L’esprit collectiviste du totalitarisme

masque totalitarisme Urss credits John Vaughan (licence creative commons)

L’existence d’un Grand Dessein qui justifie qu’on lui sacrifie sa vie et celle des autres est la racine commune de toutes les doctrines totalitaires.

Par Guillaume Nicoulaud.

masque totalitarisme Urss credits John Vaughan (licence creative commons)

Le groupe a une destinée collective, il doit poursuivre un objectif d’ordre supérieur, une fin qui justifie les moyens et qui impose que tous les intérêts particuliers lui soient subordonnés.

C’est le Grand Dessein.

Pour les marxistes, le Grand Dessein est l’avènement du communisme et c’est au prolétariat – au travers de son élite – qu’échoit cette mission. Sous la dictature du prolétariat, l’individu n’est rien ; seul compte le destin de la classe élue.

Pour les nazis, le Grand Dessein était la concrétisation de la supériorité de la race aryenne et c’est au peuple allemand, et à ses chefs, qu’échoit cette mission. Dans le IIIème Reich, l’individu n’est rien, seul compte le destin de la race supérieure.

Pour les djihadistes de Daesh, le Grand Dessein consiste à imposer l’Islam au monde et c’est aux vrais musulmans, et à leurs leaders, qu’échoit cette mission. Dans le Califat, l’individu n’est rien, seule compte le destin de la vraie religion.

L’existence d’un Grand Dessein qui justifie qu’on lui sacrifie sa vie – et celle des autres – est la racine commune de toutes les doctrines totalitaires. J’ai beau chercher, je ne trouve pas de contre-exemple ; c’est-à-dire que je ne trouve pas de doctrine totalitaire qui ne soit pas explicitement fondée sur cette idée1 et je ne trouve pas d’exemple d’État qui ait développé ce type d’idée sans sombrer dans le totalitarisme.

Sur le web

  1. Sauf dans la littérature : c’est, à mon humble avis, le grand défaut des romans dystopiques (1984, Brave New World etc.).