L’esprit collectiviste du totalitarisme

L’existence d’un Grand Dessein qui justifie qu’on lui sacrifie sa vie et celle des autres est la racine commune de toutes les doctrines totalitaires.

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masque totalitarisme Urss credits John Vaughan (licence creative commons)

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L’esprit collectiviste du totalitarisme

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 septembre 2014
- A +

Par Guillaume Nicoulaud.

masque totalitarisme Urss credits John Vaughan (licence creative commons)

Le groupe a une destinée collective, il doit poursuivre un objectif d’ordre supérieur, une fin qui justifie les moyens et qui impose que tous les intérêts particuliers lui soient subordonnés.

C’est le Grand Dessein.

Pour les marxistes, le Grand Dessein est l’avènement du communisme et c’est au prolétariat – au travers de son élite – qu’échoit cette mission. Sous la dictature du prolétariat, l’individu n’est rien ; seul compte le destin de la classe élue.

Pour les nazis, le Grand Dessein était la concrétisation de la supériorité de la race aryenne et c’est au peuple allemand, et à ses chefs, qu’échoit cette mission. Dans le IIIème Reich, l’individu n’est rien, seul compte le destin de la race supérieure.

Pour les djihadistes de Daesh, le Grand Dessein consiste à imposer l’Islam au monde et c’est aux vrais musulmans, et à leurs leaders, qu’échoit cette mission. Dans le Califat, l’individu n’est rien, seule compte le destin de la vraie religion.

L’existence d’un Grand Dessein qui justifie qu’on lui sacrifie sa vie – et celle des autres – est la racine commune de toutes les doctrines totalitaires. J’ai beau chercher, je ne trouve pas de contre-exemple ; c’est-à-dire que je ne trouve pas de doctrine totalitaire qui ne soit pas explicitement fondée sur cette idée1 et je ne trouve pas d’exemple d’État qui ait développé ce type d’idée sans sombrer dans le totalitarisme.

Sur le web

  1. Sauf dans la littérature : c’est, à mon humble avis, le grand défaut des romans dystopiques (1984, Brave New World etc.).
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  • Non l’auteur à raison il n’y en a pas … même l’humanisme est un totalitarisme.

    Pour aller plus loin : Peter Sloterdijk, Régles pour le parc humain.

    • L’humanisme en soi n’est pas un totalitarisme. Recherchez plutôt du côté de son ersatz socialiste social-démocrate. Pour les social-démocraties, le Grand Dessein est l’égalitarisme, antithèse de l’humanisme. Pour l’écologie politique, le Grand Dessein est Gaïa divinisée, épurée de toute humanité.

    • @ Adèle :

      L’humanisme, par nature, se confond avec le libéralisme, et se traduit par un idéal absolu : le respect des droits fondamentaux de chaque individu.

      Le totalitarisme, par nature (comme le collectivisme) nie les droits fondamentaux de certains individus.

      Dire que l’humanisme est un totalitarisme, c’est ne pas comprendre ce que veut dire humanisme ou totalitarisme, c’est un contre sens dans les termes.

      Quand à « Règles pour le parc humain » nous y retrouvons tous les poncifs habituels des cultureux françias biberonnant à la subvention : la culture de masse appauvrit la culture, etc etc etc…

      Sans parler des présupposés de ce livre sur ce qu’est l’humanisme (définition incompréhensible chez Sloterdijk : sorte d’idéologie se répandant par les livres ???)

  • « Le groupe a une destinée collective, il doit poursuivre un objectif d’ordre supérieur, une fin qui justifie les moyens et qui impose que tous les intérêts particuliers lui soient subordonnés. »

    C’est la définition de toute vie en société. L’objectif d’ordre supérieur de base est la survie du groupe. Dès lors qu’apparaît l’Etat et l’exploitation de classes qui va avec, la survie du groupe ne suffit plus, c’est désormais l’idéologie visant à justifier ou à transformer cet Etat qui guide les intérêts particuliers. Car sans idéologie les rapports d’exploitation de classes ne peuvent être maintenus, ou orientés vers leur destruction.

    Vouloir une société sans « Grand Dessein » c’est donc vouloir une société sans Etat.

    • @Fabimo :

      La lutte des classes, cela n’existe pas, même Marx dans son tome 3 du kapital avait abandonné ce concept.

      Ce qui est à l’origine de la création d’une société humaine, c’est la spécialisation du travail, permettant une progression du niveau de vie matériel de chacun des individus composant la société.

