire) qui ne voit l’économie que par le petit bout de la lorgnette du poste « dépenses ». Les hommes politiques comme lui n’existent que par le poste « dépenses ». Un homme politique qui n’a fait qu’une carrière dans le public n’existe et ne comprend l’économie que par le poste « dépenses ». LE poste « recettes » ? Quoi, de quoi me parlez vous ? Avez-vous fait l’ENA (sic!) ? Moi, oui ! Sacrebleu ! Arrêtez ce mensonge !

    Que sont les hommes politiques français et internationaux aujourd’hui qui n’ont vécu que dans la fonction public et n’ont connu que le poste « dépenses ». Ils sont des Madoff, ce sont des escrocs. Ils ne font, comme le présente l’article, que de fabriquer de la fausse monnaie et de l’injecter sur le marché en favorisant les grands comptes qui en échange prêtent de l’argent pour leur politique « puits sans fonds » qui les favorisent. Vous avez dit 20.000 lobbyistes à Bruxelles et 18.000 à Washington… A qui sert le lobbying sinon à racler les fonds de tiroir des politiques publiques, au détriment de ceux qui produisent réellement la richesse.

    L’économie mondiale est une pyramide de Ponzi, comme on le savait depuis longtemps. L’écroulement est la suite logique de la construction d’un château de cartes. Il n’en restera que la partie réelle, ce sur quoi on pourra reconstruire une véritable économie, réelle et non virtuelle. La partie réelle de l’économie est celle des échanges réels non financiers. L’éclatement des bulles financières n’en est qu’à son début ; celle sur laquelle survit l’État français est au bord de l’implosion. Tiens, encore une qui va se gonfler sous peu : on annonce cette semaine des taux « jamais aussi bas pour emprunter et acheter dans l’immobilier ». Variables, bien entendu ! La crise des subprimes n’a-t-elle pas commencé ainsi ?

    Escrocs, bonimenteurs, cavaleurs : la trilogie des décideurs mondiaux aujourd’hui.

    • « La partie réelle de l’économie est celle des échanges réels non financiers. » Tous les échanges réels ont une contrepartie financière : l’opposition entre les deux n’est pas fonctionnelle en soi. En revanche, les BC prennent lentement conscience qu’injecter au moins 10000 milliards dans l’économie mondiale n’a pu que l’affaiblir durablement. C’est ça, la bulle financière : l’écart croissant entre les promesses illusoires liées aux injections monétaires destinées à soutenir les dettes publiques et la réalité des conséquences néfastes et non anticipées de ces injections. Le problème de la finance mondiale, c’est l’illusion de la sécurité des dettes publiques : les Etats ne produisant rien, ils ne peuvent pas rembourser. La crise aura lieu lorsque les marchés auront pris conscience que la valeur future des dettes publiques est nulle.

      • Pas forcément. Quand l’économie repart de zéro après un clash, elle peut le faire par un système d’échange hors financier, le troc, qui lui permet de repartir sur des bases saines et non financières, par l’échange de biens et services qui nécessite l’établissement d’un système de valeur et de change, même si la complexification et l’élargissement de l’économie nécessite d’accéder assez rapidement à un niveau monétaire pour sortir de l’échange local.

        La crise est déjà là puisque les banques, les assurances et les États ont pris conscience depuis longtemps qu’ils se refinancent tous eux-mêmes entre eux dans une bulle sans savoir où est la véritable caution initiale (réserve d’or…) qui seul matérialiserait cette richesse initiale prêtée, dont seule dépend la réalité financière du monde actuel. En l’absence de cette réalité financière (dirais-je « de base »), tous les mécanismes successifs de transferts financiers, des plus petits aux plus grands, sont fictifs. La pyramide de Ponzi est là, dans son plus parfait mécanisme. Tout est virtuel. Comme toute l’économie est virtuelle, il n’y a aucune angoisse à créer une virtualité financière supplémentaire. Sauf qu’un jour, même au Monopoly, il faut passer à la caisse. Le monsieur montre ses gros yeux et dit : « Montrez nous la réalité de votre caution ? Avec quoi et quand allez-vous rembourser ? Pas en empruntant, je ne peux racheter votre dette car celui qui me prête cet argent pour vous refinancer est celui à qui vous prêtez de l’argent…

        Pour l’instant, tous se refilent à la queue leu leu la patate chaude « à toi, à moi » en se disant : « si le premier qui flanche est assez loin de moi, le tsunami ne m’atteindra pas en premier ». Mais toutes les aiguilles des voyants sont dans le rouge. Les plaques tectoniques de l’économie sont au bord de la rupture. Les bulles ont depuis longtemps dépassé l’acceptable, +300, 400%…1000%… de l’économie réelle. L’argent présent sur les marchés ne vaudra bientôt plus rien.

