Mafia et globalisation : un aperçu du phénomène

Quelles sont les origines contemporaines de l’essor économique des organisations criminelles ?

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mafia credits global panorama (licence creative commons)

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Mafia et globalisation : un aperçu du phénomène

Publié le 3 octobre 2014
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Par Sylvain Fontan.

mafia credits global panorama (licence creative commons)

L’essor économique de la criminalité organisée mondiale trouve ses origines dans la globalisation, l’effondrement de l’URSS et les effets des attentats du 11 septembre 2001. Parallèlement, les structures de ces organisations criminelles se sont progressivement calquées sur celles de l’économie légale. Enfin, il convient de souligner que la frontière entre activités légales et illégales est de plus en plus ténue du fait de l’interpénétration des deux sphères.

Origines de l’essor économique

La globalisation économique et financière a favorisé l’activité des organisations criminelles. En effet, l’interconnexion des circuits financiers ont accéléré la circulation des capitaux illicites. De plus, l’apparition de nouveaux produits financiers opaques a facilité les opérations de blanchiment. Enfin, la dilution des frontières et l’accroissement des facilités de circulation entre les pays a démultiplié le potentiel de domaines qui s’opèrent par nature au niveau mondial tels que le trafic de drogue, d’armes ou d’êtres humains.

L’effondrement de l’URSS a joué un rôle majeur dans le développement des activités criminelles. En plus des implications géopolitiques et géoéconomiques de la chute de l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) au tournant des années 1990, les conséquences en matière de criminalité organisée ont été particulièrement fortes. En effet, la fin de la guerre froide et la perte des aides financières qui en ont résulté ont amené les forces gouvernementales d’un certain nombre de pays à rechercher d’autres moyens de financements basés sur le trafic de matières premières. Dès lors, ce phénomène a conduit à l’émergence de « zones grises » où l’État de droit pouvait être absent, facilitant ainsi les alliances entre mafias et groupes terroristes. De plus, la désorganisation connue en Russie pendant les années 1990 a entraîné la mise en place d’un État alimentant les comportements mafieux. Ainsi, l’éclatement de l’empire soviétique a développé le trafic d’armes grâce à la mise à disposition d’un important arsenal d’armes conventionnelles, mais aussi nucléaire. Par conséquent, la demande mondiale d’armement a trouvé une offre abondante, bon marché et non réglementée.

Les attentats du 11 Septembre 2001 aux États-Unis ont eu des effets bénéfiques pour ces activités. En effet, ces attentats ont provoqué une réorientation des moyens des services de sécurité occidentaux vers le terrorisme, donnant ainsi de fait une plus grande liberté d’action aux mafias.

Les enjeux financiers mondiaux autour de ces activités sont très importants. Uniquement pour le crime organisé, les montants évoqués par les organisations internationales s’élèvent à environ 4% du PIB mondial, soit plus de 2 000 milliards de dollars annuels. Parallèlement, le blanchiment d’argent (dont le but est de rendre légal un argent qui a été gagné par des moyens illégaux) représente quant à lui 1 600 milliards supplémentaires.

L’évolution des structures des mafias correspond à celle des firmes multinationales

Caricature René Le Honzec/Contrepoints
Caricature René Le Honzec/Contrepoints

À l’image des multinationales, les organisations criminelles les plus efficaces cherchent à s’adapter en permanence aux modifications de leur environnement. Le but étant d’en saisir toutes les opportunités et d’en éloigner les menaces. Dans ce cadre, les organisations qui ont été les mieux à même de s’adapter aux évolutions de l’environnement se sont avérées être celles capables de diversifier leurs activités et de se recomposer de manière plus flexible. À ce titre, les structures qui étaient historiquement très hiérarchisées et centralisées ont tendance à prendre le chemin inverse. Typiquement, les mafias russes ou asiatiques fonctionnant sur ce modèle sont d’après les experts beaucoup plus efficaces dans la globalisation que les mafias italiennes par exemple.

Le besoin de flexibilité correspond également à une dimension géographique. En effet, en fonction des modifications de l’environnement politique et répressif, l’organisation criminelle s’adapte aux menaces en délocalisant ses activités. Ainsi, il apparaît que les pays les plus répressifs entraînent ces activités à se délocaliser ou se développer de préférence dans les pays les plus laxistes.
La globalisation a également induit l’émergence de réseaux d’alliances. Le but est de mieux quadriller des territoires différents et aussi de bénéficier des savoir-faire de chacun. À ce titre, l’analogie avec les stratégies de joint-venture est frappante.