      Si la spécialisation du travail n’existait pas, nous serions encore des petites communautés, souvent juste familiales d’ailleurs, de chasseurs cueilleurs.

      Voilà le but de la vie en société chez les humains, ce but se trouve dans le pourquoi de sa création.

      « la survie du groupe » est un concept collectiviste, ce à quoi Madame Tchatcher disait très bien « la société, cela n’existe pas ».

      « le groupe », cela n’existe pas, il est composé d’individus pouvant très bien vivre sans lui, ou rejoindre d’autres « groupes ».

      Je vous rejoins totalement sur votre dernier point : une sociéét sans Grand Dessein, c’est une société « sans grand timonier », donc in fine sans état.

      • Je n’ai pas évoqué le concept de « lutte de classes », mais simplement l’idée que tout Etat naît en réponse à l’émergence de classes antagonistes afin de contenir cette opposition. Ce n’est pas du marxisme que de dire ça mais de l’anthropologie politique.

        De même pour la spécialisation du travail, elle est l’une des résultante de la naissance de l’Etat. Justement car c’est par la spécialisation du travail que naît l’accumulation de capitaux. Elle même favorisant l’émergence d’une classe sur une autre (c’est le rôle de l’esclavage naissant au même moment). D’où enfin la nécessité d’un Etat pour légitimer cet état d’exploitation.

        Mais des sociétés, dites primitives, ont existé bien avant que l’Etat n’apparaisse. La spécialisation des tâches n’est donc pas le propre de la naissance de la vie en société, mais des Etats et de l’exploitation d’un groupe sur un autre.

        Pour ce qui est du but de la vie en société chez les humains je dirai plutôt qu’il consiste à produire pour le moindre effort, d’où l’utilité de la spécialisation du travail. Mais cela ne signifie pas que la spécialisation du travail soit une nécessité absolue, le but n’étant non pas de produire le plus (par la spécialisation du travail), mais de produire pour le moindre effort. La spécialisation du travail n’est donc pas un but en soi à mon sens, mais simplement un moyen. Ca n’a rien d’inéluctable et rend tout à fait possible l’existence de société produisant selon ses besoins, et non dépendantes de l’exploitation d’un groupe par un autre.

        Quant à madame Thatcher, il aurait fallut lui poser la même question en ne parlant non pas de groupes mais de classes, car en système capitaliste c’est bien de ça qu’il s’agit.

    • Le CCR en références sur contrepoints? Vraiment?

    • c’est de la connerie. le fascisme, nazisme n’ont pas avancé à pas masqué. ce sont des régimes nationaux socialistes qui avaient un programme national socialiste et qui une fois en place ont appliqué une politique national socialiste. je n’aime pas lepen mais dire qu’elle est fasciste est juste ridicule. le nazisme et le fascisme sont des idéologies très proches du commmunisme. en allemagne, il y avait trois forces de gauche ( socialistes, communistes, nazis). ces trois forces se haissaient mutuellement. même si l’on parle souvent des affrontements entre le NSDAP et les communistes allemands, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi souvent des escarmouches entre socialistes et communistes. d’ailleurs, les différents courants du communisme se haissaient entre eux. il ne faut pas oublier qu’ en urss , les bochéviques ont liquidés d’autres communistes (menchéviques, socialistes révolutionnaires,…).