        • Restera l’économie réelle : « Bonjour Madame, je voudrais une baguette de pain. »

        • Votre raisonnement est exact jusqu’à ce que vous lui donniez une ampleur qui paraît excessive. Toute l’économie n’est pas virtuelle loin de là, et ce n’est pas la finance en soi qui la rend fictive, mais l’afflux inconsidéré de dettes publiques dans le monde entier. La bonne finance (privée et responsable car cautionnée par la création de richesses) rend l’économie prospère possible, au-delà du simple troc caractéristique de la pauvreté absolue, tandis que la mauvaise (publique et irresponsable car cautionnée par la spoliation) provoque une perte de globale de potentiel et, à long terme, quand la croissance s’est définitivement évanouie, il ne reste que des dettes à rembourser car nous ne sommes pas encore morts. Nul besoin de prédire la fin du monde. Dans le cas de la France, réduire les dépenses publiques de 33% dans un premier temps (les ramener à moins de 40% du PIB hors remboursement de la dette) fera déjà assez mal comme cela.

          Une remarque à propos de la finance qui serait déconnectée de la réalité. Le chiffre de 750 000 milliards d’actifs financiers sous gestion directe et dérivée est souvent avancé en comparaison des 80 000 milliards de PIB mondial pour clamer qu’il y aurait un problème. Mais c’est une peur sans rapport avec la réalité. Un exemple pour comprendre de quoi il s’agit. Quand vous assurez un bien immobilier de 100 000 euros pour une prime annuelle de, disons, 300 euros, ce n’est pas votre revenu qui doit être mis dans la balance mais votre patrimoine. En effet, dans le bilan financier qui sera réalisé, ce sont bien les 100 000 euros de votre patrimoine assuré qui vont apparaître. Il en va de même pour le reste du monde. Les estimations de patrimoine mondial dépassent largement les fameux 750 000 milliards. Encore une fois, ce n’est pas le montant qui pose problème mais la part de dettes publiques dans l’ensemble, car elles détruisent la croissance, contrairement aux croyances des socialauds-keynésiens au pouvoir. Parce qu’elles tuent la croissance, ces dettes sont notoirement surévaluées et il faudra passer par la case crise pour revenir à leur juste évaluation, nulle à terme.

          Cette crise est la crise terminale des Obèses publics qui, comme la rivière rentre dans son lit après la crue, doivent être désormais strictement et fermement réduits, sans remords ni regrets, ni vaines injections monétaires, ni inutile relance budgétaire, ni absurde tricherie sur les taux d’intérêts.

          • Le problème est beaucoup plus large que celui des dettes publiques même si j’abonde dans votre raisonnement. Quand on voit un Facebook valorisé à 100 milliards de $ alors que son CA réel peine à dépasser le milliard de $, on se dit qu’il y a un problème dans notre monde, et de communication, et de valorisation de l’économie, ces deux derniers mélangeant leurs techniques dans une nouvelle espèce de poker menteur. La folie de la dette publique prend sa source bien avant tout dans cette folie irraisonnée des marchés financiers qui se sont cru tout permis avec les produits dérivés liés à la nouvelle économie. C’était logique, le financier bassement cupide seulement intéressé par le nombre de zéros du compte en banque pouvait faire des fortunes en utilisant seulement des nouveaux algorithmes n’ayant rien à voir à un produit manufacturé.