La fonction sociale des organisations criminelles a également évolué. En effet, au-delà du périmètre propre à l’organisation criminelle, les mafias jouent un rôle économique et social qui peut être très important selon les régions et les groupes sociaux. Elles peuvent parfois pallier les manques des structures étatiques traditionnelles. Elles peuvent même servir de support à des groupes aux ambitions plus politiques comme en Colombie avec la guérilla des FARC où dans un arc géographique allant grosso modo de l’Afghanistan au Sahara avec par exemple AQMI (Al-Qaida au Maghreb Islamique).

Interpénétration des activités légales et illégales

La raison principale de cette interpénétration est la nécessité d’investir dans l’économie légale pour blanchir l’argent. Les trois étapes du blanchiment d’argent sont les suivantes :

1) Dans la phase initiale, l’organisation criminelle introduit ses bénéfices illégaux sur les circuits financiers. De façon pratique, cela consiste à mélanger l’argent sale aux revenus d’activités légales en fractionnant les sommes à blanchir au moyen de prête-noms. Le plus souvent les secteurs privilégiés pour cela sont l’immobilier ou l’art car ces sont des secteurs hautement spéculatifs et donc dans lesquels il est difficile de fixer un prix ; ou alors dans des bars, des restaurants ou encore des boîtes de nuit dont la nature même de l’activité permet de déclarer des bénéfices factices.

2) Dans un second temps, et une fois ces sommes introduites dans le système financier, il convient de brouiller l’origine des fonds. Pour ce faire, il faut réaliser une série de déplacement des fonds (souvent dans des centres financiers off-shore, communément appelés « paradis fiscaux ») afin de les éloigner de leur source.

3) Enfin, la troisième et dernière phase consiste à réintégrer ces fonds dans des activités économiques légitimes pour leur donner l’apparence d’une origine légale.


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  • Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer devant cet article…

    « L’effondrement de l’URSS a joué un rôle majeur dans le développement des activités criminelles. » Les cocos protégeaient le monde de la mafia ????????????? Oulah… ça commence mal…

    Puis l’auteur passe au 11 Septembre maudit, le début du crime ? Y a-t-il une vie avant le 11 Septembre, ne serait-ce pour la mafia ? A partir de là je lâche l’affaire… L’auteur de l’article ne connait visiblement rien à l’histoire, ni celle du XXeme ni auparavant (voir la Chine par ex…)

    Je conseillerais la lecture de « cocaïne blues » de Robert Sabbag – excellement traduit par Philippe Garnier – ou le visionnage de « les fantastiques années 20 » de Raoul Walsh ou « Scarface » de Howard Hawks ou « l’ennemi public » de William Wellman (Coppola et Scorcese leur ont tout piqué…) ou « l’Amérique hors la loi » de Edward Behr, enfin de ne pas se fier à ce seul article…

    La mafia se nourrit de l’absence de libertés.

    • Parfaitement exact ! Ce fut le cas de la prohibition aux USA que Roosevelt finit par abolir car l’Etat avait besoin d’argent. Le mouvement actuel de légalisation de la marijuana relève de la même démarche. Aujourd’hui on assiste à un autre genre de mafia, celle qui fait main-mise sur le développement durable, les éoliennes et autres panneaux solaires … C’est un immense scandale favorisé par les politiciens qui croient au dogme du changement climatique. De l’argent (très) sale est investi dans des projets d’énergie renouvelable et c’est du bon pain puisque l’argent en retour est directement puisé dans la poche des contribuables. Le système mafieux a de très beaux jours devant lui avec la paranoïa climatique : visionnez ça, vous aurez tout de suite une idée de la situation :

      • Merci Jacques Henry… Vous ayant lu sur greenpeace et ses drogués je pensais que vous étiez contre la légalisation – je me trompais comme souvent… Je ne suis jamais aussi heureux que lorsque je me rends compte que je suis dans l’erreur et que je change d’avis…

        Mes amitiés

    • Exactement.

      Je rajouterai que l’auteur aborde trop de sujets pour en traiter ce serait-ce qu’un seul convenablement.

      Il y a toujours eu interpénétration des sphères légales et illégales. Ce n’est pas la mondialisation qui a accéléré ce processus, mais l’augmentation des contrôles qui poussent les mafieux à la créativité.

      Globalement, le processus de blanchiment d’argent exposé est correct. Mais je le trouve trop simplifié pour qu’un néophyte puisse le comprendre. Il aurait pu aborder les étapes qu’on appelle dans le jargon « prélavage, lavage et essorage » avec des exemples qui ne manquent pas.

  • Les commentaires sont fermés.

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