    • Comme l’a montré Ludwig von Mises, l’apport original du nazisme ne se situe pas sur le plan idéologique, mais sur celui de l’exécution : « Les principes fondamentaux de l’idéologie nazie ne diffèrent pas des idéologies sociales et économiques généralement acceptées. La différence concerne seulement l’application de ces idéologies aux problèmes spéciaux de l’Allemagne. » Et dès 1933, F. A. Hayek écrivait : « la persécution des marxistes et des démocrates en général, tend à occulter le fait fondamental que le National-Socialisme est un véritable mouvement socialiste, dont les idées principales sont le fruit des tendances antilibérales qui ont progressivement gagné du terrain en Allemagne depuis la fin de l’époque bismarckienne. » ce que rejette Hitler dans le communisme, ce n’est pas son socialisme, c’est son origine juive et sa tendance internationaliste. Et c’est pour les mêmes raisons qu’Hitler condamne le capitalisme. Le capitalisme libéral, mondialisé, financiarisé, était pour lui le mal absolu. Or les Juifs en étaient à la fois les créateurs et les maîtres absolus. Le capitalisme, pensait Hitler, était un système essentiellement Juif. De même, le bolchevisme était considéré par les nazis comme une création essentiellement juive. Bien qu’ayant largement versé dans l’antisémitisme, Karl Marx était lui-même d’origine juive, et même le descendant d’une longue lignée de rabbins. Si donc Hitler a dénoncé le marxisme comme un « faux » socialisme d’origine juive, ce fut pour mieux construire une économie socialiste dans laquelle chacun agirait pour le bien-être de la collectivité. C’est ainsi que de la législation sociale à la fiscalité, de la politique environnementale à la réglementation des entreprises, il fut un architecte de peuple et un dessinateur de nation. Il voulut façonner non seulement l’économie allemande mais aussi chaque sphère de la vie individuelle, partant du principe que l’individu n’est qu’un agent de l’État et qu’il doit se mettre au service du bien commun, c’est-à-dire du bien de l’État. Tout comme le système économique allemand, la vie sociale des Allemands fut également collectivisée. L’État prit à sa charge les activités sportives, les manifestations culturelles et tout le temps de loisir. Il y eu plus d’État dans la culture, le gouvernement se chargeant de subventionner grassement les manifestations culturelles « dignes » de l’Allemagne et de proscrire les autres. Le ministère de l’Éducation du Reich se chargea d’édicter les programmes et les manuels furent réécrits. Anciennement assurée par les écoles confessionnelles, l’éducation des jeunes Allemands fut désormais une mission d’État. Les professeurs devinrent des fonctionnaires du gouvernement. Or tout cela, cet État si large, disposant de pouvoirs si grands, si étendus, n’était-ce pas là le grand rêve des socialistes ?

  • Il y a une grave erreur logique dans votre raisonnement. Vous trouvez un attribut commun à deux totalitarismes (mais ça pourrait être à tous), vous déduisez que c’est une caractéristique du totalitarisme. Mais pour que ce soit vrai, il faut une condition supplémentaire : qu’on ne trouve pas cet attribut dans des régimes non totalitaires. Est-ce le cas ? Pas sûr. En effet, il suffit de se souvenir de la résistance au nazisme, dessein pour lequel beaucoup ont donné leur vie. Donner sa vie pour défendre la liberté (ce qu’on mis en place des Etats démocratiques) relève-t-il du totalitarisme ? La racine commune du totalitarisme est la volonté de contrôler, de s’imposer à chaque individu, à chacune de ses actions, d’abolir la barrière public/privé, et même de contrôler l’opposition (cf. Orwell et 1984, ce qu’heureusement aucun totalitarisme n’a réussi à faire).

    • Vous oubliez un truc dans votre « raisonnement »

      et qui impose que tous les intérêts particuliers lui soient subordonnés.

      Les résistants ne s’engageaient pas pour mille ans, mais pour libérer le pays.

      • mais ils s’engageaient pour un dessein ! Maintenant, je pense qu’ils espéraient que la liberté dure plus de 1000 ans !

        • Si pour vous la liberté vaut le totalitarisme … plus rien à dire ! 🙁

          • voilà qui montre bien que vous n’avez rien compris. Je prends justement l’exemple de la liberté pour montrer que la caractéristique que donne l’auteur du totalitarisme est fausse. celui qui rend équivalent liberté et totalitarisme ce n’est justement pas moi. Apprenez à lire, mon cher !

        • Les résistants n’engageaient qu’eux-même, pas la totalité de la population avec menaces de morts contre les non-résistants (peut-être marginalement, mais les fous sont partout, donc ce n’est pas représentatif). La résistance contre l’Allemand durant la guerre ne dénote pas à elle-seule un esprit collectiviste, bien que de nombreux résistants l’aient été.

          Il ne s’agissait pas de se soumettre (et surtout de soumettre un grand nombre de gens) à un idéal plus grand, mais de s’opposer aux Allemands.

          Si vous ne voyez pas la différence de nature qu’il y’a entre défendre sa liberté ou s’opposer aux exactions d’un tiers et vouloir soumettre la totalité de la population et nier les intérêts de chacun, on ne peut plus rien pour vous.

  • Le collectivisme est cette grande idée selon laquelle il faut sacrifier un gros groupe au profit d’un petit. C’est cette logique imparable qu’il faut toujours plus de pouvoir, toujours plus d’argent, afin d’asservir, d’appauvrir; affaiblir ce grand groupe.

    C’est idéologie se tient très bien. Elle marche depuis que l’humain est. C’est cyclique. Un jour le groupe dit STOP. Le petit groupe est renversé. On place donc un nouveau petit groupe au pouvoir. Des gens vertueux.