            Il faut se rappeler quand même que la crise de 1929 fut la suite logique d’un début d’afflux massif de capitaux dans l’industrie liée aux nouvelles méthodes proposées par Taylor qui permettaient aux investisseurs de faire des économies d’échelles jamais réalisée auparavant. Dans la novelle économie, on assiste au même phénomène. Dans mon métier, la musique, l’informatique remplace 10 à 20 métiers qui se pratiquaient encore dans les années 1960/70/80. On a suggéré depuis longtemps dans la nouvelle économie, et on le croit toujours, que l’afflux des nouvelles technologies va tendre à supprimer le travail humain qui sera supplanté par des robots (qui gèrent déjà les marchés financiers avec perte de contrôle humain). Ces nouvelles entreprises amènent les investisseurs à croire à un nouvel eldorado économique à plus ou moins juste raison, basé sur la fin du travail et l’hypothétique « fin de l’histoire » (humaine?). De plus, cette nouvelle économie tend à supprimer un des facteurs économétriques représentant la plus grosse partie des charges de production : le facteur humain. Les délocalisations vers des pays à faible coût de travail étant le corolaire de cette politique inexorable de bas cout de production (dont l’horizon réel est la robotisation) qui entraîne à son tour des cohortes de chômage des pays à hauts coûts de production et donc des pays où l’interventionnisme étatique est de plus en plus important pour contrer les effets délétères des stratégies économiques des multinationales sur les zones de production très coûteuses.

            L’adaptation à un monde qui change n’étant jamais suffisante, la pression sur le coût du travail fut incessante, et celle sur les États protecteurs de leurs populations le fut de manière identique. Les multinationales créant à leur tour des fonds de pension prêteurs pour clientéliser/emprisonner les États dans une spirale de la dette. Alors qu’elles avaient précédemment asséché les politiques économiques par une concurrence déloyale et massacreuses d’emplois.

            Le retour de bâton ne se fait pas attendre. Les pouvoirs publics sont amenés à s’endetter, ou pour transformer la société en une société des loisirs (rejoignant ainsi le projet moderniste de la robotique), à compenser les saillies importantes effectuées par la robotisation dans l’ancien monde économique par l’assistanat et la dette publique (la mise au chômage des travailleurs de l’ancien monde entraîne l’un et l’autre), et aussi compenser les manques à investir dans l’ancienne économie réelle (celle de tous les jours) qui ne draine plus les investissements les plus importants.

            Tout en oubliant au passage qu’une tablette informatique ne nourrira jamais autant qu’une de chocolat.

            Au passage, l’informatique ouvre un univers de possibilités et de phantasmes mais ne consolide pas l’ancien monde, qui continue d’exister, car les hommes respirent encore mais pas les robots (on aurait rapidement tendance à l’oublier, l’ordinateur autonome n’a pas besoin de pain et d’oxygène) créée des ghettos, financiers et humains, accélère le processus de déséquilibre économique. On l’a bien vu quand la virtualisation des placements gérés désormais à la nanoseconde par des robots financiers décalait la vie économique de l’humain vers le virtuel.

            Les robots vont bientôt demander leur indépendance. Ce sera pour le XXI siècle. Terminator IV n’est vraiment pas si loin. Les humains vont bientôt être de trop. C’est évident dans la tête de Mark et de Bill. Ne doutons pas d’eux, ils créeront alors des fondations pour lutter contre la pauvreté… qu’ils auront contribué à créer.

            Je ne suis pas pour autant un moine copiste et je travaille tous les jours sur l’informatique, mais je constate les conséquences du changement de paradigme, qui voit désormais une nouvelle génération technologique toutes les 3 semaines. Qui seront les prochains (inadaptés) à être mangés ? Peut-être vous !

    • +10000
      Analyse , tout a fait exacte et malheureusement complète dans ses conséquences

  • Votre conclusion n’est pas du tout gentille pour le compte d’assurance vie de Juppé.LOL

  • Cette affaire de primaire est juste la n-ième occasion qu’a saisie la droite d’imiter la gauche… Ln a vu le résultat!

  • Le constat nous le faisons tous. Enfin tous, tous ceux qui sont lucides. Il faut se débarrasser de cette caste politique qui détruit l’économie du pays depuis 30 ans.
    Problème : ils ne vont lâcher le pouvoir sur simple admonestation, les radicaux-socialistes « de droite » vont simplement remplacer les radicaux-socialistes « de gauche lors des prochaines élections, comme depuis 30 ans.
    Donc, pour « pousser » tout ce joli monde (enfin pas si joli que ça…) dehors, il va falloir autre chose que de voter pour les sempiternels partis radicaux-socialistes UMP & PS.

    Personnellement, je considère que nous sommes TOUS responsables de cet état de fait. si nous allions régulièrement, en délégation, voir nos députés et que nous leur faisions sentir bien vertement notre fort mécontentement (à coup de tomates bien mures par exemple…) les politicards seraient surement plus attentifs à ce qu’ils font et aux conséquences de leurs choix.

