Gouvernement Valls : petite revue de la semaine

Valérie Trierweiler (Crédits Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Le pot aux roses : un regard sarcastique sur notre semaine politique !

Par Serge Federbusch.

Valérie Trierweiler (Crédits Parti Socialiste, licence Creative Commons)François ne fais pas ta Valoche !

Qui se ressemble s’assemble, paraît-il. La maxime laisse peu de raisons à François Hollande de se plaindre de l’attitude de Valérie, Valoche en langage populaire. Les quelques pages que j’ai pu feuilleter de la bluette de cette ex-midinette élyséenne sont assez inquiétantes. On a en particulier l’impression que Mou-Président et sa première concubine de l’époque ne sont jamais à moins d’un mètre d’un tube de tranquillisants ou de somnifères. Ce doit être à cela qu’il faut attribuer l’effervescence du pouvoir. Plus amusante est la révélation que les femmes du gouvernement ont été choisies sur photo et catalogue…

Admirable d’abnégation, le dernier carré de la presse socialo-compatible prend maladroitement la défense de son ancien champion. On attente à la dignité présidentielle, on l’attaque sous la ceinture, etc. Mais non mes amis, telle n’est pas la bonne manière de voler au secours d’Air Hollande One, un avion digne de figurer dans la flotte de Malaysia Airlines.

La vraie et seule bonne raison pour que le locataire élyséen actuel aille au terme de son bail est qu’il faut lui laisser le temps d’achever ce qui reste de fausse république dans la cinquième du nom, régime oligarchique frappé d’une paralysie désormais complète. La droite risquant de refuser de cohabiter après une dissolution, Hollande n’a plus qu’une solution : éviter à tout prix le retour aux urnes. Il devra donc céder aux diktats des aubrystes et montebourgeois de tout poil. Le vote de la confiance, le 16 septembre prochain, n’est pas gagné et Valls va devoir avaler son maroquin. Bref, nous sommes entrés dans l’inertie totale.

Du reste, notre Dernier ministre a trouvé un argument magnifique pour refuser d’en appeler aux électeurs : ces cochons de votants sont dangereux car ils s’apprêteraient à élire Le Pen, « aux portes du pouvoir ». Si on voulait accréditer l’idée que le Front national est prêt à gouverner, on ne s’y prendrait pas autrement. Bravo, Manuelito, on retrouve le brillant communicant de Jospin. Dans ces conditions, l’argument de 2002 qui servit à la gauche à voter pour Chirac devrait conduire Hollande à ne pas se présenter en 2017 puisque sa présence au deuxième tour permettrait à Marine Le Pen de découvrir les charmes de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Plafonner à 46% dans les sondages face au Front national : je dois avouer que je ne m’attendais pas à une performance pareille !

En réalité, la démission à brève échéance d’Hollande et l’élection consécutive probable d’un président issu de l’UMP aurait un gros inconvénient : le processus de déréliction de l’oligarchie française, hybride de technocratie européenne, de bureaucratie hexagonale et de règne des lobbies n’est pas achevé.

Si un chef de l’État de droite, encore attaché à défendre ce système (hélas ils le sont tous), arrive demain au pouvoir, son impopularité serait presque aussi prompte que celle de Hollande et il n’y aurait plus alors comme alternative que la victoire du FN. Laissons donc à l’ex de Valoche le temps d’empoisonner l’hydre qui nous gouverne. Ainsi, la droite républicaine n’ira pas se brûler les ailes à tenter l’ultime sauvetage de cette chimère moribonde.

Ô dents en emportent le flan

François Hollande a une dent contre les pauvres, nous dit son ancienne Val-carie. C’est le bête du « j’ai vos dents » colportent aussitôt ses adversaires qui lui promettent œil pour œil dent pour dent.

Draghozel, l’homme qui parle à l’oreille de Merkozi

Nous sommes sauvés, Draghi aurait enfin décidé d’activer la planche à billets, la vraie, imitant les banquiers centraux d’Amérique, du Japon et d’Angleterre pour fournir la monnaie de singe qui a désormais cours dans la jungle capitaliste mondiale.

Depuis deux ans, le prestidigitateur de Francfort annonce avec force acronymes des mesures sans effet sur la croissance : d’abord un « SMP » (Securities Markets Programme) de plus de 200 milliards d’euros et en septembre 2012, un « OMT » (Outright Monetary Transactions) qui n’a eu aucune suite significative. On connaît le premier obstacle politique et juridique : les Allemands, Tribunal constitutionnel en tête, s’opposent au rachat direct des dettes publiques. Il faut donc passer par des constructions alambiquées où le soutien donné aux banques se transmet trop lentement et trop peu aux États et aux entreprises. Mais la difficulté la plus importante tient au fait qu’il y a trop de distance entre la levée du véritable handicap qui pèse sur la croissance européenne : la surévaluation de l’euro et le système complexe de rachat de créances envisagé. Le handicap de compétitivité accumulé par les économies sud-européennes ne serait combattu que par une forte dévaluation (la dépréciation en cours est encore loin d’y suffire) et une action déterminée de la BCE en ce sens, ce à quoi s’opposent aussi les Allemands dont le commerce extérieur se satisfait des parités actuelles. Bref, le providentiel secours de Draghi, ultime planche de salut espérée par Hollande, restera un espoir vain.

Thévenoud : la cage aux phobes

contrepoints 644 ThévenoudDémissionnant d’un PS qui ne réclamera son départ de l’Assemblée que pour la forme, Thévenoud pourra continuer à voter pour Valls et consorts. On devine l’accord tacite. Nous l’avions mal compris, le pauvre garçon est en fait atteint de phobie fiscale et administrative. Un peu comme les Français sont atteints de phobie gouvernementale.

La manière dont son épouse, victime expiatoire, est traitée justifierait pourtant qu’il se joigne aux rangs des défiants et des abstentionnistes. Mais les partis de gouvernement manquent de rebelles et c’est l’insuffisance de frondeurs qui fait monter le Front.
Au sujet du vénérable principe d’égalité entre citoyens et de cette hilarante affaire, un ami me signale un entrefilet de Ouest France en date du lundi 10 mai 2010 : « Guingamp : il « oublie » les impôts : un an de prison ferme ».


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