    Ceux ci pensent un temps au bien commun, puis abandonnent bien vite l’idée épuisante. Cette voie est une impasse, tant que l’humain ne sera pas assez élevé et éduqué au niveau individuel.

    C’est pour cela qu’il est important de laisser les peuples dans l’ignorance. Création de lois, de taxes, de pleins de blocages, clivages. Contradictions incéssantes et tracasseries en tout genres.

    Après il y a l’instinct. L’animal qui est en nous doit bien sur être encadré dans une loi juste et équitable. Mais la liberté et surtout, le but de vivre, doivent rester les principaux objectifs.

    Perso, j’ai tourné la page, je ne crois plus en l’humain. Je crois au surhumain, celui qui veut voir. Celui qui fait des efforts pour comprendre. Celui là est rare car implicitement, il accepte la souffrance qui va avec le vide. Bon, je sais plus se que je raconte là. Je dégage….

  • attention à ne pas tomber dans l’autre extrême, à savoir la négation de l’existence du bien commun. Ce qui fait qu’on en arrive à lire sur Contrepoints des articles qui vous explique qu’il ne faut pas faire des lois pour lutter contre le terrorisme, sous prétexte que ça mène au collectivisme.

    • Il y a diverses façons de lutter contre le terrorisme.
      Il y a des façons qui respectent la liberté, d’autres non.

    • Les lois ne luttent contrent rien du tout. Et puis nous avons bien assez de lois (lire bien « trop » de lois). Si nous mettions autant d’énergie à poursuivre les terroristes qu’à pondre des lois, nous ne louperions pas 3 d’entre eux à l’aéroport.

    • Pourquoi les 314 millions d’Américains qui n’ont pas été touché par les attentats de 2001 (et qui ne seront jamais concernés de toute leur vie ainsi que leurs descendants) devraient ils débourser des centaines de milliards de dollars de leurs poches et renoncer à leur liberté pour lutter contre Al-Qaida ?

      • pour éviter d’autres attentats ? pour éviter que ces gens-là ne mettent la main sur des armes chimiques qui trainent un peu partout dans le monde et s’en servent dans une grande ville ?

        Il y a une nuance entre « renoncer à sa liberté » et accepter un degré de surveillance nécessaire. ça s’appelle du bon sens.

        • Accepter un degré de surveillance n’implique pas que la surveillance ne soit l’objet d’aucun contre-pouvoir, notamment par autorisation judiciaire, et ne préjuge en rien de la procédure mise en oeuvre pour définir ce qui est nécessaire. Le bon sens conduit à se poser des questions. Qui décide de ce qui est nécessaire ? A quel contrôle est soumis celui qui décide de ce qui est nécessaire ? A quelle sanction sera-t-il confronté s’il utilise son supplément de pouvoir non pour lutter contre le terrorisme mais pour acquérir un potentiel d’oppression illégitime ? Comment s’assurer qu’il ne va pas favoriser le terrorisme pour continuer à justifier son pouvoir exorbitant ?

          Lorsqu’une loi établit un contrôle systématique de la population en bannissant tout contre-pouvoir au nom de l’efficacité, on ne peut plus répondre à ces questions. On prend alors le risque d’un totalitarisme à côté duquel le terrorisme passera pour une petite blague de potache.

        • « accepter un degré de surveillance nécessaire »

          Nécessaire pour qui ?

          Avez vous plus de chances de mourir d’une maladie contractée à l’hôpital ou dans un attentat ?

          • Avec la surveillance actuelle, à l’hopital.

            Dans le monde des libéraux qui défendent une conception puérile de liberté du genre « je me sens opprimé et je serre mes petits points si l’Etat surveille mon voisin parce qu’il va sur des sites islamistes, télécharge des recettes de fabrication de bombe et commande les ingrédients sur ebay », j’en suis moins sur.