    Deux solutions s’offrent donc à nous :

    1) Aller mettre quelque coups de pieds aux fesses des élus responsables de cette catastrophe et enfin recadrer un peu les choses. Les élus sont à notre disposition, et pas le contraire.

    2) Voter systématiquement pour le FN, ou Debout la République ou qui vous voulez mais pas EEL, PS ou UMP lors des élections. Cela va permettre de se débarrasser peu à peu de ceux qui empêchent tout renouveau politique en France.

    Em même temps, l’un n’empêche pas l’autre, au contraire, l’efficacité n’en serait que meilleure.

    • Le français malheureusement a une mentalité de cocotte-minute. Il n’y a pas de stade transitoire dans son exaspération, qui permettrait la négociation, entre le tout petit mécontentement contre une taxe banale de stationnement et l’explosion ultime qui aboutit à l’incendie de la Nation, à l’éradication physique pure et simple de ses représentants. Ces derniers d’ailleurs profitent largement de la situation caractérielle du peuple pour mettre en place des politiques dignes des plus belles expressions dictatoriales. « Les français sont des veaux que l’on mène à l’abattoir ». Pourtant, à échéance régulière la bête à corne voit rouge et enfonce tout ce qui est sur son passage. Le passage en question arrive.

      • les français ont les responsables politiques qu’ils méritent !!!!

        • Oui et non. J’avais ce débat récemment ici même sur Contrepoints avec une autre personne qui défendaient votre thèse et je lui objectais qu’avant d’avoir Internet, les informations qui circulent désormais sur le net étaient très difficiles à obtenir à moins d’être un spécialiste de la finance mondiale, un spécialiste intégré des budgets ou de la politique économique. Moi même ayant voté pour la première fois aux européennes de 1979 et ayant une formation économique de second cycle universitaire, il m’a fallu plus d’une décennie pour comprendre les mécanismes délétères qui étaient en jeu en France, et qui étaient portés par une élite de droite et de gauche, une oligarchie défendant ses privilèges, tous issus du même moule, ds mêmes écoles et des mêmes cercles ou clubs de pensée. Jusqu’au début des années 2000, l’opposition droite gauche était encore opérationnelle et fonctionnelle dans les débats… Elle est depuis caduque. La prise de conscience, malgré la lecture de bon nombre d’auteurs lucides, ne nous avait pas préparé à une telle collusion des élites, contre le peuple. D’autant plus que cette collusion étaient dénoncée depuis longtemps, mais par des gens infréquentables ni crédibles politiquement. Cet ostracisme politico-médiatique renforçait le consensus autour de l’oligarchie, qui nécessairement « travaillait pour le bien des français ». Le consensus était autour de 80%… Résultat d’une élection pas si lointaine, en 2002…

  • « l’impossibilité juridique de racheter les dettes publiques » : nos braves « représentants » vont contourner le problème grâce à la titrisation. La BCE ne peut pas racheter directement les dettes des Etats. Modifier les traités demanderait trop de temps face à l’urgence de la crise. Mais rien dans les traités ne lui interdit de racheter aux banques en faillite des véhicules innovants labellisés « Europe », composés de sous-jacents nationaux par définition invisibles.

    • La BCE non, mais elle crée 1000 milliards de fausse monnaie qu’elle prête aux banques , qui aussitôt achètent les obligations des états, DOnc… ça revient au même !!

      • Pas vraiment. Vous devez vous demander qui porte la responsabilité du risque de défaut. Pour l’instant, ce sont encore les établissements financiers, pas la BCE. La manipulation consiste à loger le risque dans les comptes de la BC, ce qui revient à le faire disparaître car on se souvient que tout ce qui entre dans une BC retourne au néant (du moins à terme, quand la BC aura renoncé à se faire rembourser, comme la Fed l’a déjà promis), de même que tout ce qui en sort apparaît du néant. La contrepartie de la disparition à terme du risque, c’est évidemment l’inflation/dépression. Finalement, rien de nouveau dans cette affaire. C’est ainsi que procèdent les Etats endettés, depuis toujours.

