Terrorisme islamique : agir sur les causes

grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)

Tout le monde parle du terrorisme, peu perçoivent ses causes réelles au-delà du brouillard médiatique.

Par Farhat Othman.

grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)

Le terrorisme tout le monde en parle, mais peu le font à bon escient, ciblant ses causes immédiates. En voici deux des plus agissantes aujourd’hui. Sans être les seules, elles sont prolifiques d’une myriade de causes secondes et leur solution est de nature à transfigurer le monde islamique pour le moins.

Le conflit palestinien

La cause palestinienne nourrit l’imaginaire terroriste, en ayant de plus des prolongements dans l’inconscient collectif arabe islamique, faisant des modérés ou supposés tels des radicaux en puissance. À ce propos, à la tribune de l’ONU, le président iranien Hassan Rohani a critiqué sévèrement « la stratégie erronée » de l’Occident au Moyen-Orient. Il urge, en effet, pour l’Occident de trouver à ce drame une issue en revenant à la solution inévitable du partage, seule légalité équitable à défaut de la solution idéale d’État fédéral multiconfessionnel. Autrement, cette question continuera de permettre la jonction entre les modérés et les extrémistes, donnant à ces derniers une arme redoutable dont ils usent contre l’Occident et sa prétention au légalisme et à la primauté des valeurs.

Les extrémistes en Syrie et en Irak ne manquent d’ailleurs pas de s’en servir dans leur œuvre de lavage de cerveaux des jeunes Maghrébins venant du Maghreb même ou d’Europe. Ils sont les plus nombreux à rallier les rangs des faussaires criminels du Levant au nom, pour la plupart, de la cause palestinienne venant donner un sens à leur désespérance et à une stigmatisation intériorisée.

La désespérance est vécue dans leur pays où la jeunesse est toujours brimée, vue comme un péril et non une promesse par des classes dirigeantes inféodées à l’Occident. Celui-ci est l’auteur de la stigmatisation qui commence par une politique migratoire insensée avec la complicité active pour sa mise en œuvre des dirigeants des pays du Sud.

Aussi, quand le président iranien s’interroge : «Les extrémistes du monde entier s’unissent, mais sommes-nous unis contre les extrémistes ?», il met bien le doigt sur le nœud de la question : les appels à contrer l’extrémisme et la violence relèveront du vœu pieux tant qu’on n’aura pas osé poser les vraies questions pour apporter les réponses qui s’imposent.

Toutefois, la question de la Palestine est loin d’être la seule qui alimente le terrorisme, même si elle le fait de manière directe et flagrante. Il en est d’autres qui agissent insidieusement, comme ces matières relevant en apparence du droit interne des États souverains et qui ne peuvent continuer à échapper au droit international au nom d’une solidarité internationale effective, tout aussi bien que du droit humanitaire. C’est la seconde cause que nous signalons ici.

Les lois nationales scélérates

Ces lois sont supposées relever de spécificités culturelles étant dites d’inspiration islamique alors qu’elles ne sont que le résultat de l’arriération en termes de valeurs humanitaires et de dictature des régimes en place soutenus par l’Occident.

Si la démocratie ne devait être transplantée de l’étranger selon son rythme et son modus operandi, comme l’a soutenu M. Rohani et confirmé par le roi du Maroc dans une diatribe prononcée en son nom contre l’Occident à la même tribune onusienne, les valeurs universelles ne doivent pas moins être les mêmes en Occident et en Orient. Car ce sont les lois scélérates des dictatures qui favorisent le rejet d’autrui, base du terrorisme.

Les dictatures ne font pas, pour certaines d’entre elles du moins, que financer les groupes terroristes ; elles propagent aussi leur idéologie dans les têtes en renforçant une illusoire spécificité culturelle ou morale, avec une législation liberticide en matière d’état civil et de vie privée supposée être musulmane et qui ne l’est point au vu d’une interprétation selon les visées de la religion.

Aussi, il ne sert à rien que les musulmans de par le monde se disent indignés et dénoncent la barbarie s’ils ne commencent pas déjà par réclamer l’abolition des lois scélérates qui constituent le vivier mental pour ces barbares.

En France, l’assassinat d’Hervé Gourdel a été condamné unanimement ; mais outre le fait que cela a mis du temps pour prendre forme, une telle dénonciation restera de pure forme si elle n’est pas suivie d’actes concrets tels ceux évoqués ci-devant.

L’imam de Drancy Hassen Chalgoumi a bien parlé de « malades mentaux qui salissent notre religion, on n’a pas le droit de massacrer au nom de l’islam quelqu’un qui croit à la vie ». Pour être crédible, il lui faut ajouter que « les musulmans français (qui) sont touchés dans leur chair » exigent aussi de leurs États l’abolition immédiate de toutes les lois qui salissent l’islam en prétendant s’en inspirer alors qu’il n’en est rien. Il s’agit de toutes ces lois de discrimination contre les femmes et les minorités, comme celles autorisant l’Iran et l’Arabie saoudite à punir de mort les homosexuels, ou de restriction des libertés personnelles, comme cette loi marocaine punissant de prison quiconque jeûne en public.

Ledit imam appelle à « une marche contre la haine ». Qu’elle soit utile en étant l’occasion pour appeler les États arabes et islamiques, ceux du Maghreb en premier, les plus proches de l’Occident, à décréter un moratoire à l’application de leurs lois anti-humanistes et finir par les abolir au plus vite, car il s’agit de graines et de fertilisant pour le terrorisme.

Avant le dernier assassinat en date, un appel a déjà été lancé par les fédérations de l’islam en France, condamnant Daesh et ses exactions, soulignant que ses agissements « sont en totale contradiction avec les principes élémentaires de la religion musulmane ». Préparant un rassemblement dans le même but, elles devront oser y démontrer que leur volonté est sincère pour un monde de paix et d’humanité en osant contester les lois scélérates en vigueur dans leurs pays d’origine ou celui de leurs parents.

La campagne web #NotInMyName (« Pas en mon nom ») doit agir de même pour couper à la racine les sources irriguant l’idéologie de la haine qu’incarne Daesh. Il est impératif de désigner du doigt ces lois, appeler à les abolir, car elles n’ont rien d’islamique, ne servant que les intérêts de sectaires, nourrissant la haine et l’exclusion de l’autre, balisant le terrain au terrorisme mental. C’est par là qu’il importe de commencer !


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