  • Très bien dit GK.
    J’ajoute que pour toutes ces idéologies, la réalisation de ce Grand dessein (désignée aussi la Cause sacrée) et du bonheur du peuple qui va avec, est entravée par des Grands méchants, qu’il convient de supprimer de la façon la plus expéditive pour réaliser au plus vite le Grand dessein (Juifs pourles nazis, bourgeois propriétaires pour les léninistes -Lénine les traite de vermine, de parasites, de cloportes qu’il faut écraser comme tels-chrétiens et américains pour les djihadistes). Et bien sûr, pour lutter contre ces parasites et réaliser le Grand dessein il faut un Groupe conquérant mené par un leader charismatique et des « soldats de la cause », prêts à perdre leur vie pour elle. Toutes les idéologies reposent ainsi sur le même trépied conceptuel ou idéologique : 1 – Une classe dominante 2 – Un peuple asservi par cette classe dominante 3 – Un groupe libérateur intraitable, sûr de son bon droit.
    J’ajouterais à votre liste le régime totalitaire de la Terreur Jacobine où appparaît de façon évidente (et en français !!!) cette idéologie ternaire jusqu’à la corde, un régime qui fut l’ancêtre de tous les régimes totalitaires.
    Contrairement à ce qu’on aurait pu penser le totalitarisme n’a pas disparu avec la fin du Nazisme et du stalinisme, à preuve le totalitarisme djidadists mais également celui de mouvements ethno-régionalistes dont l’idéologie repose sur le même trépied : le méchant est évidemment l’état national »colonisateur », les bons sont les nationalistes combattants, et le bon peuple qui souffre celui de la « région » colonisée. (on a abondamment entendu ce discours pendant la campagne du référendum écossais). Ce qui m’amène à dire que le totalitarisme n’est pas seulement étatique : il peut être idéologique, politique, intellectuel …Un totalitarsme étatique est un totalitarisme idéologique qui a réussi à réaliser son Grand dessein. . D’où l’interêt de combattre les idéologies « totalitaires » avant qu’elles ne devienent étatiques et donc « meurtrières ».
    Pour approfondir cette question, un ouvrage à recommander: Crime et Utopie » de Frédéric Rouvillois.

  • Je vais être un peu long en reprenant un commentaire que j’avais écrit en Mars 2012, au moment des crimes de Merah. Il était évident que l’idéologie salafiste un jour ou l’autre deviendrait meurtrière. Nous y sommes.
    « Ce qui est navrant c’est d’observer l’hystérie collective que déclenche le FN ou même Sarkozy chez les éternels vigilants de l’anti-fascisme de posture, voir la quinzaine hystérique d’avril 2002. D’un côté le « tigre de papier » totalement inoffensif qui soulève des montagnes d’indignation « héroïque » , de l’autre côté un totalitarisme de couleur verte qui non seulement est dangereux physiquement, avec ses attentats, mais encore plus par l’idéologie haineuse qu’il propage.

    Ne jetons pas la pierre à nos amis musulmans car c’est en Europe que cette logique totalitaire s’est surtout exercée, puis développée en Asie par des élèves qui ont réussi à dépasser leurs maîtres européens …avec grande réussite ! Cette « logique totalitaire » a été à l’oeuvre chez nous, pendant la Terreur de 1793, puis comme le sait dans tous les pays communistes.

    Ces douloureuses expériences auraient pu au moins servir de leçon, notamment pour ceux qui ont vocation a se promulguer comme champions de l’antifascisme.Evidemment non, car ce sont les mêmes qui apportaient leurs concours enthousiastes aux régimes staliniens, pendant qu’ils couvraient de leurs propos orduriers Albert Camus !

    Non, le totalitarisme n’est pas mort, et , malgré les expériences cruelles, comme l’Hydre ses têtes coupées n’arrêtent pas de repousser, sans cesse sous de nouvelles formes, mais toujours avec le même schéma mental. Un peuple est déclaré par un Chef Ideologue comme menacé par un Grand Satan qui l’opprime mais le Chef s’est levé rejoint par une armée de Combattants déterminés qui Combattront jusqu’au martyre cet Ennemi implacable et qui l’écraseront pour libérer leur Peuple. C’est une Cause Sacrée à laquelle TOUT (d’où le terme de totalitarisme ) , doit être sacrifié.

    Cette logique totalitaire , on le sait, peut être déclinée à l’infini. Il est frappant de voir, quand on lit la prose des Chefs et idéologues salafistes à quel point cette logique est respectée point par point et inutile d’avoir beaucoup d’imagination pour prévoir les conséquences d’une telle idéologie …On peut nous dire que les terroristes islamistes ne sont qu’une minorité et qu’ils sont un peu dérangés ..mais c’est précisément une caractéristique des totalitarismes que d’éxacerber des formes de psychopathologies individuelles et collectives. Robespierre, Billaud-Varenne, Carrier, Staline, Hitler, Pol Pot n’étaient-ils pas eux-mêmes en premier des personnalités mentalement dérangées.