  • Selon « le Point » Juppé est actuellement en train de tisser discrétement un réseau d’alliances (avec des centristes et des gens de gauche) de manière à pièger Sarkozy.
    Sarkozy bruyamment soutenu par des braillards imbéciles qui font peur aux conservateurs, serait battu par une coalition conservatrice pro-Juppé.
    Mais avec Juppé ce sera le retour de l’immobilisme chiraquien.
    Peu de réformes de fond.
    Maintien des privilèges pour les métiers protégés (notaires, médecins, pharmaciens…).
    Préservation du mille feuilles qui resterait quasi en l’état actuel.

    Bref , à nouveau, CINQ ans de perdus.
    La perspective de voir Juppé à la place de Hollande me fout la rage.

    • Il n’y aura plus de CINQ ans; ça va exploser avant !!

    • Avec une pareille coalition il est sur de finir à l’échafaud le papy Jupette

    • Récemment, j’étais à table avec plusieurs convives, dont certains votent à gauche, d’autres à droite.
      Je posai la question: « voyez vous une différence entre, disons, Juppé et Fabius? »
      Ils ont tous répondu, après quelque reflexion, « non! ».
      Je pense que les Français sont de plus en plus conscients que c’est tout le système ENA qu’il faut remettre à plat.

      • Vous avez raison et je l’ai constaté aussi de mon côté depuis bien longtemps. Les hommes politiques n’ont pas de segmentation politique en fonction d’un choix de société/idéologie droite/gauche, mais bien en fonction de leur appartenance ou non à un corps d’élite, l’ENA étant le plus ségrégationniste et présentant le plus de cohésion. L’ENA est une secte dont les intérêts sont supérieurs à ceux de la France. Sa survie dépend de leur solidarité sans faille. Un démissionnaire de la haute fonction publique (Bruno Le Maire) est un vendu. A choisir entre leur caste et l’oligarchie qu’elle génère, ils choisiront toujours la secte et ses obligations/rites. C’est le problème principal de la France. On dira d’untel qu’il est Ponts, Mines ou Ulm… ENA, HEC ou Polytechnique, bien avant de présenter son parcours professionnel, même à plus de 50 ans. Le parcours sera secondaire dans l’attribution d’un poste ou d’une responsabilité. L’école et le rang de sortie primeront sur tout autre critère.

        Les énarques nous objectent en permanence de la méritocratie républicaine pour réclamer leur dû dans les fonctions les plus recherchées de l’appareil d’État français. Les hautes fonctions des entreprises nationalisées puis du CAC 40 sont devenues à leur tour une part de leur chasse gardée. A part pour le lobbying dont on les sait capable pour faire avancer les dossiers en haut lieu grâce à un carnet d’adresse fourni en sortie de promotion composé de 6000 membres influents, on ne comprend pas bien pourquoi ils seraient plus performants qu’un responsable promu par l’échelon interne ou venant du privé. Ils réclament maintenant la haute main sur les fonctions électives, qui seraient devenues, de droit divin, leurs domaines réservés. D’autant qu’ils arguent de l’impossibilité du non-énarque de faire bouger désormais la haute fonction publique contrôlée uniquement par leur pairs. Par ailleurs, il serait temps de signaler que la méritocratie dont ils se targuent n’est prouvée dans leur cas qu’au niveau scolaire, la Nation rassemblée connaissant bien désormais les dégâts commis dans l’exercice de leurs fonctions au cours de leur carrière. Si la méritocratie était étendue à leur carrière et à l’efficience réelle qu’on peut y déployer (études quantitatives et qualitatives), et pas seulement au classement de sortie d’un examen passé entre 22 et 25 ans, il n’y aurait certainement pas autant d’énarques aux plus hautes fonctions de l’Etat français, leur sur-représentativité étant à ce niveau infamante et totalement détachée de la réalité de leurs compétences et de leur carrière, dont ils ne doivent le seul mérite qu’à ce fameux classement de sortie, même 30 années après l’avoir obtenu.

        Il serait temps qu’un barème de compétence soit établi lors de la carrière de ces apparatchiks qui n’ont depuis trop longtemps plus aucun compte à rendre à personne.

  • Hélas il faut rajouter a cela le fait que la presentation du budget relève d’une escroquerie pure puisque le retrait de l’ecotaxe a été annonce très audacieusement 24h après l’accord donne par Bxlss au budget français. Retirons y 1 Mrd € et il ne passe plus! http://2kismokton.blogcitoyen.fr/budget-et-europe-encore-le-choix-du-gouvernement-des-juges/

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