    Ce qui tout aussi consternant c’est de constater la virulence inimaginable des écrits et des prêches des propagandistes de la foi salafiste?. Mein Kampf c’était de la littérature pour enfant à côté. (je pourrais en citer des pages, mais elles ne nous apprendraient rien, on a déjà lu les mêmes depuis deux siècles).

    Remarquons que toute la thématique « compationnelle et justificationnelle » de la bien-pensance ne fait que verser de l’huile sur le feu puisque la thématique du ressentiment est au coeur même de toutes les idéologies totalitaires.

    Il faut cependant reconnaître que si le Salafisme présente des ressemblances tout à fait étonnantes avec les totalitarismes déjà venus (et à venir) il y a une grande nouveauté c’est de se fonder sur une justification de type « religieux »,. Ce qui le rend d’autant plus redoutable parce qu’il profite d’une « assistance divine ». Et tout le monde est pris au piège. Et bien NON ! Le totalitarisme quels que soient les prétextes qu’il se donne ( révolutionnaire, social, racial …ou religieux) doit toujours être combattu sans hésitation, ni restriction, ni réserves !

    Le responsable des massacres de Toulouse ce n’est pas le « forcené au scooter » comme le désigne encore aujourd’hui l’AFP qui ne voit dans cette affaire qu’un scooter, mais l’Idéologie qui a armé le bras du Tueur !

    (*) remarquons quand même que Hitler ou Mao Tse Toung faisaient l’objet d’un culte quasiment divin. Bien des exactions des nazis n’ont pas été commandées par des instructions mais parce ce que “ça ferait plaisir à Hitler s’il l’apprenait”. Dans cette “logique” le tueur de Toulouse n’avait pas besoin d’avoir reçu d’instruction.

  • L’ auteur écrit dans son texte  » race supérieure et
    si on remplace par « race pure ( ce qui sous entend qu’ il y a des impurs
    Si vous mangez du porc vous etes impur ou inférieur pour qui ?

  • Il ne faut surtout pas confondre un régime autoritaire avec un régime totalitaire; définissant ce dernier, Hannah Arendt avait utilisé le terme de « pseudo-religion ».
    Le régime totalitaire ne veut pas simplement régner sur les corps, il veut d’abord régenter les âmes et susciter la dévotion quasi religieuse.
    On est ici en plein dans le phénomène de secte dont je rappelle les caractéristiques selon la Commission parlementaire française d’enquête sur les sectes: « Groupe visant par des manoeuvres de déstabilisation psychologique à obtenir de leurs adeptes une allégeance inconditionnelle, une diminution de l’esprit critique, une rupture avec les références communément admises (éthiques, scientifiques, civiques, éducatives), et entraînant des dangers pour les libertés individuelles, la santé, l’éducation, les institutions démocratiques ».
    Le marxisme léninisme et le nazisme furent des sectes que l’on peut classer dans la catégorie « Scientiste » ayant pour fondement des théories scientifiques du XIX° siècle, économiques et sociologiques pour le marxisme, génétiques et darwiniennes pour le nazisme. Encore que le nazisme, par son ésotérisme « new âge » touchant les initiés des grades supérieurs (l’Ordre Noir) peut également se rapprocher des sectes dites « millénaristes » comme par exemple l’Ordre du Temple Solaire.
    L’Islam a connu nombre de sectes guerrières appelées « confréries » qui ont laissé des sillons sanglants dans l’Histoire. Parmi les plus connues, citons, les « assassins » du Vieux de la montagne, les turcs de Tamerlan qui ravagèrent le moyen orient et l’Inde, et aussi tous ces gourous qui prirent le titre de Mahdi qui a un sens très fort dans l’islam, tel le fondateur des Almohades marocains et, plus près de nous, le chef des mahdistes soudanais vaincu par les anglo-égyptien commandés par lord Kitchener.

    • ah bon la théorie darwinienne de l’évolution relève de la pensée religieuse sectaire ? je n’étais pas au courant.

      Le totalitarisme actuel correspond plutôt à l’idéologie anti-raciste qui nie l’existence des races au mépris d’une démarche scientifique normale, pour des raisons politique et idéologiques.

      • Hannah Arrendt parlait de pseudo-religions
        J’ai évoqué les sectes (études Miviludes, DCRG, commission parlementaire, etc) en précisant qu’elles se classent en différents groupes, scientistes, millénaristes, religieux, paramédicaux (médecines alternatives) philosophiques, ésotériques etc..
        la Miviludes mission interministériellede vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qui dépend du 1er ministre a défini la dérive sectaire de la manière suivante:
        « Il s’agit d’un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l’ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société ».

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